‹ Matériaux pour l'histoire des temps quaternairesChapitre 12 sur 34 · C. Charabre principale qui a été fouillée · texte numérisé non relu

C. Charabre principale qui a été fouillée

La grotte est longue de 21 mètres de A à O; elle atteint dans un endroit 8 mètres de hauteur. Elle a deux chambres; on n'a pu fouiller dans la chambre B parce que le couloir qui la précède est trop étroit pour retirer les déblais; mais la chambre C a été bien explorée. Au-dessous d’une couche de stalagmites épaisse de 20 centimètres, MM. OŒhlert et Perrot ont découvert quatre molaires humaines qui ont été soumises à l'examen de M. Hamy.

D'après ce savant anthropologiste, elles ont appartenu à quatre individus d'âge différent. L'une d'elles (pl. XI, fig. 1) est une canine supérieure de lait. Une autre (pl. XI, fig. 2) est une seconde arrière-molaire inférieure qui ne porte pas en arrière l'indice du contact de la dent de sagesse et par conséquent indique un sujet encore peu âgé. La dent représenté, fig. 3, est une troisième arrière-molaire inférieure dont l'usure très-faible semble annoncer un individu qui n'avait pas dépassé vingt-cinq ans; suivant M Hamy, on voit rarement des troisièmes molaires aussi fortes et aussi tuberculeuses. La troisième arrière-molaire supérieure dessinée, fig. 4, est très-usée et doit provenir d'un sujet âgé. MM. OEhlert et Perrot ont trouvé engagé dans la cendre un humérus brisé d’un homme de grande taille.

Is ont découvert en même temps un silex, qui, suivant M. de Mortillet, aurait été un perçoir (pl. XI, fig. 5), et des éclats de silex parmi lesquels on en remarque du type appelé couteau (pl. XL fig, 6). M. Gustave de Lorière que j'ai consulté sur leur provenance m'a appris qu'ils ont dû appartenir originairement à l'oolithe inférieure ; quelques-uns d’entre eux ont une patine blanche.

En outre on a recueilli un bois de renne avec une incision qui ne peut avoir été faite que par une main humaine (pl. XI, fig. 11). des morceaux de charbon et quelques ossements d'animaux.

Au-dessous de ces objets, MM. OŒhlert et Perrot ont observé des pierres posées avec symétrie, formant une espèce de dallage. La présence de cendre et de charbon montre qu'il y a eu en cet endroit un foyer. Ordinairement les Troglodytes ont fait le feu à l’'entrée des cavernes pour n'être pas gênés par la fumée: dans Ja groite de Louverné, le foyer était placé à 12 mètres de l'entrée, comme ou pourra s’en rendre compte par le croquis ci-dessous dressé par M. OŒEhlert (fig. 5). 11 y avait une ouverture verticale qui permettait à la fumée de s'échapper; cette ouverture est mainte-

Page 1