‹ Matériaux pour servir à l'historie comparée des sciences mathémtiques chez les Grecs et les OrientauxChapitre 7 sur 9 · CHAPITRE SECOND : DE l'iNSTRUMENT âPPELIÎ SXKTÀNT · texte numérisé non relu

CHAPITRE SECOND : DE l'iNSTRUMENT âPPELIÎ SXKTÀNT

,« Il y a une grande diffërence entre cet instru-

( 36o ) « menl et ceux dont on se sert pour observer la (c déclinaison du soleil y c'est qu'il donne les de- « grés, minutes et secondes , tandis que les autres « ne donnent que les degrés et minutes.

« Voici comment on le construit :

a On trace une ligue méridienne , et on élève c( deux murs parallèles à cette ligne , un de chaque ff côté; de manière qu'il y ait entre ces deux murs a un intervalle de sept coudées. On élève sur cet « intervalle, du côté du midi, une voûte de cons- « truction solide, et on laisse, à la partie supécc Heure, une ouverture circulaire, dont le diart mètre est de i/6 de coudée (3 p. 2/3), et la a hauteur au-dessus du sol de vingt coudées.

« On établit, sur le diamètre de cette ouvera ture, un barreau de fer; puis on creuse le sol, (c dans la direction du fil à plomb suspendu au « centre, et de la ligne méridienne, jusqu'à une « profondeur de vingt coudées.

a On prend ensuite de bonnes planches que « l'on assemble à angles droits , de manière à for- « mer un canal quadrangulaire, solide et bien « dressé , de quarante coudées de longueur ; on « attache à l'une de ses extrémités deux gonds, « et on les suspend au barreau de traverse fixé « sur l'ouverture.

« De cette manière, il ne reste plus d'apparent

(36i ) OC que le sinus verse (la flèche), au lieu du demi* « diamètre du cercle.

« Ensuite on fait tourner le tuyau de telle sorte « qu'il décrive un arc du sixième de la circonfé- • « rence (60®) ; on établit cet arc en planche , on a le polit y on l'égalise, on l'unit, on le revêt d'une a bande lissée pour la division, puis on divise «f l'arc en 60 parties de degrés , chacun des degrés a qui servent à marquer la déclinaison , en 60 « minutes, et chaque minute en 10 parties, c'esta à-dire de 6 en 15 secondes.

« Quand le soleil est arrivé au méridien , les c< rayons lumineux se projettent par l'ouverture « aux environs de la ligne méridienne ; et, parce « que ces rayons se propagent en partant du soft leil en forme de cône , leur projection sur le cf terrain a plus d'étendue que celle de l'ouverture, a et cela rend nécessaire l'emploi d'un second « instrument, pour avoir exactement le centre de (c l'image solaire.

« Ce second instrument est un cercle égal en « grandeur à la projection des rayons lumineux « sur le terrain, et muni de deux diamètres qui « se coupent à angles droits. Lors donc que le « soleil approche de la ligne méridienne, on préa sente le cercle au-devant des rayons lumineux « qui se projettent sur le terrain, et on le fait

« iQQijivoir pçtu à peu, en suivant le mpuyeiiieiit du » soleil Jusqu'à ce que le centre du cercle se trouve ^c sur 1^ ligue ^léridiepne ; Ton obtient ainsi exactece ment Iç lieu du centre de Timage du soleil au ipéa ridiep , et Yqn a la hauteur du soleil dans le méft ridien ; car la distance du centre de ce cercle au <f poJupt où tombe le fil à plomb dans le sextant est « égqle aii complément de la hauteur du soleil. »] Cet instrument, comme on le voit, était placé verticalement dans le méridieç; il se compp^it d'un arc de 60 degrés , divisé d« 6 en 6 secondes et de i^o coudées de rayon , et d'un tuyau mobile autour du centre. A midi, les rayons du soleil passaient par une ouverture pratiquée dans la voûte qui couvrait Tinstrument, suivaient }e tuyau , et formaient, sur la concavité, du sextant, une image circulair^ dont le centre ^pnnait, s^i^r Vavfi gradujé, )e coiçplément de la hauteur ^u soleil. Cet instrument ne diflTère de notr^ Ç^tii^^l qu'en ce qu'il était garni d'un sii;nplfç tuyau s^ix lieu d'une lunette; il donne lUne i^ée sufl^s^pte de l^ pirécision que les Arabes chercfaa^at à obtenir dansTob^^vation desfiâtres, et montra qiji'jj^ portaient les divisions au delà de$ ^inute^ (1).

(i) M. Gaussin (Extr. d'Ebn-Jiounîs, p. laa) s'exprime ainsi : « L'anmlle d'Aii-beiii-Amajour «tait divisée de %»' pu %ûi\ mais « ces 4i^i3iops étaient asj^ez gran^.pqy;* f u'oq .pût^aisfppMent

(363 ) Mous avons mi^ une importanQe d'autant plus grande à bien fjsiire connaître la construction ^e cet instrument, qu'il est souvent cité par Ips auteurs arabes, sans que personne ^ jusqu'à ce jour, en ait indiqué l.a composition, et qu'il prouve que les astronomes du dixième siècle connaissaient l'usage du gnomon à trou; fait très-important poiir l'exactitude de leurs observations. C'est le premier exemple que nous ayons trouvé d'un gDomon de ce genre. Un passage npn justiÇé de l'historiep Khondémir, qui vivait à la fin du quinzième siècle, a fait supposer que les Arabes l'avaient fidopté pour l'observatoire de Maragah j

a eo déterminer le tiers, à plus forte >raisoD la moitié (lo') , et « vi^iseiiii)hibleni«nt ie quart (5'). La divisioa n'était pas ff poussée plus loin sur les instruments doQt $^ s^rvaiej^t le$ « anciens astronomes (Flamsteed, Proleg.^ p. 19). L'armille « ayec laquelle observait lahia-ben-Abou-Mansor, le plus cé- « lèbre des astronomes du temps d'AImamoun, n'était divisée « que de 10 en 10', et, pour une observation de l'équinoxe « d'automne de l'an a37 de l'hégire, on employa une grande « armille (ce sont les termes de l'auteur), qui marquait les mi- « nutes. Il paraît qu'on ne cherchait pas , à cette époque , à « pousser la division au delà des minutes, même sur les ins<- « tniments que faisaient faire les souverains. Vers l'an 5i5 de « l'hégire, on construisit au Caire un grand cercle de dix cou- « dées (quinze pieds environ), un autre de sept coudées, et une « sphère armillaire de cinq coudées, etc. » Ce que nous venons de dire au sujet du sextant de Mohammed-al-Chogandi contredit l'assertion de Flamsteed et de M. Caussin. Yoy. aussi notre Mém. déjà cité, p. iqS,

. ( 364 ) mais rien n'avait prouvé jusqu'à présent que les astronomes du dixième au douzièlne siècle s'en fussent servis. Nous ne faisons que mentionner l'instrument des éclipses et l'instrument du lieu vrai (ou des éphémérides) des sept planètes , attendu que le manuscrit latin n^ 7396 a traité le même sujet sous ce titre : De motibus planetarum per instrumenta rnanualiter mota; nous ferons seulement observer qu'Aboul-Hhassan place l'apogée du soleil 9 de son temps (laSo après J. C), au commencement du signe de l'Écrevisse.

Ce que nous avons rapporté suffit pour donner une idée des instruments astronomiques des Arabes; si notre travail présente encore des lacunes, il ouvre du moins la voie à de nouvelles et intéressantes recherches.

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