‹ Matériaux pour l'étude des glaciersChapitre 18 sur 209 · STATION DU SAINT-THÈODULE [3335 NÈTRES ALTITUDE) (ALPES · texte numérisé non relu

STATION DU SAINT-THÈODULE [3335 NÈTRES ALTITUDE) (ALPES

nique les renseignements qui suivent, sur la station météorologique et glaciaire du Théodule*.

Cite. —L'arche de Noé*a résisté parfaitement à tous les vents.— Cet hiver nous ations tassé de la neige ramollie par les rayons solaires contre les paix)is des murs jusqu'au toit, moyennant ce perfectionnement nous étions à l'abri du vent et nous économisions du bois de cbaurfoge, et malgré cela fort souvent le plafond et les cloisons intéiieures en bois étaient le matin couvertes d'une forte couche de givre et de glace, et la température de l'air du local, malgré la double porte et les doubles fenêtres, le tout hermétiquement fermé, était à plusieurs degrés au-dessous de zéro.

Santé. —Mon îtère Jacob et moi, nous n'avons jamais été indisposés. Il n'en a pas été de même de notre compagnon Gorre/. Pendant une nuit de vents féroces, diaboliques, il a été sous l'influence d'une frayeur telle, qu'après avoir passé plusieurs heures & genoux en prières italiennes, il est tombé malade, et on l'a transporté chez lui à Yaltoiu*nanche. Quelques semaines plus tard il est revenu à la station, et n'a plus été incommodé depuis.

IVoarrltnre. — Pain. — Fromage. — Polenta [farine de maïs).— Farine ordinaire. — Riz. — Macaroni. — Café. — Sucre. — Vin. — Eau-de-vie. — Toutes ces provisions constamment au grand complet.

Le bois pour faire la cuisine et pour chauffer le local n'a jamais manqué.

I/e matin. — Infusion de café sucré, pain et fromage, déjeuner tel que nous le prenons à Meiringen.

Midi. — Soupe au bouitlon et mouton bouilli. — Macaroni, riz ou polenta. — Pain, fromage et vin.*

V h. da aoir. — Macaroni ou riz. — Pain, fromage et vin. — Pas de viande.

JV. B. — En novembre tout le monde s'est mal trouvé de la viande de mouton bouillie, et nous l'avons remplacée par du mouton rôti, et la soupe au bouillon, par une soupe à la farine grillée.

CIreonatance» atmiMphériques. — En très-hautes régions des Alpes, les jours se suivent et ne se ressemblent pas, et personne ne peut prédire les circonstances atmosphériques à l'avance, pas plus à notre station qu'au Faulhorn, qu'au Paviilon de VAart ou & Meiringen. — Nous nous sommes amusés h noter le soir dans le livre d'observations le temps qu'il fera le lendemain, et vous avez remarqué, que nous nous sommes trompés autant de fois que de prédire juste. Même du malin au soir le temps changeait du tout au tout.

On nous disait : d Au Théodulc il ne pleut jamais, et cependant Teau est tombée à < l'état de véritable pluie plusieurs fois. » — On nous disait aussi : c Votre station, c'est « la Sibérie, vous aurez les oreilles et les pieds gelés, d — Non-seulement ce n*est pas la Sibérie, mais dans tous les mois de l'année, dans de certains jours de calme et de soleil, nous étions assis en plein air, à fumer et à nous chauffer au soleil. — L'ami soleil (comme vous l'appelez) a une chaleur extraordinaire quand il ne fait pas de vent, et nous avons vu la neige se ramollir et fondre partiellement en hiver sur roche, et de l'eau s'en écouler. Non-seulement h la station, mais avec la lunette d'approche nous avons vu au mois de décembre, et parfaitement vu (tous les trois chacun à son tour) de l'eau de fonte

' D. A. Pavillon en planches, que l'on a entouré en août d'un mur en pierres sèches d'nn métré d'épaisseur, pour le consolider.

* D. A. J'ai transcrit ces renseignements tels qu'il me les a communiqués en mai 1860, et aujourd'hui en mai 1868, je les ai copiés sans changements.

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