‹ Matériaux pour l'étude des glaciersChapitre 139 sur 209 · I. — tnilnence des érianz de petites · texte numérisé non relu

I. — tnilnence des érianz de petites

Des parcelles de roches (surtout celles de couleur foncée) sur la surface des glaciers, par suite de Faction solaire, s'échauffent, s'enfoncent dans la glace et donnent lieu à des trous circulaires d'un petit diamètre; nous les appelons trons d*ori[ne [Orglen- Preiffen).

Lorsque les trous sont plus grands et proviennent de matériaux plus volumineux, nous leur avons donné le nom de l'observateur qui les a signalés le premier, trons de MeDcr (Keller-Lôcher).

Baignoires. — Les ruisselets de la surface des glaciers déposent du gravier dans les endroits creux ; ce gravier s'échauffe à travers l'eau, ronge peu à peu la glace qu'il recouvre, le trou s'approfondit insensiblement, tout en se rétrécissant. Toutes les véri* tables baignoires doivent par conséquent avoir leur fond tapissé de gravier.

Trons méridiens. — Ils ont une forme particulière, caractéristique, et sous ce rapport ils ne doivent pas être confondus avec les baignoires. Ils sont semi-circulaires, ayant leur arc tourné au nord et la corde de Tare au sud. Au sud de chaque trou se trouve un renflement ou un bourrelet de glaco, et tous les trous ont leur plus grande profondeur au nord.

Babines. — Grandes excavations ayant la forme d'immenses fosses et ressemblant quelquefois à des vallées d'érosion. La plupart sont à sec.

. ^ Elles se voient aux moraines. Ce sont des coupures presque verticales semblables à des falaises. La plus remarquable se trouve au glacier inférieur de l'Aar,

3Î6 ABLATIONS.

près du bord interne de la moraine latérale du Finster-Aar, entre les n*' YIII et IX ; elle n'a pas moins de 350 mètres de longueur et 20 mètres de hauteur.

Pulto •« namallaii. — Tous les ruisseaux de quelque importance qui coulent i la surface des glaciers s'engoufTrent dans des trous circulaires ou elliptiques qui sont en rapport atec leur volume. Ils sont souvent très-profonds, et généralement verticaux. On peut en détourner Teau et s'y laisser dévaler.

!«•«•. — Sur le glacier inférieur de l'Aar, il y a deux lacs, l'un au bas du Pavillon, un peu en amont de sa base, et l'autre vis-à-vis, rive droite. Citons, à l'occasion du lac sur rive droite, une observation importante, faite en 1850.

Oimad eéae de rockcs. — Pendant mon séjour au Pavillon de TAar au commencement d'août, j'ai placé un thermomètre au fond de l'eau du lac qni est vis-à-vis du Pavillon, près de rive droite. Une semaine plus tard je me suis rendu au même emplacement, pour retirer le thermomètre. Grand fut mon étonnement et celui des guides, de trouver le lac complètement à sec, toute l'eau s'en était écoulée. Le fond était rempli de matériaux : roches de toutes les dimensions, d'une grande hauteur, véritable gouflre rempli de matériaux.

Pendant la nuit vent violent, pluie et neige, et le matin très-mauvais temps. Après le déjeuner j'ai réuni les guides pour avoir des renseignements sur les allures de ce lac au printemps et en arrière-saison. Jaan, l'intrépide chasseur de chamois et observateur intelligent, dit : a MM. Agassis, Beaor, et vous papa DoUfas, vous nous avez dit que le grand cène de roches, qui se trouve à 1 kilomètre en aval du lac, provenait d'une avalanche de pierres qui étaient tombées sur le glacier, et que les matériaux étaient en si grande quantité, qu'ils protégaient la surface du glacier d'ablation, et qu'ils se sont élevés en cène, pyramide monstre. Je me suis toujours dit : A quel endroit ces rochers et matériaux se sont-ils détachés, et j'ai cherché souvent la localité où on voit ce manque de roches, et je ne l'ai jamais trouvée. Aujourd'hui l'explication de la présence de ce cène monstre doit être complètement modifiée, changée du tout au tout. A i kilomètre en amont de ce lac se trouve un autre lac près de rive droite, plus petit, qui est toujours rempli d'eau, cl dans lequel tombent des roches des parois de la montagne ; eh bien, ce petit lac dans le glacier, en cheminant par le mouvement (la marche du glacier] , arrivera lui aussi à l'emplacement du grand, et le remplacera. Le grand lac, que nous voyons à sec, continuera sa marche, avec ou sans eau, et finira par être rempli tellement de matériaux qu'il sera complètement à sec, ces matériaux protègent contre l'ablation, et il formera un grand cône comme celui que nous voyons. •

Tout le monde présent a approuvé cette explication, qui certes est très-logiqae et parfaitement juste. Hans Wëbren, guide, qui a fait ses premières armes sous la direction de ■«ffl, puis sous AgaMila, a pris la parole et a dit :

c Monsieur papa Hollftas, Jaun a découvert (hat erfimden) que le lac du Grimsel ne gèle pas à sa surface, mais que la neige se superpose sur l'eau, et il vient d'inventer le cône monstre. Eh bien, moi, et vous le savez, et avez vérifié le fait, j'ai découvert que la neige qui recouvre les glaciers à toutes les altitudes, ne se change pas en glace de glaciers pour s'ajouter à la surface» MM. Hafi, AgauMis, Desor n'ont jamais voulu le croire I »

ABUTIOKS 227

II. — ImÊkmmmmm da sol Bar les aelge» et glaelcni ifal le eiMiTreiit.

Le «ol ■'* *«c«ae laflacaee d'aUatlon aar IcBaelipcB e( glaciers qui le eouTrent * toutes les altitudes des Alpes et dans toates les saisons >.

c La nature n'est pas menteuse. En lui adressant des questions elle répond et nous instruit. »

Des amis glaciéristes diront:

VouM affirmez que le êûI n'a pas tf influence d'ablation sur les neiges et glaciers.

Je réponds : A Paris, à Londres, à Berlin, à Vienne et partout où il tombe de la neige, vous pouvez vérifier le fait.

Dans une journée d'hiver, à la suite de plusieurs jours de beau temps et de températures de plusieurs degrés au-dessus de zéro, le sol est généralement dégelé. Les circonstances atmosphériques changent, le ciel se couvre, il tombe de gros flocons de neige par -H 1* de température de l'air, la neige en tombant sur le sol, se Tond pendant quelques minutes, puis elle atteint assez promptement 0'*,10 de hauteur toujours par air calme, qui se maintient & -f- 1**. — Placez sur la surface de neige une planche eu sapin large, qui a été exposée à l'air ambiant. Marchez sur la surface de cette planche, et tassez la neige qu'elle couvre, en trépignant sur la planche, la neige tassée fortement aura une hauteur de quelques centimètres seulement, notez exactement cette hauteur, et la neige continue à tomber sur la planche. Quand la chute de neige cesse ajoutez de; la neige à celle qui couvre la planche le plus possible sur une plus grande étendue 1 métré de hauteur, par exemple. Les jours suivants la température de l'air s'élève, le soleil luit, et plusieurs jours après toute la neige qui couvrait le sol est fondue, à l'exception du tas qui couvre la planche. Enlevez la neige jusqu'à la surface de la planche, enlevez la planche et vous verrez que la neige aura la même hauteur que lorsque vous l'aviez mesurée, et vous trouverez la surface du sol à quelques centimètres de profondeur à 0* juste.

En même temps pour prouver que la neige couverte de gazon ne reçoit pas d'ablation, tassez fortement cette neige que vous avez enlevée de la planche, couvrez -la complète* ment de deux couches de gazon ayant soin qu'il ne reste pas d'espace entre les mottes, et si vous entretenez bien cette couverture, il n'y aura pas de fonte ni d'ablation de neige. Cependant la surface du gazon est chauffée fortement par les rayons solaires, mais en contact avec la neige, sa température sera à zéro.

Encore une autre preuve que le sol n'a pas d'action sur l'ablation, dès que l'ablation des petits glaciers cesse, il ne s'en écoule plus d'eau, et dans les grands glaciers, dès que le froid arrive, il sort peu d'eau, et de fin décembre jusqu'à fin mai, il ne sort plus d'eau.

Observations d'aUatlon des surftiees du glaeler.

[Station BÔUl des h'euchâtelois et Pavillon de l*Aar*.)

«laoler Intérieur de l'Aar, i840ài845.

Au commencement de septembre 1841, placé 4 perches^ dans l'alignement trans^ versai du glacier inférieur de l'Aar. Station Hôtel des Neuchàtelois.

* D. A. — A toutes régies générales des exceptions. A travers une couche de neigti ou de glace, les rayons solaires peuvent arriver au sol ou à la roche qui les supporte, l'échaufTeri et il pourra y avoir ablation inférieure partielle. On voit des soldanelles et autres plantes se développer sous la neige. On voit de même fondre la neige et la glace à toutes les altitudes sur les bords, quand ils couvrent des roches, etc.. Ces exceptions n'ont pas d'influence sur raction générale.

■.— iVMre//M«ii4Mtsr/^y/«ct>r.-Ini8, 608p., laUas. Victor Masson, PariSil847;

:S8 ABLATIONS.

Au commencement de Juillet de Tannée suivante (11 juillet 1842):

ABLATIOJI.

i*' Sur Finster-Aar, la plus rapproché de moraine médiane. . . . 2",20

2* Au milieu de Finster-Aar. ... 1",84

3" Plus près de moraine latérale l'i^O

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