‹ Mathilde et ses mitaines, romanChapitre 2 sur 14 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

ment en cinq jours. Mais il a choisi^ comme c'était son droit., une semaine exceptionnelle... Et ils* est appliqué à raconter V extraordinaire de la vie avec la même sincérité paisible qu'il avait mise., en d'autres occasions, à en représenter l'ordinaire, avec le même souci de vérité... »

Puis., cher Tristan , après vous avoir défendu., enhardi par V orgueil d'avoir à plaider pour un client de votre valeur, votre avocat improvisé a pris V offensive., a poussé contre vos détracteurs une vigoureuse attaque reconventionnelle.

Je leur reprochai de ne voir dans une œuvre que les poutres de la charpente et de ne pas considérer le prix des matériaux de construction.

Comment n'avaient-ils donc pas senti que votre ouvrage avait les mêmes qualités que vos livres précédents., une vérité d'évocation peu commune., une aptitude exceptionnelle à placer les personnages dans un décor vivant^ de sorte que tous leurs gestes, même les plus anormaux., se justifient.

J'ai dit qu'il fallait vous savoir gré d'avoir

b PREFACE

montré des policiers plausibles, des détectives qui sont des êtres humains, capables à la fois d'ingéniosité, de décision, d'héroïsme, et de maladresse, d'hésitation, de timidité. Et les exploits de ces détectives vrais sont d'autant plus surprenants qu'ils restent vraisemblables...

Vous avez appris, mon cher ami, on vous a rapporté avec quelle ardeur f avais pris votre défense, et vous m'avez fait l'honneur de désirer que mon plaidoyer parût en tête de ce volume. Mais je ne suis pas dupe de vos raisons : ce que vous vouliez, c'était surtout me faire plaisir... Vous y avez réussi : vous m'avez fait plaisir et, je dois le dire, un peu peur...

Bien affectueusement,

René BLUM.

Page 1