‹ Matériaux pour l'étude des glaciers (volume 4)Chapitre 60 sur 156 · HOTEL · texte numérisé non relu

HOTEL

DES NEUGHATELOIS.

Koiidiiteiirs de lliù- l^uls itf|r«Mi>« Henri Coulon.

lel des Nnirhiitelois

«><}'^' C'harlcB \o^U François de Ponr talés.

Edouard De«or«

C élcBtin IVIcolet.

HÔTEL UES NEIT.II.\TKU>I^ ilHIt» %Mii

KD. 2. Le même Woo qm nous avilit ahriu^ ou \HW uou» iH»n U ou M^^»vu^. ^Nv^^m •■ore celte amiée de toit. Ou n'aviiit fait ()u'agrtuulir IVmmoo oh \\<^i\ ^^ i \^^o•*îlV* ^ géant davantage le mur d'enœinto. liaouiniuo otait loiiJuurM alloiuuUo au dortoir et formait Pantichanibro do rap|wu'Mnii(>nt : oVtait la [\\i^w la [ituâ commode, car on pouvait du uioiim n'y U»nir ilolNiiUi ollo avall en outre le privilège d'exciter au ])Iuh haut |Niint IVlotiiionioni don étrangers à cause de son foyer do gl(W!o; ol on olt^l, o'ôtiiU un H|Hto lade assez étrange de voir la niarniiU) bouillir Niir un niuf ilo (slaro recouvert d'une simple dalle de ]iierro; iMmtw r.nttii {liorni nVitall ollo {•as très-épaisse i. — Notre genre de vin i*Uut U |Nin \ithn In ni^nio i|mo Tannée précédente; mais comme notre tuflnuit* ^*Uili \iUm noinlfiouMi , Kiot sV faisait sur une bien plu» f^randi) /u'JmjIIi;, Notm hiïtftiu niiU oairement cinq, six et quelquefois davant;iK'M;ri itt'.rtwttmtf^Ot l'U/$Utl, ci nous avions un nomlire ^;gal de icuUUm « thftii ntu\ tm k)4 /^il^dil •■rcnpés au ibrage.

liu^A Ltuihùid était entr^re c^rtt/; nutiéjf: Ur k\^ , H é^t u^iU'. nn^Vi^A i\ •lin3?aii toute 1 «c«joomi^ 'V>cr¥fattîr{ri^r,

la^ . 2aâ§ iici Le c-ant: -iz^ ^jxyï *•>*!*. *> i>*>r^ asM^^/^ A '•a#'M ft.y^ /^^ piarai: > *:ir -jci^ t.t^ 1 >a-.v -^n*::- a ^jccfct^, '^^jcû >. a^ut^ ,i. ^xm- •L::ïïd> i? *•* ^crx:ir«*r >t , -y*;.. ♦*•.* j^ tA^uâ^ *t, ,^ a- <i*i*« >«•** ^^/.*

314 r.LACIEHS EN ACTIVITÉ.

préparer le déjeûner. — On commençait alors la conversation du matin; on s'informait du temps qu'il, avait fait la nuit et de celui qu'il faisait maintenant? Le ciel est-il serein? — Avons-nous l'espoir d'une belle journée ? — Quel est le degré minima de la nuit et combien de degrés le thermomètre marque-t-il? — Bientôt le déjeûner était prêt : «Allons , Messieurs , si vous voulez prendre votre chocolat chaud , il faut vous lever, » nous disait Jacob. C'était ordinairement un moment pénible, car on trouvait la chaleur de la chambre à coucher fort agréable , malgré l'épaisse fumée qui y régnait dès que le feu était allumé. Si au moins on avait pu prendre sa tasse au lit , comme plusieurs de nous, j'en suis sûr, ont la très -louable habitude : mais notre charte nous le défendait. On se décidait enfin à repousser les couvertures et Ton rassemblait tout son courage pour supporter vaillamment la sensation désagréable que l'on éprouvait en sortant de la cabane avant de s'être lavé les mains et la figure à l'eau glacée. — Cette opération était un moyen infaillible de rendre tout le monde dispos et de bonne humeur; on courait ensuite s'asseoir autour de la grande chocolatière, où tout le monde mangeait de trèsbon appétit; puis on se séparait en se dirigeant chacun de son côté. — J'emprimte à l'article de la Revue d'Edimbourg la description suivante du dîner : «Midi appi-oche : tout le monde s'est rassemblé au- « tour du pot-au-feu , et bien que le menu soit fort peu varié , c'est de « l'aveu de tout le monde une véritable jouissance de dîner en plein « air à Vhôtel des Neuchdtelois , autour de la grande dalle de gneiss qui «sert de table à manger. On n'y sert que du mouton et du m; mais , « soit que le mouton de ces hautes montagnes soit réellement meiUeur «que celui que l'on mange ailleurs, soit que l'air vif, rende le palais «moins exigeant, il est vrai que nous ne nous en sommes jamais «lassés. Quelquefois nous avions pour varier de la viande de chèvre. « La tasse de café et le cigai^e étaient les accessoires obligés du dîner. « Il semblait que l'un et l'autre eussent un parfum plus exquis sous «le ciel du Schreckhom et du Finster-Aarhom. C'était l'heure des «gais propos, des discussions animées, des projets téméraires, après «quoi tout le monde s'en retournait à ses occupations, l'un d'un cAté , « l'autre de l'autre. » incoiivéïiieiiidupiic. Cependant, aux agréments de ce séjour se mêlaient aussi des inconvénients , et nous ne tardâmes pas à faire l'expérience (jne ce sol mouvcuit n'a pas été fait pour servir de base à l'habitation de l'homme. Nous nous couchions le soir sachant que pendant la nuit nous allions

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dienmier d'une quaiilitti donnée; mais €ommr ce Diauvemeiit n'était pas toujours insensible et parfaitement uniforme , il n'arri%'aît que iTop souvenl tpie le loiir s'affaissait et occasionnait des ouvertures par lesquelles le vent, soufflait impitoyablemenl. Il y avait encore un BQtre inconvénient plus grave que celui-hi : le bloc , malgré son épais- •eui* de 6 mètres , était profondément fissuré et les fissures pénétraient lie ptirt eu part, de façon que, par une forte pluie ou une cliuli? de iieige abondante , l'eau pénétrait par ces fentes el i-uisaelait au toit ^ notre dortoir. Or, pour peu qu'un de ces petits ruisselets rencontrai une as[iènté, il se Jonnait une cascade qui réveillait impitoyal^emenlceux qui se trouvaient dessous. ^()n voyait alors UinUSi Tun, tantôt Tanti'e se lever, saisir la chandelle et essayer de donner une iQtre direction a rinqjortun ruisseîet; niais bientôt celui-ci rei^agnait sa direction prennére ou allait l'éveillor le voisin do dix)ite ou de gauche en lui dt^gouttaut malencontreusement dans Toi-eille ou siu* le De,z* L'infortuné se levait à son tour et essayait de corriger le coui's du ruisseau en renvoyant, asperger son vtiisiu» — Je me souviens d\tne nuit ou les filets dV-au et les cascades étaient si al.M>ndauts que toute correction fut inutile, et voyant qu'il était impossible de fermer rceil, nous primes le [larti de nous amuser aux dép(*ris de nos cascades en leur imprimant toutes sortes de directions. Au lieu de dormir nous faisions des études d'hydrographie.

Le seul danger que nous c^^urîtms, si toutefois il était réel, l'eau!- Dainji^rs (tu nît*' t&ît de ces fissures du bloc. II eût pu se faire que Feau, après s'y ilti^ accumulée, sV fût congelée et eût ainsi disloqué le bbc; car la gdée est, comme on sait, J 'agent le plus destructeur des rociiers. Or, le mur d'enceinte eût été incapable de retenir une masse pai'eille, et iinns eussions été broyés si une dislocation fût survenue. Je dirai même que je ne serais pas étonné si quelque jour ce bloc colossal se st'parait en plusieurs pièces *. Au premier aÏKird on pouvait aussi craindre, en voyant sa position hardie sur la moraine, qu'un mouveimal brusque du glacier , tel que la sec^^usse d'une crevasse qui

HA. ♦ Ces prévisions se soiit coniplèiemenl réatîsétîîi. En 184« j*ai psissè la nuit avei^ un guide *ur uiuraine mMiano près de la mclie dt* Th^tel des Ntîuchùtelois, l>l éniinu*» Wnc anguleux Je gneiss j*Vtail fendu M divisé en plnsieiirs morceaux j el rVst duns i'Hf9ct entre ces tilocs i|tj#^ j'ai passé h nuit , stnis une Itille à voile, — Depuis ces hte» M» fiont djvLMîi» déplus en plus, cl enlin, en 18.=iO, tous les biocb, ;ui noinlire de niifl ju moins, m- trouvaient ;iti hn^ de hi inuiainc, l)t* ces W*>cs il v m :» un d'un vu- Imat' ifcM»/. fiifl fpii porte «t» \HV/1, tiarfailcmt'nt niriMTvec, CinMTÎptiou : hofri Hr\ %e%chHirioU , le nom d'A^MMls el celui des roitdiileurs d** CtuVIrl

s'ouvi-e OU se forme, ne le renversât sens dessus dessous. Aussi, quoique son assiette fût bien établie, je ne cacherai pas que, pour ma part , j'étais de temps en temps en proie à une secrète inquiétude qui, si je ne me trompe, était plus ou moins partagée par tout le monde, et, semblable au peureux qui a bien soin de regarder sous son lit avant de se coucher, je ne négligeais guère de faire le tour de la cabane avant de me livrer au sommeil. Visiteurs II l'hùtci. Les visites ne manquaient pas à Thôtel des Neuchâtelois. On voyait d'ordinaire arriver vers midi une ou plusieurs caravanes de touristes avides d'impressions, car les guides et Zybach (le maître d'hôtel de l'hospice du Grimsel) ne manquaient pas d'exalter leur imagination sur le compte de notre habitation. Nous eûmes même plusieurs fois des visiteurs venant de Grindelwald i^r la Slrahlech ; ceux-là, quels qu'ils fussent, étaient l'objet de toute notre sollicitude.^

D'un autre côté, le nom tout épigrammique A'hâtel que portait notre humble cabane nous valut aussi quelques visites inopportunes , pour avoir été pris au sérieux par des touristes , qui s'imaginaient qu'ils allaient trouver à Vhâiel des Neuchâtelois des appartements tout

ED. ' Au nombre des touristes venus de Grindclwald se trouvait une dame. « Un soir, dit m. AsaMta, que, réunis autour du foyer, nous nous amusions à observer un effet de lumière sur le Finster - Aarhorn , nous aperçûmes une nombreuse caravane qui débouchait de l'angle de VAbschtcung, Aussitôt les lunettes se braquèrent de ce ofttépour voir si parmi les aventui^ux voyageurs il n*y avait pas quelque personne de connaissance. L*un d'eux était en chaise à porteur, et déjà tout le monde faisait des remarques sur cette singulière manière de voyager en hautes régions, lorsque nous reconnûmes que ce voyageur était une dame, LMronie se changea aussitôt en admiration. Gomment, une dame traverser la Strahleck! Décidément , c'est un digne pendant de l'ascension de m"* d^AnseYllle sur le Mont - Blanc. Nous allâmes au-devant d'elle pour l'inviter à se re|H)scr un instant dans notre cabane. C'était une Écossaise, n*'* Cowmi d^iâdlnibours, accompagnée de son mari et de neuf guides, m. c^wan nous raconta qu'elle avait fait la plus grande partie du chemin à pied , mais que sa chaussure s'étant déchirée , elle avait été obligée de se faire porter, ce qui la contrariait beaucoup. Ils avaient couché dans la cabane du berger dy Zxsenberg, d'où ils étaient immédiatement montés sur les champs de neige supérieurs. 11 était cinq heures lorsqu'ils arrivèrent chez nous et près de neuf heures lorsqu'ils entrèrent au Grimsel.*

DA. * En 1841 le passage de la Strahleck (du Grindelwald au Grimsel) était une course pénible et périlleuse , et peu de guides l'avaient faite. Depuis quelques années ce passage est entrepris par un grand nombre de touristes et souvent par des dames; parmi ces dernières nous citerons M"* Mrata et H"** Hartln, de Strasbourg. — Par des circonstances météorologiques favorables, dirigé et aidé par des guides de tiautes ré- (sions de bcaucouj) de savoir-faire, il ne s'agit que de marcher du matin au soir; mais par le mauvais temps , et surtout par une chute de neige fraîche ou pendant qu'il neige , cette course est dangereuse.

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