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(;ait(jno collo somme était une rostitiition do la part du l)an{{uorontior (lui l'avait ruiné. — D'autios personnes attiihucMit n' don à un l)i(Mi- Taileur mystéiieux.
— Ce ([ui paraît beaucoup |)lus dans la natures ([ue le renioids d'un mallotier, — dit ma tante.
— Ton jouis est-il, mademoiselle, que, grâce à cette somme, ces l)ons et braves jeunes gens, maintenant habitués au travail, ont pres- (pie retrouvé l'aisance qu'ils avaient perdue, et leur vieille mère ne s'est pas aperçue qu'elle avait côtoyé de si près la misèie.
— Ça finit comme ça avait commencé , — dit mademoiselle de Maran, — et ça prouve que la bonne conduite est toujours récom[)ensée. C'est pour cela que, lorsque la belle princesse Ksernika ira devant le bon Dieu, elle n'y restera pas long-temps.
— Vous riez , madame , — reprit M. de Lancry ; — eh bien ! j''aurai le courage de maintenir cette anecdote comme un des faits qui honorent le plus notre temps. — Puis, s'adressant à moi : — ^e trouvezvous pas, mademoiselle, qu'il y a une rare délicatesse dans cette con duite? Avoir assez d'empire sur soi pour étouffer toute plainte, toute allusion involontaire au malheur dont on souffre et que l'on cache avec une si pieuse sollicitude? Avoir, au milieu des inquiétudes navrantes de la pauvreté, assez de présence d'esprit, assez de force d'âme pour conserver toujours le caractère égal et gai que donne l'habitude de la richesse? N'est-ce pas enfin un noble et touchant tableau que de voir ces deux jeunes gens tromper si religieusement leur vieille mère, en lui créant, à force de travail, un petit coin d'opulence au milieu de leur froide misère?
— Ah! sans doute, cela est beau, cela est admirable! — dit Ursule d'une voix émue en portant sa main à ses yeux. — En entendant raconter un pareil trait, — ajouta-t-elle , — on ne regrette pas d'être pauvre... puisque la pauvreté inspire de pareils dévouements.
J'étais si troublée que je ne pus trouver une parole , et je trouvai Ursule bien heureuse d''avoir pu dire quelque chose. M. de Lancry avait raconté avec une grâce parfaite cette histoire, puérile sans doute, mais par cela même pleine de charme dans la bouche d'un homme comme lui. Plusieurs fois, pendant ce récit, je l'avais regardé; la touchante expression de sa physionomie donnait un nouvel attrait à ses paroles ; on ne pouvait , selon moi , apprécier si généreusement une telle action sans être capable de l'imiter. Je restais muette d'étonnement; je ne m'attendais pas à trouver cette douce sensibilité sous les
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