CREVASSES LONGITUDINALES
EUes sont surtout groupées en nombre considérable autour des pitHoontoires qui font saillie dans la vallée.
Au glacier inférieiur de l'Aar (Unter-Aar-Gletscher) un premier influence de ivncaisgnmpe de cette espèce se voit au pied du Mieselen , près du point wmm,
fixe n* III, sur la rive gauche. — Un second, sur la rive droite, an pied de VEscherhom; mais le plus remarquable est à la base du pnmumtoire du Pavillon , qui s'avance comme \m éperon dans le glacier. Les crevasses apparaissent subitement du moment qu'elles se trouvent en face des promontoii^es. Souvent la partie qui les précède est très-unie; puis en aval les crevasses se resserrent, se referment et la surface du glacier redevient unie. — Une pareille distribution ne laisse aucun doute sur Torigine des crevasses transversales latérales. > Ces crevasses sont d'abord étroites , mais elles s'élargissent rapidement, deviennent très-béantes, surtout lorsque le glacier est à forte pente. EUes ont généralement leur plus grande longueur près de la surface et se rétrécissent vers le bas. En passant sur le terrain accidenté et très en pente , la partie supérieure des crevasses a un parcours beaucoup plus long à faire que les parties inférieures; les parois du haut seront moins entraînées par la marche de toute la masse que celles du bas ; les fissures et les crevasses deviendront plus béantes ; mais dès que l'obstacle est passé, les crevasses se l'eferment.
L'action des rayons solaires est très-forte sur les parois de ces cre- ^^^^ ^ «yons vasses, et sous cette influence elles s'ouvrent considérablement, sur- * •^'*** tout dans la partie supérieure. — Des portions de glace disloquée se détachent des psjxAs et la crevasse sera plus ouverte.
La glace des glaciers, à la température de zéro (glace fondante) PiasUettèdeiagiace. est trèf^lastiqike ^, et de voir les crevasses se refermer lorsque l'obstade qui a donné Ueu à leur formation est passé , ne doit étonner personne : c'est tout naturel, il ne peut même pas en être autrement.
DA. 11. CTrevAMM los^tadlnalM (G). CrevMMs longltudi-
Longues fissures étroites, parallèles entre elles, toutes dans la di- "*'"*
rection de l'axe de la vallée.
Dans les glaciers encaissés , tels que le glacier inférieur de TAar, et au-dessus des régions où la moraine s'éparpille, ces fissures trèsnombreuses ne s'ouvrent que très-rarement et partiellement senle-
DA. ' Quand ces crevasses transversales latérales donnent naissance k des dentelures ri a d« aigmBes, nous leur donnons la dénomination de Crevnurn chnoUq\ieê, DA < Vovei paragraphe Plasticité de la glace.
438 GREVASSES.
ment, mais une fois ouvertes, elles ont beaucoup de chances de se maintenir, surtout si le glacier entre dans une localité plus ouverte, d'un encaissement plus large.
Des naturalistes non physiciens (le pei'sévérant gladalisle Mwtgi) ont attribué à Tévaporation une action hors ligne, une disparition de surfaces de matières gelées énormes. Nos observations nous disent (]ue, par suite de certaines circonstances météorologiques, la glace s'évapore, mais (jue cette évaporation est faible.
Ces fissures longitudinales ne sont nullement des crevasses transversales fléchies sous l'influence du mouvement inégal du glacier; ce sont des déchirures formées dans la direction môme où nous les voyons, c'est-à-dire parallèlement à l'axe du glacier. Influence du soi. Dans un glacier qui peut s'étendre librement comme le glacier du Rhône et celui de l'Ober-Aar, ces fissures, déchirures, changeront d'aspect et de forme, s'ouviiront partiellement et donneront lieu à des crevasses plus ou moins larges.
M. Air»Mi« donne l'explication de ces crevasses et dit : «Je sup- « pose qu'un glacier, le glacier du Rhône par exemple, après avoir « été encaissé dans un lit étroit, entre dans une vallée large et à fond «plat. Comme il aura beaucoup de marge, il commencera par s'étaler «dans les élargissements qui lui sont ouverts. Une tension sera «nécessairement produite dans toute la mcisse par ce déversement* «latéral, et l'on peut prévoir que les crevasses auxquelles eUe don- «neralieu seront perpendiculaires à cette tension, c'est-à-dire lon- « gitudinales. C'est en effet ce qui aurait heu si le glacier ne subissait « d'autre déplacement que ce déversement latéral, mais il ne continue «pas moins sa marche d'amont en aval, d'après les mêmes lois qui « régissent sa progression dans les régions supérieures , c'est-à-dire «que le centre avance plus que les bords**. Cela étant, il est évident
DA. * Déverser, pencher, incliner, n*ètrc pas d*aplomb, se gauchir. Un mur qui déverse.
Devers, qui n*est pas d^aplomb, qui penche.
{Dictionnaire national par Bescbekelle aine; 1868.)
DA. *' En règle générale, la marche au milieu est plus accélérée qu'au bord. La configuration du sol (le bassin) qui encadre ou supporte le glacier peut se trouver eiceplionnellement telle, que la hauteur du glacier, de sol à surface, sera plus forte sur un certain parcours , et ce volume local plus fort pourra se trouver non au milieu du glacier, mais rapproché plus ou moins des bords. Nous savons (les glaciers nous le disent) que leur progression est locale et générale, qu'elle est en raison du volume et qu'elle se manifeste en longueur, largeur et hauteur dans la masse.
que les logions da b(»d subiront la double iaflueooe du d4wk^ppi>ment et du lalentisseaient latéral; les creTasses^ sll viout à «Vu former, seront par cooséquent perpendiculairos à la ràiultauto do œs deux tensions, c'est-à-diro à la diroction des couclios ; ooUod^oi étant ooQoentriques, les crevasses rayonneront « c'est-j^^iliro quVlkni ftmnenmtun éipentail, oonmie c'est efibctivement le cas dt^ crovostiHi du glacier du Rhône.
« Le milieu du glader, par cela même quil est en dehors dos «ou«>« des retards et que sa vitesse est sensiblement la mômo sur uno grande partie de sa longueur, ne subit qu'une tension régulions , ut c'est pour cela que toutes les fissures qui s'ouvrent seront dos ('.ro* Tasses longitudinales jusqu'à la cascade. »
DA. 12. CTvevaMM «v««éM (D). (;n»viMi»ii «nia^M
Courbées en arc, en cintre.
Une crevasse transversale d'une certaine étendue on ligno AmlU> , perpendiculaire à l'axe de la vallée, subira des variations pur la pn)greafiioD du glacier, qui est généralement plus grande au miliou qun sur les hords; les parties plus rapprochées dos rivos so troiivoninl plus en amont que celles du milieu et formeront unn VAmrÏHu un» ligne arquée.
En alignant des perohes en travers du glacier (Vmu) rivo A t'auth? (ou bien en observant des blocs qui reprisent sur sa mntnv,o)^ \umn voyons au bout de peu de jours ceU^3 ligne prendro l/t VAmrlm d'un aro peu tendu; au bout d'un certain temps la ïwm m^ inimmUmi miiid la forme d'un are plus tendu.
En règle générale une crevasse ou fliMiin) imtinyt^rmiU* iml nnm l'influence de la progression du glacier, f^ Vt^xMuM* U plim ^iIiHmm/m* de son axe (plus rapprochée du bord y m tivnivifra ni numiii
(Mes dont la suite des ligiKft U/ntm ^lins <dkm lUm mi^h^*!* 'dl^f *'"^"
Hâtivement saillants et rentrants.
Toutes les cievasies ou tbi^:T*A 4t$m 'Â*9l^Uut Ménitiuh i^iMVMfif prendre la forme irrceci^T^. xj^, ^-^^ ^^tt ^' M^^rd ItinU^inHii compte de cette dJsfMârjb yv U^pUm \m tmi^an tt9*ihnhtiUUhf^ citées.
nHIfseot le afin éi ifemr f « yw » n^^-^m^éé u y^. tttnnf
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Crcvasscscliaoliques. DA. 14. CreraMM eliAotlqwM (F).
Correspondent aux endroits les plus inclinés , les plus abruptes et accidentés, et donnent naissance aux dentelures et aiguiUes.
La présence des aiguilles dans un glacier indigue toujours un fond très-inégal sur une pente escarpée. — Leurs formes hardies et leur reflet brillant les font apercevoir de fort loin , et l'on ne peut s'empêcher d'im sentiment d'étonnement et d'admiration lorsqu'on les découvre la première fois à l'horizon.
Ces aiguilles de glace (de glacier) ne sont autre chose que les cloisons qui séparent une multitude de larges crevasses , ou pour ainsi dire les murs mitoyens rompus et disloqués par la dilatation et le tassement, et ensuite entamés, rongés et façonnés de la manière la plus bizarre par l'action du soleil, de la pluie, de l'air et des vents chauds, par l'évaporation ou la condensation, etc.
L'inclinaison seule, quelque forte qu'elle soit, n'est pas susceptible de donner heu à des aiguilles aussi longtemps que le fond du glacier est imi; eUe ne détermine que des crevasses plus ou moins béantes.
Nous voyons plusieurs affluents du glacier inférieur de l'Aar qui ont de très-fortes pentes dont la surface n'offre pas moins un niveau très-uniforme; d'autres, dont l'inclinaison est bien moins forte, présenter au contraire des aiguilles très-variées , témoin le glacier supérieur du Grindelwald et un grand nombre d'autres.
Lorsque le fond de la vallée est raboteux et l'inclinaison faible, les crevasses se confondent et la surface du glacier prend un aspect plus ou moins chaotique, mais il en résulte rarement des aiguilles. Aiguilles, dentelures L^s aiguillcs, dentelures, sont en général d'autant plus hardies des glaciers. qu'elles sout plus rapprochées de l'extrémité des glaciers. — C'est ici en particuher qu'elles affectent ces formes bizarres dans lesquelles l'imagination des voyageurs se plaît à reconnaître toutes sortes de figures et de costumes. — Tout le monde a admiré sous ce rapport les aiguilles du glacier des Bossons et de la mer de glace au-dessus du Montanvert. Celles du glacier de Zeimatt , quoique très-hardies , sont plus uniformes. — Les glaciers de l'Aar, le grand glacier de Zmutt, le glacier d'Aletsch et beaucoup d'autres, ne présentent point d'aiguilles dans tous leurs cours ; d'autres dont le parcours est trèsescarpé en sont hérissés dans presque toute leur longueur. Le glacier de Viesch nous en offre un exemple des plus frappants, quoique ses aiguilles ne soient pas aussi variées que celles du Montanvert et d'îiutres placiers.