CAVERNES D*OSSEMENTS
géologiques nouveaux commençaient à se pixxluirc simultanément à
la. surface entière de la terre : que la transition d'une époque à l'autre
s 'est faite graduellement et sous l'influence d'une cause générale ca-
p^Lble de produire sans secousses, sans perturbations subites et vio-
/^Mites, à la surface du globe, des effets qui cependant révèlent ime
eiscteosion , une énergie et une puissance extraordinaires de la part de
I '.figent qui les a déterminés.
H. 56. Tous les dépôts de transport et de comblement que l'on a Depuis de imusi-M cDmmés diluviens et auxquels je conserverai la dénomination d'erra- p**" *"' '**' "*"^**^ t.:B.cg[ues , à rexception bien entendu des dépôts isolés formés avec le c^^>ncours des eaux, tels que les tourbières , les déjections des torrents, l^^^ aUuvions des rivières, of&ent dans leurs dispositions, dans la cïjistribution de leurs matériaux des rapports qu'on ne pouvait mécon- LtB^^tre : aussi les a-t-on compris dans un seul et môme groupe.
Pour les nappes inférieures rejetées dans le fond des vallées, l'idée A^ débâcles, de grandes inondations devait naturellement se présenter, surtout lorsqu'on voyait les cours d'eau attaquer et remanier ixi^cessamment ces amas de sables et de galets que l'on observe partout à la base des terrains superficiels. Mais aujourd'hui , et d'après les observations que j'ai produites à l'égard des moraines profondes , il ne parait plus possible de persister à leur attribuer ime origine diluTienne. Quant aux dépôts des plateaux et de tou$ les lieux élevés, la loi constante suivant laquelle s'est opérée la distribution de leurs éléï^ents constitutifs aussi bien que leurs dispositions, prouvent encore *I^e , si des courants violents ou d'une énergie même très-faible étaient mtervenus , les pentes inclinées qu'ils recouvrent auraient infaillible- '^ent et très-promptement été dénudées.
Une débâcle universelle aurait balayé tous les terrains sur lesquels ^^ à proximité desquels on retrouve des débris fossiles et détruit ^un seul coup les animaux de l'époque tertiaire; il faudrait, dans * l^ypothèse des courants , imaginer et admettre plusieurs inondations ^^ccessives envahissant d'abord les contrées basses et laissant à dé- ^^Vert les terres élevées sur lesquelles les animaux herbivores et ^^^ï^assîers auraient pu se réfugier et conthiuer à vivre. Mais enfin, lorsqu'il s'agira d'expKquer le comblement des cavernes, des crevasses du sol , des plateaux et des Ueux élevés , il faudra bien ad- ^^ttre une élévation plus considérable des niveaux des eaux d'inon- ^tion.
Dans les Vosges . par exemple , et en ne partant que de la région
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moyenne où Ton indique des dépôts diluviens , les eaux auraient atteint la côte à 400 mèti*es au-dessus du niveau actuel de la mer et recouvert une immense portion du sol de la France et des contrées du Nord ; et même en réduisant pour chaque région le maximum d'inondation à cette limite , on arriverait bien près d'une inondation universelle.
Il serait sans doute fort difficile de faire connaître les sources des courants diluviens, faibles, moyens ou extraordinaires; aussi s'eston généralement abstenu de le faire jusqu'ici. Toutefois, on a dit à cet égard , qu'à la suite de soulèvements récents les eaux des mers actuelles avaient pu être momentanément déplacées et poussées vers les chaînes des hautes montagnes , et ramenées ensuite avec violence dans leurs bassins respectifis. Avec violence , il faudrait bien le croire , ;i en juger par les formes arrondies , par les surfaces pohes des cailloux les plus durs constituant la plus grande partie des terrains superficiels attribués à ces oscillations des eaux.
Mais, après les comblements inférieurs viennent les revêtements des plans inclinés des montagnes , des plateaux élevés , toujours constitués par les mêmes éléments arrondis, usés et polis, dont les formes accusent une action énergique. Et si l'on calcule, eu égard aux sections des vallées , des hauteurs et des pentes du sol, la vitesse qu'auraient acquise les eaux atteignant ces lieux élevés recouverts de galets , on arrive à des résultats que les diluvianistes n'ont jamais songé à déterminer, à des vitesses et à des débits vraiment prodigieux. Et dans leur hypothèse on ne peut s'arrêter à des inondations produites soit par un affaissement momentané de toutes les parties du sol de la terre aujourd'hui découvertes ou à une surélévation accidentelle des eaux des mers , ni enûn à des phénomènes accomplis avec calme , lorsqu'on présence des masses transportées et des débris usés et polis des masses minérales les plus dures, ils ne cessent d'invoquer une cause atissi violente qu'universelle.
On sait cependant que les eaux animées de vitesses comparativement médiocres dégradent les terrains sur lesquels elles s'écoulent, et qu'elles ne peuvent dépasser 0"*,61 de vitesse par seconde sans entraîner les graviers et les cailloux ; qu'elles entraînent les sables en parcx)urant 0",30, et les argiles dvec 0",15 dans le même temps. Et comment expliquer, dans le bassin du Rhin par exemple, un courant ayant au minimum 15 nièti-es de vitesse par seconde, débitant dans le niôine temps 47,700,000 mèti'es nibes d'oau, et passant sur des
amtt de sables et d'migiies sans OMisîsUmce^ sans les eulever et saiis y produire le plus l^er dérangement?
Le phénomène qui a donné lieu à la production des terrains superfideis avant l'apparition de llioaune, tient évidemment à une cause 4jui non-fieulement a exercé son action dime manière générale sur toute la terre, mais qui, à partir de la fonnation pliocénique, n'a cessé d'agir pendant une longue série de siècles et agit encore aujourd'hui sous nos yeux.
Et la succession des animaux dont les débris sont enfouis dans les dépôts supérieurs de la première partie de la période quaternaire , aussi bien que la constitution des dépôts superficiels et l'application des faits glaciaires observés et connus, peimettent non-seulement d'apprécier, mais même de déterminer cette cause.
On admet que les Alpes entières ont été couvertes de neige et de dace vers la fin de l'époque tertiaire; hors de ces montagnes, dans l'intérieur de la France, en Angleterre, dans le Nord de l'Europe, eu Espagne et en diverses contrées , on a reconnu des traces de l'action exclusive d'anciens glaciers, auxquels on attribue le transport des Uocs erratiques , la formation des oxnblements des hautes vallées , ces iounenses barrages, ces revêtements des flancs des montagnes et des cimes et des plateaux élevés , et la dispersion de tous ces énormes débiis de masses minérales rojetés hors de l'enceinte des Alpes, loin des chaînes centrales d'où ils ont été arrachés.
Si donc Ton retranche des dépôts qualifiés de diluviens les accumulaticms gigantesques que l'on observe dans les hautes vallées , el les champs de blocs et les comblements qu'on retrouve plus loin encore , dans la formation desquels on faisait surtout intervenir les courants les plus violents, il ne restera plus de doute que sur l'origine des dépôts non moins puissants par leur étendue, mais constitués par (les matériaux moins volumineux, placés à la suite des premiers et sans interruption dans les contrées basses.
Et si l'on veut admettre que des effets absolument identiques résultent de la même cause, ces doutes seront bientôt dissipés ; ou sait «{ue les nappes profondes des vallées du Rhin, du Rhône, du Pô, etc. , n'(mt pu se former postérieurement aux dépôts erratiques anciens, à «•es immenses moraines barrant presqu'entièrement l'entrée des vallées, et dont la conservation ne permet pas plus d'admettre une fonte !^te des anciens glaciers, que le passage de courants beaucoup plut^ ^^jn^idérables que ceux d'aujourd'hui ; si donc ces nappes ne sont pjis
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plus récentes, il faut ou qu'elles soient plus anciennes, ou qu'elles appartiennent au môme ordre de dépôts.
Or, on ne saurait admettre que des nappes renfermant des galets, i]ue les glaciers seuls peuvent façonner, se soient constituées lorsque ces glaciers n'existaient pas. Et fmalement, si elles ne sont ni antérieures , ni postérieures, c'est qu'elles apx>artiennent à la période glaciaire, et qu'elles se sont produites en même temps et suivant la même loi que les comblements des hautes vallées dont elles sont contemporaines.
Et il ne reste plus de doute aujourd'hui sur le mode de leur formation, lorsqu'on observe la distribution des matériaux par bandes parallèles, le mélange des galets arrondis et anguleux enduits de boue glaciaii-e , et l'absence de tout classement révélant un transport plus ou moins violent sous l'action des cours d'eau sortant des glaciers et qui, autrefois connue aujourd'hui , ont pu attaquer et remanier très-pai*tiellement les comblements offrant des caractères que les eaux peuvent effacer, mais qu'elles n'ont jamais le pouvoir d'imprimer il leurs alluvions et à leurs déjections.
Ces nappes sont les moraines profondes des anciens glaciers : on n'y a rencontré jusqu'ici et on n'y saurait trouver des traces d'êtres orçanisés existant alors, puisqu'ils se retrouvent dans des dépôts supérieurs, mais qui, vivant sur les terres découvertes, ne pouvaient se mêler aux matériaux des comblements inférieurs , pas plus que les ossements des espèces de notre époque ne viennent s'accumuler sous les glaciers actuels. Aussi ce n'est que dans les accumulations moyennes et superficielles qu'on doit s'attendre à les voir paraître et qu'ils existent en effet , de môme qu'on retrouvera plus tard dans les moraines latérales et frontales , dans les cavités bordant les glaciers et dans les petits lacs de leurs rives, les restes des animaux qui périssent ou que nous détruisons journellement à portée de ces dépôts.
Lorsque les nappes pi-ofondes se sont formées, les animaux de l'époque précédente n'avaient pas disparu , mais ils ont pu se retirer à l'approche de Tagent qui menaçait d'envahir et qui a fini, à im moment donné, par occuper la totalité des terres où ils s'étaient réfugiés; et c'est ce qui explique l'absence des fossiles dans les dépôts inférieure.
Les glacière vraisemblablement existaient dans les chaînes de montagnes avant la fin de l'époque supra-rrélacêe , et leur extension uni-
CAVERNES d'ossements. 281
verselle s'est accomplie peu à peu sans que les conditions de climat et atmosphériques se soient très-sensiblement modifiées, puisque les animaux de cette époque ont pu continuer à habiter les continents pendant une longue série de siècles, à en juger par le développement prodigieux qu'ont dû acquérir les anciens glaciers ; ainsi le glacier occupant le bassin du Rhin, en admettant une progression moyenne et annuelle de 100 mètres , aurait mis plus de 2000 années pour s'étendre jusqu'à Schafliouse, et plus de 7000 années pour atteindre GoUence.
Cette extension n'a pu être subite, et la terre n'a pu instantanément «e couvrir de neiges et de glaces, puisqu'elle n'a cessé d'être habitée, non-seulement par les animaux de l'époque supra-crétacée , seuls «l'abord, puis réunis aux animaux de l'époque actuelle jusqu'au moment où ces derniers ont à leur tour pris possession exclusive de sa surface, et par de lentes transitions.
Depuis quelques années on a constaté dans un assez grand nombre lie locaUtés le mélange d'ossements humains aux débris , non-seulement des espèces modernes, mais encore des manunifères perdus; en Amérique, en Angleterre et dans plusieurs départements de la France (la Lozère, le Gaixi et l'Aude) , dans les cavernes de la France on a en outre trouvé, mêlés aux dépôts erratiques, divers produits de l'industrie humaine, et principalement des fragments de poteries des plus grossières, et enfin des ossements d'animaux perdus.
Et ces laits ont pu faire présumer que les espèces perdues et enfouies dans les cavernes ont été contemporaines de l'honmie : ce que sembleraient confirmer les anciennes ti-aditions des peuples de l'Amérique relatives aux grands animaux habitant le sein de la terre dont ils ébranlent périodiquement la surface.
Cependant plusieurs natiu*aUstes , et entre autres MM. Marcel de ttiiee et VevTB»!, ont émis une opinion absolument contraire, et pensent que depuis les temps historiques les cavernes ont peut-être servi de refuges, d'habitations, de temples ou de lieux de sépulture, et que des in(xidations accidentelles ont pu remanier les débris d'époques successives, les disperser et les enfouir pêle-mêle dans les cavernes.
Mais certains dépôts sont à des niveaux tellement élevés au-dessus •lu cours des rivières actuelles, qu'ils n'ont pu être remaniés par des iiKjndations accidentelles ou locales, et que les eaux n'auraient pu les atteindre que dans le cas d'inondations générales , non-seulement
ifQ tiLAClEBA Ey ACTITITÉ.
dont oa ne Toit de preuTes oa de traces nulle part, mais qui aiu*aieut dénudé les pentes inclinées reooorertes de sables et de dépôts d'une extrême mobilité.
Dans ces Caits, on le Toit. on trouTe ânon la preuve, du moins l'indication d'une successîoa graduelle des êtres vivants avant nous et jusqu'à notre époque. Les animaux de l'époque supra-crétacée disparaissent peu à peu ; ils s'associent à des espèces perdues, mais dont les genres vivent encore: puis apparaissent les animaux dont les genres et les espèces se sent conservés, et finalement l'homme offrant tliflerents t^-pes de races distinctes qui, à des époques reculées, n'étaient point distribuées comme elles le sont aujourd'hui. Ainsi, dans les cavernes à ossements cm trouve, en Belgique, des crânes qui se rapportent à la race éthiopieune ; en Autriche , des têtes humaines offrant également mie grande analogie avec celles des nègres ; dans I»^ vallées du Danube et du Rhin, des crânes offrant de grandes ressemblances, les uns avec ceux des anciens habitants du Pérou et du Chili, les autres avec ceux des Caraïbes.'
Entre les diverses périodes de 1 époque quatemaijre on ne remarque aucune solution de continuité, aucun temps d'arrêt indiqué par une formation particulière ou des fossiles caractéristiques. On retrouve partout des traces visibles de la cause générale qui a présidé au règlement des terrains superficiels et qui n a cessé et ne cesse d'agir : en même temps on aperçoit à l'œuvre l'agent auquel on avait attribué tous les phénomènes de l'époque quaternaire, et il est facile de constater les effets propres de Tune etdeTautre. Les glaciers seuls règlent les comblements qu'ils exécutent, et peuvent revêtir de nappes de matériaux meubles les plans inclinés et les plateaux; les eaux corrodent et détruisent ces dépôts superficiels, transportent leurs débris pour en former des déjections de formes toutes particulières.
Ces deux causes agissaient simultanément à la fin de l'époque tertiaire , et très-probablement quelques alluvicms locales ont eu lieu I^endant que les glaciers se constituaient; mais ces dépôts accidentels ont été remaniés, détruits ou englobés dans les dépôts erratiques formant seuls et exclusivement la base et la masse principale des terrains superficiels ; et les alluvions , pendant la période d'extension , n'ont pu se produire que dans les bassins de déversement aux embouchures des fleuves et des grandes rivières, où Ton ne saurait les séparer des
H ' Harcel de «rrrvii. Essah «mi* les cavrrnn à ostemmfs.
CAVERiffis d'ossements. 283
aUuvions actuelles. Mais sur la terre elles n'ont eu lieu qu'après la retraite des glaces et aux dépens des masses erratiques ou des roches désagrégées dont les eaux étalent journellement les débris sur les depuis glaciaires, toujours inférieurs aux déjections des torrents et des rÎTières, comme on l'a vu précédemment.
Si la conservation des dépôts de sables et de menus matériaux sur d» plans souvent très-inclinés ne permet pas d'admettre l'intervention d'une cause vioknie dans leur transport et dans leur règlement , les galets roulés des diverses espèces minérales prouvent cependant une action très-énergique, et c'est encore à la glace que nous devons l'attribuer, puisque seule elle peut broyer, triturer, user et polir les matières les plus dures et en opérer en môme temps le transport avec une extrême ienteur, et remplir les conditions qui ont été invariablement observées dans les comblements et qui eussent été entièrement «iiflerentes sous l'influence des courants. Pour user et polir les cailliKu et les disperser au loin, ils auraient eu besoin de vitesses consi- JéraUes , c'est-à-dire suffisantes pour produire une partie des effets <[u'oD leur attribuait, mais toujours trop foiles pour permettre à des matériaux tels que des sables, des galets , de la boue et des blocs de «établir en grandes nappes r^[[ulières pêle-méle, sans subir ces classements par ordre de grosseurs que présentent invariablement toutes les déjectioiis alluviennes.
Enfin le mélange des ossements fossiles, et souvent de coquilles parfaitement conservées malgré leur grande fragilité , telles que des fféiix^ des Bulimes, des Cyclostomes , à des cailloux arrondis et polis, eU un fait qui suffirait seul pour prouver que les accumulations où il^ se trouvent rtonis ne se sont pas produites sous l'influence d'une cause violente , qu'ils n'ont même jamais été remaniés et qu'ils sont tombés dans les cavernes ou dans les crevasses lentement et vraisembiablement dans des amas d'eaux boueuses, comme les ossements des espèces actuelles, les galets polis ou anguleux, les sables et la boue «accumulent dans les plis des terrains occupés par de petits lacs glaciaires sur les rives des glaciers.
Les glaciers seuls sont donc capables d'agir sur les terrains solides et sur les roches les plus résistantes avec une puissante énergie, et de fcmner lentement et sans agitations des comblements et des revêtements réguliers, et seuls ils ont pu produire et régler^à la surface de la terre l*r> terrains superficiels des grands bassins, dos plans inclinés et des iipux élevés. Ils existaient sinon avant la fin de réiHiquo tcrliaii^c, du
moins en même temps ou immédiatement après ; ils n'ont pas recouvert la totalité de la surface terrestre subitement , mais à la longue et progressivement ; et ils se sont développés et réduits graduellement aussi en laissant çà et là des terrains découverts , sur lesquels les animaux ont pu se maintenir à l'abri de ces cataclysmes dont on ne retrouve les traces nulle part.
Le globe ne pouvait ôti-e habitable pour l'homme dans l'état où il se trouvait après tant de commotions diverses et toutes les révolutions qui en avaient bouleversé la surface ; ce n'était pas les débris anguleux ou pulvérulents mômes des granités, des grès ou des diverses ix)ches désagrégées qui pouvaient former un sol propre à la végétation, mais surtout à la culture des plantes alimentaires; il fallait pour le constituer un mélange des diverses substances minérales distribué par grandes couches, par nappes superficielles enveloppant ou recouvrant les roches, ou comblant les immenses bassins, les cavités irrégulières et profondes qu'offraient les vallées débouchant des Alpes vers la France et l'ItaUe , et sortant de toutes les chaînes de montagnes. Et pour opérer ce mélange il -fallait un agent aussi puissant que la glace, procédant d'une manière incessante, et malgré son mouvement irrésistible, capable d'imprimer une suffisante stabilité aux dépôts qu'il formait, et de les préserver contre les attaques des courants maintenus dans les fonds des vallées et dans des Uts profonds; ils en ont parfois débordé les talus ou les rives , mais sans acquérir assez de puissance pour causer des inondations générales qui auraient porté le désordre et la destruction sur les terrains constituant le domaine soumis à la domination et à l'exploitation de l'espèce humaine, et sur lequel la vie animale et végétale allait bientôt se manifester sous tant de formes nouvelles et prendi'e im accroissement considérable.
Les glaciers se sont retirés graduellement vers les cimes des hautes montagnes, où ils continuent à agir en fournissant aux cours d*eatt qu'ils alimentent des détritus provenant de la trituration des masses minérales , et qui vont former dans les lacs et aux embouchures des llcuves des dépôts de sédiments, des alluvions continuelles ; depuis les temps historiques ils n'ont pas dépassé certaines limites qu'ils tendent bien à déborder accidentellement, mais dont il ne semble plus possible , dans les conditions actuelles , qu'ils puissent sensiblement s'écarter.
L'époque quaternaire n'est donc pas complète , elle a commencé au