OS DES MEMBRES
Jusqu'à présent, à notre connaissance, on n’a rien publié
(1) Édouard Lartet, De quelques cas de progression organique vérifiables duns la succession des temps géologiques sur des mammifères de même famille et de même genre (Comptes rendus, t. LXVI, p. 1119).
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sur les os des membres de P£lasmotherium. Leur étude conlirme ce que nous a appris l’étude du crâne et des dents.
Nous les avons figurés dans la planche XIX. On voit, figure 1, l’omoplate droite; figure 2, le radius droit en connexion avec le cubitus du même côté; figure 3, les deuxième, troisième et quatrième métacarpiens droits; figure 4, le tibia gauche; figures 5 et 6, le calcanéum et l’astragale du même côté.
Bien que les bords de l'omoplate ne soient pas intacts, on reconnait tout de suite la forme générale qu’affecte cet os chez les rhinocéros vivants. Sa longueur, prise de Pextrémité du bord supérieur au milleu de la cavité glénoïde, mesure 0",5#. Sa plus grande largeur est de 0",33; sa plus petite largeur, au-dessus de lapophyse coracoïde, est de 0,175. Cette apophyse coracoïde (fig. 1, cor.) est représentée par une grosse tubérosité. La crête, très prononcée, devait fournir une apophyse saillante déjetée de côté, mais qui a été brisée (fig. 1, ap.). Tous ces caractères rapprochent l’omoplate de l'Elasmotherium de celle de lUnicorne de l'Inde, bien différente de l’omoplate du Rhinocéros bicorne du Cap. Ce même os a, chez le Rhinoceros tichorhinus, une forme étroite, allongée, qui le distingue de lexemplaire que nous étudions.
Le radius et le cubitus (pl. XIX, fig. 2) ne diffèrent des mêmes os des rhinocéros que par des caractères de peu d’importance. Le radius (R) est à peu près complet. Sa longueur, prise sur la ligne médiane de la face antérieure, est de 0",475. Le diamètre du corps de los mesuré vers son milieu est de 0,80 ; on observe dans sa région distale, pour le passage des extenseurs des doigts, un enfoncement plus prononcé que chez les formes vivantes de rhinocéros.
Le cubitus (C) est assez mal conservé. La plus grande partie de l’olécrâne et l’apophyse styloïde ont été brisées, de
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sorte qu'il est difficile de donner des mesures précises. La crête est très prononcée, rugueuse.
Les métacarpiens (fig. 3) sont à la fois longs et épais. Le métacarpien médian mesure 0",260 sur la ligne médiane de sa face antérieure, 0",067 de largeur vers son milieu et 0",080 de largeur à son extrémité inférieure. Nous avons comparé ces dimensions avec celles des métacarpiens des rhinocéros tertiaires, du ARhinoceros tichorhinus et des rhinocéros actuels. Pour tenir compte de ce fait que PElasmotherium était un animal bien plus gros que ses parents, nous avons d’abord cherché les rapports qui existent entre les os longs que nous possédons et ces mêmes os appartenant aux rhinocéros vivants ou fossiles. Les os de l’'£lasmotherium ont, en moyenne, un fiers en plus de longueur que ceux des divers rhinocéros, tandis que les métacarpiens ont une moitié en plus. Ainsi, chez l’Elasmotherium, l'accroissement en longueur des métacarpiens paraît avoir été relativement plus considérable que accroissement des autres membres. L'Unicorne de l’Inde est la seule espèce, parmi celles que nous avons examinées, dont la longueur des métacarpiens soit à peu près aussi grande, relativement, que chez l'£lasmotherium; nous avons déjà constaté la ressemblance de eonfiguration de l’omoplate de ces deux animaux.
L'ensemble des rapports que nous avons calculés pour la longueur de la tête et la longueur des os des membres montre que, comme forme générale, c’est du Rhinoceros simus que lElasmotherium se rapproche le plus; mais il s’en écarte par un plus grand développement des métacarpiens.
Si l’on considère que le Rhinoceros simus est Le plus herbivore des rhinocéros actuels, cette comparaison offrira un certain intérêt. Elle nous porte à croire que l'£lasmotherium,
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malgré l'ampleur massive de ses formes, avait une allure moins lourde que celle de son contemporain, le Rhinoceros tichorhinus.
Il nous a semblé que les métacarpiens avaient, pour les os du carpe, des facettes articulaires plus élargies que chez les rhinocéros, bien que disposées absolument de la même manière. Nous les avons ligurées vues de face. En f. 5m., c’est-àdire sur le côté du quatrième métacarpien et un peu postérieurement, on voit la facette d’articulation pour le rudiment du cinquième doigt.
Le tibia (pl. XIX, fig. 4) est à peu près complet. Pourtant une partie de la face externe de l'extrémité inférieure a été brisée par la fossilisation et peut-être aussi une partie de la malléole interne. Sa longueur, prise sur la ligne médiane de la face antérieure, est de 0,465; la largeur de son épiphyse supérieure est de 0",170; le diamètre minimum du corps est de 0",080. La crête (cr.) très prononcée aboutit à la tubérosité externe ({.e.) qui forme une saillie excessivement accusée. On remarque, et ceci s'applique à tousles os longs, une plus grande largeur des épiphyses comparée à la largeur du corps, et un fort développement des apophyses d'insertion des muscles.
Le calcanéum (fig. 5) a 0",170 de longueur maximum. La plus grande largeur de la facette astragalienne est de 0",120. Sa forme générale présente beaucoup de ressemblance avec celle d’un calcanéum de Rhinoceros tichorhinus provenant du Haut-Montreuil; mais lapophyse talonnière (a. {.) est beaucoup plus développée, sa surface est plus rugueuse. La facette astragalienne (4as.) est très élargie.
L'astragale (fig. 6) n'offre que des différences de grandeur. On pourrait, à la rigueur, noter une plus grande profondeur et une plus grande obliquité dans la gorge de la poulie, carac-
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tères qui s’accorderaient bien avec la longueur relativement orande des métatarsiens. Mais peut-être ceux-ci n’étaient-ils pas aussi développés que les métacarpiens.