M. A. FAVRE
Professeur à l'Académie de Genève. •
A F. 1. La phrase célèbre de «eSawmire qui, après avoir passé un introdnctiou. temps considérable de sa vie à parcourir les Alpes et être resté seize ans à publier ses voyages , disait : « Qu'on pouvait presque assurer qu'il n'y a dans les Alpes rien de constant que leur variété,» semble avoir été le point de départ de l'idée que cette chaîne renferme des terrains faisant exception aux formations généralement reconnues dans le reste du monde. Cette idée n'est plus admise maintenant;
DA. ' Elirait des Archives des sciences physiques et natureUes de Genève, nouvHIc poriodo, T. XV. n" 69 ; 20 novembre 1862. ~ Pages 288 à 270. - Para(jraphes AF.
Je place ce Mémoire dans le touie Glaciers en aciirilè. — Leb matériaux (erratiques) lit poses iiar les glaciers ne sont pas réguliers, ni stratifiés; il en est de même de mes Mniêrianx povr Vrfvdr des glaciers : ils sont dispersés.
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mais il en i*estc une autre fort juste et généralement raçue, savoir que la géologie des Alpes est difficile à faire, — Si donc des observations nouvelles modifient dans quelques points le travail que je publie aujourd'hui (et qu'est-ce qui n'est pas modifié avec le temps?) , je crois cependant que Ton y verra toujours le résultat d'efforts consciencieusement faits et longtemps soutenus.
Je viens dç publier deux cartes ; Tune a pour titre : Carte des parties de la Savoie, du Piémont et de la Suisse voiêhus du Mont^Bkme , 1861; l'autre est la Carte géologique de ces mêmes régions portant la date de 1862^. Elles sont à l'échelle de Vi&oooo ^^ comprennent le pays qui est renfermé dans une ligne passant par les localités suivantes : (îenève , Annecy , Moutiers en Tarentaise , le petit Saint- Bernard, Martigny en Valais, l'embouchure du Rhône dans le lac de Genève et toute la côte méridionale du lac de ce nom. Cet espace présente une surface d'environ 5300 kilomètres carrés ; il renferme tout le groupe du Mont-Blauc et plusieurs autres massifs de hautes montagnes difficiles à parcourir.
Certaines parties de cette région ont déjà été étudiées au point de vue de la géologie, et de nombreuses localités de cette carte ont été illustrées par les travaux d'hommes justement célèbres. Parmi ceux qui ne sont plus , je rappelle ici les noms suivants : 4e S««Mare
— BoMrrlt — Del«e — C}lmbem«t — Dolomle« — ÂMéré — BroehttMt — WÊmmmmfrwLtm, — RaeklsMd — Bakewell — Broniriamrt — fivrlMe — ChttFpeMtler — IVecker — Sh«rpe — Mirr* B«i»«i<i » 6tC.
Parnji les géologues vivants , les principaux sont : MM. Stnder — Bile de Be«nioMt — ttlsmoMd» — Se. CSrae — MarchleoM — MortlUet — EeebeF de U lilMtb — FoFbee — Fonnet — F. ti. Pictet
— d'ArehUe — de liorlol — Gmjot — BeMerler — de U Harpe — Morlot — MttrttM — FlUet — WmlLet — Ch«moaMet — Blaaebet — Daeret » etc. Dans le travail que je prépare, je chercherai à rappeler aussi exactement que possible la part que chacun de ces savants peut revendiquer dans les travaux relatifs à la géologie de la région qui m'occupe.^
. AF. > La carte géologique a été préseutéc à la section de géologie de la Société heivétique des sciences naturelles, réunie à Lucerne en septembre 1862 ^Archives, 1862, T. XV, p. 136) et ^ VAcadémie des sciences de Paris le 3 noTembre de cette année (voy. les Comptes rendus de (^Institut, 1862, p. 357).
AF. ' Dans le prési^nt article je m'abstiendrai de faire des citations, parce que je préfère ne iM)int en faire plutôt que de les donner d'une nanière incomplète, et je ne puis les donner toutes
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Li géologie de cette légion a déjà été figuiée sur trois cartes : la cûTte géologique de France, par MM. mmtr^mmmj et EUe ém BeMOMsti celle de la Suis$e, par MM. M«4er et ■behari et celle de Sacoie, Riéwmmi ei Ugmie , par M. A. fW— ■■ia. J'ai souvent consulté les deux premidrat et je Fsconnals sans bésitaticm que ce sont de magnifiques tniFaux. Cependant ma carte diflère notablemoit de toutes les deux; d'abord, parce qu'étant à une échelle plus grande, j'ai pu donner ph» de détails; ensuite, parce que j'ai fait une étude spéciale de ce pays, Undîs que ces deux cartes figurent une région beaucoup plus considérable. Ce n'est qu'aj^nès mûre réflexion que j'ai tracé les terraius ei les limites des terrains , qui difiérendait mon travail des deux cartes foécédentes.
Quant à la carte de M. ■■■■i»«ia » je n'en ai eu connaissance que lorsque la mienne était achevée. Il y a dans ce moment sur certaines questions de la géologie des Alpes de grandes différences entre ma manière de voir et celle des savants auteurs de la carte géologique de France et du savant distingué qui a publié celle du Piémont. Elles nnl aasex inqxirtantes pour être élevées presque à la hauteur de principes; eC je croîs que la comparaison de ces cartes donne asseï bien lîdée de la diversité de nos points de vue.
Ce n'est pas ici la place de discuter ces questions , qui ont été dé* lAttoes ailleurs et qui sont très-ccmuuçs des géologues alpins. Cepen- «iant je dirai que la carte que je viens de publier diflère de toutes les caHes précédentes, particulièrement par la présence du terrain tiîasiqne et dn terrain houiller.
AF. 2. Le terrain triasique ne figure ni sur la carte du Piémont, Tirmiu triaskiu«. si sur celle de France (je ne parle ici que de la région qui m'occupe), mais il ert indiqué sur la carte de Suisse. Cependant ce terrain n'y *^ pas rqsésenté avec une étendue aussi considérable que celle que je lui ai reooimue et assignée. Je crois pourtant avoir raison de la tracer de la sorte, car la plupart des géologues qui travaillent dans ks Alpes d'une manière active s'accordent maintenant pour ranger •lans le trias les roches que j'ai désignées comme lui appartenant.'
AF. 3. Quant au terrain houiller, il n'est tracé ni sur la carte de Terrain bouiikrr. France , ni sur la carte du Piémont ; mais on le trouve sur la carte Je Suisse avec une étendue différente de celle que je lui ai donnée. I>aos ta recherche j'ai été constamment dirigé par Tidée que les rr^rhes qui renferment les débris de la flore du terrain carbonifère 4r*f»artenatent au terrain houiller (ce (]ue tout le monde n'admet
pas) , et j'ai rangé dans les terrains jurassiques les roches renfermant des Bélemnites.
Travaai pour achever A F. 4. La carto géolc^ue que j& viens d'achever est le résultat de iacarte(i84oài862). travaux poursuivis depuis 1840, comme le montrent divers Mémoires que j'ai publiés à partir de cette époque. Mon travail n'a jamais subi de longues interruptions. Il m'a trop vivement captivé pour que j'aie pu l'abandonner longtemps , et conunent ne m'aurait-il pas séduit? Les études qui dirigeaient mes pas me faisaient parcourir l'un des plus beaux pays du monde , et malgré les peines que j'ai prises, j'ai eu de vives jouissances. Ce n'est pas sans regret que je vois mon œuvre terminée. J'aime les Alpes, et le besoin de les parcourir est passé chez moi à l'état de passion.
J'ai commencé à étudier la géologie de ce pays sans aucune idée préconçue , et si je me suis formé des opinions arrêtées sur certains points, je l'ai fait d'ime manière complètement indépendante. Malgré tous les soins que j'ai apportés à l'exécution de ce travail, et malgré les détails que j'espère pouvoir bientôt publier, je suis loin de croire qu'il n'y aura plus rien à faire. J'espère, au contraire, que cette carte encouragera les géologues à venir visiter un pays fort curieux, mais difficile à comprendre , et que les quelques jalons que j'ai plantés leur serviront à s'orienter. J'aime à croire que les observations et les observateurs vont devenir plus nombreux que par le passé, et je suivrai avec un grand intérêt les travaux qui seront faits.
Lorsque j'ai commencé en 1840 à parcourir le pays, je n'avais pas de carte topographique convenable pour représenter les limites des formations; j'ai éprouvé beaucoup de difficultés et de retards pour faire exécuter la carte topographique ; mais après que l'étatrmajor fédéral eût achevé la feuille du Valais qui touche à la chaîne du Mont-Blanc , j'ai fait faire la carte qui porte le millésime 1861. Elle est formée :
1^ Pour la Savoie d'une réduction de la carte manuscrite de ce pays , levée vers 1808 et conservée au dépôt de la guerre de Paris. C'est à feu ■• le ir«B^na Peiet que j'ai dâ l'autorisation d'en prendre copie;
2* Pour le Piémont, j'ai obtenu une copie réduite de la carte levée par les ingénieurs sardes;
3® Pour la Suisse , ■• le i;éBénii D«fmur a bien voulu autoriser la copie d'une partie de la carte fédérale pubUée sous son habile direction.
Le raccordement de ces cartes a été fait par ■• le capitaïae ■ttiier, et la cai*te topographitiue , ainsi que la carte géologique ont été gravées et coloriées dans le grand établissement de MM. l^'nnter