‹ Matériaux pour l'étude des glaciersChapitre 171 sur 209 · II. — SnlTant levr posltloa · texte numérisé non relu

II. — SnlTant levr posltloa

A. Cilaelers «or »ol. ^ En plein air, à toutes les altitudes et de toutes dimensions, de l'embryon glaciaire microscopique jusqu'aux glaciers les plus grands. Depuis le grain de névé dans les Alpes jusqu'au glacier d'Aletsch, etc.

B. Oltteiers sous sol ^. — Cette dénomination sous sol^ je l'ai adoptée d'après des observations faites au col de Saint-Théodule (Alpes) 3333 mètres ait. En pratiquant un trou de 1 mètre carré, en été. dans un terrain de menus roches, sable et terre arrivé à 0",90 de profondeur, le terrain était à la température de 0" dégel, humide, en continuant de creuser, ce sol était en partie encore à 0» dégel, mais d'autres parties étaient gelées et compactes, et, parmi, nous avons trouve des parcelles de glace, et même des morceaux vohmiineux comme une grande poire, d'autres plus grands encore. Mous les avons examinés attentivement et reconnus qu'ils avaient identiquement l'aspect de glace des glaciers, avec des bulles d'air, et des Assures capillaires. Placés dans de l'eau colorée, ces fragments de glace se marbraient intérieurement, et placés sur une planche dans la chambre chauffée, ils se disloquaient en grains polymorphes comme la glace de glacier.

2*« Observation, —Dans les hauteurs de Heiringen (canton de Berne) à 2 kilomètres en aval du village, rive droite de TAar, se trouve une grotte profonde, que j'ai visitée en août. On peut y descendre sans échelles, ni cordes. Dans la partie basse, une forte couche de glace, épaisse de plusieurs mètres, de 10 mètres carrés de surface couvre le sol, les parois elles aussi sont couvertes d'une couche de glace de plusieurs centimètres d'épaisseur. L'air dans cet encaissement était à+1*. Air atmosphérique au dehors, par un temps splendide, à l'ombre 25«. Ces glaces étaient légèrement humides à leur surfilée, et l'aspect était le même que celui de glace de glacier.

Nous en avons détaché des morceaux assez volumineux, mis dans de l'eau colorée, cette glace s'est marbrée, on voyait les fissures capillaires, et exposés à l'air chaud à l'ombre au dehors, elle s'est disloquée comme de la glace de glacier.

Cette formation de glace s'est faite d'infiltration d'eau en hiver, et celle du Théodule en été.

11 est d'ailleurs établi par tous les glaciéristes que la glace de glacier est de l'eau à l'état solide, peu importe que cette eau provienne de pluie ou de neiges. C'était déjà la manière de voir de de Sansmre, de de Charpentier, etc.

Sur l'Etna, de la gUice de glacier d'une assez grande étendue complètement couverte de lave est signalée. C'est un véritable glacier sous sol, qui est persistant et qui grandit.

€. — Cfladers èl, la snrliBee des eawx.

D. — CHaelem an fond dee eaux.

B. — laiaelemi aavlsateiuni*.

m. — SalYant leur formation et lenr voinme.

A. — «laelere ■impies. — (Glaciers de seconde classe de de SavMure.) Ceux qui sont isolés sans autres affluents. Ils occupent les anfractuosités et les couloirs des pentes en hautes régions, ou des plateaux tels que celui du Faulhorn. A Fordinaire ils ont peu d'étendue, et dans ce cas on les nomme petits glaciers. Les uns restent isolés dans les hauteurs tels que ceux de la Trift sur rive gauche du glacier inférieur de l'Aar. D'autres rejoignent les grands glaciers, tels celui du Silberberg, rive droite, du glacier

' D. A. — Dénomination nouvelle.

D. A. — C D Bsont déjà annotés, voyez pages précédentes.

394 FORMATION DBS GLACIERS.

inférieur dç l'Aar. — Plusieurs glaciers simples dans les Alpes, se trouvent dans de vastes cirques et ont uue grande étendue, sans rejoindre de grands glaciers tels que le glacier supérieur de l'Aar.

B. Glaelers eoBapoaéa. — (Glaciers de première classe de de Saossure). Ceux qui ont des affluents de glaciers simples. Souvent ces affluents sont nombreux, dans ce cas ils ont une grande étendue et une forte épaisseur. On les nomme grands glaciers. Le plus grand des Alpes est le glacier ifAletêch (Valais).

C. Glaelem ré^énéréa. — (Remaniés, recomposés.) Des glaciers, sur pentes abruptes, se détachent des glaçons, qui roulent en bas, se soudent enlre eux, et recomposent un nouveau glacier. <

Spécimen. Le glacier du Schwartzwald, sur la Scheideck, dans les hauteurs, en amont des bains de Rosenlain.

D. Glaciers d'avalAiiehes de neiges et néTés. ^ Des chutes d'avalanches dans les Alpes donnent souvent naissance à des glaciers.

Spécimen. En montant de Grindelwald à la Scheideck on voit plusieurs de ces amas dont le fond est un glacier en miniature.

E. Glaeiem Bileroeeopl^pieB. — Un grain de névé isolé est un glacier microscopique. C'est un glacier qui, les circonstances météorologiques aidant, pourra grandir.

D. A. — IltUlté des «laelera.

La terre qui couvre le sol à toutes les altitudes du globe que nous habitons est nommée par les agronomes : terrain arable (cultivable).

Les géologues la désignent par :

IiCBM — LeiM — AUmviona— IHInvinm.

Les glaciéristes disent :

Aeeomalations erratiques *- Allnvions — Boaes de slaeiers.

Les glaciers ont préparé la surface du sol pour la vie animale et végétale.

Sans Fancienne extension des glaciers, qu'on peut appeler universelle, la surface du sol, serait généralement à nue, roches vives, sans terre cultivable. Aucune végétation ne prospérerait, par conséquent inhabitable.

Les glaciers et les neiges des hautes régions exercent une très-grande influence sur les circonstances météorologiques i de très-grandes distances dans toutes les saisons. Ce sont des réservoirs, de vrais greniers d'abondance de l'humidité de l'air si nécessaire pour la prospérité des végétaux. Ce sont les sources des grands fleuves, qui ne tarissent jamais et qui charrient les boues de glaciers si fertilisantes.

Les glaciers impriment sur le sol des traces évidentes de leur action, ils arrondissent, polissent, strient, àurinent et usent les roches qu'ils touchent '. Ils opèrent le transport des matériaux qui tombent à leurs surfaces ou qu'ils détachent des parois encaissantes, contre lesquelles ils viennent se heurter, ils triturent, polissent, strient les débris entre ces roches. Les matériaux comprimés sous les glaciers constituent les moraines profondes,

* D. A. — Celte action s'est faite et se fait aux altitudes où te glacier n*est pas adhérent, gelé au sol, dans toutes les saisons. — Dans les Alpes cette altitude est au-dessous de 2600 mèir. Au-dessus les glaciers sont adhérents gelés au sol, dans toutes les saisons, et n*exercent aucune action sur les surfaces qui les supportent.

FORMATION DES GUCIERS. 295

Ces dépôts erratiques sont disposés en nappes ou cônes de comblement, en longs bourrelets ou en enceintes circulaires ; ils sont surtout caractérisés par la présence de la houe glaciaire, qui atteint fort souvent une très-grande hauteur sans autre mélange que de la véritable poudre de roches, ou par un mélange de sables, de galets ou de matériaux anguleux, arrondis, polis ou striés, distribués suivant une loi particulière par groupes distincts ou par zones parallèles.

Les débris provenant exclusivement de la décomposition ou de la désagrégation des roches qui tombent sur le sol, et non sur surfaces de glaciers constituent aussi des nappes et des cônes d*éboulement. Mais ils se distinguent facilement des matériaux erratiques en ce qu'ils n'offrent généralement que des matériaux anguleux, sans mélange de boue glaciaire ou de galets arrondis, polis et striés.

Les eaux des torrents eux aussi opèrent le transport des matériaux d'éboulement ou débris façonnés par les glaciers et contribuent au comblement des bassins. Mais leurs déjections, disposées en amas de formes coniques, offrent des traces d'une action violente et un mélange confus de ces débris, dont ils arrondissent les angles et font disparaître les stries, et les polis glaciaires.

Enfin ces divers dépôts, auxquels nous donnons les dénominations d'erratiques, de détritiques et d'alluviens, ont des caractères propres et essentiels qui, indépendamment de leurs formes extérieures, quelquefois identiques, permettent de distinguer les nappes et les cônes d'éboulement, résultat de la chute de roches désagrégées, sont soit des nappes et cônes erratiques résultant de l'action glaciaire, soit des déjections torrentielles ou allaviennes, élevées par les eaux transportant et déposant, isolément ou mélangés, des matériaux provenant des éboulements de roches désagrégées ou enlevées aux accumulations erratiques.

Ces dépôts constituant la couche superficielle sur sol, se divisent en trois groupes naturels dont les limites pourront, dans certains cas, ne pas paraître rigoureusement tranchées; mais ils comprennent des masses offrant toujours des caractères essentiels qui p^mettent d'en déterminer l'origine, savoir :

i" groupe Dépôts et accumulations détritiques.

2« — Dépôts alluviens.

5» — Dépôts erratiques ou glaciaires.

Les dépôts erratiques inférieurs à tous les autres sont les moraines profondes des glaciers anciens et actuels, caractérisés par des galets arrondis et polis, des blocs associés à des sables enveloppés de lehm ou botte glaciaire et distribués par bandes ou zones parallèles. Suivant une loi que les accumulations glaciaires présentent seules et exclusivement. Ils sont recouverts :

1* Par les moraines superficielles, frontales et latérales, ou par des champs de blocs erratiques;

2« Par les dépôts alluviens formés dans les lacs glaciaires ou dans les bassins d'où les courants extraient et entraînent les détritus des roches triturées par les glaciers (dépôts de lehm, boues de glaciers) ;

5« Par les cônes de déjection des torrents ;

4« Enfin, par les amas tourbeux, par les sédiments des sources incrustantes et par des nappes d'éboulement ou de débâcles.

Ces accumulations diverses résultant de l'action soit exclusive, ou de l'eau, ou de la glace, soit combinée de ces deux causes, offrent des caractères différents ^.

Les glaciers sont les sources d'un grand nombre de torrents, qui forment les grands

* D. A. — Voyez p. 125 à 507, Glacier i en activité dans les Alfies, par Hosard, qui renferment tout le système glaciaire, et dont toutes les observations citées; les conclusions et les théories confirmées parnos recherches, et discutées au Pavillon de l'Aar et au niveau des rails.

fleuves, et qui après un long paroours se jettent à la mer. — Tout le monde connaît les effets fertilisants de ces eaux dans toutes les parties du globe. Us fournissent les eaux d'irrigations, etc. — Les eaux fertilisantes du Mil sortent de glaciers monstres.

Ajoutons que les torrents et généralement tous les cours d'eau usent et arrondissent les roches qui les supportent, et les matériaux anguleux qui se trouvent dans leurs lits sont usés et arrondis promptement et fournissent du sable impalpable.

Les glaciers ont transporté sur leur dos des blocs de granité dans des localités où on les exploite comme pierres de taille et d'ornements. —De même des blocs calcaires, dont on fait de la chaux et du sable pour faire du mortier ^

D. A. — Cllaeleni en aetlTlté *

Sous le titre de plaeier en aetwUé sont compris tous les glaciers à toutes les altitudes et dans tontes les contrées du globe.

D. A. — I. Ckiaserrateim des glaciers >.

Les conservateurs des glaciers, par excellence, ce sont les neiges. — Les surfaces de glaciers à toutes les altitudes couvertes de neiges ne subissent aucune ablation.

Non-seulement les neiges protègent contre toute fusion (fonte à la surface), mais elles nourris&ent le glacier par suite de leur fusion en eau, qui pénètre dans l'intérieur, à travers les fêlures et fissures capillaires, et est élaborée, assimilée au glacier.

Ces neiges qui couvrent les glaciers reçoivent encore les eaux de pluies et condensent les vapeurs d'eau de l'atmosphère. Souvent de nouvelles neiges s'y ajoutent. Tout profite au glacier, il ne dépense pas aussi longtemps qu'il a une couverture de neige.

C'est la règle générale dans toutes les contrées et à toutes les altitudes du globe.

2. Les amas de sables, de terre, de fragments de roches, protègent les glaciers contre l'ablation. Cette protection est plus ou moins efficace, mais elle n'a pas d'influence sur l'ensemble du glacier d'une année à l'autre.

Nous voyons au glacier inférieur de l'Aar la moraine médiane dans certaines régions élevée au-dessus de la surface du glacier d'une grande hauteur et d'une grande largeur.

De 1844 à 1864, toutes les années, nous avons mesuré cette hauteur, elle n'a variée que de quelques décimètres d'une année à l'autre dans la même ligne transversale.

En 1842, M. WUd, ingénieur, a mesuré la hauteur de la moraine médiane, les plans et coupes sont consignés dans l'atlas de la publication de M. Affassis. En 1858, M. Ois, ingénieur, a fait le même relevé, et les hauteurs étaient très-concordantes. Je dis concordantes et non mathématiquement les mêmes. Par suite du mouvement, de la marche du glacier en aval, dans une ligne transversale entre un point fixe sur rive gauche et sur rive droite, la section de moraine qui s'y trouve occupait un emplacement sur le glacier aune forte distance en amont, l'année auparavant, dont la hauteur peut varier.

La raison pour laquelle la moraine médiane en relief d'une certaine hauteur, quoique protégeant les surfaces de glacier qu'elle couvre de fortes ablations, n'a cependant pas d'influence sur l'ablation générale : sur la moraine en relief la neige est généralement enlevée par le vent, et laisse la superficie à découvert, les matériaux s'échauffent et font ablation sur la surface qu'ils couvrent, tandis que la surface du glacier, reste couverte de neige et préservée de toute ablation. Ce cas est général, et si l'ablation sous moraine

* D. A. — Yoyez de plus dans nos matériaux les citations nombreuses.

* D. A. >- Voyez pages qui précédent : Utilité des glaciers. — Leur formation. — Terrain erratique. — Classification des glaciers.

* D. A. — Amis. —'Protecteurs. — .Nourrisseure des glaciers.

FORMAnON DES GLACIERS. W

médiane est moins forte, elle est plus forte lorsque la moraine est à découvert, et le glacier couvert de neige. Il y a au bout de Tannée compensation.

Des perches forées à travers la moraine médiane dans la glace, et d'autres dans le glacier découvert, ont confirmé ces conclusions ; l'ablation d'une année & Tautre était la même.

La protection par amas de sables, qui donne naissance aux canes graveleux^ qui ai*ri* vent à plusieurs mètres de hauteur, est plus forte sans doute. Mats le sable finit par en tomber et le cône disparaît promptement.

Pente» terminalea. — Aux pentes terminales des glaciers, dont la couverture de matériaux est uniformément répandue sur leur surface, et a une grande épaisseur (hauteur), telle qu'au glacier inférieur de l'AarS cette protection est plus efficace que partout ailleurs. Sous ces matériaux l'ablation est bien moins forte que sur glace découverte, et tous les glaciers de la Suisse qui se trouvent dans ce cas, surtout lorsque le glacier se rétrécit en brgeur, depuis grand nombre d'années avancent dans la vallée, tandis que ceux dont la pente terminale est à découvert, glace sans matériaux sur la surface diminuent par ablation depuis un grand nombre d'années.

Beaucoup de glaciers ont diminués à la pente terminale depuis 25 années généralement toutes les années. — Nous voyons à une distance souvent assez grande, en aval du terminus des matériaux entassés d'une grande hauteur, c'est la moraine frontale, et qui prouve que le glacier s'était étendu jusque-là, même dans ce siècle. Des individus ftgés de la localité, dont la demeure est à peu de distance, attestent et jurent qu'ils les ont vus (de leurs propres yeux vu), jusqu'à l'emplacement actuel de la moraine frontale.

Pourquoi ces moraines se voient-elles aux glaciers supérieur et inférieur du Grindelwald, de celui du Rhône, et d'un grand nombre d'autres, c'est qu'à l'époque où ces matériaux ont été déposés, ils ont laissé le glacier à découvert, qui a subi, par suite de cette privation de couverte, de fortes ftisions (ablation) à la surface.

La plus grande partie des matériaux qui tombent sur la surface des glaciers finissent par arriver à la pente terminale. Qu'une avalanche de matériaux exceptionnelle, trèsvolumineuse, tombe sar le glacier, arrivée à la pente terminale, elle protégera la surface, et le glacier envahira du terrain.

Les circonstances atmosphériques favorables aux glaciers sont les années de basses températures, surtout en été, et les fortes chutes de neiges dans toutes les saisons. ^ Disparition tardive des neiges qui les couvrent jusqu'à une certaine altitude, et neiges persistantes dans les altitudes élevées. — Ciel couvert sans rayons solaires dans la journée, vent froid, atmosphère humide, brouillard, pluie. Pendant la nuit ciel découvert, calme, température basse par suite de ces circonstances, rayonnement nocturne, abaissement de la température des glaciers à leur surface, condensation de l'humidité de l'air sous forme de givre, qui fort souvent équivalent à une faible chute de neigea

Les températures élevées, et les rayons solaires ardents, sont favorables aux glaciers couverts de neiges persistantes. Ces neiges fondent à la surface, toute la masse étant à zéro, cette eau de fusion pénètre dans la glace à travers les fissures capillaires et est assimilée.

N'oublions pas de mentionner les avalanches de neiges ou de glaces qui tombent sur les surfaces des gUiciers, et qui les protègent contre l'ablation.

On peut établir des protecteurs factices sur des surfaces de glaciers :

Au glacier inférieur de l'Aar, nous avons foré, dans la surface du glacier, un trou de i mètre de profondeur et y avons fixé une perche dont la partie supérieure correspon-

* D. A. — Glacier de Gomer, et autres.

" D. A. — Pendant nos séjours en station au Pavillon de l'Aar, et dans nos ascensions aux pics, noas avons souvent vu des surfaces de roches, de neiges ou de glaciers couverts d'une forte couche de givre, quelquefois sous forme d'écallles d'une certaine épaisseur.

dait à la surface de la glace. On a oouTert cet emplacement d'une triple couche de gazon sur plusieurs mètres d'étendue. Ces couches de gazon ont été soigneusement entretenues et au bout de 30 jours en été, la glace protégée avait une hauteur de i*,25 au-dessus des surfaces ambiantes; après avoir enlevé le gason, on a reconnu que la surface de la glace 80u»-jacente était de niveau avec le haut de la perche en glace, mathématiquement, comme à rorganisation. Un pieu foré dans la glace à quelque distance indiquait de même 1*,25 d'ablation.

Il résulte de celte observation que le gazon avait complètement protégé la surface qu'il couvrait de toute ablation, comme Teût fait une forte couche de neige. On peut conclure de ce fait positif, que tel que cette couverture a pi*otégé b glace, tel les glaciers ou neiges en contact avec le sol ne subissent pas d'ablation inférieure. ~ On n'avait sans doute pas besoin de cette conclusion, puisque des observations positives nous disent, qu'en hiver il ne sort pas un atome d'eau de fUsion de glaciers à leur pente terminale à toutes les altitudes. Les températures élevées de Pair ambiant, et les rayons solaires très-ardents en hautes régions, échauffaient la surface du gazon jusqu'à une certaine profondeur à des températures très-élevées, mais en contact avec la glace, la partie intérieure du gazon, sur plusieurs millimètres de hauteur avait la même température que la glace du glacier qu'elle couvrait, et par conséquent aucune ablation *.

D. A. — II. Destmetenr de» glaeiem.

Les destructeurs des glaciers, les plus actifs, les plus dangereux, les plus féroces, sont: les températures élevées de l'air ambiant, ~ les rayons solaires ardents, — les vents forts et chauds *, — faibles chutes de neige en hiver, ^ absence de chutes de neige en été, — ftisioUi fonte de neiges hfttives au printemps, continuation de fonte tardive en autonme.

Par suite de ces circonstances, les glaciers sont à surfaces découvertes longtemps, et l'ablation très-aclive prolongée.

Journées Uoléeê destructwes :

Air sec et températures élevées, — rayons solaires ardents du matin au soir, — vents chauds et secs, — pas de rayonnement nocturne. — Dans ces cas l'ablation diurne atteint son maximum.

L'air sec, point de rosée à une température plus basse que les neiges, névés et glaces, donne lieu à l'évaporation de ces matières, et produit une ablation, diminution de hauteur, de surfaces. Cette ablation est généralement faible, et est plus que compensée par la condensation qui est plus fréquente et plus active.

Des auteurs ont mentionné l'ablation des neiges, névés et glaces, à leurs parties inférieures en contact avec le sol. Toutes nos observations, et elles sont nombreuses, nous disent positivement 'que dans les Alpes, aux altitudes au-dessus de 2600 à 2700 mètres [suivant les orientations et localités), la surface inférieure des glaciers en contact avec le sol y est adhérente, fortement gelée au sol dans toutes les saisons de l'année, et par conséquent ne peut exercer aucune action de fusion. — A ces altitudes, le sol couvert de neige, de névé ou de glace, est de même fortement gelé dans toutes les saisons.

* D. A. —Voyez dans nos Matériaux des citations nombreuses qui confirment que le sol couvert de neiges anciennes ou de glace, n'exerce aucune action d'ablation... Les vérités, on ne saurait trop les propager.

* D. A. — Ennemis, anéantisseurs.

D. A. — Dans certains cantons de la Suisse, il est proverbial, que le fœhn, vent chaud et sec est un véritable mangeur de matière gelé (de neiges et glaces, Schnee Fresser).

> D. A. — J'en prends toute responsabilité, en disant cherchez avec pioches et pelles et vous trouverez cette vérité.

FORMATION DES 6UGIERS. 299

Aux altitudes au-dessous de ^600 à 2700 mètres» les glaciers d'une certaine épaisseur ne sont plus adhérenls, ils sont libres à leur partie inférieure, ils arrondissent, polissent, strient, rayent et burinent les roches qui les supportent, ou les encadrent.

A toutes les altitudes, sans exception, en hautes régions, dans les vallées, dans les plaines les neiges ou glaces sur sol, ne se fondent pas par la partie inférieure, en contact avec le sol dans aucune saison.

En hiver, il ne sort de Teau de fusion de glace d'aucun glacier des Alpes. — Dans les vallées et dans les plaines, dont le sol se oeuvre de neiges, dès que des circonstances atmosphériques font cesser la fusion supérieure dans toutes les saisons, on ne voit plus d'eau s'ea écouler. Le sol en contact est à la température de zéro, à une profondeur de quelques centimètres plus au moins constamment, et n'exerce aucune action de fusion.

A toutes règles générales des exceptions.

La neige fraîche, qui tombe à toutes les altitudes sur sol dont la surface est à plusieurs degrés au-dessus de zéro (et souvent très-chaud] se résout en eau. Tout le monde a été à même de voir ce fait, mais si la chute continue, elle refroidira le sol à zéro, et s'y accumulera à une certaine hauteuri et ne subira plus de fonte inférieure.

AiUrei exeeptians. A toutes les altitudes où les neiges ou glaces qui couvrent le sol partiellement, et dont par suite d'ablation (de fusion] la hauteur est faible, les rayons solaires traverseront cette couverture, échaufferont le sol, qui aura une action de fusion, de certains petits caveaux s'établiront, les neiges ou glaces ne sont plus que partiellement en contact avec le sol sous-jacent, et la végétation de certaines plantes pouiTa se développer pour ainsi dire sous la neige. Tous les grimpeurs des Alpes ont vu une charmante petite fleur, le perce-neige, passer sa tête à travers les neiges. [Certes elle n'a pas volé son nom.)

Le même £Edt peut se produire sur les bords d'amas de neiges ou de glaciers, lorsque ces matières sont réduites à une faible épaisseur^.

Signalons encore comme destructeurs de glaciers :

Les trous d'orgues, — baignoires, — trous méridiens, — moulins, — puits, — crevasses, ~ ruisseaux, — averses de pluies chaudes, — détachement de neiges et glaces dans les hauteurs et aux pentes terminales, — enlèvement des neiges par le vent.

Les matériaux qui couvrent partiellement les glaciers d'une certaine hauteur préservent les surfaces de glaces sous-jacentes de fortes ablations dans les journées chaudes et des rayons solaires ardents en été, mais par suite des vents violents, qui sont fréquents en hautes régions, les neiges qui les couvrent sont enlevés, les matériaux mis & nu, chauffés par les rayons solaires, ils exercent une ablation sur les surfaces qui les portent, tandis que le glacier couvert de neige ne subit pas de fusion, et les deux actions sont contre-balancées.

Les parcelles de roches, surtout celles de couleur foncée, qui se trouvent éparpillées isolément sur la surface des glaciers, s'échauffent par les rayons solaires, s'enfoncent dans la glace, et donnent lieu à des trous d'un faible diamètre, qui arrivent à une assez grande profondeur, désignés sous le nom de trous d'orgues (Keller-Ixgcher, du nom du glaciériste qui le prenrder les a signalés). Les. parois de ces trous, souvent rapprochées les uns des autres, se détachent et grandissent le trou, souvent sur une grande étendue, et c'est de la glace qui a disparue. — Sur les parois des autres cavités et crevasses, l'action de l'air chaud et des rayons solaires est forte, et des quantités de glace se fondent.

' D. A. — En parcourant les observations, et conclusions de mes publications (je les noinme tartines glaciaires), le lecteur est en droit de dire: Connu, connu, ou bien de faire la remarque que dans les chapitres précédents le fait a déjà été signalée. Je réponds : On ne saurait trop répéter les vérités.

300 FORMATION DES GUCIERS.

Sur les chemins dans les Alpes, qui conduinent aux cols où il y a hôtel, au FauOiorn par exemple, en été dans la saison des touristes, dans les hauteurs, des amas de neiges persistent, et le passage à travers est un obstacle pour les chevaux. Afin d*atténuer ces circonstances, on répand des parcelles de roches sur la surface qui couvre le chemin; ces parcelles exercent une forte ablation, fort souvent de 1 mètre en peu de temps, la neige inférieure est tassée et assez compacte pour supporter le poids du cheval.

Dans certaines localités, dans les hautes régions des Alpes, par suite de la neige persistante au printemps, les montagnards qui ont des parcelles qu'ils cultivent répandent sur la surface des neiges des parcelles de roches de couleur foncée, qui acoélfe^nt la fusion des neiges d'une manière extraordinaire. H. de S> «— re a d^à signalé ce fait le siècle passé.

Terrabi enmti^ae tm activité siir les sbielem*.

Horalnes em général.

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