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STATION DU SAIKT-THÉODULE (35^3 MÈTRES ALTITUDE) (ALPES

de neige couler sur le point calminant du Matterhom (Mont^Gervin), telle que nous en avons vu à la fin de l'automne couler sur le point culminant du Fins 1er- Aarhorn et des Sehreckhômer, qui dominent les glaciers de l'Aar. Je dirai plus, un jour en été qu'il est tombé de la pluie à la station, il est tombé de l'eau au Matterhom^ et cela est certain nous l'avons observé.

Températures de Valr» — Le mois le plus froid a été le mois de mars, et je crois que cette année ce n'est pas exceptionnellement que nous l'avons observé, et en voici la raison : les chamois descendent des hauteurs au mois de mars. Les lièvres font de môme. Dans de certaines journées d'été le thermomètre à l'ombre permanente était au-dessus de zéro jour et nuit. — Et le plus grand froid n'a pas dépassé — 20 degrés.

IVelges et ploies. A la station il est tombé de la neige dans tous les mois de Tannée, parfois elle était entremêlée de grésil et en été de gouttes de pluie. En règle générale, quand il pleut à Zermatt ou à Yaltournanche (Italie), il tombe de la neige à la station. Pendant l'été il est tombé plusieurs fois de la pluie simple à la station, et même dans les grandes hauteurs.

Demande. — Êtes-vous sûr qu'il pleut quelquefois dans les hauteurs extrêmes du Matterhom (Mont-Cervin) ?

Réponse. — Oui, monsieur, parfaitement sîlr. — Plusieurs fois il a plu franchement à la station du Théodule, et lorsque le ciel s'est éclairci, nous avons vu avec votre excellente lunette d'approche, les roches du Matterhom mouillées et de l'eau s'en écoulait*.

Tenta. — Assez souvent calme, jour et nuit. Malheureusement trop souvent vent d'une force et d'une férocité telles, que le goux et les ouragans de l'Oberland-Bernois ne sont que des zéphyrs. B/a//er a ajouté : c Je puis vous assurer, monsieur papa doUfks, que souvent le vent était d'une force telle, que V Arche de Noê (quoique entourée d'un mur de 1 mëtr. d'épaisseur et de 1 mètre de neige tassée) était ébranlé, comme par un faible tremblement de terre. Des tourbillons de neige voltigaient dans l'air, des parcelles de roches assez volumineuses frappaient contre la porte, et si on était sorti du giteon eût été enlevé comme une plume. Dans ces cas nous passions le thermomètre à ti'avers un petit trou pratiqué dans la porte pour observer les températures de l'air.

Certaines journées, des heures entières, le vent féroce soufflait en gou:€, c'est-à-dire qu'il changeait de direction à chaque instant comme au Pavillon des glaciers de l'Aar, à l'exception essentielle qu'il n'était pas interrompu par calme plat. Dans d'autres jour^ nées il soufflait constamment dans la même direction. Dans d'autres moments il tombait comme une flèche du haut en bas, et dans d'autres il montait du bas en haut.

...Quand on parle du vent à notre collègue Gorret, il fait la croix et cite des versets italiens de son livre de prières.

Soleil. — Si le vent féroce est l'ennemi de l'homme, le soleil est son meilleur ami en hautes régions des Alpes. Ses rayons sont bien autrement chauds qu'au Faulhorn et qu'au Pavillon de l'Aar; les observations inscrites dans des tableaux d'observation en sont la preuve; mais ce qui nous a le plus étonné, c'est l'action des rayons solaires sur la neige et surtout sur la surface du glacier découvert. Au glacier de l'Aar, ligne du Pavillon (2400 mèlr. ait.), il résulte de toutes les observations que j'ai été souvent chargé de faire que la plus forte ablation de la surface du glacier en 21 heures a été de 8 à 10 centimètres, et ici à la station, à miVe mètres plus haut clic a été en septembre

* Comme confirniatton que l'eau peuttoml.er à l'état de pluie (véritable pluie sans mélange gelé), j'ajouterai: Pendant un séjour en aoi\t au Pavillon de r.\ar, il esj. tombée une très-grande quantité de pluie pendant 2i heures conscTutives, le torrent qui sort des glaciers avait augmenté d'une manière tout h fait hors ligne, le temps s'étant éclairci, nous avons vu aux sommités qui dominent les glaciers de l'Aar, Fiusteraarhorn et Sehreckhômer, les roches mouillées, il s'en écoulait de l'eau, et nulle part on ne voyait de neiges fraîches.

12 OBSERYATIONS DE UEIRINGEN JUSQU'AU COL DU SAINT-THËODULE.

en 24 heures, de 88*-, de 82"", de 80-*. Et dans tout le mois, de près de 1 mètre au total; e'eêt à n'y pas croire, a ajouté Blalter.

Bèi^ne aBlmal A la atatioa.— Les deux comeille*, que vous avez vues autour de la station, sont restées avec nous'^jusqn'au mois de décembre, et se nourissaient de débris de cuisine que nous leur jetions.

Un oiseau de la grosseur d'un merte (Rinder-Staar) a passé le col pour se rendre en Italie le 4 mars.

Des alouettes des Alpes (même espèce que celles que nous voyons au Pavillon de l'Aar) ont passé le col à plusieurs reprises sans s'arrêter, en mars.

Un lux (Thier-Katz), a passé en mars d'Italie en Suisse.

Une martre des Alpes a resté dans les environs du col tout le mois de novembre. Elle venait manger des débris de cuisine que nous avions répandus sur le sol.

Souris des Alpes, à la station en septembre.

D. A. Blatter pense qu'elles s'endorment l'hiver comme les marmottes. — Il est bien douteux qu'elles s'endorment. J'ai souvenir qu'en montant au Faulhom au commencement de mars, qui est encore l'hiver dans les hauteurs des Alpes, nous avons \m des souris des Alpes très-réveillées dans la baraque à 100 mètr. en aval du point culminant. HugI dans une course qu'il a faite au milieu de l'hiver sur le glacier inférieur du Crindelwald a trouvé dans la baraque du Stierreck des souris des Alpes très-révcilléoF.

Oliservationfl météoroloirlqn^* «< «laclalrca 4« HcirlageB (eanUia de •cme) an eol du ttalnt-Théodaie par le caldc-cheff Blatter V

28 mai au 7 juin 1886.

29 mai 1806. — Gattaneat. Vallée d'Oberhasli. Les cerisiers commencent à fleurir A Meiringen ils fleurissent au milieu d'avril.

Handeek. — La neige couvre généralement le soi, et dans cette localité j'ai trouvé la prcmièi*e neige depuis Meiringen.

RéMerIchiibodeB. ~ Hauteur de la neige tassée 1 mètre.

GrInMel. — Non loin de l'hôtel, où elle n'est pas accumulée par le vent, hauteur de la neige lassée 1 mètre. — La glace, soit neige imbibée d'eau et gelée, qui couvre le lac en hiver, était détadiée des bords et était très-molle. Le domestique qui passe rjiiver au Grimsel m'a dit que le 22 mai l'eau du lac a commencé à couler aussi fortement qu'tn été.

33 mai. — Clacler Inférieur de l'Aar. A h pente terminale, du glacier, la neige qui couvre le sol a une hauteur de0'",59. // fie sort pas d^ eau du glacier et il n'en coule pas sur la sur /ace. Le torrent qui sort du glacier de ÏOber-Aar par suite de la neige qui fond sur roche a un volume d'eau assez fort, cependant bien moins qu'en été. A la pente terminale du glacier de l'Aar la neige a dis^paru partiellement sur la moraine, mais le glacier est couvert de 0",^'0 de neige assez unifonnéincnt. A la Hgne transversale qui correspond à la Trifl, il y avait sur le glacier, rive gauche, un grand amas d'eau (une espèce de lac). 11 a fallu faire des marches et contre-marches pour se diriger

' D. A. BlaiCer est venu me trouver à Mulhouse en mai pour recevoir des instructions pour de nouvelles observations à faire. — Il s'était rendu auprès de sa ramillc & Meiringen, et de là il est retourné è la station du Thêodule, en passant au Grimsel, avec mission de visiter le glacier inférieur de PAar, et de se diriger par le Valais à Zcrmatt et è la station. — Je transcris ses observations telles qu'elles sont détaillées dans le livre d'observations de juin.

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