MATlIlLDIv
sont incapables d un sacrilice, in^'ine l()is(|n*il saisit de leurs mauvaises passions.
^ladanie Hlondeau , rendant avec Emma, mit lin à notre conversation.
Knima couiut à sa mère et lui donna en i'eml)ï'assant un gros bouquet de l'oses. La promenade avait avivé son teint des plus vives et des plus charmantes couleurs. Elle vint s'asseoir un moment entre la duchesse et moi sur un canapé du salon. Madame de Richeville |)Osa le bouquet sur ses genoux, |)rit une des mains d'Emma dans les siennes , de l'autre elle lissa les bandeaux de cheveux blonds de sa fdle, (^ue la promenade avait un [)eu dérangés.
En nous voyant toutes trois , cette enfant , sa mère et moi , en com- [)arant nos trois Ages et nos trois existences , je réfléchis , hélas ! avec amertume que je n'avais plus la sécurité confiante de la jeune fille, et que je ne possédais pas encore la résignation morne que les chagrins avaient donnée à sa mère.
• Je pensais à toutes les douleurs que j'aurais encore à subir avant que d'arriver, comme madame de Richeville, au renoncement de toutes les espérances humaines. L'âge d'action de la femme, si cela se peut dire, s'étend surtout de quinze à trente ans. Emma, moi et madame de Richeville nous réunissions ces trois périodes de la vie, le calme innocent et pur, la tourmente orageuse des passions , et l'accablement qui leur succède alors que, meurtri dans la lutte, le cœur cherche le repos dans l'oubli "
Madame de Richeville répugnait à voir Contran. A la fin de la journée , elle me quitta. Elle n'avait pas reçu de nouvelles de M. de Mortagne; il n'avait pas répondu à la lettre que je lui avais écrite pour le prévenir de l'intention où était mon mari de vendre Maran.
Je ressentis quelques inquiétudes. Madame de Richeville me promit de m'écrire aussitôt son arrivée à Paris pour me rassurer à ce sujet. Elle me recommanda aussi de la tenir très au courant de ce qui se passerait à Maran lors de l'arrivée d'Ursule, et de me bien souvenir de ses conseils.
Je quittai cette excellente amie avec un cruel serrement de cœur.
Le soir, lorsque Contran revint de la chasse , je lui appris la v^isite de madame de Richeville.
Il y parut assez indifférent . Je lui donnai ensuite la lettre de M. Sécherin, qui annonçait la prochaine arrivée de ma cousine. M. de Lancry
KMMA.
lue répondit très-froidement qu'il en était très-satisfait, parce qu'Ursule me tiendrait compagnie.
Quatre ou cinq jours après mon entrevue avec njadame de Richeville, M. et madame Séclierin arrivèrent à Maran.
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CHAPIÏKI^ XLVIÏI