X. g«i—fi s«r les gladeFs
Ruisseaux qui coulent en été par le beau temps sur la siu*face des glaciers.
DA. 9. C^ti¥«— >■ jgMMVcrMil— Mié^lmaes (A). Crerasscs tniisrer-
Longues fissures étroites et profondes , transversales à Taxe du gla- ^» midianes. der dans les régions moyennes et supérieures des glaciers à £Edble pente, et qui s'étendent ordinairement sur de grands espaces. Ces fissures profondes et étroites s'élargissent fort souvent partiellement, surtout près des rives du glacier.
Au glacier de l'Aar (Unter-Aar) , les plus caractéristiques se trouvent en aval de TAbschwung, localité de l'emplacement de l'ex-hôtel des Neuchâtefois, des deux côtés de la moraine médiane ; mais il n'en existe que de iaibles traces dans les régions plus escarpées du glacier, par exemple près de son extrémité.
Dans les glaciers composés , le glacier inférieur de l'Aar par exemple , il est rare que ces crevasses, quelque longues et continuelles qu'elles paraissent, traversent le glacier d'une rive à l'autre ; le plus souvent elles sont limitées à un seul afiluent : c'est une confirmation qu'au milieu du lit commun chaque afQucnt conserve encore des traces de son individualité.
Lorsqu'elles se prolongent jusqu'au bord , elles sont plus ou moins arqpiées.
Nos d>servations positives et nombreuses nous disent que la marche innoence par la mardu glader va en se ralentissant du milieu au bord ^ ; les crevasses su- «-he du glacier. Liront ces variations et formeront une ligne arquée œnune des perches &xé«s dans la glace, aUgnées transversalement, que nous voyons au loat d'un certain temps former une ligne courbe et se présenter sous ffjTiae d'un arc. Les perches du miUeu resteront alignées sur une
Spaitem.
\, CkeiaOyer'Bxcke.
Ipk Efffe fnérale. — Cependant, dans certaines imHies des glaciers, mais assez Tm^tnt est obsené. — Voyez chapitre Profrrsskm des glaciers.
434 CliEVASSES.
certaine étendue , les autres se trouveront de plus en plus en amont de la ligne primitive.
Les crevasses médianes qui s^étendent transversalement du milieu du glacier au bord conserveront tout leur caractère sur une certaine étendue , puis s'approchant des rives , elles prennent le type des crevasses transverscUes latérales et des crevasses en zig-zag. PormaUou descre- Les crevasses transversales médianes se fonnent ordinairement vassc* transversales spontanément avec accompagnement de bruits qui ressemblent assez *°î^' aux détonation d'armes à feu.
M. Ungif et plus tard M. Ag—mUf dans les comptes-rendus de leurs observations au glacier de l'Aar, citent des formations de crevasses qu'ils ont pris sur le fait. — Souvent, fort souvent, nous avons nous-même entendu ces détonations et vu des fentes nouvellement formées (desquelles sortaient des bulles d'aii' et de Peau) , que Ton trouve quelques jours plus tard partiellement larges de plusieurs centimètres.
M. AgwuÊmïm. nous dit : ^
a J'ai eu le bonheur d'assister plusieiu*s fois à la formation de cremvasses médianes. — Le 5 août 1842 j'ai été témoin du phénomène le «plus curieux que j'aie observé depuis que je visite les glaciers. A «quatre heures et demie du soir mes ouvriers étaient au forage, lors- «que le glacier commence h craquer sous leurs pieds et à dégager aune grande quantité de bulles d'air. J'étais à une grande distance de « ce point , cependant je fus surpris des mouvements étranges que a j'apercevais dans la troupe : de temps en temps je les voyais fuir aprécipitanunent dans toutes les directions. — A six heures l'un d'eux «courut à moi et me pria d'aller voir ce qui se passait; il m'annonça «quelque chose d'extraordinaire et d'inexplicable. A sa figure défaite «et à la pdleur de ses camarades , je vis en arrivant sur les lieux que «la frayeur s'était emparée de tout le monde.
«Je remarquai d'abord une grande quantité de bulles d*air qui se «faisaient jour à travers deux petites fentes larges à peine de 3 milli- «mètres. Deux autres fentes de 5 à 10 millimètres s'étaient ouvertes «en ligne droite sur une longueur approximative de 100 mètres à «travers le glacier et engloutissaient tous les filets d'eau qui venaient «de plus haut. Au bout de quelques minutes j'entends moi-môme à «peu de distance un craquement semblable à des détonations simul-
DA. • Études sur les glaciers, 1847, p. 370.
CREV.\SS£S TR.VNSVEKSAU^ MÉDIANES. 435
Umées d'armes à feu, oomme dans les feux de peloton accompagnés de coups isolés. J'accourus sur le bruit, qui se répéta bientôt sous mes pieds avec des commotions semblables à celles d'un tremblement de terre : le sol semblait se déplacer et s'écrouler sous mes pieds avec un bruit différent des détonations qui avaient précédé et semblable à celui d'un éboulement de rochers, sans qu'on pût cependant remarquer un affaissement sensible de la surface; le glader tremblait réellement, car un bloc de granité de 1°" de diamètre, perché sur un piédestal de 0",60 de haut, s'abattit brusquement. Au même instant je vis la crevasse s'ouvrir entre mes jambes et se prolonger rapidement à travers le glacier en ligne droite, faisant de temps en temps des écarts de 8 à 10 centimètres lorsqu'elle rencontnôt d'antres crevasses, et se prolongeant ensuite de nouveau en ligne droite. De grandes bulles d'air affleuraient à la surface sur tous les points où la fente était dans l'eau. Je vis ainsi trois crevasses se fermer en une heure et demie et j'en entendis plusieurs autres s'onvrir à peu de distance de moi. Mes honunes n'osaient rester en place, tant les conunotions étaient brusques; mais quatre de mes compagnons d'étude demeurèrent sur les lieux pour observer ces faits avec moi. A sept heures et demie le nombre des crevasses nouvelles que je pus distinguer était de huit, sur un espace de 125 pas : l'une d'elles avait partagé le piédestal d'une table de glacier sans le renverser; trois autres se prolongeaient sous la moraine médiane et une d'entre elles la traversait même entièrement. A sept heures te trou de sonde , qui avait 42",10 de profondeur siu* 16 centhnètres de diamètre, et qui était plein d'eau, se vida complètement en quelques minutes, ce qui prouve que ces crevasses, quoique très-étroites, pénètrent à de grandes profondeurs. A huit heures et demie les secousses continuaient encore ; pendant la nuit nous en ressentîmes même deux sous notre tente. Le lendemain je remarquai encore plusieurs autres crevasses nouvelles qui s'étaient iiwmées plus bas pendant la nuit , mais je n'en distinguais toujours que huit sur l'espace où je les avais vues se former. La journée avait été très-chaude, U'^c; jamais je n'avais remarqué tant d'eau à la surface du glacier que ce jour-là. — Un fait curieux , c'est que les crevasses se succèdent de haut en bas, en suivant la pente du glacier. Aujourd'hui je compte douze crevasses sur l'étendue où je n'en avais compté que huit le cinq, sans que nous ayons ressenti de nouvelles commotions ; je suppose dès lors que les fentes que je n'ai
((pas aperçues d'abord ne sont devenues visibles que parce qu'elles «se sont élargies. La plus grande de ces nouvelles crevasses a maintt tenant 4 centimètres de large ; toutes les autres se sont paiement ' «un peu agrandies, mais aucune d'elles ne s*est allongée. Je doute aque l'on puisse attribuer la formation des crevasses du centre du tt glacier aux mêmes causes qui produisent les laides crevasses oblia ques des bords : je serai plutôt disposé à croire qu'elles sont dues à « la tension inégale de la masse résultant de l'infiltration et de la a congélation d'une plus grande quantité d'eau sur certains points du « glacier.
«Il est possible aussi que les secousses du forage n'étaient pas étran- «gères à la formation des crevasses. Ce qui me confirme dans cette «supposition, c'est l'observation suivante faite en 1845 par M. Dmof. a Se trouvant un jour du mois de septembre au milieu de la moraine «près de l'hôtel des Neuchatelois pour y enfoncer une grande et forte «poutre destinée aux observations de l'hiver, et ayant dû employer à «cette fin le plus grand des perçoirs qui m'avait servi en 1842, il «entendit tout-à-coup, pendant que les ouvriers foraient, une forte «détonation à côté de lui; les pierres de la moraine s'ébranlèrent et «glissèrent les unes sur les autres. En ayant cherché la cause, il dé- « couvrit à côté du perçoir, à l'endroit où les pierres avaient subi les «déplacements les plus sensibles, une fissure de quelques centimètres «de largeur qui ne se bornait pas seulement à la moraine, mais «s'étendait également à travers une partie considérable du glacier «du Finster-Aar. J'ai aussi souvent entendu des crevasses se former «spontanément, surtout pendant la nuit, et j'ai cru remarquer que «c'était ordinairement à la suite de beaux jours. D'abord très-étroites, «elles s'écartent graduellement; mais généralement elles sont plus «larges à la surface qu'au fond, de manière qu'elles représentent une «cavité conique, dont l'ouverture est près de la surface. Cette cir- « constance , comme l'a démontré M. FoFbes » est due en grande «partie à l'action du soleil qui, en frappant les parois de la glace, «agrandit la cavité aussi loin que ses rayons pénètrent. Aussi re- « marque- t-on que le côté exposé au soleil est toujours le plus excavé.»
Crevasses transver- DA. 10. Cre^MMs trMtvrerMles latérales (B).
sales latérales. Limitées aux régions riveraines, elles ne s'étendent qu'à une petite distance du bord.
Elles sont intimement liées aux formes et aux accidents du rivage.