‹ Matériauz pour servir à l'histoire comparée des sciences mathématiques chez les Grecs et les OrientauxChapitre 18 sur 24 · RE FT · texte numérisé non relu

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(3) Man, pers. (fonds Ducaurroy), u° 39, fol. 17 r°, lig. 6.

( 265 ) preuve suffisante, lorsque nous avons été assez heureux pour nous procurer, par l'intermédiaire de M. Reinaud, deux pièces en argent de Schah- Rokh, dont nous reproduisons ci-après le dessin (1),et qui présentent, sous le rapport des caractères, une conformité si parfaite avec le cachet du manuscrit 1138 de la Bibliothèque royale, qu'on ne peut conserver le moindre doute sur son authenticité.

1V. La première de ces monnaies a été frappée à Hérat (2); elle fait partie de la collection de médailles formées à la Rochelle par les soins éclairés de M. Guillemot, fils ainé. M. Reinaud, l’ayant eue quelque temps entre les mains, voulut bien me la communiquer, et il me fut permis d’en prendre l'empreinte; elle porte d’un côté :

— 2 Cusus est

rh num) Suitanus supremus

re | tb j eee DE Ron er > sà< ie ER © 9 A Jen: Voy. aussi la traduction anglaise, p. 17, et la note. — Chardin, Voyages en Perse, t. V, p. 461.

(1) Voyez la planche indiquée plus haut, p. 245, n° 2 et 3.

(2) Fræhn, Rec. num. Muhamin., t. A, p. 116 et 507. — M. Quatremère, Histoire des Mongols de Perse, Vie de Raschid-eldin, p. 84. — Prinsep, The Journal of the asiatic Society of Bengal, vol. IT, p. 9 et suiv. — Ce fut en 818 (1415 de J. C.) que Schah-Rokh releva la ville de Hérat, que son père avait détruite, et qu'il en fit sa capitale. La médaille est donc d’une époque postérieure à 1419.

( 266 ) L Je JùLes +) #L£ Schah-Rokh Behadur, perpetuet Deus > Hérat ns LL, al Regnum ejus et imperi.. . .(um);

et de l’autre côté, en carré :

AS SP NT aff N Non Deus nisi Deus; Mohammed AN] Dos) legatus Dei ;

et, sur les bords du carré, les noms des quatre premiers khalifes :

‘2 Lybie JE À Aboubèkre, Omar, Othman, Ali.

La seconde de ces monnaies, achetée récemment par le cabinet des médailles de la Bibliothèque royale, provient de la collection de M. Schultz; elle a été frappée à lezd (1) en 1425, et nous en devons le dessin à l'extrême obligeance de M. Longpérier.

On lit d’un côté : |

5 De Cusus est Iezd 2 | LL Sultanus supremus NI MA Je D #L£ Schah Rokh Behadur, perpetuet Deus LL. Nan Regnum et imperium ejus AFS uw Anno 829 (1426).

(1) Voyez, sur la ville d’Iezd (Jesda), Aboul-Féda, p. 330 et 332 ; et Fræhn, Recensio num. Muhamm., t. 1, p. 426 et 502. —"NE# Fræhn, Le., indique une monnaie du sultan Mahmoud frappée à Iezd. — Voyez aussi les détails que donne sur cette ville (Yezd), M. le chevalier Am. Jaubert, dans sa traduction de l'Édrisi, t. 1, p. 391, 403, 419, 436, 438.

(267) De l’autre côté, comme sur celle de M. Guillemot, dans un carré fort régulier :

YF a} N Non Deus nisi AU Joe) AS NW} Deus, Mohammed legatus Dei;

et sur les bords de ce carré :

LS Dhs Je JS FA Aboubèkre, Omar, Othman, Ali.

V. L'examen de ces monnaies nous permet de conclure que le sceau marqué sur les feuillets du manuscrit arabe 1138 appartient évidemment à Schah-Rokh, fils de Tamerlan ; il offre le même type sous le rapport des caractères et sous le rapport des surnoms donnés au fils de Tamerlan, et cette identité résout la question que nous nous étions proposée. Un fait récent est encore venu confirmer nos premières assertions. La médaille de Schah-Rokh, qui devait se trouver dans la collection de M. le duc de Blacas, est revenue entre les mains de M. Renaud, et l'empreinte que nous

en avons donnée (1) justifie pleinement les in-

(1) Voyez la planche indiquée p. 245, n° 4. Cette monnaie, presque entièrement effacée, faisait partie d’un collier. On lit RE TS

Et de l’autre côte :

Ja ls D sLi) pe HS pu

(@LEL) , ae)

dications que ce savant académicien avait eu la complaisance de nous transmettre. D'un autre côté, les livres qui composaient la bibliothèque de Schah-Rokh ont dû être estampillés de son vivant, c’est-à-dire, entre les années 1405 et 1447, chacun des successeurs de ce prince ayant eu son cachet particulier; et si l’on songe que la découverte de la variation par Tycho-Brahé ne fut rendue publique qu’en 1610,on reconnaitra aisément que la priorité de cette découverte , que nous croyons devoir restituer à Aboul-Wéfa de Bagdad (mort en 998 de J. C.), appartient bien réellement aux Arabes, puisque le manuscrit qui nous a paru contenir ce fait important , quelle que soit d’ailleurs la date exacte de sa copie, a fait partie de la bibliothèque d’un prince de la Transoxiane, qui vivait près de deux cents ans avant lastronome danois. |

Nous ne terminerons pas ce mémoire sans exprimer de nouveau le désir que la collection de monnaies orientales que possède le cabinet des médailles de la Bibliothèque royale, et qui est encore malheureusement fort incomplète, reçcoive enfin tous les accroissements qu’on est en droit d'attendre de la haute intelligence de MM. les conservateurs, et du zèle infatigable de ces nombreux voyageurs que l’amour de la science attire cha-

que jour dans les contrées les plus reculées de l'Asie.

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