PAVILLON DE L'AAR (1845, 2 AOUT
Nuit du !•' au 2, vent très-fort (Goughx). — Du 2, de soleil levant à 4 h., couvert 4 à 7, brouillard; 8 soir, pluie forte».
TEVPÉRATURE
si
X l'ombre.
ll'0i:SBnVATI05S.
in î
es
Degrés.
Degrés.
Degré..
6 matin. . .
Fort.
7 matin. . .
Violent.
8 matin. . .
Calme.
9 matin. . ,
Fort.
10 maUn.. .
Calme.
Midi . . .
Violent.
2 soir. . . .
Calme.
4 soir. . . .
Moyen.
6 soir. . . .
Fort.
Faible.
Calme.
Moment
Maxima . . .
de soleil.
Minima . . .
Faible.
Différence. .
Calme.
Moyennes par
Interrompu l'observation. La direction se maintient II
eilrémes. .
généralement N. et N.-O., foi 1 1
t de 8,38 à9,50 sans Goughx. 1
Calme.
Faible.
Moyen.
Faible.
Faible.
noncer ce mot en français : goux,
Calme.
avec terminaison accentuée de jr.
Moyen.
Fort
Tr.-fort.
Calme.
Même genre de variante jusqu'à 4 h. soir. Le brouil-
lard surgit. La direction du vent change. Pluie.
* D. A. Cel eitrait comme spécimen. — Pour faire ces observations, on fixait dans le sol
une forte perche, surmontée dans la partie supérieure d'étoffe de 0-,iiO de longueur et
pen de largeur; sur la terrasse du Pavillon, et depuis l'intérieur à travers la fenêtre, on
observait la direction et force du vent. Un des observateurs lisait à haule voix les secondes
sur un chronomètre à seconde morte ; un autre citait la direction et la force, et un troi-
sième les inscrivait.
118 ODSEHVATIONS M&TÉOROLOGIQUES.
OBSEBVATION» ■OmAimCS.
— En hautes régions des Alpes, par suite d'obsenations hygrométriques directes, en prenant le point de rosée sur surfaces^ métalliques polies, J'ai reconnu qu'il y a trois espèces de brouillards.
BrouUiardê tatwrés. — Point de rosée correspondant à l'air ambiant.
Brùitillanis Moui-murit (brouillard iec), — Point de rosée à une température moins élevée que l'air ambiant.
Bnmillardt utrêêtur/s. ( Brouillard humide,] Point de rosée plus életé que l'air ambiant.
Us températures des surfaces de neiges et de glaces étant ordinairement moins éleréés que le point de rosée des brouillards, il y a condensation plus ou moins abondante suivant la différence du point de rosée et des matières gelées et suivant la force du Tent.
BiMée. — Point de rosée à une température plus basse que celle de neiges, glaces oH eau; il y a évaporation. Point de rosée plus élevée que les corps; condensation. La roeée se produit surtout la nuit, par vent calme, sénith découvert, par rayonnement nocturne des corps.
(Mée hUua«ke. — La gelée blanche, ou dépM de givre, se produit en hantes ré^ gions comme dans les vallées et dans les plaines, par suite du refroidissement des corps par rayonnement nocturne, et ce rayonnement aux hautes altitudes est très-fort
M«le. — Généralement les chutes de pluies franches, sans mélange de neiges, son! irares en hautes régions, et lorsqu'il tombe de la pluie dans les vallées il neige dans les grandes hauteurs. Les observateurs âgnalent des moments de pluie au Théodnle, et un Jour ils ont vu au point culminant du mont Gervin (Natterfaom) de l'eau couler sur roche à des emplacements où il n'y a pas de neige. — Moi-même J'ai vu depuis le Pa^ vlUon de l'Aar, avec une excellente lunette acromatique, de l'eau de pluie couler sur les points culminants du Finster-Aarhom et des Schreckhflmer. Il me souvient que par suite de fortes pluies au glacier de l'Aar, qui ont duré du matin au soir et toute la nuit. Le matin le temps était superbe on ne voyait aucune neige fraîche dans les haa<* teurs, toutes les roches étaient humides et il coulait de l'eau de roche en roche. Du Rothhom qui est à 3000 mètres altitude au nord du Pavillon, il descendait un très-fort ruisseau d'eau.
Des observations nombreuses faites sur les quantités d'eau tombées sous Ibnné de pluie ou de neiges, disent qu'aux stations supérieures cette quantité est moindre qu'aux stations inférieures ; la raison en est toute simple, les neiges ou la pluie ont une basse température dans les hautetu'S, et augmentent de poids et Tolumes par condensation de l'humidité de Tair qu'ils traversent.
L'eau stagnante, par calme, sénith découvert, par suite du refroidissement, par rayon* hement nocturne, peut se maintenir liquide, non gelée et arriver à la température do ^ 6* et moins. Mais dès qu'on l'agile il y a congélation et la matière est ft zéro.
Dans de certaines circonstances atmosphériques (à toutes les altitudes] par suite de chutes de pluies, nous voyons sur le sol une formation de ce que l'on appelle le ver* glas, et cependant l'air ambiant est à une température de plusieurs degrés au-dessus de léro et le sol n'est pas gelé. ^ Dans ces cas, les gouttes de pluie sont à une trèsbasse température, en touchant le sol elles éclatent gelées. C'est un fait et nullement une supposition. Un Jour à ma maison de campagne, que f'habite toute l'année, J*at vu
BSERVÂTIONS UÉTÉOROLOGTQUES. 170
te verglfis se former. Muni d'un parapluie ouvert, je suis sorti en plein air, et la surface au bout de peu de temps éiait couverte d'une couche de verglas...
On a TU dans les plaines et dans les vaiiêes tomber de la pluie en faible quantité, par ciel complètement découvert, sans nuages.
Nuages et brouillards sont synonymes. On appelle brouillard les nuages dans les€[uels on se trouve, et nuages le brouillard dans lequel on ne se trouve pas. Dans les courses de montagnes on parcourt souvent une atmosphère de nuages. Citons encore les mers de nuages que nous voyons dans les vallées ou dans les plaines, depuis des points culminants où nous trouvons par lénith outre^mer et rayons solaires.
Neigea. — Dans toutes les saisons il neige dans les hautes régions des Alpes, et même au fort de l'été, dans les mois d'août, j'ai vu au Pavillon de TAar le sol couvert de 0",60 de hauteur de neiges iVatches; il en était tombé en moindre quantité au Qrimsel et à la Handeck. •--> On est en droit de demander quelle est la hauteur des ndges non accumulées par le vent, sur le glacier de l'Aar. Réponse. On peut admettre que fin avril la hauteur de neige tassée est de S*,50, nos guides citent des années de 5", 50. — Dans le haut Valais, k Ober-Geschelen, le guide Jflim, dans le mois de février, a vu le sol couvert de neiges fi^alches, tombées en 24 heures de 2 mètres, de hauteur, -^ Un mètre de hauteur de neige fraîche comprend une hauteur d'eau de 0",10, tandis que la neige vieille tassée comprend de 0'',450 à 0"',500 de hauteur d'eau. — Les 2",50 de hauteur sur le glacier comprennent 12 mètres de hauteur de neige fraîche. Voyez dans nos Matériaui des citations positives.
Kn hautes régions la neige tombe généralement sous forme cristalline, neige Une; cependant il arrive quelquefois qu'elle est sous forme de grands flocons comme dans les vallées et dans les plaines. Sous de certaines circonstances, par ciel totalement clair, et rayons solaires, on voit en haute région comme en plaine des parcelles de neige <M^islalline voltiger dans l'air et tomber en petite quantité sur le sol.
Hfféail. -- En hautes régions il tombe du grésil, comme il en tombe en hiver dans les vallées et dans les plaines.
<}féle. — En hautes régions on ne signale pas de chutes de gros gréions.
ToHMerre, éelairs, fondre. — Au ThéoJule les observateurs ont entendu le tonnerre gronder fortement, des éclairs à distance. On a fait un grand nombre de citations de roches foudroyées et disloquées à de très-hautes altitudes. Au Pavillon de l'Aar, par suite d'un fort orage, tonnerre et éclaira, nous avons vu la foudre tomber sur le Zinkenstock. Voyez dans nos Matériaux plusieura autres citations.
et Anéroïde. — Les lectures se font à 7, 1, soir. Généralement toutes les altitudes des Alpes ont été déterminés trigonométriquement et la lecture du baromètre n'a pas grande importance. — Sous le rapport de la prédiction des circonstances atmosphériques d'avenir, il se ttx>uve en défaut en très-hautes régions comme au niveau des rails. 11 en est de môme des pronostics du beau et mauvais temps, ils •ont trèi«sigets à oaution, disons plus, elles n'ont aucune valeur.
Anéroïde. -« tJn anéroïde de construction parfaite, réglé sur un baromètre de précision à zéro, que j'ai lu pendant une année, était parfaitement d'accord avec la hauteur de la colonne de mercure. Un autre de haute région, indiquant jusqu'à 5000 mètres d'altitude, marchait, à Mulhouse, très-d'accord avec le baromètre. Je l'ai transporté au Théodule, après l'avoir réglé sur le baromètre de la station de Zermatt. Arrivé au Théodule il n'était plus d'accord avec le baromètre, et successivement il a fini au
180 OBSERVATIONS IIÈT&OROLOGIQUES.
bottt de l'âiiDëe par varier de plusieurs millimètres. — Le barmnètre à la station du Théodule était dans de très-bonnes conditions. M. CJiawdoal, ingénieur italien, en passant au col, a confronté son baromètre Fortin avec celui de la station ; les deux hauteurs de la colonne de mercure étaient les mêmes. — Sous le rapport des observations, elles ont été bien faites par les guides.
Mais pendant que j'étais en station, fort souvent le matin Tair de la chambre était à zéro. On chauffait fortement le poêle et en peu de temps l'air ambiant était à iS* au thermomètre de baromètre, et certes la colonne de mercure n'avait pas le temps de prendre cette température et était de plusieurs degrés au-dessous. Par suite de cette observation, la réduction du baromètre à zéro n*est pas mathématiquement juste, surtout le matin à 7 heures.
•^ Les thermomètres hypsomètres bien gradués sont aussi plus ou moins sijget à caution. J'avais emporté au Théodule un hypsomètre parfait. Vérifié le zéro dans glace fondante, noté la correction, mis dans la vapeur, et noté la température. Seconde épreuve, fort à mon aise dans la chambre, zéro correction change, température n'est pas la même. Troisième épreuve, encore léger changement, quatrième épreuve, même résultat que la troisième; on voit, d'après ces observations consciencieuses, faites fort à l'aise, que des observations isolées, en plein air sur des pics, laissent beaucoup à désirer.
Étei ém del. -* Quand la voûte du ciel est dégagée dr? vapeurs et de nuages, totalement claire, on dit del serein. — Air serein. On enregi/ re dans les tableaux cet état par 0; — et ciel complètement couvert par le chiffre 10, les couvertures partielles par dixième de 1 à 9 (soit 1/10 à 0/10).
* du €lel. — L'intensité de la couleur bleue du ciel est généralement phia forte, plus foncée, lorsque l'on observe dans les courses ou stations à de grandes hauteurs, que depuis les glaciers et vallées. C'est surtout au zénith que cette différence est grande. ^ De Hmmmmmre a le premier signalé ce fait et a inventé le cynatufmétre^ gamme de bleu, depuis le ton le plus foncé jusqu'à très-p&le, divisée en 20 parties ; et dans ses explorations des Alpes il a signalé ses observations.
— Simple, double, connu de tout le monde. — En hautes régions nous voyons dans de certaines circonstances atmosphériques des arcs-en-ciel se former et disparaître à des distances trcs-rapprochées. ^ En demi-cercle, en ligne, et même circuaires.
Oel tonBMBX.
Ciel aasigeHaL.
€Hel «MUBSjpareMt.
Crépueale — du soir après le coucher du soleil, il est de 30 à 35 mmutes.
Avrore. — Lumière brillante et rosée qui apparaît à l'orient, avant que le soleil soit sur l'horizon.
Cteir de laae. — Pleine lune et divers [quartiers. Zénith ^ comprend un angle de 50* autour de la verticale, a. — Les parties au-dessous de cette limite.
OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES
¥eats. — Directions observées à la girouete.