‹ Matériaux pour servir à l'historie comparée des sciences mathémtiques chez les Grecs et les OrientauxChapitre 5 sur 9 · NOTÉ II · texte numérisé non relu

NOTÉ II

Nous lisions dgvant rAcadémie des inscriptions et belles -lettres, et nous imprimions ce qui suit (i) en iSSg :

« Avant d'aller chercher au loin les manuscrits qui nous manquent, soin que le Gouvernement devrait imposer aux explorateurs éclairés qui voyagent sous ses auspices , examinons au moins d'une manière sérieuse ceux que nous possédons. On sent plus que jamais aujourd'hui la nécessité de recourir aux originaux ; et la publication des textes, en même temps qu'elle offre un moyen facile de contrôle pour les assertions produites à la lumière , fournit à ceux qui veulent s'instruire un sujet d'études débarrassé de toutes les difficultés qu'on rencontre dans la lecture des manuscrits; nous avons donc résolu de publier les Tables astronomiques d'Oloug-Beg, dont plusieurs copies en arabe et en persan se trouvent à la Bi-

(i) Mémoire sur le développement et les progrès des sciences chez les Arabes, de 814 à 1448 (Introduction aux Tables as- * ironomiques d'Oloug-Beg , p. 1 8).

( ^7<^ ) bliotbéque royale, et il npus reste à expliquer les motifs qui ont déterminé notre choix.

« Oloug-Beg, fils de Schah-Rokh et petit-fils de Tamerlan (1393-1449)9 termine chez les Orientaux la période de leurs travaux astronomiques, et nous laisse dans ses tables et dans le texte qui les accompagne un état assez exact de la science au commencement du quinzième siècle ; ces tables méritent donc une attention toute particulière; on en a déjà fait connaître quelques fragments que nous indiquerons plus loin , mais sans prendre la peine d'étudier l'ouvrage dans son ensemble ; les difficultés nombreuses qu'il présente, la manière obscure dont Tauteur expose ses idées, arrêtent le lecteur à chaque pas : aussi l'analyse que mon père en avait faite pour M. Delambre a-t-elle paru à ce dernier ne contenir aucun résultat nouveau (i). Un commentaire était nécessaire, et ce commentaire, nous avons été assez heureux pour le trouver dans un manuscrit persan de la Bibliothèque royale, composé vers Tan 904 de fhégire (i49* ^^ J- C.), par Fastronome Mériem- Al-Tchélébi. Ayant dès lors la clef de tous les passages qui nous paraissaient d'abord inexplicables, nous nous sommes décidé à mettre au

(i) Delambre, Hist, de l'astronomie nii^ moyens 4§e^ jp» %ç^^

îaUr te irmté coaiptet d'01oiig«-Bcg ; ci^ tiliklf eoBipreud Crois parties distinctes : i® une Pré* face 9 qui »'a jamais ^té traduite^ et dans laquée oe prince célèbre nous apprend les noms des as** tronomes qu'il avsût réunis autour de lui; a^one Introduction, ou Dlscoui^ préliminaire divisé en quatre livres , dont le premier senlemerit a été publié par Greaves, sous le titre à'Epochœ celé* èriores astranomiœj etc. (Londres, i6So); 3^ do nombrewes Tabl^ astronomiques , dont Greaves» Hy<fe et BurcUbardt n'ont pris que quelques ex<» traits (i).

« Le texte que nous donnerons sera revu etcol-r htionné avec beaucoup de soin sur tous les saa« nuscrits qui sont k notre disposition ; non-seule* ment ia Bibliothèque royale en possède plusieurs copies, mais il en existe aussi quelques autres dans les princi|Miles bibliothèques de l'Europe, et nous wirons la possibilité d'indiquer très-exactement toutes les vmantes qui offriront de Fixkténèti Notre publication aura donc un double avantage: elie permettra déjuger plus sainement qu'on ne

(i) Greaves, Sinœ tabulœ geographicœ, una Nassir-jEddini, aitera Vlag-Meighi, Londres, ï65ft. — Hyde, Tahtda hug. ^ lat. ^tellurum focarum , ex obserçatione UlUgh-Beighi ^ ete^ Londres, i665. — En dernier lieu, Burckhardt a publié qu^lques considérations sur les tables du soleil, d'Oloug-Beg, éii ^99^ dans les J^/i9#F¥V/d» da4>MM4e aaich, f ^

( ^7* ) Fa fait jusqu'ici y de l'état de rastronomie chez les peuples de l'Asie, au quinzième siècle, et elle pourra servir de guide à ceux qui, comme nous, se livreront à l'étude des langues orientales, dans une direction toute scientifique*

« Une Notice étendue sur Oloug-Beg et ses ouvrages fera d'abord connaître la nature et l'importance des travaux de ce savant astronome, que l'on regarde avec raison comme le dernier représentant de l'école arabe ; mais avant d'aborder ce sujet , avant de passer ea revue et d'apprécier à leur juste valeur les différents manuscrits que nous avons dû consulter, nous avons pensé qu'il était nécessaire d'exposer dans une introdoction les résultats des recherches entreprises jusqu'à ce jour sur l'histoire de l'astronomie et des mathématiques chez les Orientaux. Ce n'est qu'en relisant les écrits des devanciers d'Oioug-Beg que l'on peut se faire une idée bien nette des services que ce prince a rendus à la science ; un autre motif d'ailleurs nous a porté à suivre cette marche : les arabes, placés entre deux civilisations, ont conservé l'une et préparé l'autre; par leurs propres découvertes, ils ont, nous l'avons prouvé, fondé une école tout à fait distincte de celle d'Alexandrie. C'est de ce nouveau point de vue que. nous allons considérer les productions de

(a73) leur active intelligence ; et , en retraçant le tableau de leurs progrès scientifiques, nous marquerons nous-mêmes la limite que nous avons atteinte, et que nous espérons reculer encore, avec Faide des illustres maîtres qui ont daigné soutenir et encourager nos premiers efforts. »

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