‹ Matériaux pour l'étude des glaciersChapitre 165 sur 209 · C. 8. — Stmctare de la (laee de (laclera · texte numérisé non relu

C. 8. — Stmctare de la (laee de (laclera

La glace des glaciers se distingue de la glace ordinaire par sa structure, qui est grenue, tandis qu'elle est amorphe ou compacte dans l'autre. Les dimensions de ces ffraiiu ou ^ces séparée» grenues, varient de la grosseur d'un petit poids à celle d'une noix. Leur forme est toujours anguleuse ou polyédrique, sans cependant présenter un

* D. A. — Ce fait signalé se produit par rayonnement nocturne dans les circonstances de del serein et air calme, et il a lieu pariiellement et à de bibles profondeurs.

* D. A. — La glace de glaciers est de stracture grenue. L*eau de pluie ou de (ùsion de leur surface pénétre dans le glacier à travers les capillaires de ses grains, et antres fissures et fêlures. Détachei un cube de glace de la surface d'un glacier, en jeté glace à léro fondante, immerges ce bloc complètement dans de l'eau fortement colorée en bleu par sulfate d'indigo neutre, et en le retirant de ce bain après quelques minutes, vous le trouverez marbré veiné en bleu dans tous les sens.

Détachez de même un cube en hiver par des journées froides, la température de celle glace sera à plusieurs degrés au-dessous de zéro, il sera irapeiméable ; toutes les Assures sont formées par l'eau gelée. Immergez ce bloc dans de Teau colorée chaude, à la température de + 90*, par exemple, la température du bloc arrivera promptement à zéro dégel, et la matière coloranto le marbrera comme elle a marbré celui de l'été. Preuve évidente que les conclusions de l'auteur s'éloignent de la vérité.

nombre détenniné de facettes, ni aucune régularité dans leur arrangement^ Plus ces grains sont gros, moins ils ont d'adhérence entre eui, de manière que la glace à gros grain se laisse plus faiblement égrainer que celle dont le grain est Un. Leur dureté est exactement la même que celle de la glace ordinaire, qui, du reste est sensiblement moins fragile que la glace grenue.

Ces grains ou pièce* séparées ne peuvent être en aucune manière assimilées à des cristaux. Non-seulement leur conûguimtion irrégulière s'y oppose, mais aussi leur mode de formation exclut toute idée de cristallisation.

La glace des glaciers renferme encore une multitude de petites bulles d'air.

Je ferai encore remarquer que je n'ai jamais observé de différence entre la glace de la surface des glaciers et celle du fond.

€. 9. — Avsmeniatloii d« la cla««.

On voit par ce qui précède que dans la plupart des nuits, durant l'été, les glaciers augmentent de volume par la congélation de l'eau qu'ils ont absorbée pendant le jour, et que, par l'effet de cette même congélation, il se forme de nouvelles fissures et de nouvelles bulles d'air, propres à conduire et à retenu* les eaux qui leur arrivent le lendemain par le retour de la clialeur. C'est d'un côté par l'attraction capillaire de ces fissures infiniment étroites, et de l'autre par l'intermédiaire des crevasses, que l'eau est répandue et distribuée dans toute la masse du glacier *.

Cette alternative de gelée et dégel, comme je viens de le dire, a lieu pendant la bille saison, surtout à l'époque des jours les plus chauds suivis de neiges fraîches. C'est pendant ces nuits qu'on entend le plus fréquemment dans les glaciers ces craquements produits par la rupture de la glace, craquements quelquefois si forts qu'on croirait entendre des coups de canon. Il arrive aussi que ces bruits occasionnés par la rupture de la glace se font entendre le jour, ce qui autorise à croire que la température de l'intérieur ces glaciers est à une cei*taine profondeur toujours sensiblement au-dessous de zéro. Le silence des vastes solitudes qui entourent les glaciers n'est guère interrompue par ces sortes de bruits dans les nuits qui succèdent à des joui'^ froids. Cependant je crois que par des jours très-froids de l'hiver, surtout lorsque les glaciers ne sont pas encore abrités par une couche épaisse de neige, je crois, dis-je, qu'on pourrait également entendre des craquements occasionnés par des ruptures de la glace, effet de la contraction inégale que le froid lui fait éprouver. Hais comme les glaciers ne sont guère accessibles pendant cette saison, je n'ai pu arriver à aucune certitude à cet égard.

Après les détails sur le mode de formation des glaciers, occupons-nous un instant de leur mode de conservation.

L'opinion la plus généralement reçue sur ce phénomène admet que les glaciers sont entretenus par deux causes :

1* Par les neiges qui s'y accumulent pendant l'hiver, soit directement, en tombant du ciel, ou indirectement, c'est-à-dire en provenant des montagnes environnantes par suite des avalanches et des vents.

2« Les hauts névés, qui à mesure que les glaciers avancent et tendent à descendre

* Observations parfaites, confirmées par toutes nos recherches. Détachez du glacier un cube, eiposez-Ie en été à l'air ambiant chaud, â l'ombre en peu de temps, vous le vendez se disloquer, les grains se séparcroni, s'isoleront, et vous aurez un amas de grains polyédriques.

' La congélation de nuit des eaux d'infiltration dans la glace n'a d'action que sur une faible épaisseur, et n'a aucune influence sur la masse générale.

FORMATION DBS GLACIERS 283

Ters le pied de la montagne, les remplacent et se convertissent eux-mêmes en glaciers *.

Jusque-là l'opinion la plus accréditée sur la conservation des glaciers, ne présente rien de contraire aui faits observés. Hais il n'en est plus ainsi, lorsqu'il s'agit d'expliquer la manière dont le volume des glaciers se maintient dans de certaines limites. Car pour rendre compte des causes de ce phénomène, on prétend généralement qu'ils fondent par leur surface infériem*e à peu près de la même quantité dont ils se sont accrus par les neiges tombées sur leurs surfaces, ou, en d'autres termes, que les neiges qui leur arrivent, les augmentent par-dessus d'une quantité à peu près égale à celle dont la chaleur de la terre doit les diminuer, en les fondant par-dessous.

Si les choses se passaient ainsi, les terres, les pierres, les blocs de roches et tous les matériaux qui tombent sur les. glaciers devraient nécessairement s'ensevelir sous les neiges et se mêler avec la glace. Par ce seul fait, les glaciers renfermeraient des blocs et des pierres ; dans les localités où ils sont fréquemment exposés aux éboulements, ils devraient présenter même l'aspect d'une brèche ou d'un poudingue, dont le ciment serait de la glace, et ils offriraient une véritable stratification par l'accumulation successive et hivernale des neiges.

Hais rien de semblable n'a lieu. Ceux qui ont visité les hautes régions des Alpes, et examiné avec quelque attention la glace qui forme les parois des crevasses, ont tous été frappés de sa pureté vraiment surprenante, même dans les glaciers les plus jonchés de débris. Ils auront trouvé bien rarement engagées dans la glace des pierres ou quelques veines de terre ou de sable. En prenant des informations sur ce sujet auprès des montagnards habitués à fréquenter les glaciers, ces personnes auraient appris que des blocs ou d'autres corps étrangers tombés dans des crevasses sans avoir atteint le fond du lit du glacier, finissent par reparaître à la surface au bout d'un temps plus au moins long. Nous ferons connaître, F. G. 25, la manière dont ces corps reviennent au jour. Cette piureté remarquable de la glace dans l'intérieur des glaciers fournit la preuve incontestable qu'ils ne se maintiennent point par des accumulations ou par des couches de neige, mais bien par la congélation de l'eau provenant de la Ion te des neiges et absorbée par les fêlures ou fissures capillaires, soit par les bulles qui existent dans la glace. Par conséquent, le névé ou la neige n'est indispensable que par la formation d'un glacier; car une masse tfeau ne peut jamais se changer en glacier. Hais pour se conserver et acquérir tout le développement que les conditions de températures lui permettent de prendre. Il n'a absoiameBt besola qoe d'eav. Peu importe qae cette eav proYienne de ploies, on de la eondensatlon de l'humidité de Talr h leur sorfaces cela est toat h fait lodlfTérent >•

Tout le monde sait que les neiges tombées sur les glaciers pendant l'hiver sont fondues complètement presque tous les étés, comme elles disparaissent des montagnes et des pftturages voisins ; car il suffit de se rendre sur un glacier au printemps et d'y revenir pendant l'été ou vers la fin de cette saison pour se convaincre de l'exactitude de cette assertion. Les régions ft*oides des hauts névés sont les seules où cette fonte ne s'opère qu'incomplètement. Aussi, ce n'est que dans ces hautes régions, comme nous l'avons déjà dit, que les neiges pei*sistantes offrent une véritable stratification, qui se soutient même sur une certaine étendue. On reconnaît ces strates, soit à quelque différence dans la densité de la neige, provenant des changements alternatifs de température, soit à des veines minces de terre ou de sable amenés par les vents. C'est donc moins dans la fonte et dans l'évaporatlon que dans le tassement, dans les vents qui balayent la

' D. A. — Les névés ne se convertissent pas en glace sur la surface des glaciers qui les supportent.

* D. A. Omclusiom parfaites. — G. De tous les auteurs qui ont traité de glaciers, M. le chanoine Rendu est, à mon avis, celui qui a le mieux saisi le rôle important que l'eau joue, non-seulement dans la formation, mais aussi dans le développement des glaciers. — Théorie des glaciers, etc., p. 17 et suiv,

neige, et surtout dans l'avancement de la partie inférieure du néTé, convertie en glacier, qu*il faut chercher la cause qui maintient le volume des hauts névés dans de certaines limites, et les eropédie de prendre un développement excessif et hors de proportion avec celui des glaciers. Je ferai encore observer que la fonte des glaciers parleurs faces inférieures, laquelle serait produite par l'action de la chaleur terrestre, est une supposition qui n'est rien moins que fondée.

Il y a Même ^pM^pw* ifttte qi«l tM«Mt * tetre peM«r «m r«Ma-

€. 11. ~ ExpMMtoai des gi — Icr».

Lorsque Teau absorbée par les glaciers et répandue dans tout leur intérieur par les fêlures ou fissures capillaires vient à se congeler, elle augmente de volume et communique une sorte d'expansion à toute la masse. Cette dilatation doit agir principalement dans la direction où elle rencontre le moins de résistance. Ce sera donc dana le sens de la pente et dans celui de son épaisseur *.

Glaciers iUUUnuuUreê. — Lorsqu'ils se fondent à la surface d'une quantité égale i celle dont leur voliune augmente.

Gkden^aiHnieeni (progressent). —Si la dilatation est plus forte que la diminution par la fonte.

Glacier reculant (diminuant). — Si la fonte (la fusion) l'emporte sur celui de l'expansion.

C. 1 1. — Le ehaBfeaaeBt ëe Y«ilwBe dee cUielers b*« ^fmm lien à des épo^pMs Aaee.

C. IS. — C««see poar leequellee dMis la nième aaaée des g;laeleni Sraadlmeiit, d*aaCres dlnlaaieiiC.

€. 14. — Ijes slaelers ne se meavrenS |^s pmr l'effet de levr propre

€. IS. — Riaaiére dont lee glaelere pevveat se moavolr sur des peateta rapides, mmam perdre na moavenaeat d'aeeéléraUoa.

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