‹ Maternité; pièce en trois actesChapitre 12 sur 16 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

BRIGNAC, LUCIE.

BRIGNAC, se dirigeant vers son bureau.

Pas encore couchée?... J'ai fait, au cercle, de la bonne besogne. J'ai rencontré le rédacteur Aq C Indépendant et je

lui ai promis, pour ce soir même, une note qui paraîtra demain, sur la circulaire du ministre. Tu vois que la journée d'un fonctionnaire est parfois bien remplie.

LUCIE

Julien, j'ai des choses graves à te dire. Il nous arrive un grand malheur.

Qu'est-ce qu'il y a, mon Dieu!.., Les enfants...

LUCIE

Non. Il s'agit d'Annette.

BRIGNAC

Tu me disais que ce qui l'avait empêchée d'assister au dîner n'était qu'une légère indisposition. M'as-tii caché la vérité?

LUCIE

Elle n'est pas malade, mais elle est cruellement, atrocement frappée.

BRIGNAG

Je devine ce que peuvent être les chagrins de son âge. Une amourette ? Un mariage manqué ?

LUCIE

Oui, un mariage manqué.

BRIGNAG

Ouf! je respire. Tu m'as fait peur. Ce n'est pas bien grave.

Si, c'est grave. Mon ami, je fais appel à tout ton cœur, à ton indulgence, à ta bonté.

BRIGNAG

Mais qu'est-ce qu'il y a ?

LUCIE

Annette a eu le tort de donner toute sa confiance à celui qu'elle aimait et qui lui

avait promis le mariage. Ce misérable a abusé de la candeur, de l'amour de la pauvre enfant. Elle a été séduite, trompée. (A voix basse.) Comprendsmoi, Julien : elle est enceinte de trois mois.

BRIGNAC

Annette !

LUCIE

Annette.

BRIGNAC

C'est impossible ! C'est...

LUCIE

Elle en est certaine et c'est elle qui me l'a avoué.

BRIGNAC, après un silence.

Qui est-ce?

LUCIK

Jacques Bernin.

BRiGxNAC, furieux.

Jacques Bernin! .. Eh bien, nous voilà dans de beaux draps!,.. Elle va bien, ta petite sœur, avec ses airs candides !

LUCIE

Ne l'accuse pas ! Ne Taccable pas !

BRIGNAG

Je ne puis pas la féliciter!... Je suis joliment récompensé de ce que j'ai fait pour elle et tu la remercieras de ma part de la façon dont elle m'en sait gré.

LUCIE

Ne t'emporte pas, je t'en supplie !

BRIGNAG

Si tu as pu apprendre cette nouvelle-là avec calme, c'est que tu es douée d'un sang-froid peu ordinaire.

LUCIE

Aie pitié d'elle. C'est justement parce

qu'elle était innocente plus que toute autre qu'elle a pu être la dupe de son amour.

Oui!... Eh bien, va donc raconter cela à Chàteauneuf, tu verras comme on te croira. Et puisqu'elle était si innocente^ et incapable de se surveiller elle-même, tu as manqué à ton devoir .en ne la surveillant pas.

LUCIE

Allons ! c'est toi qui la poussais à aller chez les Bernin.

BRIG.NAC

Ça va être de ma faute, tout à l'heure ! Je la voyais avec plaisir fréquenter chez cette famille parce que je pensais que le père Bernin pouvait nous être utile. Je ne pouvais pas croire que cette gamine allait se donner au premier venu.

LUCIE, avec force.

Tais-toi ! Je te jure qu'Annette est une victime. Si tu dois ajouter un mot qui soit une injure pour elle, restons-en là, cela vaut mieux.

BRIGNAC

Ah! ma situation est jolie, maintenant ! C'est bien simple, nous n'avons qu'à faire nos paquets et à partir. Je suis fini, perdu, brûlé.

Tu exagères.

BRIGNAC

J'exagère!... Elle aurait volé ! tu entends, volé, et on l'aurait prise la main dans le sac — que le mal n'en serait pas plus grand. Certainement, j'aimerais mieux cela! Je serais moins définitivement compromis et moins disqualifié.

15'i MATERNITÉ

LUCIE

Tu la gronderas plus tard. Pour le moment, il s'agit de la sauver. 11 faut que tu ailles voir les Bernin qui sont partis ce soir. Va les trouver, dès demain, et si tu veux leur parler haut, ils reconnaîtront bien vite que leur fils ne peut faire autrement que d'épouser Annette.

BRIGNAC

Mais il va se marier, Jacques Bernin!

LUCIE

Il rompra ce mariage, voilà tout.

BRIGNAC

Il ne le rompra pas. 11 ne le rompra pas parce que ce mariage, c'est la grosse, grosse galette, comme il dit, et parce qu'il est le plus féroce petit arriviste que j'aie encore rencontré... Mais si, je le connais bien, je le vois au cercle, je l'ai

entendu développer ses théories sur l'argentetsurles femmes... elles sont jolies... Attends... Annette a-t-elle, de lui, des lettres où il avoue sa paternité?

LUCIE

Non.

BRIGNAC

D'ailleurs, il n'est pas assez sot pour se compromettre par des écrits. Il niera tout.

LUCIE

Tu les menaceras d'un scandale.

BRIGNAC

Nous en serions les premiers éclaboussés.

LUCIE

Nous devons agir cependant. Faire un procès.

BKIGNAC

La recherche de la paternité est interdite.

Tu ne refuses pas d'aller faire une démarche auprès desBernin?

BRIGNAn

Pas du tout. Je dis que cela ne servira de rien.

LITCIE

Alors?

BRIGNAC

Il faut que personne à Châteauneuf ne se doute de ce qui s'est passé...

Mais nous avons du temps devant nous, heureusement.

LUCIE

Qu'est-ce que tu comptes faire ?

RRIGNAG

Nous verrons. Nous réfléchirons. On ne prend pas une décision de cette importance en dix minutes.

LUCIE

Je veux savoir tes projets. Les sentiments que tu me montres sont tellement inattendus pour moi que je veux les connaître tout à fait. .

RRIGNAG

Comprends donc ceci : si ce malheur reste secret, ce n'est qu'un malheur; s'il devient public, c'est un scandale.

LUCIE

Comment pourra-t-il rester secret /t

RRIGNAC

Il faut faire filer Annette avant que nul ne puisse se douter de rien.

LUCIE

Où ira-t-elle?

l'.RIGNAC

x\h ! voilà le diable!... où... où?... Si seulement nous avions, dans un coin perdu, très loin, des parents dévoués... Mais nous n'en avons pas... Il faudra pourtant l'envoyer quelque part.

LUCIE

Mon Dieu ! Mon Dieu ! {Sanglots.) BRIGNAC, irrité.

Ah! Et puis, ne pleure pas comme ça, n'est-ce pas? ça n'avance à rien... Ecoute : tout s'arrangera. On trouvera un prétexte. Nous inventerons une tante, une cousine qui voudra l'avoir auprès d'elle; je chercherai à Paris une maison très convenable, où on la gardera. Elle y sera très bien. Lorsque le moment sera venu, elle mettra son enfant en nourrice au loin, et

elle pourra revenir avec nous. A cette époque,, j'aurai certainement obtenu mon changement et nous aurons sauvé, de la situation, tout ce qui pouvait être sauvé.

LUCIE

Tu peux me proposer cela et croire que je l'accepterai!

BRIGNÀC:

Et pourquoi pas?

LUCIE

Tu n'as pas réfléchi. Ta seule excuse, c'est que tu n'as pas réfléchi.

BRIGNAC

Je ne vois pas, en effet...

LUCIE

Alors tu vas envoyer cette pauvre enfant à Paris, où elle ne connaît personne?

BRIGNAC

Qu'est-ce qui te parle de ça? J'irai à

Paris s'il le faut. Il y a des pensions spéciales, très convenablement tenues. Je m'informerai discrètement, bien entendu, sans dire naturellement qu'il s'agit de quelqu'un que je connais. Et l'on paiera tout ce qu'il faudra. Que veux-tu de plus? Nous aurons toutes les garanties de discrétion et je crois même me rappeler qu'il y a, à Paris, une ou deux maisons subventionnées par l'Etat où on ne demande même pas, ni à l'entrée, ni à la sortie, le nom des personnes qui viennent s'y placef.

LUCIE

Je Le dis que tu ne réfléchis pas... C'est au moment où cette enfant va avoir besoin de toutes les consolations, que tu veux l'envoyer seule, seule, tu entends, seule! que tu veux l'arracher d'ici et la mettre dans un train, et l'expédier à Paris comme

une bête malade dont on se débarrasse ! Mais c'est au suicide que tu l'envoies !

BRIGNAC

Si tu trouves une meilleure combinaison...

LUCIE

Toutes les autres sont meilleures que celle-là. Si je l'acceptais, moi, je me considérerais comme presque aussi coupable que son séducteur. — Rends-toi compte.

En somme, c'est à nos intérêts que nous la sacrifierions. Son isolement, son désespoir seraient le prix de notre tranquillité. Oui, pour nous épargner des ennuis, de graves ennuis^, je le veux bien, nous abandonnerions cette enfant à des inconnus ; elle qui n'a jamais vécu qu'entourée de tendresses, nous la jetterions à des étrangers, sans une affection, sans une parole réconfortante, sans une amie pour la prendre dans ses bras et laisser sa dou-

leur couler avec ses larmes. Je t'en supplie, Julien, je t'en supplie au nom de nos enfants, ne me sépare pas d'elle, ne me demande pas de commettre cette action lâche, je ne la commettrai pas. Trouve autre chose. Trouve un moyen qui me fasse souffrir, moi, mais n'ajoute pas Tabandon et l'isolement à la douleur de ma pauvre petite.

HRIGNAC

Si elle était restée une honnête fille, elle n'aurait rien à souffrir de tout cela.

LUCIE

Je te jure qu'elle n'estqu'une victime... Mais elle ne voudra pas partir, et il faudra que tu la chasses comme tu as chassé la servante... Auras-tu ce courage? lieprésente-toi ce que serait la vie pour elle. La vois-tu, renvoyée d'ici, attendant dans cette maison pendant de longs mois que se développe en elle un petit être qu'elle

saura condamné d'avance à la vie incertaine des enfants éloignés de leur mère. Et lorsqu'elle sera déchirée par les tortures de l'enfantement, lorsqu'elle gémira dans les angoisses que je connais, dans les angoisses du moment où l'on croit voir planer au-dessus du lit de martyre la mort jalouse guettant à la fois la mère et le nouveau-né ; pendant ce moment-là où l'on est épouvantée par le mystère sacré que l'on accomplit dans l'inconscience et dans la terreur... elle n'aura auprès d'elle que des étrangers, et si ses yeux, ses pauvres yeux de victime cherchent des yeux amis pour y poser un regard qui sera peut-être le dernier, si elle cherche une main àétreindre, elle ne verra autour de son lit que des hommes inconnus accomplissant un devoir ou des femmes exerçant un métier. — Et après? Après, elle déclarera qu'elle ne veut pas garder son enfant. Elle résistera aux suprêmes

instincts, elle étouffera le cri d'amour qui toutes nous console des souffrances éprouvées et elle dira en détournant les yeux : (( Emportez- le, je ne veux pas le voir 1 » A ce prix-là, le crime d'un autre lui sera pardonné !

BRIGNAC

Mais qu'est-ce que tu veux que j'y fasse? Je ne puis pas changer le monde, n'est-ce pas? Eh bien! le monde est comme cela. Annette serait encore dix fois plus innocente qu'elle ne pourrait pas rester ici.

LUCIE

Je...

BRIGNAC, criant.

Et je ne veux pas qu'elle y reste, là! Astu entendu? Je suis désolé qu'elle soit forcée de s'en aller seule à Paris. Si elle s'était tenue convenablement, encore une fois, nous n'en serions pas là.

LUCIE

Oh!

BRIGNAC

Mais tu ne comprends donc pas qu'elle souffrirait plus d'être ici, au milieu des gens qui la connaissent, que d'être làbas, ignorée et anonyme. Est-ce que, dans la ville, elle pourrait sortir sans s'exposer à un affront?... Mais si elle osait aller exhiber, à la messe ou à la musique, ses promesses évidentes de maternité, on y verrait une sorte de provocation, on s'écarterait d'elle comme d'une pestiférée ; les mères détourneraient leurs filles avec des mines de mépris et les hommes auraient des sourires plus outrageants encore.

LUCIE

S'il le faut, elle ne sortira pas.

BRIGNAC,

Elle ne sortira pas. Je le veux bien.

Est-ce que sa grossesse sera ignorée pour cela? On fera parler les domestiques et le scandale en sera peut-être plus grand. — Et tu n'as pas pensé qu'il retomberait sur moi? Tu n'as pas pensé à moi dans tout cela, ni au préjudice considérable que j'en éprouverai? Je ne parle pas des imbéciles plaisanteries dont on poursuivra en moi Tapôtre de la repopulation. Mais notre honorabilité en sera compromise. On dira qu'il y a des familles où ces choses-là n'arrivent pas. Nous serons considérés comme responsables. Sais-je ce qu'inventeront les haines politiques unies aux préjugés mondains? Et les sous-entendus, et les allusions, et les fausses pitiés!... Mais je n'aurais qu'à donner ma démission !

LUCIE

Tu la donneras.

BRIGNAC

Et après, de quoi vivrons-nous?

, LUCIE, après un silence.

Alors, c'est ça, l'attitude de la société en face d'un enfant qui va naître ?

BRIGNAC

D'un enfant né hors mariage, oui. Et cette réprobation est une garantie nécessaire. Sans elle, il n'y aurait bientôt plus, peut-être, que des naissances illégitimes. C'est pour sauvegarder la famille que les mœurs condamnent l'enfant naturel.

LUCIE

S'il y a des coupables, les coupables sont deux, pourquoi ne frappez-vous que la mère?

BRIGNAC

Qu'est-ce que tu veux que je te dise!... Parce que c'est plus facile. •

LUCIE

Et c'est ça votre justice!... La vérité, c'est que vous défendez tous l'hypocrisie sociale. Oui! Et la preuve, c'est que si Annette reste dans la ville pour y élever son enfant, on la méprisera; mais si elle va faire à Paris des couches clandestines et si elle se débarrasse de son petit, elle évitera tout reproche. Maîtresse stérile, on l'absoudrait encore. Alors, soyons francs, et ayons le courage de dire les mots : ce ne sont pas les mauvaises mœurs que Ton condamne, c'est la fécondité!

Vous réclamez un plus grand nombre de naissances, et en même temps, vous dites à la femme : « Pas de maternité sans mariage et pas de mariage sans dot. » Tant que vous n'aurez pas changé cela, toutes vos circulaires et vos exhortations ne feront que provoquer un éclat de rire fait de haine et de pitié ! J

BRIGNAC

Comme tu voudras. Bonsoir. Je vais travailler.

Écoute... Alors, tu chasses Annette de chez toi?

BRIGNAC

Je ne la chasse pas. Je la prie d'aller autre part.

LUCIE

Je la suivrai.

BRIGNAC X,

Tu me quitteras?

LUCIE

Oui.

BRIGNAC *

Tu ne m'aimes plus, alors?

LUCIE

Non.

BRIGNAC

Bon ! voilà une autre histoire. Depuis quand ?

LUCIE

Je ne t'aijamais aimé.

BRIGNAC

Tu m'as épousé, cependant.

Je ne t'aimais pas.

BRIGNAC

J'en apprends de belles. Continue.

LUCIE

Tu es, toi aussi, la victime des mœurs que tu approuvais tout à l'heure.

BRIGNAC

Je ne comprends pas.

LUCIE

Lorsque tu m'as demandée, j 'étais lasse

d'attendre le fîaiicé que ma pauvreté rebutait et je ne voulais pas rester vieille fille. Je t'ai accepté, mais je savais que tu venais à moi parce que celles qui possédaient une dot n'avaient pas voulu de toi. Toi aussi, tu étais un rebut. J'étais loyalement décidée à m'efforcer de t'aimer.

BRIGNAC

Alors !

LUCIE

Mais, dès ma première grossesse, tu m'as trompée. Depuis, sache-le bien, je n'ai fait que te subir et ce n'est qu'à ma lâcheté que tu dois ma soumission. Seule, ma première maternité a été désirée par moi; les autres, tu me les as imposées, et à chacune tu t'éloignais de ce corps, enlaidi, c'est vrai, mais enlaidi par toi ; tu me laissais seule à la maison, dans l'embêtement de ma difformité, et quand tu revenais, tu m'apportais, avec une odeur de

fille, de faux apitoyements sur ma santé. Après les fatigues de l'allaitement j'implorais un repos, un répit, je te demandais de me laisser vivre un peu pour moi-même, je réclamais le droit de n'être mère qu'à mon gré. Tu riais d'un rire niais et suffisant, et pour la satisfaction de je ne sais quel sot orgueil ou de quel bas égoïsme, sans souci de l'avenir de tes enfants et de la vie de ta femme, tu m'imposais les fatigues, les angoisses et les dangers de la création d'un nouvel être. Qu'est-ce que cela pouvait te faire, à toi ! Tu en tirais vanité et cela te permettait, dans le monde, des sous-entendus égrillards et des sourires vainqueurs. Imbécile!

BRIGNAC

En voilà assez. Tu es ma femme...

LUCIE

Je ne veux plus être ta femme et je ne veux pas être mère.

BRIGNAG

Parce que?

Parce que je viens d'entrevoir l'avenir réservé à nos filles, à nos pauvres filles sans dot. Ce qui les attend, c'est le sort d'Annette ou c'est le mien. Et je me sens déjà trop coupable d'avoir appelé trois enfants au malheur.

BRIGNAG

Tu es folle!... Et je te prie de ne pas prendre ces airs de révoltée, c'est inutile^, je te le déclare.

LUCIE

Tu crois?

BRIGNAG

J'en suis certain. Si tu as assez de moi, il y a le divorce.

LUCIE

Mais tu garderais les enfants ?

BRIGNAC

Naturellement. Et sache bien que tan t que tu seras ma femme pour tout le monde, tu la seras aussi pour moi.

LUCIE

Et tu m'imposeras, selon ton.bon plaisir, une nouvelle maternité?

Parfaitement.

LUCIE

Allons donc! Le corps d'une femme, tout de même, n'est pas une terre qu'on déchire et qu'on féconde sans trêve pour en extraire jusqu'à l'épuisement d'incessantes moissons. Cet esclavage, je ne l'acceple pas et je te quitterai si tu chasses ma petite sœur.

HIUG.NAC

Et tes enfants ?

LUCIE

Je les emmènerai.

BRIGNAC

Et du pain?

LUCIE

Je travaillerai.

BRIGNAC

Ne dis donc pas de bêtises. Tu ne gagneras pas de quoi les élever... Allons, il est tard, va te mettre au lit.

LUCIE, les dents serrées.

T'attendre?

M'attendre, c'est cela. (Il sort.)

LUCIE, à la porte de gauche.

Annette!... Ah! ma pauvre chérie!

Nous sommes bien seules toutes les deux!

RIDEAU

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