C. V. — Effet d« la coBfélatloB de l'ean abaorliée
Si la quantité d'eau absorbée était répandue d'une manière uniforme dans un glacier, et que la congélation dont nous venons de parler eût lieu instantanément dans toute la masse, il n'y a pas de doute que le glacier ne fût changé en une glace compacte et complètement imperméable, comme l'est celle des lacs et des rivières. S'il en était ainsi, la congélation une fo'.s opérée, l'eau provenant plus tard des pluies et de la fusion superficielle, s'écoulerait & la surface, sans paraître aucunement dans l'intérieur*.
Hais l'eau n'étant pas distribuée d'une manière égale dans tout le glacier, et la congélation ne s'y opérant pas instantanément, la glace ne peut devenir compacte et imperméable ; puisque l'eau, comme chacun le sait, se dilate en se congelant, les portions les plus imbibées d'eau éprouveront par la congélation une plus forte dilatation que celles qui le sont moins. Les divers degrés de tension qui en résultent dans toute la masse, doivent occasionner des ruptures, des fêlures. Le même phénomène doit avoir lieu également entre les portions qui n'ont pas subi une congélation instantanée.
La congélation de l'eau absorbée produit ainsi dans toute la masse du glacier une tension excessive, qui étant plus ou moins inégale, occasionne une multitude innombrable de fêlures ou fissures capillaires, lesquelles s'étendent en tous sens et se croisent sous les angles les plus divers. La plupart de ces fissures sont petites et irrêgulières. Il y en a aussi quelquefois qui s'étendent en ligne droite et au loin, mais il ne faut pas les confondre avec les crevasses.