TORRENTS DE DOUE
\ qu^en gUsScUit ainsi quel(|ucs parties de la masse i)orlent à faux, leur ! pesanteui* les force à se rompre en fra^^meiils à x>eii près rectangulaires, doiil quelques-uns ont jusqu'à 50 pieds (16*") en tout sens et qui, à raison de lenr homogénéité, sont aussi règiiliers que si on -les eût taillés au ciseau, *
[ S. 553. En faisant la route de Valorsiiie au sommet du Buet, voûil- ar nei-r'. I nous voyons sous nos pieds les restes d'une grande avalanche qui f avait rombU'i le lit du Trient et sous laquelle il s'est frayé im pasf sage. La partie supérieure de €4?Ite avalonclie forme encore mie voûte légère qui va d'une rive à FautRî du torrent. Je vis eu 1775, dans i le Haut-Valfds, des arches de neige seml>lables à ceUe-là, mais iucomparablement plus graudes , puisqu'elles passaient par -dessus le Rliûne^ et si solides, que les voyageurs et les mulets chargés traversaient le R!i6ne sur ces ponts de neige durcie, sans que Ton imaginât courii' aucun danger. ^
S. 484* Au mois d'août 1776, après des pluies abondantes, l'Arve TorfpnK umpt»g'était tellement débordée, qu'à une demi -lieue de Sallenche elle *^^"'^*''" f avait emporté le chemin, et Ton étcdl forcé de passer sur la fM^nte rapide d'une prairie dont le fond argileux, humeclé par les pluies, I était extrêmement glissant. Je faillis y périr; — j'avais mis pied cuystroiiiir à terre et je menais mon cheval par la bride, quand il se mit à glisser sur moi des quatre pieds A la fois, en me poussant dans un précipice sous lequel passait la rivière; heui*euscmcnt j'eus encore le temps de m'élancer \m avant , de Iranclm- ce mauvais pas et d\n\ tirer mon chevaL
S. 485, Un danger phis extraordinaire fjiie l'on court sur cette route est celui d'être surpris par des torrents qiu se forment subiteiSHmi et descendent avec mie violence incroyable du haut des mon- ^ti^es (|ui sont sur la gauche de la grande route.
Ces mon tagnes , presque toutes d'ardoises et en plusieurs end roi ts d'ar- Torr^'nis »ie ïmw. iloises décomiH)sée8 , renferment des espèces de bassins fort étendus , d an s lesrpj els 1 es or a ges nr c u m u I e u t < pi e Iqu c fois un e qi i m 1 1 i îé i m m p n se d'eau. Ces eaux, lorsqu'elles parvldnient à nue certaine hauteur, rompent ton t-à -coup qnelqu'inie des parois peu solides de leurs ré-
Uk^ * 91. dr MMuiMiurr m Ir iinmit'r i>iç,uiûv rcs irHiirht's rie nevè et leur a donni^ te IM S()éci:i) de Serar.
!>A. * Lt*s an«'ierj> auteurs onl dimne ti <es ponls île neitios nu iievès \ass>és li* nom de ponfiirenitftonts, non p:iN (ninr mw le^ pouïs iremlilent, vjictllerit ^ miis (^;iree qui- sou- U'nl relui qui les ikism- p<>li>u<\ uoii t\v ïvm] . nms û*' peur
Eui (le la rime Blanc.
lu licite sur du Mtuil-
16 GLAClKns EN GI^NÉruL.
servoirs et desœndent alors avec une impétuosité terrible. Ce n'est pas de l'eau pore, mais une cîspèce de boue liquide mêlée d'ardoises^ décomposées et de fragments de rochers. La fore** impulsive de cette bouillie dense et \isqueuse est iuc^mprélieiisible; elle entraîne éa^ rochers , renverse les édifît^^s qui se trouvent sm' son passage , déracine les plus grands arbres et désole les campagnes en creusant de profondes ra\ines et en c-ouvrant les terres d'une épaissem^ ronsidêral>le *îe limon , de graner et de fr.igmentt; de rocher. Lorsque les gens du pays voient venir ce torrent qu'ils nomment leNant sauvage, ils ix>ussent de grands cris pour avertir ceux (pu sent au-dessous de fuir loin de son passage. On comprend que dès que le réser\'oir est vidé, le torrent cesse, ou du moins diminue ronsidéraldement : il dure rariîment plus d'une heure.
Cet accident est très-rare ; je ne Tai vu ffu'uné i^tniîe Ibis, le 7 aortl 1767, el quoique, au moment où je le rencontrai, il fut déj:i sur son déclin, j'en vis assez pour m*en faire une idée. On ne pend pas imaginer un spectacle jdus hideux : c«s ardoises décomposées formaient mie bon»* épaisse, dont les vagues noires rendaient mi son sourd et lugulire; et malgré la lenteur avec laquelle elles semblaient SB mouvoii'» on les voyait rouler des troncs d^arbres et des blocs de rocher d'un volume et d'un poids considérables.
Je fus co^ndant trés-satisfait d'avoir été témoin de cette espèce de débâcle ; elle m'a aidé à «orapfendre comment lu grandi^ dtïtKicte des eaux de la mer a \m entraîner des rochers des* Alpes h de très-grandes distances.*
S. 2013. La surface de la neige sur la cîme du Mont-Blanc est couverte d'im vernis mûîce de glace cpii devient écailleuse en s'éclatant. Des coups do soleil fondent la neige à la surface, et comme elle se regéle bientôt après, cela forme une espèce de vernis^. Dés qu'il 8*élève un vent un peu fort, ce vent déchire ce vernis, soulève ces écaiUes et les fait voler à une grande hauteur. 11 s'y joint des neiges en poussière que le vent entraîne encore plus facilement; on voit alors des vallées voisines ime espèce de fumée que Ton prendrait pour mi nuage qui s^élève de la cîme en suivant la direction du vent. Les gens du pays disent alors que le Mont-îiîanc fume sa pipe.
Cette neige volante se teint en rouge au soleil couchant et res-
DA. ' n. de «mufMmre avdt une idée tlxe diluvienne.
DA. • Cette v>]ure ih' Mnm «e produit dnns ilr ciTlaines circonstances raètéorolo- |tiq ucs exception nr I le .s .
Wp quelquefois d la ilamnie tFuii volcan. — Sous œ veniis de S la neige est assez ferme » ot (|uoi*ni*oiJ i»msse y eiifoiieer un UiDu, elle présente ce|>eiida!il assez de lésistaure, Lr»s pentes anckaotis de la cime, qui sont exi>osèes à une action plus forte des fïïfOoè du soleil, se fondent a une plus grande profondeur; et en it r^gelADt ensuite pendnnt la nuif , elles forment une eroûte plus éfÊÔBëe qui, dans quehjues endroits, soutient im honune sans se compre, mais lians d'autres se hiise sous ses pieds, — Au-dessous «te celle croule on tix)uve, surtout dans les pentes rapides, une neige foUe et incoh*^reute, daus la<|uelle ou n eufouL-e pourtant ordinaù'elœftt que jusijn'à mi-janibe, parée qu'on rencontre alors une autre rmûte ijui soutient; car quand ou trouve, comme je Vni éprouvé en hiver, des neiges alisoliuneut en iarine, on y enfoure jusqu'à In laeiiiUire.
S- ?Oli. Ou a souvent lérnoi^ié la cunosilé de savoir qiielle est i:iK*issrtir(WktMMm- Tépaisseur de la cdotte de neij^e qui recouvre la eîme du Moni- »"'»3uuîâ rt-Ainus. Bbiic. Mais il n'y a aucun moyen de sVn assurer; il tViudrait pcior crfa «joe celte calotte fût coupée à pic dans tjuelqu^uie de ses pirc est ce qui n'est ix>!!U. : ell*^ desrend de tnns les lu'jtés ''^fentes plus ou moins piulon^ées et qui ne montrent distinrliefDent nulle part Tépaisseur de la neige.
Sur le Dôme-du-Goulé la calotte est coupée net du c.(^te de TEsl , nh Scelle roupui'e est fmrdée i»ar les masses rectanj^ulaires de nei^e et lie ^ace dont j'ai parle sous le nom de Séracs (S. 1975), Ces masses, gUseéœ ou roulées depuis le haut de cette coupure jusqu'au l>as du liUlesaAJ que nous imvers;hnes, ne présentaient qu'une épaisseur de tï fiiods (4**). mais sans donte leur partie supérieure, raie et incohérente s*eii était détachée en chemin.
Gomme au Prieuré, on voit ces mêmes séracs dans leur position ar^ÉQâzre, sur le liord de l'escarpement dn Dôme-dn-(]k)Utéî je fns carigux de les mesurer avec ime lunette armée d'un micromhire. Je lair trouvai de là une épaisseur de 6 minutes. Or, à la distance de 4747 toises (9256"") , à iarpielle j évaluai celle de ces paralléhpipède» rectangles^ 6 minutes donnent envimn 50 pieds (lfi"',2).
Je cherchais ensuite (juelqu 'antre place voisin(> de la cime (jù IVvn ÏK*it voir ime traurbe de nei^^e coupée h pi<" an-dessus d'nn rocher, m'i Ion oe piM iKiint soupçonner d'avalanche, et dont les neifjres ptL*vHf»iit êtïie considéjws connue le produit de raccnmulation simple *h' ndles nui tombent directement du ciel.
18 GLACIEliS EX GÉNÉHAL.
Je trouvai au-dessous de Tépaule droite du Mont-Blanc (S. 1986) une coupure de ce genre, dont Tépaisseui* apparente était de 22 minutes 15 secondes, qui, à la distance de 4776 toises, à laquelh* j'évaluai cette coupure, valait à peu près 31 toises ou 186 pieds (60"). Or, comme il tombe plutôt plus de neige au-dessous de la cîme que sur la cime même, je croirai passer plutôt la limite du vrai que rester au-dessous, en affinnant que l'épaisseur des neiges persistantes sur la cime du Mont-Blanc ne s'élève pas au-dessus de 200 pieds (65™), et que c'est le maximum auquel la réduisent la fonte, soit du fond, soit de la surface, l'évaporation et les vents. Il ne faut donc pas croire, connue l'ont supposé quelques personnes, que cette épaisseur augmente continuellement. Ici, comme en tant d'autres occurrences, les causes d'accroissement trouvent des limites où les causes de destruction les atteignent, où la nature s'est fixée à ellemôme des bornes qu'elle ne dépasse jamais. Voyez les preuves de la môme vérité relativement aux glaciers g 535 et suivants.
siraiiflcaiion des S. 2015. Quand OU observc de près quelqu'une de ces grandes neifccs. coupures de neige, on peut remarquer, comme je l'avais déjà fait sur la cîme du Buet, qu'elles sont disposées par couches. Les séparations de ces couches sont marquées par des lignes brunes, pi-oduit de la poussière et des terres que les vents transportent, surtout en été, lorsque la fonte des neiges laisse le terrain à découvert. J'eus une occasion bien favorable pour faire cette obser\'ation sur les parois de la magnifique crevasse où était tombé le pied de mon baromètre (S. 1978). Je rec<)nnus que ces couches, à mesure qu'elles deviennent plus profondes, diminuent d'épaisseur par les effets réunis de la comprossion et de la fonte que produit l'infiltration des eaux ; mais cette diminution n'est point réguUère h cause de l'inégalité, tant de la quantité de neiges qui tombent chaque année que des causes qui produisent leur diminution. J'essayai de compter ces couches, et j'allai jusqu'à 19, mais l'oblicpiité des parois de la crevasse, dans les endroits où elle se resserro, peut rendre ce compte incertain; et d'ailleurs, comme on ne voit pas le fond, l'on n'en pourrait rien conclure."
Tcmpi-ratiircs des S. 2054. Sur les hautcs Alpcs la surface de la neige gèle pendant
neiges.
DA. * Des observations nombreuses confirment que chaque couche de neige correspond à la chute de Tannée. — D'après les citations d'altitudes (S. 2015) du Mont-Blanc qui, à peu près depuis un siècle, sont les mt^mes : 4811", 4812"", il paraîtrait qu'il tombe peu de neige sur In cime, ou du moins qu'elle est évacuée, puisque la hauteur de la cfrae ne varie pas.