‹ Matériaux pour l'étude des glaciersChapitre 176 sur 209 · ll · texte numérisé non relu

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Kelses teMées qvl ecw^rent le glacier da Faidliona (t«90- ali.) de S-,4S hAoteinr. — 13 mars 1862.

Glacier 1-,15 épaisseur en touchant le sol — 2*,1. ||

dv sol MW les neiges et les glaelers ^«1 le emavreat.

Mes observations nombreuses depuis 1846 jusqu^en 1868, soit dans l'espace de 22 années m'autorisent à publier les conclusions suivantes, que tout glaciériste est à même de vériUer. Ces observations jettent un grand jour sur le système glaciaire, et j'en prends toute responsabilité.

Dans les Alpes aux altitudes au-dessus de 2000 mètres, on ne trouve plus de roches usées, moutonnées, polies, striées ou rayées par les glaciers. Au-dessus de ces altitudes les glaciers en contact avec le sol qui les supporte y sont adhérent*, fixées /briement gelés au sol dans toutes les saisons^

Cette observation importante ne confirme nullement que les roches polies sont les limites des hauteurs de l'ancienne extension des glaciers et autorise à dre qu'ils s'élevaient infiniment plus haut. De la même observation je conclus que la présence de blocs anguleux erratiques que nous trouvons à de grandes distances des glaciers en activité, ne sont pas non plus la limite de leur ancienne extemûon. Les glaciers couvrant tous les pics et y étant fixés, gelés aux roches sous-jacentes, il ne tombait pas de matériaux sur

* D. A.— Dans les tableaux nombreux d'observations météorologiques et glaciaires dans mes matériaux pour l'élude des glaciers, je cite la température de l'air ambiant, thermomètre boule sèche, boule mouillée ou gelée, tension de la vapeur d'eau, point de rosée et rhumidité relative. Les températures du sol, et matières gelées en plein air et à l'ombre, etc. Le point de rosée de l'air ambiant, je l'ai souvent observé directement sur surfaces métalliques refroidies.

eur dos, et ils ne pouvaient par conséquent ni en transporter ni en déposer directement par suite de leur fusion.

Cette congélation à la base ne s'étend pas à une grande hauteur, et n'était pas un obstacle pour le raouyement, la marche des glaciers monstres.

Au-dessous de 2600 mètres ait. dans les Alpes, les glaciers d'une certaine épaisseur ne sont plus adhérents au sol qui les supporte, et agissent sur ces surfaces dans toutes les saisons.

A toutes les altitudes dans les Alpes, et dans toutes les saisons le sol n'a pas d'influence de fusion sur les neiges et sur les glaces et glaciers qui le couvrent, c'est-à-dire qu'il ne se fait aucune fonte à la partie inférieure sur le sol en contact, qui est constamment à zéro (0«) sur une certaine épaisseur. En hiver il ne sort pas d'eau de fonte de glaciers à leur partie terminale à toutes les altitudes. — Les taches (flaques) de neiges ventées, qui persistent sur le sol à toutes les altitudes et dans toutes les saisons cessent d'avoir un écoulements d'eau de fusion dans les journées froides.

Non-seulement mes observations positives conGrment ce fait, mais une autre expérience en est une preuve' évidente. — Au glacier inférieur de l'Aar et sur d'autres glaciers, j'ai couvert dans le mois d'août des surfaces de glaciers et de neiges tassées de plusieivs couches de gazon, d'une manière uniforme et compacte. Au bout de quinze jours et plus, la partie couverte était fortement en relief, de la même hauteur que celle de l'ablation observée à une perche dans la glace ou la neige, preuve évidente que sous la couverture de gazon il n'y a pas eu d'ablation, et cependant dans de certaines journées, par \^ de température de l'air et par suite des rayons solaires, la surface du gazon s'échauffait à 25« et plus, et dans ces moments la température du gazon en contact avec les matières gelées était à zéro et à la même température à quelques centimètres audessus, puis la température augmentait jusqu'à surface.

Au Théodule, 3^3 mètres ait., à l'ombre permanente, localité abritée des rayons solaires, la surface du sol découvert était en été, dans les journées les plus chaudes, à zéro à quelques centimètres de profondeur, mais généralement gelée au-dessous de zéro. En plein air, exposé aux rayons solaires, dans les journées les plus chaudes, le sol était dégelé à 1 mètre de profondeur.

Sous la neige à l'ombre permanente, le sol au Théodule était fortement gelé, et en plein air sous la neige fondante à zéro. Dans les Alpes au-dessus de 2600 mètres, sous les neiges anciennes le sol est gelé dans toutes les saisons, au-dessous il est à zéro.

A toutes règles générales des exceptions : une couche de neige ancienne de peu d'épaisseur, sur sol en hautes régions, sera traversée par les rayons solaires et le sol s'échauf* fera et fera fondre la neige qu'il supporte.

4e Tétat atiiMMphérique sur les neiges pendant lenr ehvte.

L'influence des circonstances atmosphériques sur les neiges est très-grande et trèsvariable à toutes les altitudes et dans les diverses saisons. Pour se rendre compte de ces influences toutes naturelles et très-simples, il est indispensable de rester en station et de faire des observations nombreuses, météorologiques d'éiat du ciel, direction et force du vent, températures de l'air, thermomètre tourné en fronde, à l'ombre permanente et en plein soleil, et surtout observer Fétat hygrométrique de Vair et déterminer le point de rosée, soit par le psychromètre ou directement sur surface refroidie d'un vase metalique poli.

Répétons, on ne saurait assez le dire :

Point de rosée à une température plus basse que celle des matières gelées, évaporation . ^Point de rosée aune température plus élevée que celle de neiges ou glaces, condensation .

De nombreuses observations directes de chutes de pluie ou de neiges dans circonscription locale, disent que sur sol éleré la quantité d'eau tombée est généralement moindre que sur le sol plus bas, et que cette différence est d'autant plus forte, que le iocàï d'observations supérieur est plus élevé. Sous de certaines circonstances l'inverse est observé, la quantité d'eau est plus faible à la station inférieure.

La cause de ces différences est des plus naturelles ; les gouttes de pluie ou les neiges sont toutes formées à de certaines hauteurs dans l'atmosphère, elles traversent l'air, dont le point de rosée diffère de leur température et dans le parcours ils subissent l'évaporation ou la condensation. La cristallisation delà neige sera maintenue pendant la chute, ou bien elle sera troublée, changée par suite de la condensation.

Ces observations ont été faites sur des édifices dans les pbiineSi sur des montagnes isolées dans les vallées; citons :

Uetliberg 874 mètres ait.

Zurich 480 — —

Différence 394' — —

Année! 805-1866Zurich, eau de pluie ou neige i",057

— — Uetliberg - . . 0-,853

Station supérieure. . . . 0"|204. 20 p. 100 de moins.

Mentionnons encore qu'à l'état normal des circonstances atmosphériques dans les Alpes, la température de l'air décroît de !• par 180 mètres ait. en moyenne. Tous les touristes, grimpeurs et naturalistes et glaciéristes ont été à même d'observer, que partant le matin d'une vallée pour faire l'ascension d'un col élevé ou d'un pic par la pluie» arrivé à 3000 mètres ait. là neige était entremêlée de gouttes d'eau, et à mesure d'élévation ces gouttes de pluies étaient plus rares, et plus élevé encore, la neige tombait franchement sans mélange. — Généralement quand il pleut dans les vallées, il tombe de la neige dans les hauteurs au-dessus de 3000 mètres en été. En hiver la pluie à 1800 mètres est exceptionnelle. En été exceptionnellement l'eau peut tomber à l'état de pluie aux plus hautes altitudes.

IVeigcs 0ar aol et gladen.

A toutes les altitudes dans les Alpes, les chutes de neiges sont :

a. Fugitives. — En touchant le sol elles se fondent en eau.

b. Motnentanéeê, — En touchant le sol, elles prennent pied, et par suite de leur faible hauteur elles fondent dans la journée.

c. Temporaires, — Par suite de fortes chutes suivant les altitudes et les saisons, elles se maintiennent assez longtemps, mais leur durée est généralement limitée à une année ou à une saison.

d. Persistantes. — Au-dessus de 2600 mètres, les neiges accumulées par le vent à une grande hauteur persistent quelquefois plusieurs années; au-dessus, elles persistent plus longtemps ; dans de certains emplacements, à de grandes altitudes accumulées par le vent, elles persistent très-longleraps, et acquièrent une très-grande hauteur. — Citons des exemples :

1844 à 1868. Glaciers de VAar. — Dans certaines années les glacière de l'Aar étaient toute l'année couverts de neiges depuis l'Abschwung, 2600 mètres ait., jusqu'aux cols

de la Strahleck (glaciers du Fin^ster-Âar), et au col des glaciers du Lauter-Aar. Au Pa- Yillon de TAar. 2400 mètres, des taches de neiges ventées et tassées avaient encore plusieurs mètres de hauteur à la fin de l'été.

Dans d'autres années, en août, les neiges avaient complètement disparu. On passait la Strahleck (coi du Grimsel à Grindelwald) sur sol et glaciers découverts, sans marcher sur la neige.

Col du SttirU'Théodule, 3333 mètres ait.

Fin septembre 1865. On passait le col de Zermatt dans la vallée de Valtournanche, sur sol et surfaces de glaciers découvert. Des chevaux, des mulets, des vaches et des troupaux de moutons passaient au col. H ne persistait sur sol et glaciers que des amas partiels de neiges ventées et tassées.

FatUham, 2680 mètres ait.

Dans certaines années, en septembre, j'ai vu le petit glacier, en aval de l'auberge, complètement dégarni de. neiges. — En août 1867 le glacier était encore couvert de 5 mètres hauteur de neige tassée.

e. Neiges étemelles, — Rayées de la nomenclature, elles sont plus ou moins persistantes.

Ces disparitions de neiges par fonte (ablation] en très-hautes régions, sont anormales, sansdoute, mais elles ne^m'étonnent nullement, depuis que les guides en station à mon observatoire au Théodule, pendant une année, ont signalé du l«'au 51 septenilre une ablation du glacier à proximité du local, de 1 mètre de hauteur, par suite de lempéraiures élevées et de rayons solaires ardents. Dans une seule journée l'ablation a élu de 0'°,08 à 0",10 diurne, et au mont Gervin (Matterhorn) passé 4000 mètres ait. on a vu de l'eau de fusion de neige couler sur roche dans diverses journées.

€lasslllcatioii des neiges.

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