RÉSUMÉ DES DÉPÔTS SUPERFICIELS
moment où les dernières assises des pliocènes se déposaient antériourement peut-être, et elle n*a pas été interrompue depuis lors. 8a dorée ne saurait être évaluée, et œpendant il s'est passé de longues séries de siècles depuis son origine jusqu'à la disparition des animaux de Tépoque tertiaire , et depuis ce moment jusquM nos jours, :\ en juger par les gigantesques accumulations erratiques do la fin do la période de décroissement des anciens glaciers, comparés aux faibles mcvaines des plus grands glaciers connus élevées pendant les domiors
Aussi ce qui étonne, c'est moins Tuniversalité do la cause et sa puissance, que rimmensité du temps qui s'est écoulé pendant que se constitiiait la récente et mince couche des terrains superficiels recouvrant partiellement les formations plus anciennes , cette couche qui constitiu» tous les terrains cultivés, couverts de forêts ou encore négligés, le sol d*où nous tirons tous les produits dont nous avons l)esoin , celles do toutes les formations de la terre qu'il nous importait plus particulièrement d'étudier et que cependant nous ne connaissons encore que tWwimparfàitement.
H. 57. J'ai esquissé aussi succinctement que je l'ai pu les phases rmuib^ dr» d/'H* principales du phénomène glaciaire et les traits caractéristiques des ««perflrMft. dépôts superficiels , alluviens et erratiques , formés soit par les eaux, lût par les glaciers, dans les Alpes et dans les contrées voisines de cette chaîne de montagnes.
Il me reste maintenant à former un tableau des déj)Ats superficiels distribués dans l'ordre et d'après les caractères que j'ai essayé de biie ressortir. Mais avant d'aller phis loin il ne sera peut-être jias
inntile de présenter un résumé des faits et des conclusions que j\'ij
successivement indiqués dans les chapitres préc(';flents. La neige est l'élément constitutif et essentiel dr^s placiers : f'Ile t^» ^«x»-*
renouvelle sans cesse, et l'on ne voit nulle fiart de nei^e» perprtnrlUM, LcMTsque par suite de la fusion superficielle ces emirhé^ inf^rirnr^% ^«•^
»Dt imbibées d'eau, elle se convertit en neige h gros grains ou (n\
ueré, qui à son tour se transforme en gla/^; grenue : c'est ain«i qu"
se forment sous nos yeux les glairiers tempr>rairesJ Les glaciers persistants ont eu la même origine, ils n'^fidWil d"« nU'tMc
mêmes causes, et ils se sont formée a la «uîte f](- \r;%u^\(inwh\'vm^
identiques: mais généralement ce« tran>forrnati<in» . «;iri« //'««'•» d*-
\fi Cf
h\ Viiyn paragrapbr» DA .Vr^*,
Lies dilatations déterminant les mouvements de progression des glaciers dans le sens de leur longueur, de leur largeur et de leur hauteur, y occasionnent des ruptures,' des crevasses ou fissures trans-^ versales , longitudinales ou parallèles à leurs plans inclinés , un clivage particulier. Ces crevasses marquent la séparation des tranchet.J marchant avec des vitesses inégales suivan t les joints de glissements; In ] fissiu^s transversales ouvertes en lignes droites par suite de TinégaliK du mouvement, de Taccélération au centre et des retards de plus en plus sensibles vers les rives, s'infléchissent, se contournent et afiectent des courbes circulaires et elliptiques dont les flèches sont dirigées d'amont en avad.
Les eaux, pénétrant plus abondamment dans les fissures, imUbent et.saturent la glace , en augmentent la transparence et la coloration, et donnent lieu d la production des bander blettes marquant Usjoinis de mouvement et les courbes des pressions. Leurs afileurements visibles sous la neige n'ont aucune relation, aucune concordance avec les couches horizontales ou diversement inclinées des nevés ; ces je plongeant verticalement ou sous des angles rapprochés de la ver sont en discordance avec les joints de ces assises, et c'est i tort qpk\ a cru y voir la preuve de la conversion des nevés en couches ti sives de glace et l'indice de la stratification des glaciers ; et ce propre aux masses do glace mises en mouvement et cette i sont encore plus frappants dans les glaciers remaniés.
Les glaciers sont animés d'un mouvement de progression que i obstacle ne saurait arrêter s'il est produit par les dilataticHis, ci résultant elles-mêmes de l'accroissement des grains ou de leur i mentation , ou , en d'autres termes , tous les mouvements ont lieu en raison de l'alimentation phis ou moins considérable qu'ils leçoiTent . proportionnellement à leurs masses. ^^
Ainsi, deux glaciers d'égale puissance, placés dans des conditiong^ identiques et subissant une ablation uniforme , marcheront avec la même vitesse s'ils rerx)ivent une égale alimentation, tandis que Tun des deux restera stationnaire ou décroîtra s'il est incomplètement on insuffisamment alimenté.
Les glaciers sont habituellement considérés comme étant de premier ou de second ordi-e en raison de leurs positions , de leur puissance et de leur développement. Un glacier de premier ordre est c«lui qui , partant d'un cirque élevé , occupe le fond d'ime grande vallée , rcroit le tribut de glaciei's latéraux ou secondaires et descond au-des-
4e la hniite de la r^on glaciaire: enOn . dans une tnùsi^nK' oa> pris, oa œin prend les glaciers temporaires. ^ Lâ(r«qn\m îfîacier occupe le fond d'une large vallét» et quil otfti^ lax^ stirfa*:e de glace découTerte, rarement unie et toivjours iJus amiâliiriFtiient ondulée, il reçoit la dénomination assez impntpiv de 4e ^Imée, qui doit donner une très-fausse idve de lappiirence n^'lle içraiids gladers , quand on ne doit en juger que d'après des tlesoripel des dessins plus ou moins corrects. Et si les mouvements , K»s os de la surface d'un glacier peuvent jusqu'à xm cerUiin ivoint les va^'ues d'une mer agitée , nuUe part la glace no se pivsente lies nappes nivelées offrant l'aspect de la mer ou mc>nu^ i\o congelés ; mais elle a plutôt l'aspect do fleuves dont lo rouies gubîtt?ment interrompu et consentant A l'état do glaco leiu's à, leurs veines fluides, leurs rapides et leurs c^taracU^s. gtiicier», on le comprend, doivent offrir des formes, din* (liH|M)iort différentes et varier en puissance et en éUîndiie , en rai- [ mlief du sol, du développement des cinjuos et dos vallé(»H dI ralîmeDtatlon qu'ils reçoivent et des causes do dimorganisatiou (|ni les prt^rés ou en favorisent la destruction. ■s principaux descendent dans les vallées, el souvent jim- \s la rtgion moyenne des Alpes, dans les forêts el jns(|un dann mage des terres cultivées ; d'autres- s'él^denl sur des plateaux , piiruis inclinées et sont disséminés çà et là sur tous les |H)iiitM liilcîiieiU disposés pour déterminer el recuivoir d'alMUidaiih'h de nei|;e^ ou favorables à sa transfoiîiialiori et à sa tMiiiserv/iïel^it de glace. — Les glaciers, à partir des ciniues Jumiu'ù Pilles tJ?rminales sont ou continus, l^ds que les ^tUuûtn'H de du Gauli, de Viesch, d'Alels^Ji, et<;. , ou lxiulever»/fh <♦! intermmpus par des chutes oiximumii^ittu par des eM<',/ir|i4' jilns nu moins brusques qu'ils fraiiciiiss^MJt, U;ls que le»i ^l/i riers du Rhône, de la Brenva, et/r., ou enliii ifiUfri'oiiipuH fl dift/K*»»''*» en plusieurs étages sur des plat^^aux héj^r^'s itnv tUth eh< ;M|M'iiM'iili^ «iccessifs, tels que le glacier du S<;hwarlxwaJd , httr )<? iUtiif du W<l U'riiom, du Frêne, sur le nners owuUl du Moui-lilaitt' . fi* , «<« •lemiers sont plus partiadièrenient 4-/>iJfiui» Wfn^ h iUnoiimutiinit t\r
h\ ' Les glaciers de prtniMT («rdr*- m4i1 «>ru> m^' *^^ jA\Ât'i*int ^Hit^uji. h <i<ii 'tttu I*ol If fond d*une (grande valW. Jy»' jîwwtr 4X* w^.'^nJ 'hO«« '«•»•* '!• yloiiti.
'iBplt-%. >ans autres affluenU. H w i.Miu\*-tji i> <i> i',t^it4«-- éUtiutU. U.- yl.jiio
Glaciers rrroaniès. glaciers remaniés. Les uns offrent des surfaces planes ou l^rement ondulées, d'autres des crevasses souvent nombreuses et profondes, des aiguilles ou pyramides élevées, aux formes hardies et bizarres, blanches, verdâtres ou d'un bleu azuré; aussi, quand on aborde pour la première fois les accumulations de glace enfermées entre des masses èolossales de rochers, dominées elles-mêmes par des cimes gigantesques, on se sent ému et pénétré d'im sentiment profond d'étonnement et d'admiration ; çt «ouvent môme en éprouve une vague sensation de terreur lorsqu'on assiste à quelques-unes de ces scènes de destruction si fréquentes dans les Alpes ; lorsqu'on voit des masses de glaces s'abîmer et se précipiter vers le fond des vallées sous formes d'avalanches, culbutant tout sur leur passage et accompagnées de bruits effrayants répétés par les échos et semblables aux grondements du tonnerre.
Afiion des glaciers Los glacicrs impriment sur le sol des traces évidentes de leur acsur le sol. y^^. jjg arrondissent, polissent et recouvrent de stries les rochers qu'Us touchent f ; ils opèrent le transport des matériaux qui tombent à leurs surfaces ou qu'ils détachent des parois encaissantes contre lesquelles ils viennent se heurter, en triturant, en pohssant ou en striant les débris engagés entre ces rochers et la glace. Les matériaux comprimés sous les glaciers , rejetés siur leurs rives ou abandonnés à leurs extrémités, constituent les moraines superficielles, latérales , profondes et terminales, les dépôts erratiques,
Dèpr>u crniUqucs. Gos dépôts sont disposés en nappes ou en cônes d'éboulement , en nappes de comblement, en longs bourrelets ou en enceintes circulaires ; ils sont surtout caractérisés par la présence de la boue glaciaire, par un mélange de galets ou de blocs anguleux, arrondis au striés, distribués suivant une loi particulière par groupes distincts ou par zones parallèles.
Les débris provenant exclusivement de la décomposition ou de la désagr^ation des roches constituent aussi des nappes et des cônes d'éboulement; mais ils se distinguent facilement des moraines en ce qu'ils n'offrent que des matériaux anguleux , sans mélange de boue glaciaire ou de galets arrondis, poUs ou striés.
Les eaux des torrents opèrent le transport des matériaux d'éboulement ou des débris façonnés par les glaciei*s et contribuent au comble-
DA. * Cette action a lieu aux altitudes où le glacier n*est (Mis adhérent ao sol (gelé au son dans toutes les saisons.
LiÉPÔTS ERRATTaiKS. lïKTmTICUJES » VLLUVfENS. 291
Ses Imsslus. Mais leurs déjections, djaix)st«es en amas de fonîies i , offrent des traces d*une action violente et un mélange confus 4t €00 débris , dont ils altèrent le poli et. font disparaître les stries.
Enfin ces divei^ dépôts , auxquels nous donneTOns les dénouiinatfons A^erraiiqueÈ . de détnliques et û'aUuviens , ont des caractères propres et essentiels cpii, indépendammont de leui-s formes extérieures quelquefois identiques , permettront de distinguer les nappes et les cônes d^éboulement résultant de la chute de roches désagrég?ées, soit des nappes et cônes erratiques résultant de Paction glaciaire, soit des déjections torrentielles ou alluviennes élevées parles «aux transportant et dé[)osant, isolément ou mélangés, des matériaux provenant des éboulements do roches désagrégées ou enlevées aux aormnulations erratiques.
Ces dépôts constituant la couche superficielle de la terre se divisent en trois groupes natumis dont les limites pourront, dans certains Cas, ne pas paraître rigoureusement tranchées; mais ils comprennent des masses offrant toujoui"s des caractères essentiels qui pei-mettront [^i\m déterminer lorigine, savoir :
l^'gmupe : dépôts et accumulations détritiques; 2* — dépôts alluvieos ; 3' — dépôts erratiques ou glaciaires. Les dépôts erratiques inférieurs à tous les autres sont les morames profondes des glackrs anckm et miueh, caractérisés par des galets arundis et polis , des Mocs associés à des sables enveloppés de L&hm ou boe glaciaire et distribués par bandes ou zones parallèles, suivant «ne loi que les accumulations glaciaires présentent seules et exclusi- TWDent* Ils sont recouverts :
I* Par les moraines superficielles, frontales ou latérales, ou parles
aps de blocs erratiques ; î* Par les dépôts alluviens formés dans les lacs glaciaires ou dans 1m bassins où les courants cntralnment et entraînent les détritus des Mlles triturées par les glaciei^ (dé[)ôts de Ldim) ; !• Par les cônes de déjection des torrents ;
<• Ënûn^ par les amas loiirbeux% [lar les sédiments des sources incrustantes et par des nappes d'éljoulement.
Cm accumulations diverses résultant de Taction soit exclusive ou ife l'eau ou de la glace, soit combinée de ces deux causes , et offrant dei caractères que j'ai cherché h faire ressortir dans les chapitres qui yricëdent, se saï^divisent de la manière sidvante, savoir ;
Rèsomè et tableau des dépôts superficiels.