ALLUVIONS MODERNES
et €«Hip^ à Winterthur, canton de Zurich. — Je vais passer en revue les diverses fonnations ou terrains qui sont représentés sur la carte géologique.
AF. 5. Les terrains d'éboulements et d'alliwions sont tous deux des for- i^rains dèbouiernadons modernes. Les éboulements sont fréquents dansles montagnes ; °^'* ^ ^ aiiuvioi». mais ceux qui sont assez grands pour être notés sur une carte au Viuoeo 8<^^ rares. Le plus considérable parmi ceux dont la date n'est pas contestée est celui des Fiz près Servoz, qui eut lieu en 1751. II en est parlé dans les Voyages de A»bmu«,
J'ai tracé également, d'après une petite carte que je dois à l'obligeance de ■• le profeMcw Horiot, les contours de la grande masse de débris amenés dans les environs de Noville et de Cbessel, près de l'embouchure du Rhône dans le lac de Genève : ils sont évidemment tombés du Grammont. Quelques savants placent dans cette locab'té l'ébonlement du Tauredunum. J'ai encore indiqué la position d'un antre grand éboulement dont les débris sont arrivés directement dans le lac de Genève. 11 se trouve presque à moitié chemin des villages de Meillerie et de Saint-Gingolph.
AF. 6. Les attuvions modernes se trouvent autour de toutes les ri- Aiiovîons modernes. vières. Les cours du Rhône, de la Dranse, de TArve, de l'Isère, de TArly, de la Doire, etc., sont en grande partie tracés dans ce terrain. Elles sont fort difficiles à distinguer, des alluvions des tentasses que quelques auteurs ont nonuné alluvions modernes. Les alluvions modernes ne se distinguent guère des autres que par la différence de hauteur; elles sont à peu près au niveau du cours des rivières, tandis que les alluvions des terrasses forment, comme l'indique leur nom, des terrasses étagées les unes au-dessus des autres. Lorsque les niveaux sont les mêmes , les formations se confondent. L'uniformité des matières transportées en est la cause. Si dans l'histoire de la race humaine les mêmes faits s'étaient passés pendant une longue série de siècles , il serait difficile de distinguer ces siècles les uns des antres. Je ne veux rien exagérer; mais c'est, il me semble, ce qui s'est passé jusqu'à un certain point dans la série formée des alluvions des terrasses et des alluvions modernes. La position de l'alluvion des terrasses , qui se ti-ouve d'ordinaire à un niveau supérieur à celui de l'alluvion moderne, lors même qu'elle est plus ancienne, complique souvent encore la distinction qu'on voudrait apporter entre ces deux dépôts. Les alluvions modernes sont formées de débris qui souvent ont fait partie des alluvions des terrasses.
Biors erraiiqaes. AF. 7. Les blocs etTatiqiies sont de deux natures : les blocs granitiques et les blocs c^caires. Il est bien peu de géologues qui n'admettent pas maintenant qu'à une certaine époque peu éloignée les centres montagneux de l'Europe étaient couverts parles glaciers, dont quelques-ims étaient énonnes en comparaison de ceux que Ton peut voir de nos jours. Ce n'étaient pas simplement les glaciers actuels qui s'étaient agrandis, mais- il s'en était formé dans des localités où il n'y en a pas maintenant. Il y a eu des glaciers dans la Forôt-Noire, dans les Vosges , dans les montagnes de l'Angleterre et de l'Ecosse. J'en ai trouvé des traces dans les montagnes de la Savoie qui n'en renferment plus : ce qui dénote évidemment im abaissement dans la ligne des neiges persistantes et une extension plus considérable des glaciers.
Les glaciers descendant des montagnes granitiques ont déposé des blocs granitiques comme ceux qui descendaient des montagnes calcaires déposaient des blocs de cette nature. Les premiers sont si nombreux , si voisins les uns des autres et si répandus sur le flanc de certaines montagnes, que si f avais voulu les indiquer sur la carte, il est des localités où je n'aurais pu marquer aucun autre terrain. Ces blocs se trouvent en énormes amas dans la vallée du Rhône et dans ses aboutissants; le val Perret entre autres est très- instnictif pour leur distribution. On en a également trouvé dans les vallées de la Dranse, de l'Arve , de l'Isère , et la vallée de la Doire a fourni un écoulement à un glacier gigantesque qui a formé les collines de la Serra près d'Ivrée, en Piémont.
Aitiiade des blocs AF. 8. Dans la plupart de mes courses j'ai porté im baromètre, erniiiqïics. avec lequel j'ai mesuré la hauteur d'un grand nombre de points, et je me suis attaché à reconnaître la limite supérieure de ces blocs en*atiques. Les observations sur ce sujet nous donnent une idée de Vimmense épaisseur des glaciers qui les charriaient. J'indiquerai ici la limite supérieure des blocs erratiques granitiques sur trois points différents de la vallée de l'Arve.
1® Au Mont'Lachat , placé sur le versant Nord-Ouest du Mont-Blanc. Cette mesure donne le niveau supérieur des blocs erratiques dans cet endroit de la chaîne centrale des Alpes , car le Mont -Lâchât fait partie du groupe môme du Mont-Blanc.
2** Auf-dessus de DonneviUe, c'est à peu près les deux tiers de la distance entre le Mont-Lachat et le débouché de la vallée, dans la plaine suisse, aux environs de Genève.
3" Au Moni'SnUvc , qui se trouve à ce débouché.
ALTITUDE D£;> BLOCS ERIIATIOLES. 479
Au Moni-- Lâchât, j'ai trouvé les bloc^ les plus élevés à 1807" altitude, soit à 730" aa- dessus du fond de la vallée'. Mais je ne puis m'empécher de remarquer que les parties supérieures du Mrait- Lacbat (^reot des pentes si rapides , qu'il est bien douteux que les blocs y soient restés , lors môme qu'ils y eussent été déposés , et qu'audessus de cette montagne on ne trouve plus que des roches cristallines d(Hitles pentes sont trop raides pour avoir permis aux blocs erratiques de s'y arrêter. D'ailleiu*s ces blocs erratiques placés dans la région des roches cristallines se confondent avec ceux amenés par les éboulements, en sorte que cette limite est peu certaine. Mais je l'indique comme étant le minimum de la hauteur à laquelle on peut placer la limite supérieure des blocs erratiques sur le flanc du Mont-Blanc.
Au-dessus de Bonneville, ■• Ctnyot a trouvé un bloc erratique placé sur la montagne du Môle, à la hauteur de 1527" ait., soit à 1080" au-dessus du fond de la vallée 2. Md-méme j'ai trouvé sur la rive oi^Mwée de l'Arve deux blocs placés prés du sommet de la mofitagne du Brezon, Le plus élevé se trouve à 1665" ait. , c'est-à-dire à 1220" au-dessus du fond de la vallée mesuré à B(Hineville.
Enfin, au Mont-SaUève on trouve les blocs jusque près du sommet de la partie de la montagne nommée le Grand - Salève , c'est-à-dire jusqu'à 1300" ait., soit à 870" au-dessus de la plaine, mesurée au village de Veyrier '. Il est probable qu'ici comme au Mont-Lachat l'ancien glacier a porté les blocs erratiques à une élévation plus grande que celle de la montagne, et l'on en trouve la preuve dans la hauteiur du bloc du Brezon, qui est placé bien au-dessus d'une Ugne droite tirée de la limite des blocs au Mont-Lachat à celles des blocs au Mont-Salève.^
Les blocs erratiques calcaires sont moins nombreux que les blocs granitiques. Le district où ils se trouvent avec la plus grande abondance est placé entre le Mont-Salève et Bonneville : il est connu sous le nom de Plaine-de-Rocailles. On y trouve sans aucun doute un des plus beaux exemples du phénomène erratique des Alpes. Des blocs monstrueux y sont disposés en une énorme traînée entourée par des blocs granitiques. Tous les blocs calcaires proviennent de la
AF. * Cette dernière mesure est prise au-dessus du village des Ouches, qui esta en- *îron II40».
AF. « Bonnetille. qui est placée au fond de la vallée, est k 446- ait. AF. • Veyrfer est k 428- ait.
AF. » Cette ligne passerait au Brezon à environ 1450- ail.
vallée de la Bome. Ils renferment les mômes fossiles crétacés qiie les montagnes qui limitent cette vallée. L'espace qu'ils occupent s'étend environ sur trois lieues de longueur et sur une lieue de largeur. Cette accmnulation et cette singulière distribution avaient excité la surprise et l'intérêt de liéopoid de B«eii pendant une course où je lui servais de guide, et cependant, vers la lin de sa vie, le savant Berlinois n'aimait pas à observer longtemps les blocs erratiques, Diiuviam , lerraiii AF. 9. Le diluvium se compose en majeure partie d'énormes amas lîiafiaire. ^q glaise bleuâtre, renfermant des blocs erratiques et des cailloux striés 1 qui caractérisent le terrain glaciaire. Cette glaise remonte dans certains endroits sur le flanc des montagnes, sans atteindre cependant une hauteur aussi considérable que celle des blocs erratiques.
La petitesse de l'échelle de la carte m'a forcé de donner la môme couleur au diluvium et aux graviers qui se trouvent au-dessus de lui, ainsi qu'à ceux qui se trouvent au-dessous. Les premiers de ces graviers forment les allumons des /erroMe^ dont j'ai déjà parlé et que quelques auteurs ont nonunées alluvions anciennes. Ces terrasses sont nombreuses sur les rives du lac de Genève et sur les bords des rivières figurées sur ma carte. // parait que les rares débris de VElephas primigenius, qui ont été recueillis dans nos environs , proviennent de ces graviers.
Quant aux seconds de ces graviers, ceux qui sont infériem^s à la boue glaciaire et qui ont été nommés alluvions anciennes par Necker» ils sont peut-être le résultat des grands courants d'eau formés immédiatement avant la période glaciaii'e ou bien encoi*e ont-ils été déposés en avant des grands glaciers eux-mêmes. En sorte que , dans la première de ces hypothèses, il y a eu dans notre pays connue dans les autres centres montagneux :
1® De grands courants formés au conunencement de la période glaciaire. Ils étaient produits par le climat hiunide et froid qui précéda très-probablement le développement des glaciers.
2** La période glaciaire proprement dite avec son climat froid , pendant laquelle la glaise , les boues et les blocs erratiques ont été charriés. Il est probable que pendant cette époque les grands courants avaient été à peu près desséchés , excepté en aval des glaciers.
DA. * Los galets ou cailloux erratiques , et même les gros blocs qui portent des marques de frottement , nous disons quMls sont rayés. Les ruches en place qui portent ces marques
sont striées, polies ou moutonnées.
poqaeglaciaiie. ks^iairiRsSbibîîrecL ^ie£rand:>aJa^aIlib^:se&«ZK^n^ de noorean. Ik uiiuêigiU le» dêpéCs prrâfiLenfis et Jiêpi.x9èc«fi(; Iîet> ;i£hiTions des temnow A mesure qw les eaox -Jiimziwf^uC v&» Tvoirsge et qo'eDes awBWiart kar lit. hs lernsses se np^K^feèreeifi %le$ JUkLurions modetnes.
AFJ0.£«iiioJtaar^<«it4Mtf)rqui5etiwiTedaBsiK)i>eaTi^^ mi%i»i:«i:^««i-
du lenaio miocxne. EBe appartîeiK ptoèdMefuent aux deux t'ta^yt^ \ie
b cbsdficatîoD adc^lée par ■• Mu» dans :?es iUchirches smr m i^if»
tertiaire, au Marendeii qui renleniie la moUassse grise e( à IWquiU-
nien qni est leprésenle par le gisement de lignite ei de âxigères de
Thoirens. Il est probable qne le grès de BonneTille oonresp^Hid au
grès de Rallingen, décrit par M. «taJn et par ■• Bccr. Mais f^Hir
préciser ces divisions dans nœ environs . il faudrait posséder plus de
fossiles quil n'en a été recueilli jusqn^à présent. Dans le cadre de m:i
carte, il nV a qne deux étages de la mollasse et point de Nageifluhe.
tandis que dans les cantons de Berne, de Fribourg et de Vaud i^!
trouve le Nagelfluhe et la mollasse marine, qui est supérieure à Ui4n'
mollasse d'eau douce. Pourquoi cette mollasse marine n^esl-eUe pas
représentée dans le bassin compris entre les Alpes et le Jura dans
les environs de Genève? Va- 1 -elle jamais été dépi^sée dans ivttt*
(tartie de la plaine suisse . ou en a-t-elle été enlevée après ïJon dép6tT
Ce sont des questions dignes d^étre examinées . mais il serait trop
long de le faire ici.
AF. M. Le Macigno alpin , qui a été confondu avec d'autres nx^hes m«««w «.^» soiis le nom de FlyscTi , et le grès de Taviglianaz ou grès moiK*heli\ sont représentés dans ma carte par la même couleur. 11 serait , en ♦?£ret, difiBcile de séparer ces deux roches qui alternent somvni ensemble; elles appartiennent toutes deux à Tépoque éocène. Le Macigno alpin prend quelquefois la forme d'un grès ou d'un conglomérat et renferme des cailloux qui contiennent des fossiles de terrains plus anciens (aux Voirons, à la Molire, vallée de Boëge, sur les flancs de la Dent-du-Midi), mais le plus souvent il est formé de schistes manieux dans lesquels se trouvent une assez grande quantité d'écaillés de poissons qui n'ont jamais été examinées avec beaucoup de soin.
AF. 12. Le grès de Taviglianaz (qui a tiré son nom d'un chalet des i;ïtfs^ Tâx^iu»Ac DiaUerets, canton de Vaud) parait être une cendre ou tuf volcanitiue «ju trappéen. Il renferme du feldspath, de Tamphibole ou pyi-oxcne. •*t je crois y avoir trouvé des traces de hauyne. Si on compan> la [n)- V. 31
sition de ces tufs volcaniques ou irappëens placés au-dessus du schislc marneux, renfermant de nombreuses écailles de poissons et reposant sur le terrain nummulitique , avec la position des roches trappéennes du Vicentin , il semble que ce soit deux formations du même âge. Dès lors ne poun*ait-on pas supposer que le grès de Taviglianaz a été formé par les lapillis , les cendres et les débris projetés par les éruptions sous-marines du Vicentin , qui ont été entraînés par des courants et stratifiés en alternant quelquefois avec le Macigno alpin. — A cette époque , Tltalie n'était pas séparée de la Suisse et de la Savoie par une chaîne aussi formidable que celle qui existe maintenant; car toutes les roches nummuh tiques qui constituent de très-hautes sommités dans les Alpes se déposaient au sein de la mer. D'un autre côté, la distance qui sépare le Vicentin du pays dont je me suis occupé n'est pas assez grande pour que Ton repousse sans l'examiner l'hypothèse qui consiste à faire venir les éléments trappéens du grès de Taviglianaz des éruptions trappéennes du Vicentin , en les supposant apportés par des courants marins.
Le grès de Taviglianaz est très -développé dans les environs du Grand-Bomand , dans la vallée du Reposoir et dans une grande partie du massif compris entre la rive droite de l'Arve et la rive gauche du GifFre , c'est-à-dire entre Samoens et Sallenche.
Cette roche, ainsi que le Macigno alpin , repose stur le calcaire nummulitique. Toutes deux constituent dans cette région des Alpes la partie supérieure du terrain éocène et offrent dans certains endroits une puissance de 200 à 300". — Cette formation diffère donc totalement de celles qui se sont déposées à la même époque en dehors de l'emplacement des Alpes.
Le Macigno alpin avec écailles de poisson de la rive gauche de l'Arve est assez différent de c^lm qui forme , sur la rive droite de cette rivière , une grande zone qui s'étend de la Pointe-d'Orchez jusqu'à Vionnaz dans la vallée du Rhône. Il est formé par des schistes calcaires et marneux dans lesquels on trouve très-fréquemment des empreintes de fucoïdes, de Ckondrites intricatus et Ch. Targianiiei des Helmijithoïdes crassa, qui ont quelques ressemblances avec les myrianites du terrain silurien. Ces schistes ne sont pas liés au grès de Taviglianaz ; ils ne reposent pas sur le calcaire nummulitique qui ne se rencontre pas dans cette région ; mais ils reposent sur le calcaire kimméridien dont je parlerai plus tard. J'ai longtemps hésité ayant de les classer et je conserve encore quelque arrière -pensée sur eux, mais
des A^po nfoitf^
iLlOLUHliS HT 9GHI8TH5 (I.VLC.%IBES ^RII.MtJLITiyUBîs Wo
.1 S^ réimâ! an Mai!i|aio olpiit paitn; i^u'il» rtHilemufitt tje plante» ijpi se retrourenfe JaB» de» tocites y imanee» au gzè» mmmxnlitiqnie iJLe» Vuûrootk ' m lÊfxfMtn (TtikairB» tmmmuUiiqHês. (\m ^à répoipie éeeène . ferment dan» b partie gianrmw nui? ironefte importante. U» ont éb* :30ijk levÀ josqn a dit tzês-grande» hauteurs. Cette fiMnnaCiozi reuâ>nuM^ une i se montre :»ir pkuâeors ponx^ . firii^ ^w lfVi> U le Prtil-BDnKBid^ Oiamxrfafftigr et Montmai: elle e^ lepcuàw^ de la cooete de» Diabieret» et de celle d'CïttreirevgflDe. A Panant eC à JUcaimin la cfmche «barlMHanense avec :$et^ nontbnfux feenles se lioine ptane nn pen aordessous du irakaixe uum«Nt£i> tqne pimucMent dSL UensemMe de ee terrain est asses ckbi^ ^u il«i^ sQes ; ik ont été en partk décrit» par MM. Miaiit et MiMiiii > lif>^ principaux sont le» tniiiants :
TwnHeOm
CfraM ruAMarcc. leè. «fl 1^
éefretmt Dnli.
Tertkm tutetni , Bvmis.
CerUhium pUeatum, Brous.
— Hegtnu, Oesh.
— cast€ÙhU, Bvosg.
~ eomlitt. Brous-
— bicaicaratumf Broog.
— eormya/iiiR» Broog.
Fuau poii^gonaiui, Brong.
Cffkerta imeratsaia, Desh.
— ViOamvm, Besh.
siriafa^
oaiicaitrs 'unmiwiilt'
Tels sont le» terrains tertiaires dans les Alpes de nos euvinaka^, lU reposent sur les terrains crétacés qui jouent un r6Ie des (ilus iiniiiutant» dans cette région et qui se composent do la série suivante ;
AP. 14. La craie est représentée par un calcaire compacte^rîs im noir dans lequel les fossiles sont trés-rai*es. On y trouve qiu>li|utvti inocénane», et il parait devoir être rapporté au terrain aéniuiiou mi craie blanche. Il n'est probablemeet que le prolongement do la omio blanche des montagnes d'Entrcmont, près de Chcimbér>'; reptmdHUt
484 SAVOIE — PlhiMONT — SUISSE.
on trouve rétage cénomanien dans le Jura à Sainte-tîroix , pas loin d'Yverdon dans le canton de Vaud. Mais on n'a pas trouvé jusqu'à présent dans les montagnes de la Savoie des fossiles suffisants pour déteiminer avec une grande précision l'âge de ce terrain. Sa position au-dessus du terrain albien est son principal caractère. Lorsqu'on ne peut voir cette superposition, on le confond facilement avec le terrain urgonien.
Terrain aibicii, «auit AF. 15. Le terrain albien, gaull ou grès verl forme des couches peu ouKTèsvert. puissantes, mais parfaitement distinctes par les nombreux fossiles qu'elles renferment et par leur caractère minéralogique. Ce sont des calcaires d'un gris bleu ou noirâtre, quelquefois marneux, pétris de grains de silicate de fer d'un vert très-foncé. Les fossiles en sont trèsconnus; ils ont été décrits dans l'ouvrage de ■■• Pletet et Bo«x. En voici quekiues-uns :
Belemnites miiûmus, List. Ammonites Mayorianus, d'Orb. Nautitus Saussureanus , Pict. — latidorsn^s, Mich.
— Bauchardianus , d*0rb. — interruptus, Brug.
— Cteinentinus, &*Orh, — in/latus, Sovi. Ammonites Vclledœ, Mich. Scaphitel Hugardianus, d*Orb.
— Bcudanti, Broug. Hamites Saussureanus, Pict.
— DM^tnianus, d'Orb. — elegans, d'Orb.
. On y trouve encore des Turrilites , des Turritelles , des Scalaires , des Avellanes, des Natices, des Turbos, des Ti-ochus, des Solarium, des Pleurotomaires , etc. ; un grand nombre d'acéphales , parmi les- (jucls Yinoceramus sulcatus et VinoceramiLS concentricus sont peut-être les deux espèces les plus communes.
Ce terrain montre des affleurements dans im grand nombre d'endroits. Les principaux sont les suivants : la montagne des Bœufs et le col Rampon, pas loin d'Annecy, Thônes, les environs du Mont- Saxonnet au Sud-Est de Bonneville, ceux du Grand-BomandauSud de cette dernière locaUté , et la vallée du Reposoir, un peu plus au Nord. Il se montre dans plusieurs parties de la longue chaîne du Mont-Charvin à la Pointe -Percée qui termine au Sud-Est le grand distric^crétacé placé sur la rive gauche de TArve. On le voit encore près de la ville de Quses, placée sur cette rivière : ici le grès vert repose sur la craie par suite d'un renversement. Il se trouve dans les environs de la Croix-de-Fer, sur la rive droite de FArve, dans le vallon de Sales et aux Fiz , ainsi que sur la rive droite du GiflBre au Criou,
TEnUAlN NÊOCOAIIEN. 485
aux Avoudna» à Bossetan cl sur l€ revers NoM-Ouetjhle la Dcnl-du- " lidi.
A F. 16. Le teirain apiien est pou épais; il est formai d'un eaiccairo Ttirriiia ai^Uciu jaiinàlre associi; à des marnes iioirâlreé. Je Fai réuni au terrain urgoiuen , en lui doiuiant la même couleur dans ma eaile. Les princi- I
paax fossiles sont les suivants :
Bekmmiifs semicanaticnlafm, lïl. Osfrm liousséngaHltt , d*Oih.
Ammaniffs f'ornHetkmtL^ ^ d'Orl>, Tefebttifula SJufemjttemto , tVMt,
— miUetianns, il'fM». tltjnthoneita Gtfdfskittn, lî:i\Uis
fUtÊMa radiulu, \*. i'X tt. —P. hiflata Itctermtcy ùMonf/m , iVQrU
11 se trouve au ParuielatK au Planet près des Vergys, n Dessy près Bonneville , au col de Teine près de Surcouz . au Sud de celte ville , elc,
AF. 17. Le terrain urgouien oneaicaire à Vhamma-Ammoma est très- ^^-rr^^» un^onku ivpandu et très-puissant dans la Savoie. La roche pi inei pale est uu *'" *^^''*'^*'** •'"'*"'calcaire gns. Les tossues les plus nombreux sont le Rmikililes Ncoeomieiisis, d*Orb., et le CapronnaÂmmonia, d'Orb.
Ce terrain Tonne de grandes crêtes rocheuses et aiides auxQuellcs leurs formes fiardies donnent un aspect paiiiculier. — Il ronstituo avec le néocomien la masse principale îles chaînes circulaires et rectilignes qui sont placées entre le tac d'Annecy et la rive gauche de l'Arve. On le trouve encoiti dessous le lerraiii éocène dans le massif situé eiïli*e TArvc et le GifTre, ainsi que dans celui du Criou, dos A>*oudruz et des Dents-Blanches, au Nord- Est de Samoens, Il est également très-développe au Mont-Salève.
AF. 18. Le lerrahi néoc&rnien a im développement considcral>!edanB icmia nMcumini, les montagnes crétacées de la Savoie. On y reconnaîtra ptaU-étre imelbis Tétage uommii Valengieu ; iK>ur le moment Je n'ai pu le c^nttaler d'ime manière bien précise. Il est probablement représenté par un calcaire un peu ferrugineux pîaré à la base du néocomien, mais je o'ai pu eo obtenir des fossiles iiien caracléristiques.
Uètage néocomien pmprement dit prèsente deux faciès. Le premier, celui du néocomien jurassien , i-epose tonjoui-s siu" le terrain corallien. Il est formé fiar des calcaims plus ou moins mani eux. jaunâtres , avec ou sans grains de giauconie à la partie supérieure ; a sa partie moyenne on trouve des marnes lileucUres très- fossilifères el;\ la {lartio inférieure un calcaire donl la couleur est souvent celle de la rouille. Plus on se rapproche de la chaîne centrale des Alpes » plus
le calcaire domine « et moins la marne est abondante. Il est caractérisé par de nombreux débris d'êtres organisés , tels que les suivants :
lielemnites dilaiatus, Blainv. Ostrea Couloni, d'Orb.
Piautilxu psextdO'Clegans , d'Orb. Toxaster complanatus, Ag., etc.
Ammonites radiatus, Bnig.
Les fossiles de ce terrain ont été décrits dans les travaux de ■. te profeMiear Piciet et dans celui de M. de liorioi. Cet étage constitue, on peut dire , la masse principale des chaînes que j'ai indiquées en parlant de Télage urgonien.
Terrain iièotomicn AF. 19. Le socoud facies cst cclui auquol on a donné le nom de ai|iii) ou provençal Néocomicn alpin ou provençal ; il repose toujours sur l'étage oxfordien. Il est plus marneux que le facies précédent. Les principaux fossiles sont les suivants :
Beletnnites Orbignyanus, Duv. J. Ammonites difficilis , d'Orb.
— conicus, Bl. — Voironencis, Pict. et de L4)r.
— latus, Bl. Ancyhceras TabareUi, Aslier. Ammonites subfimbriatus , d'Orb. — Emerieé, d'Orb.
— Rouyanus, d'Orb. — SabatuUanus, Vki. et àehôr.
— ligatus, d'Orb, Terebratula diphyoîdês, d*Orb.
Ce facies est beaucoup moins répandu' que le précédent; on le trouve aux Voirons, à la base du Môle , et peut-être au pont Saint- Claire, à l'Est d'Annecy.
AF. 20. Dans les terrains jurassiques, je n'ai distingué que deux formations : le termn supérieur comprenant tous les étages jurassiques proprement dits et le terrain inférieur comprenant le lias et Pinfra-lias.
Dans le tdTTain jurassique super leur, je range les formations suivantes :
a) Le kimméridien, dont j'ai recueilli récemment un grand nombre de fossiles dans les environs de 1a chapelle d'Abondance et des Cornettes de Bizc (au Sud de Saint -Gingolph). L'un des plus répandus dans cette formation est :
Bhynchonella trilobata, Munst. Mytilus striatus,Go\A,
Terebratula insignis, Ziel. Hemicidaris alpina, etc.
Mytilus subpectinatus? d'Orb.
b) V étage corallien du Mont-Salève, formé dans la partie inférieui'e par un calcaire d'un blanc jaunûli-c et dans sa partie supérieure par un calcaire oolitique enfermant beaucoup de fossiles et en particulier do beaux Diccras Lucli , Dcfr., et D. ariclina, Lam.
IVrraiiis jurassiques.
kimméridien.
Klago corallien.
TEHIIAIWS DL LIAS LT UE UNFRA-L lAS*
f) Véiage oxfordien do Bellevaux avec ses Ammmuiesplic(Ui!lis^Hovi. ^l'^s^" '>t^»i«u-iL Celui de SiyijUîeoU'o, ijiii conlieiit la même cspèc4L\ L'étage oxfonliea des Vuirous rente niiant les fussiles suivaDts :
Apffchus l(ttus, Park.
- iamellosus, Park.
BHemnites Kosffifus , Blainv.
— . Sauvmmasus, d'Orb.
A m morUtffs pUcatiUs . rt'Orb
— Adelr., irOrïï.
— ocitlfffus, BeaTi,
— tnrticukfrhtiij tlMlrh., rlc.
Cel étage présente à peu près les jiiènies fossiles aux baseis tJu Mâle. Le terrain oxfordien se monire sur les tords du lac d'Annecy, prèi de Tailoires. 11 renferme les mêmes débris d'èlres orf^anisés. La roche ijui le forme est en général un calcaire d'un blanc jauprésenlant souvent des ro^mons, associé à des couches mar-
J*ai donné aille ui^ des détails sur les grandes masses de schistes argileux ou arfiiIo-calcaii*es noii-s qui forment les montagnes rappmchees de la chaîne uentride eL (jui cuntieiment des fossiles callo™ns : (elle est la chaîne du Buël, du Grenairon et de Tanneverge; telle est encore une partie du Munt-Joly, près de Baint-Gervais. On trouve dans ces schistes argileux VAmmonî es iunuta, Ziet. de Tétai^^e calbrien; ainsi que les Ammoniîcs Parkimonii, Sow., I^Hortcmis, d^Orb., Mur€his(^me , Sow*, qui proviennent ordinaii^ment de roohte inférieure.
Je place encore dans le terrain jurassique supèriem* les roches de U Hayaz, montagne tenaut au col Fermt, d l'Est de la chaîne du Hcait-Blane. J'y ai recueilli des oursins que M. lie«or a eu Tobligeance d'examiner et qull a raj)[>ortés à des radioles dn Cidaris histrkoides, Qnenst., et au C. propuufua, MunsL. Ces roches calcaires ne iont sépîu-ees des prulogjnes du Mont-Blanc sur lesquelles elles s'appaieal que par une distance de 15™ (environ, et elles paraissent placées au-dessuus de grandes masses de i-oches triasiïjues et jurassiques.
A F. 21 . Le îcrrain du lias ai œliii de V infra-lias sont bien cnraclèrisés dans diven^s chaînes ejctérieures des Alpes, àMeillerje, sur les bords de la Dranse, au Môle, a la Puinte-d'Orchoz, etc. J'ai associé Tinfra- Uas au lias, parce qu'en Savoie ses caractèœs minêrabgiqnes le rapprochent bien pins de ce terrain que du tiias. Je ne répéterai jias ici les hsles des fossiles que j'ai dtHméi^s dans un m Méi noire sur les terraios li.'u^îqiir et keujk^rien th la Savoie, Dans Fiatérienr des Alf*es»
Ti'iralu du lîa*s cl «le riilfra-Jlii^,
(*'est-«\-dire daiis le voisinage de la chaîne centrale, on n'a ii-ouvé aucun fossile bien conservé se rapportant d'une manière certaine au terrain liasiquc. Les fossiles , rares et altérés à leur surface, sont la plupail du temps des Bélenmites qui , on le sait, sont difficiles à déterminer, surtout lorsqu'elles ont été allongées par le clivage. On croit avoir l'econnu le Belemnites acutus, Miller, du lias à petit- cœur, le B. niger, Lister, du lias moyen au Mont-Joly, et le B. àanalicukuus? du lias supérieur au Mont-Lachat. On a trouvé encore quelques ammonites, mais en petit nombre et la plupart se rapprochent, comme je viens de le dire, des espèces de Toolite inférieure. Oane connaît pas môme bien exactement la position de ces ammonites dans les couches ardoisières qui les renferment et qui sont presque toujours contournées ; mais on voit qu'il y a entre elles et le terrain triasique une puissance de couches assez grande pour que le terrain liasique puisse être développé. — Malgré ces causes d'incertitude, il y a de fortes raisons pour rapporter au lias les terrains que j'ai colorés en bleu foncé :
1° Parce que dans plusieurs localités on a trouvé à la base de ce terrain les fossiles de l'infra-lias ou zone à AviciUa cantorta.
2** Parce que ces terrains ont pour prolongement évident, au Sud- Ouest, les couches incontestablement liasiques du col de la Madeleine et du col des Encombres, et au Nord-Est les couches du lias de Bex, (jui renfeionent la gryphée arquée.
Pour ces diverses raisons j'ai colorié avec la teinte qui indique l'étage Uasique les terrains qui renferment des Bélenmites dans les environs du Mont-Blanc et ceux de la vallée de Mégève.
Les couches du revers Sud du Mont-Blanc se prolongent jusqu'au Mont-Chemin en Valais , où j 'ai trouvé les Belemnites paxiUosus, Quenst . de l'étage toarcien ou de l'étage liasien. II est probable que si l'on parvient à découvrir de nouveaux gisements de fossiles, on arrivera à mieux séparer les divers étages de la formation jurassique que je n'ai pu le faire au milieu de ces immenses massifs de schistes argileux , contournés et souvent renversés.
Les terrains liasiques des environs de Taninge reposent à Matiingo sur la zone à Avlcula contorta. Ceux du Môle renferment un grand nombre de fossiles liasiques , ainsi que ceux de Meillerie. On trouve encore quelques fossiles de cet âge au Granunont, près Saint-Gingolph , à la montagne d'Armone , au sud de Thonon , au Miribcl , «i Test de Boëgc; enfin à la montagno des Aimes, dans la vallée du Rc-
SCHISTE AîlGlUï-FEIUlLrriNEUX HULTri: BT VERT, 489
pusoir, ot à hi montagne de Suions, au sud de Thônos, on trouve les fossile» de Tinfra-lias placés dans les positions les plus extraordinaires, mais ils n'en caraclérisenl pas moins les terrains jurassiques tout-àfait inférieurs*
Un chasseur de chamois a rapporté du fond de la vallée de Sixt des grj-phées arquées. Elles provenaient, a-t-il assuré, de la localité difFicile a parcourir, nommée Prazon. H n'y a rien de fort surprenant tlaus luette découverlc ; les ruches de Prazon étant surmontées par une énorme épaisseur de teirains jurassiques, appartienfieni probablement au terrain du lias, d'autant plus (Qu'elles ne soûl pas eioiÉ^nées du lias de Bex qui renferme également des gryphées arquées. Elles reposent sur le terrain triasique que l'on voit apparaître dans un point du fond de la vallée de Sixt.
Ma carte dillere considérablement de celles qui ont été publiées ppècèdeumient par le termin îriasique qui y est iiguré et par retendue que je lui ai l'econnuc. Il est formé en Savoie par ue ensemljle île couches inlérieures à Imfra-lias ou zone a Avitula cmiMrta et supérieure au terrain houiller. Ou ne le voit nulle part avec un dévetopt»ément complet; mais, en i-èunissant toutes les couches qui le ronslituentj ou obtient la couiw? suivante en c-ommenraut par le haut,
AF, 22. Marne ou argile rotigc , ayant 60 à 80" de puissance et res- Mame i>u argiir seail)lant à des marnes irisées durcies. ''""^*^-
AF. 33. Carffîieide ou calcaire mufpimen reUukuœ , ayant quelque- carpjicutt» ou caïfois un énorme développement, comme sur les bords de la Dranse, ciire innijiit'sieii criprès Thonon. Là cette car^ieule renferme deux puissantes couches de gypse. Ordinairement la cargneule est accompagnée de gypse, mais son dévelopfiemeut est moins considérahle que dans cette localité. Je n'ai pas encore trouve de fossiles dans les gypses, mais j'ai i^ccueilli à Matringe des cristaux de quartz placés dans cette roche. Us ne suiit pas rouj^es comme ceux que Ton rencontre dans les gypses trïasiques (rEspagne ; mais ils sont brunâtres et enfumés, semblables àreux que Ton recueille dans la partie supérieure du Muschelkalk du Wurtemberg.
A F. 24- Schiste argito - ferruginmw ronge et vert. On le voit bien rIîI^ip arKiio-fir développé dans divei'ses hx-alités, et particubérement prés du village ^m^^ax rouK*; r\ tl'Argentières, valh^ de Chamnunix. 11 passe fi un gr-^s qui présente des couleurs plus ou moins variées ou bigarrées et à des marnes ver- •Utros.
Ardoise noire. AF. 25. Uiu coucht d'ardoisB noire peu épaisse, qui se voit rare^
ment; elle se trouve au col de Saienton, près du Buêt.i Grès arkose. AF. 26. U fffès orkose se voit à la partie inférieure du trias. 11 renferme beaucoup de gros morceaux de quartz et souvent des grains de quarts rose , associés à des matières talqueuses verdâtres. Ce grès est très-Men caractérisé dans beaucoup de localités, mais dans d'autres il est remplacé par des quartzius plus ou moins compactes, par exemple dans les environs du grand Saint-Bernard, dans la Maurienne et en Tarentaise. Ce sont ces quartâtes triasiques qui ont fourni la plus grande partie des cailloux quartzeux du terrain erratique. Quelques-uns d'entre eux ont été transportés , comme on le sait, à de très-grandes distances.
Terrain triasiquc. AF. 27. La distribxUion du terrain triasique dans les parties de la Savoie, du Piémont et de la Suisse qui nous occupent présente un intérêt nouveau. On le trouve à Meillerie et sur le versant oriental du Grammont. U est très -développé dans la vallée de Boege, et Textrémité septentrionale de la zone qu'il y forme arrive près de Cervens, où il se trouve placé au-dessous du lias et au-^dessus du terrain nummulitique. On voit oe terrain au Môle , à Matringe et à Taninge. Il forme un affleurement dans la vallée d'Illiers et s'étend de Monthey, vallée du Rhône, jusqu'aux environs de Samoens. Cette grande bande de gypse et de cargneule est le prolongement des gypses triasiques de Bex. On rencontre encore le terrain triasique à la montagne des Aimes (Reposoir) et à la montagne de Sulens, au Sud de Thônes. U présente de très-nombreux affleurements dans la vallée de Mégève, dans les environs de Beaufort, d'Aimé en Tarentaise, du bourg Saint-Maurice, du petit et du grand Saint- Bernard, sur les deux revers du Mont-Blanc, aux environs de Saint-Gervais, et enfin il forme une zone qui s'étend de Servoz à Saint-Maurice (Valais).
L'année dernière , la Société gèologfijue de France , réunie à Saint- Jean-de-Maurienne , a examiné dans les environs du fort de l'Esseillon et dans ceux du col de Fréjus de grandes masses de schistes argilo-talqueux lustrés, dont M. Eiory avait déjà parlé dans ses travaux géologiques. Quelques savants ont rangé , probablement avec raison, ces schistes dans le terrain triasique; cependant la question
AF. ' Quoique je u*aie pas trouvé de fossiles dans ces deux couches, je ne puis m'emiH^cher de croire que Ton en découvrira , ces roclies étanl semblables à c<îlles qui en contiennent dans d'autres pays et qui renferment en particulier des petites posidonomycs.
TERRAIN IIUUILLEU.
Q^a pas été clairoment résolue. Il est nécessaire de lui donner nne demonslralion plus cjomplole. Ces roches, assez peu caractérisées par leur gisement ^ par leurs carautt'i-es minéralogiqxiea , et moins encore par leurs fossiles (elles n'en renferment pas) , se Irouvent-elles dans le cadre de ma carte ? La tfaestion peut ôtre discutée. Si on arrive h en reconnaître la présence , on les trouvera probablement dans la chaîne placée enti*e le Mont-Blanc et le gi^md Saint- Bernard. Pour le moment j'ai CTU bien faire en in'abstenant de désigner sur ma carte une ronnation dont les limites de toutes espèces sont encore vagues.
AF. 28. Ma carti:» présente encore de ^'randes diflerences avec les '^^^^^ htitiiiiei. précédentes par le tracé du icrrain fmuUkr, L'histoire de la discussion qui s'est établie sur la présence de ce terrain en Savoie , et qui a duré plus de trente ans, pourra fournir d'utiles enseignements lorsqu'elle sera temiinée.
Le terrain houiller est composé à sa partie inférieure de poudingues plus ou moins grossiers (poudingues de Valoreine); au-dessus ûQ voit des schistes argileux renfeniiant de rauthrarite et les débris d'une nombreuse flore fossile identique à celle des véritables terrains bouiUers. On le trouve égaleuîent formé d*une énorme série de grés plus ou moins micacés qui constituent, par exemple, le grand massif îiouiller des environs d'Aimé en Taientiiise, Ces grès ont un caractère particulier iju'ils partagent avec îes grès des terrains honillers des autres parties de la France et de la Forét-Noii^e les plus rappmcbèes.
Le terrain houiller n'occui>e pas une très-grande étendue dans la région que j'ai figurée, mais il se rencontre dans plusieurs localités, teUesciue: Taninge, Servez, Valorsine, les Rosettes pivs d\\rgentîères, Vemeyaz dans la vallée du Hhoue. Aréche, Peiil-Cœur el le gnxnd Saint-Bernai'd. Dans les environs d'Aiine il Ibraie tout le centre de la vallée et une pîirtie des versants des montagnes entm le Mont- Plûvezan el Pesey, sur la rive gauche de Tlsère. 11 s'y lixjuve en ronrhes verticales et ménjcs renvei-sées. 11 est ilanqué des deux c^tés par le terrain triasique , lecf uel est flanqué à son totir par le terrain jurassique; c'est peul-étre le terrain houiller qui paraît au chalet du Gibet, près du Gmnd-rionmnd.
Le calcaire carbonifère manque dan» cette région des Alpes.
On a souvent de la peine à préciser la limite du terrain houiller d des âchistts nisiaiiinit , car dans Tun et l'autre de ces terrains on trouve des roches qui se ressemblent^ el Fordie de superitoisitioii est
quelquefois assez difficile à comprendre pour qu'il reste beaucoup de doutes.
Je ne saurai affirmer avec certitude qu'une portion de roches nommées ordinairement schistes cristallins appartienne au terrain houil- 1er lui-môme. D'après l'apparence des roches, la partie inférieure du terrain hoidUer a été certainement soumise à ime action* qui a changé le caractère sédimentaire qu'elle possédait primitivement. La partie supérieure des schistes cristallins paraît avoir supporté une action analogue, mais plus grande, qui a plus profondément modifié son caractère sédimentaire. En sorte que, malgré les. doutes qui me i-estent , je ne serai pas disposé à ranger les schistes cristalUns supérieurs dans le terrain hoidUer inférieur.
Mais ces schistes cristallins supérieurs se sont-ils formés avant ou après répoque ou les êtres organisés avaient des reprësentants à la surface de la terre ? La question est très-controversée. Cependant il me semble que la présence du graphite et du calcaire dans quelquesunes des couches des schistes talqueux ou chloriteux indique que les êtres organisés ont assisté à la formation de ces roches et y ont laissé leurs dépouilles.
Quoique ces raisons ne soient pas très-fortes , elles nous conduisent cependant à classer la partie géologiquement supérieure des schistes cristallins du Mont-Blanc, des environs de Beaufort, etc., parmi les roches paléozoïques , ainsi que les terrains qui renferment des maclcs dans les environs du grand Saint-Bernard. Peut-être sont-ils le prolongement, bien éloigné il est vrai , du terrain silurien du Tyrol. La grande ressemblance dans les caractères minéralogiques qui existe entre ces formations et celles des terrains classés comme siluriens dans d'autres régions, et particulièrement en Angleterre, vient à l'appui de cette idée.
Les limites entre ces roches et œUes qui sont au-dessus ou audessous d'elles ne sont pas assez tranchées pour que j'aie pu les indiquer par une couleur particulière.
Cet ensemble de couches passe insensiblement à sa partie inférieure à des roches plus cristalUnes, dont les diverses variétés de gneiss sont de bons types. Ce sont probablement des roches de sédiments déposées dans des conditions bien différentes de celles qui se trouvent dans la nature actuelle.
Schistes crisiaïuni. AF. 29. Tous Ics schislcs crislalUns sont dé^gnés par une seule teinte sur ma carte. On peut y voir qu'ils ont un très-grand dévelop-
SEKPKNTrKES,
pemeot sur le vtn'ers Nord-Oiiest du massif du Munt-Blain', Irunîis qu'ils maïKiueiU presque* LoUiIemeiiL sur le revers Sud^Esl. La protogine ne se trouve iloin' pas euUmrée de tous les côtés par une cein* tiu-o de schistes crisUUlius.
AF. 'M. J'ai indiqué par une teinte spéciale la protogine, qui joue ^ryiogim;. un grand rûle dans les Alpes de la Savoie , quoique rette rorhe soiL •^lassée avec raison dans let» gi^anites. J'ai pensé que ce granité du Mont-Blanc avait un faciès assez spécial pour mériter une couleur qui servît â la distinguer des autres roches de la môme famille.
On sait que rorigiiie et le mode de formation des roches granitiques sont furfemenl discutés, snilouL depuis que l*on a observé qu'elles reiderineotdes matières volatil t^s. Je neveux pas entrer dans cette discussion maintenant: mais je tiens à consteller qu'en plusieui's localités la protogine est traversée par des joints ou des fissures qui {présentent une régularité qui n'est pas ti^s-grimde, il est vrai, mais que Ton ne saurait méconnaître. On voit bien ce mode de division dans la course quelque peu périlleuse que Ton f^il en suivant la base des dcrniei's rochers du Mont-Blanc , lorsqu'on va du im^I du Géant ;i rAiguiUe-du-Midi , et en parcourant le Vaf-Feri'et pïéniontais.
J'ai donné une c-oulenr difféi-ente de celle des protogines aux mas- Gniiiu's, iwpiiTrrs sifs de vrais granUcs et de pof*phtp^es t qui se trouvent dans le cadre de ma carte et qui sont placés à Valorsine , à Beaufort et dans la vallée de Poncellamont. J'ai encore donné cette m<kne couleur à la roche I lamanjuable connue sons le nom de gneiss porphyroïde de Ce vins. Quelques-uns de ces granités et porphyi^s paraissent être plus récents que les protogines.
AF, 31. Enfin , j'ai figuré quelffues massifs de scrpenimc . ceux des scrpcniini^. environs du pelit Saint-Bernard, découverts par lla#eiif>atK, qui pai-aissent liés à des quartzites triasiques , et celui encore l>ien peu connu des environs de Taninge, qui est au milieu d'un massif liasiqne.
On trouve encore quelques serpentines ou pierres oUaires sur les flancs du Mont-Blanc; elles sont en général placées dans les schistes ciistallins, pas loin de leur jonction avec les protogines.
Telles sont les fonnations ou les ixiches qui constituent le sol de
^Ay> * Ces dcrnit^rés rocher !»ont en gèaÊral des granités |>ùiphyni)<les phMi ciue de
celte partie do la Savoie , du Piémont et de la Suisse dont la géologie m^a si longtemps occupé.
Quant aux questions générales de l'étendue des mers et de Torigine des montagnes, elles devraient être étudiées sur un plus grand espace que celui représenté sur ma carte.
Remarques Rcnè- ^p 32. Je terminerai cependant en faisant deux remarques : et
raies sur le tonrain ■,,,,. • . -i 1. .. -i . j i i» v
des Alpes. d abord , je ne saurais voir des limites ou des nvages de la mer là où
on les a indiqués ; je ne saurais regarder comme un rivage la ligne où cessent le terrain néocomien , le terrain urgonien , le gault , la craie, le terrain nummulitique et le Macigno alpin le long de la chaîne des Alpes , car tous ces terrains se terminent par un escarpement énorme et d'une grande longueur dont fait partie celui des Fiz, montagne célèbre depuis AiexaMdre RroMfriUmrt. Tous ces terrains cessent à cet escarpement , et celui-ci est évidemment produit par une rupture et non par des rivages superposés. Il est donc éminemment probable que ces terrains étaient immédiatement après leur dépôt plus rapprochés qu'ils ne le sont de nos jours de l'emplacement occupé aujourd'hui par la chaîne des Alpes. Ont-ils recouvert cet emplacement coftime il l'a été par lé terrain triasique et par le terrain jurassique ? On ne peut avoir de certitude à cet égard.
Quoique la nombreuse flore terrestre du terrain houiller nous permette de penser qu'à l'époque carbonifère il y avait dans cette région des Alpes une ou plusieurs lies , il faut remarquer que le terrain triasique et le terrain jurassique se trouvent sur le flanc môme du Mont-Blanc et qu'ils ont été renversés par les roches cristallines qui en forment la plus grande partie. Ces terrains ont donc été probablement rompus par le soulèvement de ces roches. Mais le& terrains plus récents (crétacés , etc.) sont plus éloignés de cette chaîne que les terrains jurassiques du côté du Nord, et ils le sont bien plus encore du côté du Midi , car on ne les retrouve que dans les environs de Varôse, en Lombardic. Il est donc difficile de comprendre si la mer, qui a déposé les roches crétacées de la Savoie , s'étendait sans rivage , des Fiz à Varèse par exemple , ou si une terre plus ou moins grande séparait alors la mer crétacée qui a déposé les terrains au Nord de la chaîne centrale , de celle qui a déposé ces mêmes terrains au Sud do cette chaîne.
En second lieu , je ne saurais signaler dans ces montagnes des discordances de stratification. Les contoumements sont trop puissants, trop variés, et les renversements complets sont trop fréquents pour