TROISIÈME PARTIE
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Des instruments astronomiques des Grecs et des Arabes.
En cherchant à réunir les matériaux d’une histoire de l'astronomie chez les Orientaux, nous avons reconnu de bonne heure, combien il serait utile d'examiner d’une manière spéciale quels progrès les Arabes ont fait faire à la partie mécanique, c’est-à-dire, aux instruments d'observation, qu'ils avaient recus des Grecs et dont ils augmentérent de beaucoup le nombre.
Nous allons donc passer en revue ce que lécole d'Alexandrie nous a transmis sur cet intéressant sujet , et après avoir recueilli les notions répandues, çà et la, chez les écrivains de l'antiquité, nous nous efforcerons de jeter quelque lumière sur les inventions qui appartiennent en propre à l’école arabe.
La sphère (r) et le gnomon ont été très-ancien-
(1) L’abbe Renaudot, de l’Origine de la sphère (Mémoires de l’Académie des inscriptions, t. 1, p. 1 et suiv.); Delambre, Hist. de l'astronomie ancienne, t, 1, p. XLVI, 15, 73, 109-138,
ne
( 290 ) \ ,) 2 , A nement connus en Grèce; c’est un fait généralement admis (1); mais Thalès de Milet employait-
On trouve aussi, page 100, quelques détails sur la sphère mouvante ou planétaire d'Archimède, et, p. 194, sur le globe de Geminus. — Delambre juge bien sévèrement Geminus,en disant qu'il n’était ni géomètre ni astronome, et qu'il a voulu malheureusement faire parade de science. N'est-ce pas une opinion bien hasardée ?—Il reproche à Geminus de r’avoir placé ni le centre de la terre, ni la ligne de l’apogée dans la figure qu'il donne du mouvement du soleil; Geminus, il est vrai, ne trace pas la ligne des apsides; mais il l'indique , en disant que la plus grande dodécatémorie de lPorbite est dans les Gémeaux, et la plus petite dans le Sagittaire. « Pour cette raison, ajoute Geminus, « le soleil emploie le temps le pius long à parcourir les Gé- « meaux, et le plus court à parcourir le Sagittaire, quoique « son mouvement soit toujours uniforme (chap. 1%).» Un peu plus loin (p. 211), M. Delambre avance que Geminus, ayant pris ses données dans Hipparque, a voulu se donner un vernis de géométrie en calculant la variation diurne. Peut-il émettre une telle assertion après avoir dit (p. 190) que Geminus ne connaissait pas le 4 de jour retranché de l’année par Hipparque, et (p. 191) qu'il semble n’avoir eu aucune idée des travaux de cet astronome? Voyez aussi, sur l’équatorial de Geminus, Delambre, Histoire de l'astronomie ancienne, t.T, p: 202.
(1) Hérodote dit que les Grecs ont pris des Babyloniens le pole et le grnomon (éd. Schweighaeuser, Hist., lib. 11, p. 383): ILoov pv xal yvwuova xat Ti GvUdexx méoen The fuépne map Babvwviwv Éualoy ot “EXAAnves; voyez aussi l’édition de Larcher, t. IL, p. 84, et la note, p. 409. Scaliger (4d Manil., II) etM. Ideler pensent que le mot pole était le nom donné à l’horloge solaire. (Voyez notre Mémoire sur les instruments astro-
| nomiques des Arabes, pag. 6.)
il d’autres instruments? on lignore (1). Jusqu'à Ptolémée, on ne trouve que des indications vagues; à peine devons-nous mentionner l’héliomètre de Méton et l'héliotrope de Phérécyde (2); on ne possède aucun renseignement sur leur grandeur ou sur leurs usages, et peut-être l’héliomètre n’était-il qu'un gnomon destiné à mesurer les ombres solsticiales, puisqu'on ne cite que des solstices de Méton {3).
(1) Diogène Laërce, liv. 1, chap. 1, 3; l’abbé de Canaye, Recherches sur Thalès (Mémoires de l'Académie des inscriptions, t. X, p. 8). On a dit de Thalès, comme d’Ératosthène, qu'il avait trouvé la hauteur des pyramides par leur ombre.
(2) Diogène Laërce, t. 1, Liv. 1, chap. x1, 6 : Zuberor de xa fhrorpômuov &v Elo +7 vice, etc. Bailly, Hist. de l'astronomie ancienne, P. 197.
(3) Ptolémée compare le solstice observé par Méton et Euctémon, à Athènes, sous l’archonte Apseude, le 21 phamenoth au matin, à celui qu’il a observé lui-même l’an 463 de la mort d'Alexandre, le 11 mesori, 2 heures après minuit, où à 14 heures. Ici Delambre (Æist. de l'astronomie ancienne, t. IT, p. 109 et 576), après s’être appuyé sur les vérifications de M. Marcoz, accuse Ptolémée de s'être trompé d’un jour.— À notre sens, Ptolémée dit le 12 mesori à 2 heures du matin, et sa phrase exige qu'on lise 16”, 12, au lieu de tx, 11. La voici : « Pour nous , nous sommes assurés d’une manière cer- « taine que celui (Le solstice) de l’année susdite, 463° après la « mort d'Alexandre, a eu lieu le (1x, lisez 1’) 12 de mesori, « après ou durant la 2° heure, ox bien vers 2 heures proche de « minuit (du r11)au 12.» Ce ne peut être le 11, si c’est après le minuit du 11 au 123 et si c’est le 11 après minuit, ce ne peut être le minuit du 11 au r2 : ce serait celui du 10 au 11. Les
(292) . Nous pouvons avoir, il est vrai, des données un peu moins incertaines sur les cadrans des anciens (1). Indépendamment du scaphé où hémisphère creux de Bérose (2), Vitruve nous a laissé
nombres résultant du calcul que Ptolémée fait ensuite [ui-même, montrent que c’est du 12 qu'il s’agit; autrement il n'aurait que 71 années 139 jours d'intervalle, tandis qu’il en a 140. Voy. Delambre, Loc. cit., à la page 576 , où la lecon du 12 est indispensable et d’ailleurs indiquée par le calcul de Cabasillas,
(1) Delambre, Hist. de l’astronomie ancienne, p. 15, sur le gnomon de Pythéas, et passim ; de La Nauze et l’abbé Gedoyn, Mém. de l’Académie des inscriptions, t. XII, p. 86 et suiv. et p. 170; Fréret, même recueil, t. XVIH, p. 206 ; l'abbé Sallier, Recherches sur les horloges des anciens , même recueil, t. IV, p.148; Dissertation sur Jacques de Dondis, loc. eit., et les auteurs qui sont indiqués dans ce mémoire; on y trouve (p- 448 et suiv.) des détails intéressants sur les horloges chez les Romains et au moyen âge (horloges de Boëce et de Cassiodore, de Pépin, etc.). Nous le mentionnerons plus loin pour les clepsydres. Aristophane nous apprend que, de son temps, on se servait à Athènes d'un simple gnomon sans divisions horaires. Ideler, Loc. cit. Voy. aussi Bailly, Hist. de l’astronomie moderne, t. 1, p. 71 et suiv.
(2) Cet hémisphère ou hémicycle, placé horizontalement dans un lieu découvert, a sa partie concave tournée vers le zénith ; un style s’y élève verticalement (Delambre se sert du mot globule). Dès que le centre du soleil dépasse l'horizon, ombre du style entre dans la conéavité de l’hémisphère, et y trace dans une situation renversée le parallèle diurne du so-
eil. Cet instrument, qui servait à la fois à marquer les heures et les saisons, fut adopté par les Grecs. — Bérose florissait vers 230 avant J. C. Y a-t-il eu deux Bérose ? L’astronomie a-t-elle été portée en Grèce par le Chaldéen Bérose ? (Mém,
quelques débris de la gnomonique des Grecs; il explique le cadran d'Eudoxe appelé l’araignée. L’analemme de Ptolémée nous offre aussi des constructions fort simples et suffisantes pour les cadrans réguliers ; la tour des vents d'Athènes (7) nous fournit huit verticaux déclinants ; et, quant aux projections, l’'analemme semblerait prouver que les Grecs connaissaient la projection orthographique , la projection gnomonique et la pro- Jection stéréographique (2). Il nous suffit, au reste, de renvoyer à cet égard à l’ouvrage de Delambre; et nous nous contenterons de signaler ce point important, que les anciens n’employaient et ne marquaient sur leurs cadrans que les heures temporaires.
Quant aux cadrans de Rome, on sait que le premier fut érigé l’an 263 avant J. C. par le consul Val. Messala (3).
de l’Académie des inscriptions , t. VI, p. 8 et 178; Delambre, Astron. anc., passim, et particulièrement t. II, p. 510; Ideler, Mém. sur les Chaldéens, p. 159.
(x) Delambre, Hist. de l'astronomie ancienne, t. II, p. 487; Antiquités d’ Athènes, de Stuart; Cadran de Délos (Histoire de la classe des sciences mathématiques, 1814). M. Delambre s’étend assez longuement sur les cadrans anciens, loc. cit., t. IE, P. 489-014. |
(2) Delambre, Hist. de l’astron. anc., t. IL, p. 485.
(3) Mémoires de l'Académie des inscriptions ; Dissertation sur Jacques de Dondis, loc. cit. Saumaise, #2 Flavium Vopis-
L'usage des clepsydres et des sabliers remonte aussi à une époque fort reculée (1); mais il ne faut pas cependant confondre avec les horloges à eau (2) proprement dites les clepsydres qu'on employait à Rome et à Athènes au quatrième siècle; les Chaldéens avaient, dit-on, divisé le zodiaque en douze signes par les levers au moyen d’une clepsydre (3); les Égyptiens troüvaient le diamètre du soleil par les horloges d’eau, et par le temps que le diamètre met à monter sur l'horizon ; voici de quelle manière (4) :
cum, p. 425 b; Schœll, Éléments de chronologie, t. I, p.29, 010)
(1) Dissertation sur Jacques de Dondis, loc. cit., et la note précédente ; l'abbé Sallier, Recherches sur les horloges des anciens (Mémoires de l’Académie des inscriptions, t, IV, p. 148). La première clepsydre qu’on vit à Rome fut celle de Scipion Nasica. Ces horloges étaient appelées 2orologia hydraulica ou Aoraria, et Cicéron se sert du terme solarium; Schœll, Éléments de chronologie, t. 1, p. 23, où l’on trouve aussi quelque chose sur les horloges au moyen âge. Voyez la description donnée par Vitruve de l’horloge à eau de Ctésibius. Sur l'horloge de Cicéron, voyez Zuzzeri et Delambre, Hist. de l’astr. anc., 1.1, p. 263 ; Bailly, £dem, p. 353 et suiv.; et Hist. de l’astr, mod., t. 1, p. 6x et suiv.
(2) Ideler, Loc. cit., sur les clepsydres d'Athènes et l'horloge de Platon. Les Chaldéens se servaient sans doute de l’Aydrologe.
(3) Ils employèrent aussi la course d’un cheval, après avoir préalablement mesuré le chemin qu'il faisait dans un temps donné. Delambre, Loc. cit.
(4) Ko TPÜTOV Ou cuubaiver xaÛ OLaARY HU UO4TOC EXAG=
Au moment où le disque du soleil apparaissait à l'horizon, le jour de l’équinoxe, on laissait sorur l’eau goutte à goutte du fond du vase, qui se conservait toujours plein au moyen d'un autre vase placé au-dessus, et qu'on remplissait au fur et à mesure. On recevait dans un bassin l’eau qui tombait depuis Papparition du premier bord du soleil jusqu’au moment où le disque se montrait tout entier sur lhorizon, et dans un second bassin beaucoup plus grand, l’eau qui tombait jusqu'au lendemain à Îa première apparition du soleil; puis on mesurait et on pesait avec soin Veau contenue dans chaque bassin, et l’on établissait cette proportion : comme toute la quantité
d’eau écoulée est à celle qui est contenue dans le
Geiv LL9vOV Aéyouev Oou xat “Howv 6 punyavixôc &v vois mept Üdpiwv boosxoreiuwv édtôase, etc. Proclus, Æypotyposes, éd. Halma, p. 107; mais, ajoute-t-il, Étepor d Au6ôvres boocxomeiov tt Tüv cuvnhéiv routéort oxdpnv À xai AAhott Vvomovixdv xaTacxebacua, n at ruva xhebÜGouv…. À xat ypovoy € Édpoloytou ypovokdéou ka Gdvovres, etc., p. 108. Valla dit, p. 351 : « Quæ Heron mecanicus et refert Proclus. » Ceci répond à l’accusation portée contre Valla par l’abbé Halma (t: IV, discours préliminaire , p.10 et 11); l'abbé Halma s’est beaucoup servi, cependant, du travail dé ce savant. — Proclus, p. 103, appelle ceux qui mesurent le temps par les gnomons of yvouovtxot; — man. latin de la Bibliothèque du roi, n° 7263, fol. 2b7; n° 7264, fol. 281. Voy. Valla, p. 349; et, sur Héron, M. Arago, dans son excellente dissertation sur les machines à vapeur. 477. du Bureau des longitudes, 1837, p. 225.
| ( 296 ) petit bassin, ainsi les 360 degrés de la sphere céleste sont à la grandeur cherchée du diamètre solaire (r).
Cette méthode est fort incertaine, et Ptolémée la repousse; 1] emploie, pour arriver au même résultat, la dioptre d'Hipparque, dont nous parlerons plus loin.
Venons maintenant aux instruments astronomiques, dont Ptolémée nous a laissé une description plus complète; le premier est une armille solsticiale qui lui sert à montrer de combien léchptique est incliné sur léquateur {2). On peut croire qu'Aristille et Timocharis connaissaient l'usage de cette armille ; mais on n’en saurait dire
autant d'Ératosthène, qui fit toutefois placer à
(1) Proclus, p. 107 : H d1ù ypovokdéwy rapecyovrov, à dv bdpouéteuv, à à boocxomiwy; Valla, p. 350, traduit ainsi : « Per « temporum acceptiones, vel per hydrologium, vel hydrosco- « pia ;» et l’abbé Halma écrit tout simplement : « Soit par des «instruments propres à montrer le temps, soit par des ins- « truments à eau nommés hydromètres. » Voyez ce que dit M. Ideler, Handbuch der Mathem. and Techn. Chronologie, t. T\p4429 et 220.
(2) Ptolémée, 4/mageste, Liv. 1, ch. x; Epitomes Joannis de Monte-Regio in Almagestum, Vib. x, pr. xvnr, et Hb. 51, pr. x1v; Schrekhenfuchsii, Annotationes, p. 23 et 24. Delambre, Hist. de l'astronomie ancienne, t. II, p.74, fait remarquer que Ptolémée n'indique ni les dimensions , ni l'inventeur de l'instrument ; mais c’est probablement parce que l'usage en était trèsrépandu de son temps.
Alexandrie des armilles équatoriales (1). Proclus nous a donné un long commentaire sur l’armille de Ptolémée (2); c'est dans ce commentaire que se trouve l'indication d’un cercle que plus tard on a nommé cercle indien (3), et comme nous aurons l’occasion de rapporter tout ce que les auteurs arabes et persans ont dit à ce sujet, il n’est pas hors de propos de transcrire iciles termes mêmes de Proclus (4) :
« On prend, dit-il, le parallélisme de l'horizon
Len
« au moyen de cales posées au-dessous d’une plan- « che sur laquelle porte le pied du soutien, de « manière qu'elle ne penche d'aucun côté; ce qui « est évident si de l’eau versée sur la planche reste « en place sans s’écouler par quelque endroit que « ce soit. Ensuite on pose un gnomon vertical sur « la base carrée, et on décrit un cercle autour du « pied de ce gnomon comme autour d’un centre;
« on observe, avant midi, le moment où l'ombre
(1) Delambre, Hist. de l'astronomie ancienne, t. I, p. 86 et O7 IL, D20.
(2) Proclus, Hypotyposes, trad. de l'abbé Halma, p. 78 ; Valla, p. 338. |
(3) Le cercle indien était un véritable instrument, et non pas seulement un procédé, comme l’a pensé M. Biot; les textes arabes, ainsi qu'on le verra plus loin, ne permettent aucun doute à cet égard.
(4) Proclus ; Hypot., éd. Halma, p. 8r et 82.
| ( 298 ) « du gnomon atteint la circonférence de ce cercle, « pour marquer exactement le point ou elletombe, «et ensuite, après midi, l’autre point où ombre « aboutit, quand elle atteint encore la circonfé- « rence; et, joignant avec une règle ces deux « points, on trace une ligne que l’on divise en « deux parties égales; si lon applique ensuite la
« règle sur le point du milieu et sur le centre du
Cm
« cercle, la droite tirée le long de cette règle jus- « qu’à la circonférence sera la ligne méridienne « dans tous ces points, parce qu'à midi ombre « qui tombe du gnomon se confond avec elle. » Ptolémée employait aussi, pour déterminer linclinaison de Pécliptique, un quart de cercle tracé sur une planche (1), que nous retrouvons chez les Arabes sous le nom de briques, et dont a voulu faire un mural; mais rien ne prouve qu'il en ait
été l'inventeur (2). Il ne dit que quelques mots
(1) Ptolémée, 4/mageste, liv. 1, ch. x ; Epitomes Joannis de Monte-Regio, Db. 1, pr. xvir. Les auteurs arabes font mention de cet instrument et l’appellent a) , les briques. On en a déjà fait la remarque sous forme de doute (Mém. sur l’observatoire de Meragah, par Jourdain, p. 18); mais nos dernicres recherches ne peuvent laisser aucune incertitude sur ce point. Aboul- Hhassan , man. 1148, fol. 130, en décrivant cet instrument, traduit les propres expressions de Ptolémée.
(2) Delamore, Hist. de Pastr. anc., t. II, p. 75, fait plusieurs réflexions sur ce passage de Ptolémée, sans rien conelure. C'est qu'en effet on ne peut affirmer que l’astronome
des armilles équinoxiales, en parlant des observations faites à Alexandrie au cerele de cuivre (r) placé dans le portique carré; cet instrument, qui paraît avoir été connu d’'Hipparque, offrait beaucoup d’inexactitude.
Nous avons lieu de croire que Ptolémée n’a pas non plus inventé plusieurs des instruments dont on lui attribue généralement la première idée.
L'astrolabe qui porte son nom (2) appartient,
d'Alexandrie ait le premier construit et employé l'instrument dont il est question. Le mot érotoûuesôx, dont se sert Ptolémée, n’est pas une preuve suffisante ; aussi ce problème, Ptolémée a-t-il été réellement inventeur ? est encore tout entier à résoudre. Voyez notre Mémoire sur la découverte de /a variation par Aboul-Wéfa, p. 16.
(1) Ptolémée, liv. it, ch.11, Montucla, Hist. des mathématiques, t. I, p. 305 ; voyez aussi le Commentaire de Théon ct le manuscrit latin de la Bibliothèque du Roi, n° 7263, fol. 140, trad, de Théophile; Æpitomes Joannis de Monte-Regio, b. 111, pr. 1; Schrekhenfuchsit Annotationes, p. 45. Ce commentateur, ea rappelantles instruments dont les anciens se servaient pour observer les équinoxes, en donne la figure.
(2) Ptolémée, 4/mageste, liv. v, ch. 1, et Liv. vit, ch. 1v; Epitomes Joannis de Monte-Regio, liv. V, prop. 1 et 11, et lv. Vi, prop. vu, Georges de Trébizonde, traduction latine de l’4/mageste, fol. 101; Erasmi O. Schrekhenfuchsü, præ- Jfatio, p. 6; Delambre, Hist, de l'astronomie ancienne, t. T, p.67,ett. IL, p.185; Halma, t. IV, p. 137 et suiv. Colebrooke, Miscell. Essays, t. I, p. 347. Voyez la figure de l'instrument dans les ouvrages que nous venons de citer, et dans la traduction de l’Æ/mageste par l'abbé Halma.
( 300 ) sans aucun doute, à Hipparque (1); il ne doit point être confondu avec les astrolabes planispheres que les Arabes construisirent d’une manière si parfaite, en faisant l’application des règles données par Ptolémée dans son Traité du planisphère (2); on l'appelle avec plus de raison l’instrument des armilles, instrumentum armillarum , comme l'écrit Georges de Trébizonde. Proclus en a complété la description dans ses Hypotypo-
ses (3). Ce fut encore Hipparque qui inventa Îa
(1) Cette question, longtemps débattue, paraît avoir reçu sa solution définitive. Voy. Delambre, t. II, p. 486. Plus loin, p. 454, citant Proclus à propos du planisphère de Ptolémée, il nomme, comme ayant traité de l’astrolabe, Ptolémée après Hipparque, Ammouius, Philoponus, Nicéphore, etc. La lettre de Synésius sur l’astrolabe ne doit point d’ailleurs laisser de doute à ce snjet.
(2) On sait que le traité du planisphère de Ptolémée nous est parvenu par les Arabes, qui lavaient traduit dans leur langue; on à une traduction latine de la version arabe de Maslem.
(3) Proclus, p. 78. L'abbé Halma, dans sa traduction francase de Proclus, p. 10, traite fort mal la traduction latine de Valla, qu'il suit cependant maintes fois pas à pas. Il accuse aussi Valla d’avoir donné une description de l’astrolabe tronquée, inintelligible, et d’y avoir ajouté un extrait du traité de l’astrolabe de Philoponus. C’est un reproche que Valla ne mérite pas; car cet auteur n’a pas voulu s’astreindre à donner upe traduction littérale de Procius, sans commentaire; et ce qui suit le prouve avec évidence {Valla, p. 364) : « Sphæræ in « astrolabis superficiei exarationem , et quæ in ipso descripta « sunt causas commoditatemque, nec non in quot qualesque
( 3or }) dioptre (1) sur laquelle Proclus et Théon nous ont donné des détails, et d’un autre côté, l’on a fait depuis longtemps justice de certains écrits qui tendaient à attribuer aux Grecs la connaissance et
l'emploi des lunettes.
« usus accommodetur quam maxime fieri potuerit explicare « moliemur quæ olim post Hipparchum, Ptolemæus, inde Am- « monius et Proczus et Philoponus et Nicephorus prodide- « runt, quæ omnia, cum perspicuitatem lumenque desiderent, « hinc evidentius quæ ad fabricam quæque ad usum tendant « dicere ordiemur, etc. » Voy. aussi p. 366 et 374. — Proclus, p. 137, signale la différence qui existe entre le météoroscope et l’astrolabe : Atapéper uèv Td metewpooximtov Toù dotpohdéou toûtou xa0' Ücov Éxeivoy xat TudTa Tpeiv duvarév Üsa 1x toutou xai SAÂX TAElOVE TOY TOÙS AGTOOVOUIAY {ONOULWV, xot ap To mAG0oc Tüv xÜxAwWY 8Ë Ov Éxeivo TASOV ÜTOYEL — Puisque nous parlons ici de Proclus, nous ne terminerons point cette note sans dire un mot d’un instrument dont il donne la description, et qui était destiné à représenter le mouvement du soleil (Proclus, p. 90): on trace sur une planche de cuivre ou de bois un zodiaque divisé en douze parties, et chaque partie en minutes, secondes, etc. On prend pour l'apogée et le périgée 5 degrés 30° des Gémeaux et du Sagittaire ; on y fait passer un diamètre, et prenant 24 fois la trentième partie du rayon, à partir du centre , on décrit par l’extrémité un cercle intérieur qui donne l'orbite solaire. Voyez Valla, p. 343.
(1) Proclus, p. 107, s'exprime ainsi : ‘Inrapyns 1x dom - TOUG.…. ÉVEMOUNGE XAVOVX TETPATAYN GWANVOELDT TOIGHLÉTLX ÉYOVTR roùs 8p0ùç dv” y duontete Ta uéyeôn toy év Tois purois duaétTowv T0 adTo XAA MOV ÉTAONGEV e) xat IIrokemaios xohoubnoev…. voyez aussi p. 109 et 110. Valla, p.345, 360 et suiv.; Halma, Loc, cit., et t. I, préface, p. Lvir. Théon donne la description de la dioptre d'Hipparque, éd. de 1538, fol. 257 et 262, où l’on
Quant à la sphère solide (1) de Ptolémée, et à ses règles parallactiques ou triquetum (2), il suffit de les mentionner ici ; la construction du premier de ces instruments était connue bien avant l’astronome d'Alexandrie, et le second a été justement critiqué par les Arabes et par tous ceux qui en ont fait un examen attentif. Telles sont les notions que nous ont transmises les auteurs grecs sur les instruments astronomiques employés de
leur temps (3); et il faut avouer que l’école d’A-
trouve la figure de l'instrument, et man. lat. de la Bibliothèque du Roi, n° 7263, fol. 248, et n° 53264, fol. 282. Br Astron. moderne, t. T,p. 180, 479 et 567.
(x) Ptolémée, {mageste, biv. vaux, ch. 13 Epitomes Joanris de Monte-Regio, Nv. vu, prop. 11.
(2) Ptolémée, 4lmageste, iv. v, ch. 111; Epitomes Joannis de Monte-Regio, iv. v, prop. xz1r1, x1v, xv; Théon, fol. 254, et les traductions de ce commentateur, man, latins de la Bibliothèque du roi, n° 7264 , trad. de Saint-Clair, fol. 277, et n° 7263, trad. de Théophile, fol. 254. Proclus, p. 102 et 10b : KarehetoÜnoav roivuv ao rivos Goyävou ypnaiuou xatackevacÜévroc 6 xat évrebbev évoudlerat mapa\dxtixov Ôpyavov où TAV XUTAGKEUNV at TV HpAoiv mepiepyoy éxtidecdar, cupüc Tapx roù [rohkeuaiou xeumévav xat oddèv fuiv Ssomévnv etc rhv éErynouv. Valla, p. 349, 350. Voyez aussi Georges de Trébizonde, tr. de PÆAlmageste, p. 115 et 114; Albategni, ch. zvir, et A bre, passim ; Man. ar., n° 1157, fol. b4 et suiv.
(3) Lalande a traité des instruments des Grecs dans le ch. x1u1 du t. II de son grand ouvrage; consultez aussi Bailly, Astr, anc., p. 81 à 6o4, et Astr. mod., t. I, p, 20 à 180, et bb5 à 977.
( 303 ) lexandrie a répandu bien peu de lumières sur cette branche de l’histoire de la science.
Nous trouverons chez les Arabes des détails plus étendus, plus complets.
On a toujours cru ou supposé qu'ils s’étaient servis des instruments inventés par les Grecs, en les perfectionnant peut-être , sans rechercher d’une manière précise la nature des changements qu’ils y avaient introduits. En voyant des mécaniciens cités avec éloge dans quelques-uns des traités d'astronomie qui nous sont parvenus, et des savants porter le surnom d’4stharlabi (faiseur d’astrolabes), on a conclu que les Arabes avaient donné un soin particulier à la fabrication des instruments; .et personne n’a cherché à se rendre compte des améliorations dont on leur était redevable. Si les noms de quelques instruments nouveaux se sont offerts dans les écrits scientifiques que des traductions latines ont fait connaitre au moyen âge, on s’est contenté de les transcrire sans prendre la peine de’recourir aux originaux, qui auraient pu fournir des détails curieux, et l’on s’en est tenu à une sèche nomen-
clature (1). Cest ainsi que nous voyons mention-
(1) On peut se faire une juste idée du peu de documents positifs qui existent sur ce'sujet en parcourant l’Hisioire de
nés le shafiah d’Arzachel (1), le sextant de Fakhreddaulah (2), sans qu'aucune explication permette de les apprécier; des renseignements écourtés ou imparfaits sur l'usage des instruments compris dans l’Almageste, et sur la confection de quelques autres d’une importance fort secondaire, voilà tout ce qu'on a appris jusqu’à présent de plus positif.
Il importait de remplir cette lacune, et c’est là le but que nous nous sommes proposé.
Les Arabes ont, sans contredit, apporté dans les arts mécaniques une grande perfection; la preuve en est dans les horloges que l’on construisait du temps de Haroun al-Raschid ; une de ces horloges fut offerte à Charlemagne(3). Onen distinguait trois espèces : celles à eau ( horloges hydrau-
liques) ; celles qui vont par le moyen du sable
l'astronomie au moyen âge, par Delambre. Voy. aussi E. Bernard, Philosoph. Trans., t. XIII, p. 567.
(1) Delambre, Hist. de l’astron. au moyen äge, p. 6; Assemani, Globus cœl. cuf. arab., p. xriv; Casiri, Bibliothèque ar. Escur., t. 1, p. 393; D’Herbelot, Bibliothèque orient., au mot Zarcalah; Xdeler, Untersuchungen über den Ursprung der Sternnamen, introd.
(2) Assemani, Globus cœl. cuf. ar., p. x1v; E. Bernard, Philos. Trans., t. XIIT, p. 724.
(3) Weidler, Hist. astron., p. 208 ; notre Zntrod. aux Tables astronom, d’Oloug-Beg, t. 1, p. 38; Golius, à Alferganum noiæ, P. 2. |
( 305 ) (sabliers); et enfin, celles que des roues combinées font mouvoir (horloges à roues) (1). Silvestre de Sacy nous a fait connaître fort en détail la grande horloge de Damas, dans sa relation d'Abd-Allatif (2); des globes célestes en cuivre ou en argent attestaient également l’habileté des constructeurs d'instruments (3), et nous
aurons plus tard loccasion de montrer jusqu’à
(1) Jourdain, Mém. sur l'Observatoire de Maragah, p. 49.
(2) Silvestre de Sacy, Relation de l'Égypte par Abdallatif, p. 578. V. aussi Almakkari, éd. de Gayangos, p. 8r.
(3) Casiri, Piblioth. ar. hisp. Esc., t. T, p. 417 : « Ben-Al- « nabdi Ægypti incola, vir erat doctus et astrolabiorum et «<aliarum cœlestium machinarum insignis artifex. Cujus nos « aliquot instrumenta adfabre elaborata ac peraccurate deli- « neata mirati sumus cum Abul-Cassem-Ali-ben-Hamah Gior- « gianensis, regius ea tempestate administer, anno hegiræ 435 « (a. c. 1043), bibliothecæ Cairensis rebus consulere decrevis- « set, ejusque indicem componendi, tum codices concinnandi, «reparandique curam viris duobus demandasset, videlicet « Aba-Abdallæ-Alcodhai dignitate judici et Ben-Khalepho bi- « bliopolæ (utrique Hispano); illam ego inquit (Ben-Alnabdi « suprà laudatus) post modum ad, absolutum ab utroque « auctore opus spectaturus. Ibi præter selectos de astronomia, « geometria, et philosophia codices numero sex mille et quin- « gentos, vidi globos duos : alterum æneum à Ptolemæo olim « confectum, cujus tempore , quo factus est, rite perspecto, « subditisque calculis, annos MCCL elapsos fuisse comperi- « mus : argenteum alterum ad Abil-Hosein-Alsuphi ad usum « regis Adhadaldaulat jam pridem elaboratum , trium millium « dracmarum pondere qui totidem nummis aureis emptus esse « traditur, » Assemani, Globus cœl, cuf, ar.; b. LXXII et LXxIuI.
( 306) quel point ils portaient la précision et l'exactitude dans la fabrication des quarts de cercle, des astrolabes , ete. On a prétendu que les Arabes connaissaient le pendule; c’est une question encore en litige, mais que des recherches ultérieures pourront résoudre affirmativement (1). Chaque jour amène quelque découverte nouvelle, et vient démontrer l'extrême importance d’un examen approfondi des manuscrits de l'Orient. Le travail de M. le chevalier Amédée Jaubert sur la boussole , employée dès le douzième siècle par les Arabes, n’en est-il pas encore une preuveévidente (2). Quant
à l'opinion qui leur attribue linvention du téles-
(1) Voici le passage d’Ed. Bernard qui à donné lieu à cette assertion : « Inter codices arabicos in musæo Mertonensi.….. « multa sane commendant astronomiam Orientalium. Felicitas « quidem et claritas regionum ubi observatum; machinarum « granditas et accuralio, quantas plerique nostri credere no- « lunt cœlo ipso obvertisse. Contemplantium insuper numerus « et scribentium decuplo major quam apud Græcos Latinosque « celebratur. Adde decuplo plures munificentiores ac poten- « tiores principes qui viris boni ingenii sumtus et arma cœæ- « lestia dederunt. Quid vero astronomi Arabum in CI. Ptole- « mæo, magno constructore artis cœlestis, injuria nulla re- « prehenderent; quam ali sollicite temporis minutias ,' per «aquarum guttulas, immanibus Sciotheris, imo (mirabere) « fili pendul vibrationibus jampridem distinxerint et mensu- «rarint; quam etiam perite et accurate versaverintin magno « molimine ingenii humani de ambitu intervalloque binorum « luminarium et nostri orbis una epistola narrare non debet, »
{2} Klaproth, Mém. sur l'invention de la boussole.
cope, nous ne nous y arréterons pas ici(1). On a récemment imprimé que peut-être ils avaient possédé quelque instrument propre à faire mieux apercevoir les objets éloignés, et l’on a rappelé à ce sujet le miroir d'Alexandrie (2), au moyen duquel on aurait vu des vaisseaux sortir des ports de la Grèce; mais avant que ce point, d’ailleurs fort intéressant, püt devenir l’objet d’une discussion sérieuse, il faudrait qu'il s’appuyât sur 49h ques faits hors de toute contestation.
Parmi les auteurs arabes dont les écrits sur l'astronomie nous sont aujourd’hui connus, Alba. tégni, Ebn-Jounis, Géber ben-Afflah, sont les seuls qui parfois parlent des instruments, et encore ce qu'ils énoncent est-il peu instructif. Ebn- Jounis, pourtant, nous apprend que les Arabes aimalent les grands instruments (3); Abou-Rihan- Albirouni se servait d’un cadran de quinze cou-
dées (4), et l’on sait ce que Gravius rapporte de
(1) Jourdain, Mém. sur l'Observatoire de Meragah, p. 28. Voy. notre mémoire déjà cité, p. 114.
(2) Silvestre de Sacy, Chrest. arabe, t. IT, p.183; Relation de l'Égypte, p. 240; voyez notre Notice sur l’histoire des mamlouks de Makrizi, trad. par M. Quatremère, p. 17.
(3) Caussin, trad. des premiers chapitres d'Ebn- Jounis , p- 6; TébelSi loc. cit.ÿ p. 23.
(4) Rs Reis Globus cœl. cuf. arab. A appelle Albiroun: Albatrunius. Voy. aussi Flamsteed , Prolegomcna, p. 28.
( 308 ) celui d'Oloug-Beg (1); quant au sextant, nous en donnerons plus loin la description détaillée : mais si nous voulons arriver aux explications techniques et à des notions positives, c’est à l’astronome de Maroc Aboul-Hhassan que nous devons principalement recourir. Nous avons de ce savant deux traités (manuscrits arabes de la Bibliothèque du Roi, n% 1147 et 1148), dont le premier, traduit par J. J. Sédillot, mon pere, et publié par mes soins sous le titre de Traité des instruments astronomiques des Arabes, contient tout ce qui se rapps A e
porte spécialement à la gnomonique (2). Le manuscrit 1148 en est la suite nécessaire, et c’est là que nous avons puisé la plus grande partie des documents dont nous avions besoin pour rendre notre travail complet. Ce manuscrit comprend, outre la description de nombreux instruments purement astronomiques, des détails assez étendus sur l'usage des cadrans dont la construction est / 4 9 e exposée dans le manuscrit 1147; c'est pourquoi (1) Gravius, Ulug-beigi. epochæ celebriores, etc., cité par Assemani, Globus cæl. cuf. arab., p.x1v; Hyde , præf., p. 19. Nous avons adopté l'orthographe d’'Oloug-bes, en nous conformant à l'opinion de M. le chevalier Am. Jaubert. Ce nom a été écrit de bien des manières différentes : Olug, Ulug, Oulough, ete., et même Oleg, Flamsteed, Prolegomena, p. 29, ou
Ulocbegus et Olocbegus, E. Bernard, Loc. cit.
(2) Beigel, Bemerkungen über die Gnomik (Gnomonik) der Araber (Mines de l'Orient, t. I, p. 427).
(309) nous allons en dire quelques mots avant de commencer la revue des instruments nouveaux que nous aurons à faire connaitre.
Au nombre de ces cadrans, nous distinguerons le hhafir (1) et l’hélice (2); le cadran cylindrique, propre à toutes les latitudes (3); le cadran conique (4); le sakke al-jeradah, où la jambe de la sauterelle (5), que l’on peut comparer au Jambon des Grecs. Quant à la balance fezarie ou khorarie (6), ses usages se trouvent fort longuement expliqués dans le manuscrit 1148, fol. 155 et suiv. ; ils sont divisés en 5o sections, dont nous avons donné ailleurs indication (texte et traduction) (7).
Dans les instruments que nous venons de mentionner , il ést bon de faire remarquer que toute heure a pour correspondante une autre heure, de telle sorte, par exemple, que la sixième heure répond à la septième, la cinquième à la huitième, etc.; mais il ya une distinction à faire à l'égard de
ces heures. c’est que les correspondantes différent ; q
(1) Voy. notre édition d'Aboul-Hhassan, t. II, p. 423.
(2) Id, p. 430.
(3) Id., p. 438 ; Delambre, Hist, de l’astr. au moyen âge, p. 437.
(4) Aboul-Hhassan , t. 11, p. 456.
(b) Id., p. 44o et suiv.
(6) Id., p. 458. M. Quatremère pense qu'il faut lire Aharari.
{7) Voy. notre Mémoire déjà cité, p. 46 et suiv,
{ 310) pour leurs commencements et leurs fins , le commencement de chacune des heures répondant à la fin de sa correspondante.
Quant aux cadrans que nous allons énumérer, l’extrémité de l’ombre du gnomon (1) vous montre l'heure qu’il est. On les suspend à des fils de manière qu’ils restent parallèles au plan pour lequel ils sont construits; et, les parallèles des signes et de leurs parties y étant tracés , si on les place relativement au soleil de manière que l'extrémité de l’ombre du gnomon tombe sur le parallèle du jour, le point sur lequel tombera cette extrémité de l’ombre indiquera quelle heure il est.
Ces cadrans sont plus commodes que ceux qui précèdent, parce que les quatre points cardinaux et l’azimut de la kiblah doivent ÿ être marqués par des lignes droites. On reconnaît aussi trèsfacilement le temps de l’ashre et celui auquel le soleil est sur l’azimut de la kiblah.
Ces cadrans sont :
1° Le cadran horizontal (2);
(1) Mekyas ou gnomon. M. Caussin, traduction d'Ebn-Jounis, p. 70, appelle le m#ekyas un instrument à mesurer.
(2) Voy. Albatégni, ch. zvr; et notre édition d’Aboul- Hhassan, t. II, p. 619 et suiv.; Beigel, Mines de l'Orient, . t. Ï, p. 422 à 427.
2° Le cadran oriental et occidental sur le plan du méridien ;
3° Les cadrans sur le plan du premier vertical, ou cadrans verticaux du midi et du nord;
4° Le cadran vertical déclinant et le cadran incliné ;
5° Les cadrans dont le gnomon , au lieu d’être perpendiculaire au plan, est parällèle à l'horizon ;
6° Les cadrans parallèles à des horizons quelconques ;
7° Le cadran horizontal des heures égales ; sans employer aucun azimut et sans autre parallèle que celui du bélier ;
8° Enfin, les cadrans cylindriques perpendiculaires à l’horizon, à un vertical, etc.; les cadrans dans un hémisphère creux, horizontal ou vertical, et les cadrans sur des feuilles de paravent, comme ceux que lord Elgin a rapportés d'Athènes.
Tels sont les instruments de ce genre que le manuscrit 1147 nous fait connaître.
Il existe à la Bibliothèque royale, département des cartes et plans, un quart de cercle fort curieux, qui, après ce que nous avons dit, n'a pas besoin d’explications (1). Quant au cadran solaire dont l'empreinte, rapportée d'Égypte par le savant
(1) Voy. aussi notre édition d’Aboul-Hhassan , t. IT, p. 48x et Suiv.
( 3r4:) M. Marcel, se trouve reproduite dans latlas de la Description de l'Égypte, il mérite une attention particulière. Gravé sur une dalle de pierre de vingt-sept pouces de long sur vingt el un pouces de large(1) , ce cadran portait, comme le basithah ou cadran horizontal d’Aboul-Hhassan (2), les
quatre points cardinaux : JL,2, nord; sa, sud ;
(Cyés 5 SE; Lys, OUEST, disposés de Ja même manière. Il a été construit pour ia latitude de 30 degrés (c’est la latitude du Caire) en l’année 696 de l’hégire (1296 de l'ère chrétienne) (3). On
lit en effet au-dessous du mot jL,4 l’instription
(1) La dalle avait été brisée, et M. Marcel en découvrit les morceaux dans un pan de mur du minaret attenant à la mosquée d’Ahmed-ben-Thouloun; il rassembla aussitôt ces précieux fragments, et s’empressa d’en tirer plusieurs empreintes par les procédés typographiques, comptant bien emporter plus tard ces fragments eux-mêmes; mais dès le lendemain ils avaient disparu.
5 (2) Aboul-Hhassan, t. IT, p. 488,et pl. XV; voy.aussi Beigel, Mines de l'Orient, t. I, p. 422 ets.
(3) En 1296, le sultan mamlouk Melik-al-Naser-Mohammed JS poli ŒRUT régnait en Égypte; mais, comme cette même année deux usurpateurs parurent sur le trône (Melik-Adel-Zein-eddin-Ketbogha) (=; ipelRes a) Las Del et Melik-Mansour-Hosam-eddin-Lagin XI! Le Cr sel phss jyeill), on ne sait auquel de ces princes on doit attribuer le don fait à la mosquée d’Ahmed-ben- Thouloun de ce cadran solaire. « Peut-être, ajoute M. Marcel, « provenait-il de Ja piété d’un particulier, et non de la muni- « ficence du souverain. »
( 318) suivante (1): Lssyalf ete Lolelu)f 55» Jon) ps) 1e LE ae NS ro 55 É 5 Lys Es Ainsi ce cadran était bien réellement destiné à la mosquée d’Ahmed-ben-Thouloun (2). On y remarque d’abord deux faisceaux bien distincts, formés chacun de six segments de cercle ou plutôt de six courbes paraboliques, se groupant trois par trois autour d’une ligne droite commune aux deux faisceaux, qui s’entrecroisent ; et c’est aux points d’intersection de ces diverses lignes que sont placés les noms des signes. Les courbes paraboliques sont ensuite coupées transversalement par six lignes droites destinées à marquer les heures. On lit, en remontant du nord au sud, le long de la ligne qui termine à gauche le faisceau occidental, 535) hs, parallèle du Capricorne ; SOIT, le Verseau; LAN, les Poissons ; =, le
Bélier; , 31, le Taureau; VS, les Gémeaux ; el
(1) Cette inscription, ainsi que toutes celles qui se trouvent sur ce cadran, sont en caractères karmatiques de la forme la plus belle et la plus élégante ; les points diacritiques y sont fidèlement indiqués, circonstance qui ne se rencontre dans aucune autre des inscriptions koufiques et karmatiques recueillies en Égypte par M. Marcel.
(2) M. Marcel avait rédigé, sur cette mosquée, un important Mémoire, qui devait paraître dans la Description de LE grpte, et dont les premières épreuves lui avaient même été livrées; mais la publication n’en eut pas lieu par suite de la brusque interruption de ce grand ouvrage.
(314) jt 2) Se , paratlèle dé l'Écrevisse ; puis, dans un sens renversé ; le long de la ligne qui termine à droite le faisceau oriental, [65 54, parallèle du Capricorne ; Qi) , lé Sagittaire; 83), le Scorpion ; Ja , la Bülance ; Wal}, la V ierge ; SW, le Lion ; y yll js, parallèle de l’Ecre-
DISSe. Les indications des heures sont mar-
quées sur la courbe inférieure des deux faisceaux, du côté du nord; c’est, pour le faisceau occidental, en allant de droite à gauche, &.,5L., la sixième ; il, la septième; kil, la huitième; Bb, la neuvième ; 3,3be, la dixième ; és bols, la onzième ; puis, pour le faisceau oriental, en allant de gauche à droite, &.5lL,, la sixième; il&, la cinquième; sl, la quatrième; li, la troisième ;
Asl$, la seconde; Y\, la première.
SUD 6 G & on Ps 9 e D 2 40 = ps dd Fe Duc 5 \ | ” NORD.
C’est entre la neuvième et la dixième heure que se trouve placée la ligne de l’asr ml 2,5 (temps de la sieste, entre trois et quatre heures de laprès-midi). On sait, en effet, que la première heure des Arabes correspond pour nous à sept
( 315 ) heures du matin, leur sixième heure à midi, et leur douzième heure à six heures du soir.
Pour avoir lexplication de ce cadran, il faut supposer que deux styles étaient placés parallelement un peu au-dessus des lignes marquant la sixième heure, aux deux brisures qui existent dans la planche de chaque côté du cadran. Celui de gauche servait du matin à midi. Après avoir marqué la première heure du jour chez les Arabes , l'ombre, par son raccourcissement , indiquait les autres heures, à mesure que le soleil montait sur l'horizon, et après la sixième heure ou midi, sortait du cadran lui-même; mais alors le second style, à droite, entrait en fonctions, et l'ombre marquait successivement les dernières heures de la journée, jusqu’à la onzième ou cinq heures du soir ; puis elle devenait trop allongée pour que la douzième heure (six heures du soir) püût être indiquée sur l'instrument. (Il en était de même pour six heures du matin.)
Quant aux courbes, sur lesquelles sont écrits les noms des douze signes du zodiaque, et qui sont coupées transversalemenyg par les lignes horaires, elles donnaient l'extrémité de l'ombre aux diverses heures de la journée pour chacun des signes ou des mois correspondants; car, du solstice d'hiver au solstice d'été, ombre du style diminue pro-
gressivement de longueur à mesure que la hauteur du soleil augmente au-dessus de l’horizon, et elle croit en sens contraire du solstice d'été au solstice d'hiver.
Dans langle supérieur (sud-ouest) du cadran solaire se trouve une dernière inscription ainsi conçue : à 4» pedl J.b, que M. Marcel explique par longitude des deux Mesr, c’est-à-dire de Hesr l'ancien ou du vieux Caire , et de Mesr El-Kahirah ou du Caire proprement dit, 55°. La mosquée d’Ebn-Touloun était située entre ces deux villes et sur le même méridien ; mais la longitude du Caire n'est pas de 55°, si nous en croyons Nassir-eddin- Thousi et Oloug-Beg ; le premier la fait de 654, le second de 63° 20’; elle est dans Aboul-Hhassan de 64°; mais un passage d’Aboulféda permet de supposer qu'on donnait ordinairement au vieux Caire la longitude de 55° (1). A l'égard de lexpression de |,;,.2 pour signifier l’ancienne et la
nouvelle capitale de l'Égypte, nous devons dire
(1) Voici les longitudes que la Table d’Aboulféda donne pour le vieux Caire (L LL sh, d’après diverses observations : PME np par TE Je , 53° Do’; — . ds , 54° 40"; et d’après Ebn-Jounis, à, 55°, Voyez aussi Beigel, F'ersuch über cine bis jetzt noch nich erklarte Stelle in Abulfeda’s Beis-
chreibung von Ægypien unter dem Artikel Fostat (Mines de l'Orient, t. I, p. 409).
(317) que M. Quatremére ne l’a pas rencontrée, même une seule fois, au milieu de ses immenses lectures; mais M. Marcel ne pense pas qu’elle doive paraître plus étrange que celle de rail ou celle de |.,A4Ji, employée par Aboulféda pour désigner les deux branches du Nil (x).
Parmi les divers manuscrits que nous avons consultés, nous indiquerons avant de poursuivre notre examen : 1° le manuscrit arabe n° 1103; c’est un commentaire sur un ouvrage composé par Abou-abd-alrahman-abdallah de Mardine, et intitulé : Perles répandues sur l'usage du quart de cercle; ce commentaire est du savant Chihabeddin-Ahmed-ben-Rahhiah-Thanboghah-al-Magdial-Schafei; il est divisé en soixante chapitres, et paraît avoir été composé à la prière d’Abou-al- Yemen-Fetahh-eddin , conseiller du divan au Caire; 2° le manuscrit arabe n° 1157, qui contient plusieurs petits traités de lastrolabe, et particulièrement une notice de Mouvayad-al-Oredhi, de Damas, que M. Jourdain a fait en partie connaître; 3° les manuscrits arabes n° rr11 et 1138, qui comprennent l’uranographie d’Abderrahman-Soufi et l’Almageste d’Aboul-Wéfa; 4° le manuscrit persan n° 173,où se trouve un traité d'astronomie in-
(1) Maintenant encore on appelle vel 5) le lieu où se fait la séparation des deux branches du Nil.
(1358 ) titulé la colonne Hkhanienne , par Ali-Schah-ben- Mohammed-ben-Cassem , surnommé Olaï-al-Munedjem, de Boukhara.
De ces différents manuscrits, celui de Chihabeddin est le seul qui soit bien écrit et dont le texte soit correct; le manuscrit n° 1 148 d'Aboul-Hhassan est trés-fautif, et nous avons eu besoin de revoir avec la plus grande attention les figurés que nous avons reproduites, au nombre de quatrevingts environ (1). L'ordre que nous avons suivi est fort simple; nous traitons successivement du quart de cercle et du demi-cercle des Arabes, de leurs instruments sphériques , de leurs astrolabes ou planisphères , et enfin de leurs instruments d'observation, comme ils les appellent eux-mêmes, et parmi lesquels sont compris les instruments de l'Almageste.
Et d’abord nous nous sommes attaché à donner une description détaillée et une figure très-exacte de l'instrument qui servait à déterminer l’arc de révolution de la sphère sur un horizon quelconque, el qu'Aboul-Hhassan fait connaître sous le ütre d'enstrument à sinus. Ce quart de cercle permet de trouver sans calcul le temps vrai de jour (1) Voy. notre Mémoire déjà cité, et le tome I des AZé-
moires des Savants étrangers, publié par l’Académie des inscriptions et belles-lettres, suivi de 36: pl. et 125 fig.
(319) et de nuit, d’après une simple observation de la hauteur du soleil où d’une étoile dont l'ascension droite et la déclinaison sont connues; la construction et l'usage de l'instrument résultent visi-
blement de ces deux analogies :
1° Sinus verse are semi-diurne, est l’hypoténuse d’un triangle qui a pour un de ses côtés sinus haut.-méridienne de l’astre; car on a
sin. haut. mérid.
Sin. vers. arc semi-diurne=— ;
cos, lat.
2% Sin. vers. distance au mérid.
sin. haut. mérid. — sin. haut. observée SR TA
cos. lat. du lieu
lorsqu'on a l'arc de révolution, on en déduit l'heure vraie, en réduisant les degrés en temps.
Mais ce n’est pas seulement avec ce cadran que les Arabes déterminaient astronomiquement les heures de jour et de nuit, et qu'ils parvenaient à s'assurer de l’époque précise des phénomènes; c'est encore avec six autres instruments dont nous parlerons plus loin, et'qui sont : 1° le quart de cercle appelé cadran destour; 2° la sphère dont les Arabes paraissent avoir fait un fréquent usage; 3° les quatre astrolabes nommés : le septentrional, le chamilah, le shafiah d’Arzachel et le linéaire, aussi nommé baguette de Thousr.
La construction du quart de cercle et de ses
deux pinnules est trop facile pour que nous
nous y arrêtions ; mais il importe de faire ressortir le soin particulier que les Arabes donnaient à leurs différents tracés. Sur l’une des faces de leur quart de cercle ils indiquaient : 1° l’arc de hauteur; 2° l'ombre; 3° linclinaison ou obliquité; 4° les heures de temps; 5° le carré des deux ombres, qui peut suppléer le tracé de l'ombre; 6° le sinus fadhal; 7° l’ashre; 8° les heures propres à une latitude déterminée, les lignes du commencement et de la fin de l’ashre, celles de la hauteur de lazimut de la kiblah et de la hauteur qui n'a pas d’azimut , et enfin celles des heures égales. Nous n'avons pas besoin de rappeler ici que les anciens n'employaient que les heures de temps, et que les Arabes ont les premiers tracé les heures égales(1); de nombreuses figures dressées pour la latitude septentrionale de 30 degrés (c’est la latitude du Caire) facilitent l'intelligence de nos descriptions ; et si nous sommes entré dans quelques détails à ce sujet, c’est afin d'éviter, autant que possible, des répétitions qui, plus loin, auraient paru nécessaires.
(1) Une heure égale est la vingt-quatrième partie du temps compris entre un lever du soleil et le lever suivant; elle est de 15°. Pour les heures de temps, leur durée varie d’après l’augmentation ou la diminution de la durée du jour ou de la nuit,
La seconde face du quart de cercle, avec les tracés qu’elle présente, est appelée quart du destour ; après quelques opérations préliminaires faites au moyen de la table des sinus , l’on décrit l'arc de lobliquité de l’écliptique, et l’on procède ensuite au tracé des étoiles fixes et de l’ashre.
Dans cette partie du ms. (1), on trouve plusieurs exemples de l’hrsab”-al-djoumalt opposé à l’hisab”al-hindi; cette expression technique sert à indi quer la substitution des lettres de l'alphabet aux chiffres indiens.
Nous avons parlé du quart du destour, quadrans canonis; le destour est lui-même un instrument composé d’un grand cercle dans lequel on mène deux diamètres qui se coupent à angles droits; l’un de ces diamètres représente la ligne méridienne, et l’autre la ligñe d’est et ouest. Nous n'avons pas seulement consulté pour cet instrument le man. n° 1148, mais nous avons analysé
le man. arabe n° 1103, qui contient trois cent
(1) Ms. arabe, n° 1148, fol. 19 : Lars ebtis E Co SSI ne Lo dat se ; de CSST he a JL RE FANS bte à jee im est opposé À Si tes ; Silvestre de Sacy en a fait la remarque dans
sa Grammaire, 2° édit., t. I, p. 89. L'illustre orientaliste ajoute que cette dénomination est quelquefois employée
La comme synonyme de Jæ?1.
Le
deux pages in-fol. sur le destour. Nous avons fait connaître (p. 317) les auteurs de cet ouvrage, qui ne renferme pas moins de soixante chapitres, outre la préface et la con elusion. Les usages du destour sont fort nombreux (1); nous nous contenterons de dire ici que le ms. comprend la construction des heures et des lignes de l’'augment de l'arc de révolution sur des plans parallèles, inclinés ou perpendiculaires à l'horizon. Un passage assez intéressant conduit à la détermination des deux hhissah, où quantités de l'aurore et du crépuscule; après avoir rappelé les opinions des anciens observateurs, le texte porte : « Il faut tou- « jours tenir compte, dans chaque latitude, de la « pureté de l'atmosphère, de la force des vapeurs «ou de leur faiblesse, de lépaisseur de lair ou «de sa ténuité, de la présence ou de l'absence « de la lune, de la bonté de la vue de celui qui «observe, etc.; or ceux qui ont établi le vrai dans « celte science ont pris dix-sept degrés pour le « crépuscule, et dix-neuf pour l'aurore. »
Dans l’énumération que nous avons donnée des usages du destour(5), se trouve en première ligne la détermination de l’azimut de la kiblah ; on sait que c'était une des opérations les plus importan-
(x) Voy. notre Mém. déjà cité, p.88 à 97. — (2) Id., id.
tes pour les Musulmans, et la plupart du temps ils la pratiquaient au moyen du cercle indien. Comme il est souvent question de ce cercle dans les manuscrits arabes, nous avons cru devoir reproduire la description qui en est faite dans le man. persan n° 173 de la Bibliothèque royale, et nous y avons ajouté une figure exacte de l’instrument. L'auteur, Ali-Schah-Olaiï-al-Munedjem, de Boukhara, s’en sert également pour tracer la ligne méridienne (1). Comme nous aimons à signaler tous les emprunts qui paraissent avoir été faits à l'Inde par les Arabes, nous avons traduit avec empressement le passage qui peut donner une idée exacte de la construction et de l'emploi de ce cercle.
L'auteur persan s'exprime ainsi: « Lorsqu'on veut «avoir l’azimut de la kiblah, il faut d’abord con- « naître la ligne du zaoual ou ligne méridienne de « la ville proposée, puis sa longitude et sa latitude.
«Pour tracer la ligne méridienne, on prépare «un tertre plan (2) ou petite butte de terrain «nivelé de manière que si l’on verse de l’eau au
« milieu, elle s'écoule également de toutes parts,
(1) D 4) JAN Voy. plus haut, p. 297, et Proclus, Hypotyposes, p. 78.
(a) Man. persan n° 173, fol. 54 : rm.
(324) «sans qu'il y ait plus d’inclinaison d’un côté que « de l’autre.
« On trace ensuite un cercle en cet endroit, et «l’on pose au centre du cercle un gnomon élevé « au-dessus du plan, de la quantité d’un cadran ou « d’un quart du cercle. Il faut apporter beaucoup « d'attention à ce que le gnomon soit bien verti- « cal, ce dont on fait l'épreuve comme il suit :
« On suspend un poids assez pesant (1) à l’ex- « trémité d’une règle (2), sur laquelle on fait une » marque en travers (3); puis on pose cette mar- « que sur la pointe du gnomon, et l’on regarde « d’abord d’un premier côté de combien le poids « s'éloigne du gnomon, et l’on refait la même « épreuve des trois autres côtés avec beaucoup
« de soin, et l’on s'assure que le gnomon est bien
En
« droit, comme on le ferait en élevant un ##nareh «ou phare; la tête du gnomon doit être plus « mince que le milieu. Ensuite on observe l’ins- « tant où l’ombre du gnomon entre dans la cir- « conférence du cercle, et linstant où elle en « sort; et l’on divise l'arc intercepté par ces deux points en deux parties, au moyen d'une ligne
« menée de l’extrémité nord ou du centre; c’est
Pa
(1) Man. pers. n° 173, fol. 54: Ji Sy.
(3) Ibid, 2,2 ». C’est donc une règle sur la largeur de laquelle on trace une ligne.
la ligne méridienne; on tire ensuite une ligne
« droite entre le point d'entrée et le point de sor- « tie; c’est la ligne d'est et ouest; et l’on a les « quatre points cardinaux (1).
« Quant à l’azimut ou région de la kiblab, on « le détermine d’après la longitude et la latitude « de la Mecque; elles sont, d’après les observa- « tions des anciens de 77°10° à l’est des îles For- « Lunées, et de 21° 4o au nord de l'équateur (2). « Il y a huit cas différents selon que la longitude «et la latitude du lieu où l’on est, sont égales ou « non à celles de la Mecque, et, dans cette der-
nière supposition, de même signe ou de signe
« contraire. » Vient ensuite la méthode de calcul que voici, appliquée à la position de Hamadan, dont la longitude et la latitude sont plus grandes et de même signe que celles de la Mecque (3).
(1) Ou bien encore, lorsque le gnomon est dressé, on prend une hauteur orientale du soleil, et l’on fait au même instant une marque sur l’extrémité de l’ombre, et le même jour on prend une hauteur occidentale égale à la hauteur orientale, et l'on fait de méme une marque à l'extrémité de l’ombre ; on partage en deux l’arc compris entre les deux marques, comme nous l’avons dit, et l’on détermine ensuite les quatre points cardinaux.
(2) Aboul-Hhassan, t. I, p. 202 et 317.
(3) Mao. pers. n° 173, fol. 55.
Longitude de Hamadan... 83° Latitude... 35° 10”
de la Mecque... 77° 10’ 21° 40’
RE
Différence. ...,.. 5° &o’ 13° 30°
« On prendra un cercle (1) qui représentera « l'horizon et la ligne méridienne, et qui sera di- « visé en quatre cadrans; l'arc compris entre le « midi et l'occident ; savoir : l'arc DC sera par- « tagé en 90°; la ligne du midi qui va deDen E, « savoir : du midi au centre du cercle qui repré- « sente la position du lieu, sera de même divisée « en go parties. La ligne du couchant qui va de C «en E; recévra les mêmes divisions. On r'egar- « dera ensuite quelle est la différence de longitude «entre la ville et la Mecque, et l’on marquera sur « EC le nombre des degrés de différence, ce sera «la marque de longitude. On prendra de même « la différence de latitude, et l’on marquera sur » ED le nombre des degrés de différence; ce sera « la marque de latitude. On tire de ces deux mar- « ques deux lignes droites que lon prolonge jus- « qu’à la circonférence du cercle, et le point F où « elles se coupent est le lieu de la Mecque; en- « suite , du point E, centre du cercle et le lieu de « la ville, on mène une droite qui passe par le à point F, etle point où elle touche la circonférence « indique lPazimut de Ia kiblah, du côté du midi.
La figure , au lieu de 13° 30’, porte 14° 20’; c’est évidemment une faute. La table qui se trouve à la fin du manuscrit, fol. 132 et suiv., donne les véritables chiffres.
(1) C’est le cercle indien. Voy. fig. 13, Mém. déjà cité.
Len)
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Pa EN
« Ainsi, soit BD la ligne méridienne, et AC l’équateur ou ligne d’est et ouest, le lieu de Hamadan en E centre du cercle; l’arc DC divisé en 90°, et la ligne EC, partagée également en 90 parties; la différence de longitude de la Mecque et de Hamadan est de 5°50/ ; nous marquons ce nombre en encre rouge; la différence de latitude de la Mecque et de Hamadan est de 13° 30’ : nous la marquons de même en encre rouge.
« Nous menons de la marque de longitude audessus de la ligne méridienne une droite à la circonférence du cercle, et une autre de la marque de latitude qui est au-dessus de l'équateur. Le point d’intersection de ces deux lignes donne la distance de Hamadan à la Mecque; et là droite menée du centre au point de rencontre des deux lignes, et prolongée jusqu'a la eirconférence, marque lazimut de la kiblah ; le degré sur lequel elle tombe, donne en même temps la quantité de cet azimut : c'est cette quantité qu’on appelle tnhiraf où déclinaison (1), à partir du midi de l'arc de Phorizon, et le surplus du cadran jusqu'au point ouest, est le complément de cette déclinaison.
« L’azimut de la kiblah, ainsi déterminé pour la
(1) Man. persan n° 193, fol. 55 : st.
( 328 ) « ville de Hamadan, est méridional, ce qui est « évident. »
Ali-schah, contemporain de Gelal-eddin, qui florissait au treizième siècle , n’est pas le seul auteur qui ait fait mention du cercle indien; on le trouve indiqué dans les chapitres XI et XII d’'Ebn- Jounis, que J. J. Sédillot, mon père, nous a conservés (1), et l’on sait qu'Ebn-Jounis écrivait son grand ouvrage à la fin du dixième siècle de notre ere. Après avoir fait remarquer que l'ombre projetée par un gnomon perpendiculaire ne correspond pas à la hauteur du centre du soleil à l’instant de l’observation, il recommande l'emploi de tablettes de marbre blanc, et, en traitant de la détermination de la hauteur méridienne du soleil, il s'exprime ainsi : « Après avoir un certain « jour tracé la ligne méridienne avec le cercle in- « dien, placez-y le lendemain un gnomon, et « prenez avec soin la hauteur du soleil au moment « où l’ombre du gnomon se projettera sur la mé- «ridienne; ce que vous obtiendrez sera la hau- «teur méridienne de ce jour; corrigez-la de la
« parallaxe , si instrument dont vous vous servez .
(1) Delambre, Hist. de l’astron. au moyen äge, p. 102. Toute cette partie de l'ouvrage de Delambre relative à Ebn-Jounis a été communiquée à ce savant par J. J. Sédillot,
« le comporte; ou autrement laissez-la telle qu’elle « est, etc. »
Aboul-Hhassan (1) et Oloug-Beg (2) se servent de ce même cercle pour tracer la ligne méridienne, mais sans rappeler son origine indienne. «Il ya, dit Oloug-Beg (3), plusieurs méthodes « pour trouver la ligne méridienne; mais la plus « facile est celle-ci : on prépare d’abord sur le « terrain une aire plane et horizontale telle que, « si l’on y répand de l’eau, cette eau s’étende éga- « lement de tous les côtés. On vérifie aussi le plan « de l'aire par le procédé suivant : on prend un « triangle équilatéral; on marque d’un trait le mi- « lieu de la base, et on attache au sommet un fil « à plomb; ensuite on porte le niveau sur laire « dans toutes les directions jusqu’à ce que le fil à « plomb reste constamment sur: le trait.
« Après cela nous décrivons un cercle sur cette « aire, et nous élevons au centre un gnomon; « puis nous marquons le point d’entrée et le point « de sortie de l'ombre; ensuite nous divisons en « deux parties égales l’arc compris entre ces deux « points, et nous menons du centre au point d’in-
(1) Aboul-Hhassan , t. II, p. 417 et 418.
(2) Man. persan n° 164; c’est le manuscrit d’Oloug-Beg, dont nous publierons incessamment le texte et la traduction ;
voy. plus haut, p. 269 et suiv.
(3) Man. persan n° 164, fol, 21.
( 32079 « tersection une ligne qui est la ligne méridienne. « Menant ensuite une perpendiculaire à la méri- « dienne, nous avons la ligne équinoxiale ou d'est « et ouest.
« Le temps le plus propre à cette opération est « celui où le soleil est près d’un des deux équi- « Noxes. »
Mouvayad-al-Oredhi (manuscrit arabe n° 1157) parle du cercle indien dans les termes suivants (x) : «Il est nécessaire, lorsqu'on place des instru- « ments, de déterminer d’abord la ligne méri- « dienne du lieu où lon observe ; les moyens d’y « parvenir sont nombreux et faciles; mais la meil- « leure méthode , à notre avis, est celle employée « par les anciens et connue sous le nom de cercle «indien. H faut surtout la pratiquer lorsque le « soleil est dans lun des tropiques, Popération
« étant alors beaucoup plus juste que dans tout
Pa
«autre temps. La voici : prenez un carré de mar- « bre, de pierre ou de bois; égalisez-en la super- « ficie autant que possible, et placez-la parallèle-
«ment à lhorizon; tracez-y plusieurs cercles
(1) Man. arabe n° 1153, fol. 41 et 85, Jourdain, Mém. sur l'Observatoire de Meragah, p. 17. On trouve également cet instrument à 04) 3p 1) |, mentionné dans un manuscrit apporté de Constantine à M. Arago, comme servant à indiquer
les heures consacrées à la prière. — Voyez aussi plus bas, V° partie.
La]
= La)
(.3FE concentriques, afin qu'ayant manqué de marquer l'entrée de l'ombre sur un de ces cercles, l'autre puisse le remplacer; posez au centre des cercles un style (mekyas) de la longueur du quart du diamètre du plus grand cercle tracé sur le carré, si Popération a liéu pendant l'hiver, et du tiers, si elle a lieu pendant Pété. Ce style sera de cuivre ou de bois; s’il ést de cuivre, il se tient par son propre poids; s'il est de bois, vous le creuserez à sa base et vous y coulez du plomb, pour qu'il ne vacille point; vous marquerez sur la circonférence des cercles les points d'entrée et de sortie de l’ombre, ainsi que sa largeur ; la ligne que vous tirerez ensuite et que vous ferez passer par le milieu de l'arc de cercle compris entre ces deux points, sera la ligne
méridienne. » — Mouvayad-al-Oredbhi, en disant
que c’est par le cercle indien qu’on réussit le mieux
à déterminer la ligne méridienne, ne fait point
assurément preuve d’une science bien profonde ;
el ce passage pourrait donner une idée médiocre
des observations astronomiques des Arabes, si
nous ne savions aujourd'hui qu'ils faisaient usage
du gnomon à trou, ainsi qu’on le verra plus loin.
Ce qu'il nous importait de constater, c'était l’em-
ploi fréquent de ce cercle auquel on attribue une
origine indienne; et cependant on a déjà pu re-
connaître que la description qui en est donnée par les auteurs arabes et persans se rapporte en tous points à celle de Proclus. Pourquoi donc cette dénomination de cercle indien, appliquée à un instrument connu des Grecs du cinquième siecle? Est-il donc réellement un emprunt fait aux Indiens (1)? C’est ce dont il est permis de douter, et nous aurons bientôt l’occasion de traiter plus à fond cette question.
Après avoir parlé du destour, Aboul-Hhassan s'occupe de la face à sinus du cadran d’Arzachel ; mais toute cette partie de son traité était fort difficile à traduire; la rédaction en est confuse; la plupart des lettres manquent sur la figure du manuscrit, et quelques-unes sont mises dans le texte l’une pour l’autre. Nous sommes néanmoins parvenu à rendre les explications claires et intelligibles. Le cadran d’Arzachel, en ce qui concerne le matériel, se rapproche du cadran destour et de lun des cadrans du shafiah de cet astronome, dont nous aurons, plus loin, l’occasion de faire la description. Un mugerrih (indicateur ou curseur) est placé sur cet instrument; il sert, entre autres
choses , à trouver les déclinaisons des étoiles,
(1) Comptes rendus des séances de l’Académie des sciences (10 décembre 1838). Rapport de MM, Arago et Mathieu ; et plus haut, p. 275 rt 297.
leur degré de passage, leur azimut, et le sinus verse de leur arc diurne.
= Aboul-Hhassan cite souvent Arzachel, qu'il présente comme un savant du premier ordre. Il le nomme Abou-lshac-Ibrahim-ben-Yahia-al-Razcalah, ou al-Zarcalah, en transportant le point du za. D'Herbelot dit seulement que zarcalah est le nom d'un instrument qui a tiré son nom de l’inventeur, et qui sert à mesurer le mouvement de chaque planète et de la sphère qui lui est propre ; il n’ajoute rien autre chose sur Arzachel, qui méritait bien un article spécial. Il avait établi, dit-on, par des déterminations justes et exactes, les lois du mouvement de la trépidation des fixes, et appliqué les mêmes idées à la variation de l'inclinaison de ’écliptique. Nous le citerons encore lorsqu'il sera question des astrolabes; mais nous devons d’abord mentionner le demicercle des Arabes, qui est décrit comme un instrument suppléant le cadran destour et d’un usage même plus étendu. Nous avons exposé avec tous les détails nécessaires (1), les différents tracés qu'on y représente. On se sert également du demicercle, comme de la balance khorarie (2), à l'égard des ascensions droites et obliques.
(1) Voy. notre Mémoire déjà cité, p. 104 et suiv.
2) Le mot est écrit dans le manuscrit St et So;
Les instruments sphériques des Arabes sont au nombre de trois: 1° la sphère ou globe céleste; 2° l’astrolabe sphérique; 3° le Schamilah. Nous avons expliqué avec beaucoup de soin tout ce qui s’y rattache (1), et nous avons fait suivre la construction de la sphère, de la description d’un globe céleste arabe du treizième siècle, dont nous devons l'acquisition aux soins éclairés de M. Jomard, et qui est digne d’une attention particulière. On sait qu'Assemani a publié une notice assez inexacte du globe arabe qu’on voit au musée Borgia, et qui a été fabriqué en 1225; il en existe deux autres, à Londres et à Dresde, de 1275 et de 1289, que MM. Dorn et Beigel se sont chargés de faire connaître (2). M. Jomard, dont on a Justement apprécié les vues utiles sur une collection d'objets matériels qui se rapportent à la science, a déjà réuni des monuments fort curieux de l’astronomie et de la géographie du moyen âge; et le globe arabe dont ce savant a enrichi le départe-
ment des cartes géographiques de la Bibliothèque
M. Quatremère préfère khorarie, qui offre un sens raisonnable, et l’opinion de ce savant maitre a trop de poids pour que nous ne l’adoptions pas.
(1) Voy. notre Mémoire déjà cité, px 110.
(2) M. Amédée Jaubert ne croit pas que le globe céleste dont il est question dans l’histoire du roi de Sicile Roger, soit autre chose qu'un grand.cercle.
royale, offre des différences fort remarquables avec les globes que nous venons de mentionner; on y compte quarante-neuf constellations, dont plusieurs portent des dénominations inusitées. Quant aux noms des principales étoiles, ils sont en petit nombre et présentent aussi quelques divergences.
Nous avons fait de ce globe l’objet d’un travail spécial (1) qui complète les recherches de nos devanciers sur la sphère céleste des Arabes. Hyde avait donné quelques extraits de luranographie d’Abderrahman-Soufi, pour les constellations méridionales, et M. Caussin a publié les prolégomenes de cet auteur, d'après les manuscrits n° 1110et1111 de la Bibliothèque royale; nous avons à notre tour puisé dans ces manuscrits quelques notions nouvelles sur les constellations septentrionales et zodiacales ; et les textes que nous avons réunis (2) lèvent toute incertitude sur plusieurs points encore controversés. Nous nous contenterons de citer ici un passage qui ne parailra pas sans intérêt, sous le point de vue historique, à l’occasion de la cinquième étoile de la balance.
Abderrahman-Soufi s'exprime ainsi :
gré See gbdl ob; Gus Le oi) DE Es $3
(1) Voy. notre Mém, déjà cité,’p. 116 à 141.1 (2) Id. , id.
Jets Ge Qondb se 8 rs Lie QU Ulll Es L, 15 aauss au, CSST in | 5pus F srall #55 0 5 ab ae STI in 5 nl md oë, Boo pe jan Vs Css 56 Le de (St) ge Es es SN st, Je ) bye loge OÙ SET je as Qu hae Dis sos bless dise Le jlae set 3 ET Ce CSST Se pe pes 13, pt ile ST 5, SLA GG buett Gr3e Qrslhs 5551 Le byt Je (551)
« La balance a été placée sur les sphères dans
« l'intervalle des deux serres, alors qu'on ne se « servait plus déjà de cette dernière constellation, « et personne depuis Ptolémée n’a porté sur cette « figure un examen attentif, ni déterminé exacte- « ment la position de l'étoile dont il est question, «afin de la mettre à la place qui lui convient; et « comme il y avait de l'incertitude parmi les as- « tronomes sur cette étoile, qu’ils ne la trouvaient « point placée sur les sphères conformément aux «indications de Ptolémée, et que de plus on ne « leur avait pas dessiné la constellation de la ba- « lance, ils tracèrent eux-mêmes la figure d’un « homme, et disposèrent les étoiles partout où «elles se présentaient sur cette figure; puis ils lui « mirent à la main une petite balance sur laquelle « ne se trouvait aucune étoile ; et lorsqu'ils eurent
(337) « assigné la latitude de celle dont il s’agit ici, sur « la sphère, au midi, et de la même quantité que « Ptolémée la donne pour le nord, cette étoile se « trouva en arrière de la brillante qui est sur la « serre, comme l’a dit Ptolémée. »
L’astrolabe sphérique , dont la construction se rapproche de linstrument dont nous venons de parler, se compose de deux sphères inscrites ; on trace sur la circonscrite l'écliptique ét l'équateur, les étoiles fixes, les almicantharats et les azimuts, les heures et les latitudes des lieux ; puis on consuuit un schebakah i$.2, réseau ou enveloppe sur lequel on marque le pôle de lécliptique et celui de l'équateur, et un shafihah is: ou languette dont l'extrémité touche l'équateur, et qui est surmontée d’un gnomon, dans la direction d’un rayon de la sphère ; quant au schamilah iL LAN, il se compose d’une demi-sphère creuse, d’un anneau à quatre faces qui coïncide avec le cercle de horizon, et d’un shafiah de cuivre dont la circonférence égale celle de ce cercle, et auquel on attache une alidade garnie de ses deux pinnules, pour prendre la hauteur. Le demi-cercle placé sur lécliptique, depuis le commencement du bélier jusqu'au commencement de la balance, servait à déterminer l'arc diurne et nocturne, les coascendants des sigenes et lobliquité qu'Aboul-Hhassan fixe, en cet
“endroit, à 23° 35’. Ce passage de l’auteur arabe est important en ce qu'il nous fait aussi connaitre que les Arabes se servaient du tour #1 ÿ\; on avait prétendu jusqu’à présent qu'ils en ignoraient complétement l'usage (1). «
Nous sommesarrivés aux astrolabes planisphères des Arabes; ces instruments, que l’on construisait aussi bien à Bagdad qu’au Caire et en Espagne, attestent leurs progrès dans la partie mécanique de la science, et montrent en même temps que dans leurs projections, ils avaient su faire une ingénieuse application des idées des Grecs, dont ils avaient même complété et perfectionné les théories.
Nous savons que , dès le neuvième siècle de notre êre, les astronomes d’Almamoun se servaient d’astrolabes faits avec un soin remarquable. Oronce Finée nous a donné la traduction d'un petit traité sur cet instrument de Mashallah (2), qui florissait vers l’année 815 de J.C.; et Hyde cite fréquemment (3) un traité analogue d’Alfragan, qui n’a
(1) Voy. notre Mémoire déjà cité, p. 144.
(2) Voy. Reisch, Margarita philosophica ab Orontio Finæo locupletata, et notre Zrtroduction aux Tables astronomiques d'Oloug-Beg, t.1, p: 38 et 47.
(3) Hyde, Tabula stellarum fixarum ex observ. Ulugh-Betghi, etc., passim. Voy. aussi Golius, Notæ in Alferganum , p. 160.
jamais été traduit et dont il n'existe à Paris aucune copie, Le surnom d’A4stharlabi ah) que portent plusieurs astronomes arabes de la même époque, prouve que l’on s’occupait très-particulièrement de la construction des astrolabes. Ebn-Jounis cite avec éloge Ali-ben-lsa a/-4stharlabi et Ahmedben-Ali de Wasith ; mais il n'entre dans aucun détail sur les instruments qu'ils employaient pour leurs observations (1). M. Jomard à fait récemment l'acquisition d'un astrolabe construit en 912 deJ.C. pour le fils du khalife Almoktafi-Billah, et appartenant à M. Barbier, conservateur de la Bibliothèque particulière du roi, par l'intermédiaire de M. le chevalier Amédée Jaubert. C’est le plus ancien instrument de cette espèce que nous possédions, et nous le décrirons plus loin.
Aboul-Hhassan commence par exposer la construction du #esatirah 8pLuf|, dont il distingue quatre espèces : les deux premières sont tracées sur un plan parallèle à un horizon donné, les deux autres sur un plan parallèle au méridien ; cet instrument ne porte point la projection de lécliptique ;
mais on y marque les almicantharats, les azimuts,
(1) Ebn-Jounis, Extrait publié par M. Caussin dans le tome VII des Voices et extraits des man., p. 38, bo, Ra. Voy.aussi notre Zatroduction aux Tables astronomiques d’Qloug-Beg, & À, p. 47. |
( 540 ) l'équateur et ses parallèles, le pôle visible, les arcs de révolution de la sphere et les étoiles fixes.
L’astrolabe planisphère, proprement dit, a été le sujet d’un grand nombre de traités au moyen âge ; mais les auteurs de ces traités n’ont parlé que de lastrolabe septentrional, et leurs descriptions, souvent obscures, sont toujours surchargées de détails inutiles. Afin d'éviter toute confusion , nous avons préalablement exposé d’une manière trés-succincte les différentes parties dont se compose cet instrument, et les termes dont on se servait pour les désigner; c’est d’abord la /ace 3, et le limbe ES -3,e , la mère ,\ et le dos Jr de l’astrolabe , puis les planches is CONStruites pour chaque horizon, lalancabuth ou araignée L,K)\, l’alidade #5L2)1 et toutes les autres pièces secondaires, l’armnilla suspensoria 3 Ne LSST,, l'armilla reflexa 3, Met us, l'almehan y, lalphelath QT, Palchitot LT, et Palpherath Qt; etc. Il est facile , après ces notions premieres, de comprendre les développements que nous avons donnés pour la projection des paralleles, des almicantharats &2,1,L:xll, des azimuts coamm)t, el pour le tracé des heures de temps et des heures égales, de la ligne de l’ashre, de l’au-
rore, du erépuscule ($& JT, if LS, etc.
ED Arrivant à lalancabuth, nous montrons par quelle méthode les astronomes arabes tracent le cercle équinoxial et les deux tropiques, les signes du zodiaque et les étoiles fixes.
Nous nous sommes attaché à donner une explication raisonnable d’un astrolabe coufique tresbien conservé, et dont les vingt-six pièces ont été dessinées et gravées dans le grand ouvrage de la Description de l'Égypte. Cet astrolabe, rapporté d'Égypte par l’un de nos orientalistes les plus distingués, M. Marcel, a malheureusement été perdu depuis, et il ne nous en reste que les planches ou figures, faites, du moins, avec autant de précision que possible, mais sans qu’on y ait joint un texte explicatif : nous avons rempli ailleurs cette lacune (1), et nous avons joint à notre travail l’indication de plusieurs instruments du même genre qui nous ont été confiés récemment. L'un a été construit vers l’année 905 de notre ére, et il se trouve aujourd’hui à la Bibliothèque royale. C’est celui dont M. Jomard a fait l'acquisition par l’entremise de M. le chevalier Amédée Jaubert , ainsi que nous lavons déjà dit; c’est un monument fort curieux qui ajoute à l'importance de la col-
lection dont M. Jomard à enrichi son départe-
(1) Voy. notre Mémoire déjà cité, p. 166-172, et pl. 47 à 73.
ment (1). L'autre, qui porte la date de 615 de l'hégire (1218 de J. C.), a été communiqué par M. le baron Larrey à M. Arago, qui a bien voulu le confier à notre examen. Le premier de ces instruments a sept pouces un quart de longueur, et cinq un quart de largeur ; il comprend, outre la Mère de l’astrolabe et les diverses pièces secondaires dont nous avons fait précédemment l’énumération, quatre shafihahs ou huit planches construites pour différentes latitudes.
Le dos de l’astrolabe est partagé, comme d’ordinaire, en quatre cadrans par deux lignes trans-versales qui se coupent à angles droits; deux de ces cadrans sont divisés en 90 degrés, de Sen); seulement on lit sur l’un d’eux, entre le 202 et le b5° degré, les mots suivants : Lils Ur Jet ane (construit par Ahmed ben Khalaf ), et au-dessous de l'anneau de suspension: AL alt y pixel (pour Djafar, fils de Moktafi-Billah) (2).
(1) Voy. l'extrait du rapport fait à la Société de géographie de Paris, à l’assemblée générale du 6 décembre 1839, par M. Sabin Berthelot, p. 13 et suiv.
(2)-On lit dans Casiri, Bibl. ar. hisp. Escur., t. 1, p. 422 : « Giaphar imperatoris Almoktaphi Billah filius, vir summus et « multiplici scientiarum genere excultus ac plane eruditus, « philosophorum antiquioris et recentioris ævi historiam et « doctrinam quam optime calluit. Diem suum, teste Helal-ben- «al-Hassan, obiit horis matutinis feriæ 3, die 4 {scribe die 7) « mensis Saphari anno Egiræ 377 (Christi 989), natus anno
L’alancabuth porte, outre les douze signes du zodiaque , les noms des étoiles suivantes : 1. , 1 ls) la Tête du Serpentaire ; 2. HLLIT jf] l'Aigle volant; 3. LS: l'Épaule du Cheval; 4. FD 4 Arcturus; 5. à)f la Couronne; 6. es SJ sigle tombant; 7. [5 la Suivante du Cygne; 8. (, 1) Js)) la Tête de Méduse; 9. (4,1 Capella; 10.
nn, (L491) la Main teinte; 11. SN AS le
Cœur du Lion; 12. Li) (s,x4)1) Procyon; 13.
jet CS l'Épaule d'Orion ; 14. Lyh»5J1 Aldébaranzrp. is) (s»491) Sirius ; 16. Lt Je, le Pied d’Orion; 17. ;£xt LL le Cœur du Scorpion.
Quant aux shafihahs des régions , ils ne portent que les almicantharats, les heures et la ligne d’est et ouest; un seul, le troisième, contient les azimuts. On lit sur la 1° planche : L LL KE Le à ÈS 5 la Mecque, lat. 21°, 5" 18° 18°; sur la 2°: À
« ejusdem Egiræ 294. Ubi autem Bagdadum, eodem referente « scriptore, rex Adhadaldaulatus pervenit, magno Giapharis « videndi desiderio flagrans, ipsum acciri clam jussit. At ille « non sine metu regem convenit : apud quem in conclavi, de- « posita sindone , considere solitus. Ibi Adhadaldaulatus eum « honorifice semper excipere ac longos sermones cum 1pso « solus conferre, varia de astrologia judiciaria rerumque futue rarum prædictionibus quæsita præponens : ad quæ ille non «sine magna regis admiratione et eventuum verisimilitudine « respondit. » Djafar écrivit un ouvrage sur les comètes.
Fo … 3 LL be De lat. 24° 5" 18° 30"; sur la 5°: y 5 ele SR ÈS be, lat. Kathyeh 27° 14; surla 4: , 5 5 OL, Nb, lat. 31° 5°
14 6’; sur la 5° : De» lat. 34°; sur la GE 5 Lex, lat. 36°; sur la 7° : à 5 LL, L) O2)E lat. 39° 5° 15"; sur la 8°: ,) 2 8 ele he j) y, lat. 37° Harran 5" 14° 36’.
On trouve de notables différences entre cet astrolabe et celui de M. Marcel, principalement sous le rapport des tracés, qui sont moins multipliés , et qui n’offent pas la même habileté d'exécution (tr). On reconnait aisément que de nombreux perfectionnements avaient été introduits dans la construction des instruments de ce genre à l’époque où le dernier de ces astrolabes avait été dressé. Celui de M. le baron Larrey, qui a une date certaine (1218), est très-remarquablement fabriqué ; il comprend, comme l’astrolabe de la Bibliothèque royale, quatre shafihahs ou huit planches construites pour des régions différentes; mais sa dimension est beaucoup plus petite ; la Mère de lastrolabe n’a que trois pouces et demi de longueur et trois de lar-
geur. Les difficultés du tracé étaient plus gran-
(1) M. Jomard fait graver en ce moment les planches de cet astrolabe; elles paraïtront dans l'ouvrage que ce savant se propose de publier sur les acquisitions du département des cartes et plans auquel il a su donner une si heureuse extension.
des, et l'artiste les a parfaitement surmontées.
La Mère de l’astrolabe, outre les pièces accessoires qu’il est inutile de rappeler ici, présente une division fort exacte de lAedjr, 3,& en 360 degrés, avec l’indication des nombres de 5 en 5 degrés ; sur le dos sont les mêmes tracés que sur l'instrument de M. Marcel, avec cette différence que les quatre cadrans sont partagés en 90 degrés, avec l'indication des nombres de 5 en 5 degrés ; et il en est de même pour toutes les autres divisions. Il y a, de plus, trois cercles concentriques divisés en 28 parties : le premier contient l'indication des nombres 1 à 28; le second, les nombres 1 à 7 disposés de la manière suivante : 1, 2, 3, 4, 6, os Lss% 4; br; 6, 75 2; d. 4, de, 7» 1: 2; Pia OT 145030: 0. qui donne quatre séries de 7; les nombres manquants étant 1, 3, 5, 7,2,4, 6; enfin, le troisième cercle comprend le nombre 20 répété sept fois sous les nombres 1, 3, 5, 7, 2, 4, 6; au centre se trouve le carré des deux ombres avec la division de 3 en 3 jusqu’à 12, les mots QD et Le, et de plus l'inscription suivante : Es des | due 95 ur JS @T ax d& bus A) lose 51, « Construit par Aboubékre, « fils de Iousef, dans la ville de Maroc, en lan- « née G15(r). »
(1) Il est question d’un autre astrolabe du treizième siècle
L’alancabuth porte, avec les noms des douze signes, ceux des étoiles suivantes : 1. L.< le Serpentaire; 2. £a K5+e le Col du Serpent; 3. LL) l'Aigle volant; 4. |. le Cheval; 5. L& l'Épaule (du Cheval); 6. (as Capella; 7. LS, la Suivante (du Cygne); 8. ei |, (lAïgle) tombant; a. à &s al- Fekka; 10. Ù, Arcturus; 17. 5 5 la Patte de l’Ourse ; 12. 63) ad la Queue du Capricorne; 13. sb al-Tharf; 14. (,,h3 ble Ventre de la Baleine; 15. LS< 3S la Main coupée; 16. &:
JE l'Épaule d'Orion; 17. La,2 Procyon; 18.
33%) Sirius; 19. ANT C5 le Cœur du Lion; 20.
ls ts VAïle du Corbeau ; 21. Läxt 05 le Cœur du Scorpion (1).
Les shafiahs comprennent le tracé des almicantharats, des azimuts et des heures; des lignes du zaoual, du dhore et de l’ashre, et de la ligne d’est et ouest; mais la ligne du crépuscule et de l’aurore n’est pas indiquée. ta lit sur la [”° planche : LD°y*) . Lacs Ni NÉ, à pour la latitude de la Mecque et de tout pays dont la latitude est de 21° 4o' ; sur la I : 4 ape sen JS. du {| LS pour la latitude de Médine, etc. 25°; sur la III° : D GS a) ao Sb M$, in Sebta (Ceuta), 25° 20’:
| bd
dans l’ouvrage intitulé : Antiquitatis muhammedanæ monumenta varia explicuit C. M. Fræhn, particula 17. (1) Voy. notre Mémoire déjà cité et l'Index qui le suit.
sup Ja EVE ax ÿ® SJ NS, à 1] D) Alméria, 36 30m Jy de ÿS Ein 4e AXE | 7 Sévillé, 59% 50"; "sûr a VIS: NS. bs x) J : a, Cordoue, 38° 30'; sur la VI : >,x) ç “eye SL JS, II Tolède, 40°; et sur la VIE : D UE PSS LL. (px) Saragosse, AT 30
M. Reinaud a bien voulu nous communiquer une notice lue par M. B. Dorn, à l’Académie impériale des sciences de Saint-Pétersbourg, sur deux astrolabes portant des inscriptions orientales (r). L'un de ces instruments, qui a été trouvé dans la citadelle d'Alep, est parfaitement conservé, et parait, suivant M. Dorn, remonter au douzième siècle; l’autre, qui appartient à la Bibliothèque publique impériale de Saint-Pétersbourg, est de bois, et une inscription en français fait connaitre qu'il a été construit pour les bombardiers turcs postérieurement à l’année 1731.
« On sait, dit M. Dorn, avec quel zéle les Ara- «bes ont cultivé l'astronomie à une époque où « cette science était complétement négligée, excepté « dans les pays soumis à leur domination ; nous «avons un assez orand nombre des instruments « dont ils se sont servis. On connaît plusieurs « globes célestes arabes, un astrolabe arabe qui se
(1) Voy. le journal l’Znstitut, octobre 1839, n° 46, p. 149.
: ( 348 ) «trouve à Nuremberg ; et il est présumable que « nous aurons, par la suite, occasion d’en retrou- «ver une plus grande quantité, lorsqu'on aura « dirigé sur ces antiquités l’attention des voyageurs « et des Européens qui résident en Orient. »
Le premier astrolabe dont il s’agit a été acheté par M. de Muchlinski au scheïkh Abdallah al- Tarabolusi, dans la ville d'Alep; il est en laiton, et on y retrouve toutes les pièces que nous avons décrites. Le limbe de la mere de l’astrolabe est divisé en 360 degrés , de 5 en 5, et la partie supérieure du cercle porte, en outre, une division de 10 en 10 Jusqu'à 1 80 degrés , en chiffres européens gravés au-dessus des chiffres arabes.
Les disques comprennent trois cercles : celui du Capricorne, celui du Bélier et de la Balance (l’Équateur), celui de l’Écrevisse, et les almicantharats, au nombre de quinze; c’est donc un astrolabe sex partiun, c’est-à-dire que chacun des cercles de hauteur répond à 6 degrés, qui sont indiqués en caractères arabes entre lesdits cercles. Un astrolable complet a 90 cercles, et chacun d'eux répond à 1 degré (astrolabium solipartium) ; un astrolabe bipartium a 45 cereles, dont chacun répond à 2 degrés; un #ripartium 30; un quinpartium 18. Les autres tracés n’offrent rien de
particulier.
Les disques ou tympans sont au nombre de sept; ils portent de chaque côté les mêmes divisions , à l'exception de l'indication des longitudes (lisez latitudes) auxquelles ils sont destinés.
Un côté du 1* disque porte inscription suivante : Pour l'ile de Sérendib (Ceylan), qu n’a pas de latitude, puisqu'elle est dans la ligne équinoxiale, son heure 12; l’autre côté porte : Pour latitude 66°, heure 24 (1).
Sur le 2° disque, on lit d’un côté : Pour la latitude 30°, heure 14, Missr (le Caire); de l’autre, latitude 45°, heure 15.
Le 3° porte d’un côté : latit. 41°, heure 15 3, Saragosse ; de l’autre : latit. 39°, heure 14 48, Denia.
Le 4° : latit. 36°, heure 14 30’, Alméria.
latit. 33°, heure 14 13, Bagdad.
Le 5°: latit. de Malaga, 37°, heure 14 36’.
latit. 27° heure 13 44.
Le 6° : latit. de la Mecque, heure r2 ?
tits 20% heure ti.
Le n°: latits 51°, heure 16) 21°.
latit. 48, heure 15 56’.
(1) C’est la durée du plus long jour de l’année sous ce parallèle, Voy. CL Ptolemæi Geographia à J. Moletio redacta, p. 67; Tabula parallelorum et climatum ac eorum incessus,
secundum recentiorum geographorum observationem.
Parmi les noms d'étoiles qui se trouvent sur l’Araignée, M. Dorn cite : le Cœur du Scorpion, le Lancier désarmé, lAïle droite du Corbeau, l'Étoile du Dragon, le Messager (Sirius), le Pied d'Orion, le Ventre de la Baleine, la Queue de la Baleine, la Queue du Capricorne, le Cœur du Lion, PAvant-bras, lOphthalmique (le Petit Chien), l’Épaule d'Orion, les deux Hyades, le Porte-lance, la Main colorée, l’Épaule du Cheval, la Poule, la Petite-Ourse, le Vautour tombant, etc.
Au-dessus des signes du zodiaque, on aperçoit les premières lettres des noms latins.
On trouve sur le dos de lastrolabe les divisions que nous avons précédemment fait connaître ; les mois sont marqués suivant la nomenclature européenne, et au-dessus sont les premières lettres des noms italiens de ces mois. — « Dans un plus « petit cercle, ajoute M. Dorn, on trouve douze « lettres arabes au-dessous des mois précédents ; « mais , comme plusieurs de ces signes sont répé- «tés, et qu'ils se réduisent à sept, il æ’y a pas «de doute qu'ils ne désignent les jours de la se- « maine. Tous ces cercles sont traversés par deux « lignes quise coupent à angle droit, le méridien «et la ligne équinoxiale, comme de l’autre côté « de l'instrument. Enfin, au milieu de lastrolabe,
«il y a un gnomon , scala altimetra. (C’est le carré
(. 35m) «des deux ombres horizontale et verticale). »
Les caractères arabes employés sur l’astrolabe , dit en terminant M. B. Dorn, sont ceux d'Afrique ou occidentaux; et nous devons croire que cet instrument a été construit en Sicile, vers le douzième siècle de notre ère, — Le scheïkh Abdallah d'Alep prétend qu'il a dù appartenir au célebre Nassir-eddin-Thousi ; mais cette assertion n’est pas suffisamment justifiée. Quant aux chiffres et aux lettres européennes qu'il porte, elles ont pu être ajoutées après coup. — Rien, au reste, ne prouve que cet astrolabe soit du douzième siècle; ce qu’il offre de plus remarquable, c’est l'indication des latitudes pour des pays dont les noms ne se trouvent pas, en général, sur les instruments de ce genre qui nous sont parvenus: Sérendib, Bagdad , etc.
Un nouvel astrolabe fort curieux que M. le duc d'Orléans avait rapporté d’Afrique, nous a été communiqué par ce prince peu de temps avant sa mort, et la description que nous lui en avions remise n'a pas encore été publiée.
Enfin, M. Middleton a donné, en 1841, dans le Journal de la Société asiatique du Bengale (1), un
(1) Journal of the asiatic Society of Bengal, n° CXVIHI, 1841, p. 799-777. Description of a persian astrolabe submitted to the asiatic Society by major Pottinger, by J. Midd-
(: 332%) article intéressant à l’occasion d’un autre astrolabe de ce genre, qui avait appartenu au major Pottinger.
Parmi les autres espèces d’astrolabes qu’Aboul- Hhassan nous fait connaître, nous mentionnerons l’astrolabe méridional, puis l’astrolabe à la fois septentrional et méridional dont on compte plusieurs espèces; elles n’offrent aucun intérêt scientifique, et nous n'en avonsreproduit les figures que comme objets de curiosité. Aboul-Hhassan les attribue pour la plupart au savant Albirouni. Viennent ensuite l’astrolabe zaourakhi sl les astrolabes dontles zones ne sont pas dépendantes de la projection, l’astrolabe a/-karnil BIS, ou le parfait ; lastrolabe linéaire de Nassir-eddin-Thousi; le sckekasiah LES] et le shafihah d’Arzachel. Nous n’avons pas cru devoir entrer dans de grands détails sur ces
derniers instruments, dont la construction n'offre
leton. « The admirable works, dit l’auteur, p. 761, which the « french savants have conferred upon the world on the astro- «nomy of the ancients, leave but meagre gleanings for whoe- « ver may follow, especially in respect to arabian astronomy.... « The astrolabe was brought from Herat by major Pottinger ; «it consists of a circular piece of brass, about eight inches «in diameter and three-fourths of an inch thick, being of one « side 50 followed out, as to contain several plates of brass « upon either side of which planispheres are described, ac- «cording to the latitudes of the principales places of Maho- « medan power or veneration.»
rien d’important à signaler. Il existe un shafihah d’Arzachel à la Bibliothèque royale; il a été dressé à Séville en lan 615 de lhégire (1218 de l'ère chrétienne), et provient de la collection de M. Schultz. On voit par cet instrument qu’Arzachel faisait tourner le centre de l’excentrique dans un petit cercle pour expliquer la différence qu'il trouvait entre l’excentricité du soleil et celle qu’indique Albatégni ; un petit traité du shafihah, traduit en latin, existe d’ailleurs dans les manuscrits de la Bibliothèque, sous le n° 7195.
Celui de M. Schultz contient le nom de trentedeux étoiles; ce sont: 1. ,LLIT (1) l’Aigle volant ; 2. &5,a)} Al-sharfah; 3. ANT LS le Cœur du Lion ; 4. [51 la Suivante; 5. {.,ÿ1 3. POmbilic du Cheval; 6. 2 \} Arcturus ; 7. (GT) x la Brillante de la Couronne; 8. &19) ()1) l'Aigle tombant; 9. Ji (,i, la Tête de Méduse; 10. SLI Al-kaïd; 11. D9)t ,4b le Dos de l'Ours; 12. el Al-ferkad(r); 13. us (301) la Main teinte; 14. Gäs%)1 Capella; 15. çL] Ur!) la Tête des Gémeaux; 16. La, 5] Procyon; 17. Lis CR l’Épaule d’Orion; 18. js Aldébaran; 19. LE xt CAL le Cœur du Scorpion; 20. J;s Xl le Délaissé (PÉpi) ; 21. ox) Ê Fomalhaut; 22. &J.4J{ Al-schaulah ;
(1) Voy. notre Mém. déjà cité, p. 118 et suiv. à
23. ei Li lAisselle du Sagittaire; 24. La, Q3k:3 le Pied du Centaure; 25. (..L5 L S5 la Queue de la Baleine; 26. Qosk3 YJ le Dos de la Baleine; 27. Le Canope; 28. Eau dise la Rame du Navire; 29. 425.1 +. la Brillante du Navire; 30. sx) Sirius; 31. ls Ja, le Pied & Orion; 32. pre) à la Dernière du Fleuve (Acarnar) (1).
Nous terminerons cette partie de notre travail par la description d’une autre espèce de safihah, construite en l’année 1337 de notre ère, et dont M. Jomard a enrichi tout récemment son intéressante collection. Le savant académicien se propose d'en donner le dessin exact dans l'ouvrage annoncé plus haut, p. 544; aussi nous borneronsnous à quelques indications générales.
Sur l’une des faces de ce shafihah, on lit au-dessous de Panneau de suspension :
SD Je ixelsi pl re» É: gi Loos, Lex
(Instrument) qui réunit les opérations et les latitudes ;
construit et éprouvé par Ali-ben-Ibrahim-Almuthim. et sur la seconde face :
À bi à ae lé [cou if se u» Là se
Pour le scheikh Ali-ben-Mohammed-Al-Derbendi, année 738 (1337 de J.C.)
(1) Plusieurs de ces noms d'étoiles offrent à la lecture quel-
D'un côté nous trouvons les noms des douze signes, les degrés de chaque cadran de à en 5 et répétés dans un sens renversé, la division du rayon en 60 parties, l’indication par des lignes droites des cercles de latitude, de longitude et des paralleles,etc., comme nous l’avons vu pour le shafihah d'Arzachel. |
De l’autre, les douze signes du zodiaque placés au-dessous des 360 degrés, et les mêmes tracés que sur lalancabuth, avec lindication de cinans: -huit étoiles dont voici les noms :
de tushs)) Capella ; 2. JE e. |) la Tête de Méduse; 3. ($Le les Chèvres; 4. ges Be l'Ombilic du Eheval (Rés 8 5. ppt Lace l'Épaule du Cheval ; 6. pra el CA la Main teinte ; 7.
&b | ne) l'Aigle tombant; 8. ER as le Ventre du Poisson; 9. äsla st) Lli le Bec de la Poule; 10. 5) la Suivante; 1 ME Al- kaïd ; Le ere ball 5&? le Fémur droit de Bootès; 13. Su) la Brillante de la Couronne; 14. Si} AI- KLAUS; 15.5, 1 Lx la Septentrionale d’Alzubra; 16. VI &S, le Genou de lOurse; 17. bu le Dos de One 18. FR Aldébaran; 19.
(Ls=1) la Main droite d'Orion; 20. (Lx) 5 $ Main gauche d’Orion; 21: Lis th la Main ques difficultés; voyez leur signification exacte dans notre
index , oc, cit,
(356 ) COUPS 22. (mp aJl) cs l'Aile de Pégase; 23.
Je Paleron; 24. ils la Lèvre de Pégase; 25.
Far l'Aigle volant; 26. |.<1 le Serpentaire; La! lArcturus; a8. Cab se la Méridionale
Sfar 20. VA] Procyon; 30. (y Mirzam ; 1. ix.)} Al-henah; 32. cl 35 la Queue du Ca- Le 33. yet Jo) Qÿle on l’Australe de la Jambe droite du Verseau; 34. (Ce ES) LS us le Corps de Ja Baleine; 35. 435 Lei la Racine de sa Queue; 36. CIN se le Corps du Lièvre; 37.
(331) Lab. la Ceinture d'Orion; 38. Je) le Pied; 39. a Ja pl le Pied gauche ; Lo. an Al-mirzam ; 41. LS) Sirius; 42. 5,-2Jt Al-ferd; 435. LUI 3515 la Base de F Coupe; 44. Je l'Épi; 45. Je la Couronne; 46. Lux M L.. celle du milieu des trois d’Al- djéba; 437. DT Le cet l'Aile droite du Corbeau; 48. D pis) CAS le Cœur du Scorpion; 49. ÿ.4)1 AU la Suivante d’Al-schaulah ; 50. MN cel Re l'Épaule gauche du Sagittaire; 57. Es PACE) Épaule droite du Sagittaire; 52. sy) sb | S la Main gauche du Sagittaire; 53. D, le Tibia; 54. JS palz)l la Première d’Al-naaïm ; 55. 5 s] Lu pi
Fomalhaut; 56. ;gl <! RUES on. 31 la Plaine (1 1); 58. Brel Uk el, le Bras droit du
(1) Cyr àÏT est pris sans doute dans le sens de Ja (or nope). M; de Hammer et M. Prinsep (Journal asiatique de
(357) Centaure. — Plusieurs de ces noms d'étoiles ne nous étaient point connus, et l’on en trouvera l'explication plus exacte dans l'index que nous avons publié.
Il nous reste à parler des instruments astronomiques que les Arabes comprenaient sous le nom d'instruments d'observation; au premier rang se trouve le quart de cercle de Ptolémée appelé les briques, dont on avait fait un mural dans l’observatoire de Maragah ; c’est aussi Panneau qui sert à déterminer l’obliquité (1), l'instrument des armilles ou astrolabe d’Hipparque, les règles parallactiques, etc. Après ces instruments viennent ceux qui paraissent appartenir en propre aux Arabes; c'est d’abord le sextant, qu'on employait
pour observer la déclinaison du soleil ; il mar-
Calcutta, t. V, p. 791) n’ont pu déterminer la position de l’étoile Selibar jade ou ) fus qui n’est certainement ni /a Lyre lu}, ni aucune étoile du Loup gs), puisque le Djihannuma nous apprend qu'on a tort de confondre Seibar avec Canope ; ce serait plutôt la Brillante du Phénix ou la Rame du Navire, qui sont de seconde grandeur, ou la Dernière du Fleuve (Acarnar). Quant à l'étoile ;.:)| dont parle M. Prinsep (loc. cit.), c’est sans aucun doute }.:J1 qu'il faut lire YU y) LE).
(1) Voyez, dans notre Mémoire déjà cité, p. 195 et suiv., ce que dit Aboul-Wéfa des instruments à double pinnule et des instruments à ombre ou gnomon, pour la détermination des hauteurs méridiennes.
(358) quait les degrés, les minutes et les secondes de 6 en 6.
Voici la description que nous donne Aboul- Hhassan de ce sextant, qui paraît être d’Abou-Mohammed-al-Chogaridi (1).
ses aMeoMNiyls oo ef ces dit is, LES (BUS, at s us Le &lé JA Lés CREPE Rd RER Shot CEST gl y 553 BR Log, Le 29 E nel Les LD Cr) RE ue Lu Da np Fe Ca ste Las ? Je e Y? Ve al) Se 3 pr à? nés “à ue er si is? F Se buy Lt Le Jens, ke LIT OS ets Lacs CT CL Be all Bat (iles ss ab
(1) Ed. Bernard, philos. Transact., t. XIII, p. 724 : « Abu- « Mahmud-al-Chogandi (A. D. 592, Hegiræ 382), tempore fe- « croddaulæ, sextante cujus radius erat cubitorum xx limbus- «que in minuta secunda distinctus invenerat Ad£woiv minorem « quam unquam captaverat aliquis majorum suorum, nimirum
« 32° 217.» — Voy. ce qu'il dit, p. 723, sur le quart de cercle d’Albirouni, cui radius xv cubitorum. — Ms. ar., 1145, f. 130.
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