‹ Mathilde (volume 3)Chapitre 4 sur 107 · HP · texte numérisé non relu

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— Ça... une belle femme !... ça n'a pas plus de prestance que rien du tout , — dit madame Lebœuf en se rengorgeant.

— Je parie que c'est la femme qui porte des odeurs et qui n'afi'ranchit pas ses lettres ! — s'écria M. Godet après quelques minutes de réflexion.

— L'Anglaise? Mais vous n'avez donc pas vu comme elle était habillée , monsieur Godet ? — reprit la veuve en haussant les épaules avec un air de supériorité écrasante. — Ça une Anglaise ! mais il n'y a rien de plus facile à reconnaître qu'une Anglaise. Il n'y a qu'à voir la manière dont elle s'habille. C'est bien simple : en toute saison un bibi en paille , un spencer rose , une jupe écossaise , des brodequins vertclair ou jaune-citron ; avec cela presque toujours les cheveux rouges : témoin les Ancjl aises pour rire , aux Variétés. C'est une pièce qui ne date pas d'hier et qui a de l'autorité , puisque ça se joue en public. Encore une fois , depuis que le monde est monde , les Anglaises , les vraies Anglaises n'ont jamais été autrement habillées.

Malheureusement l'arrivée de deux individus qui entrèrent brusquement dans le café interrompit les observations et les enseignements de madame Lebœuf sur la monographie des Anglaises.

Les habitués contemplèrent avec un redoublement de curiosité ces deux nouveaux personnages , évidemment aussi étrangers au quartier du Marais que l'était la jeune et charmante femme dont nous avons tout à l'heure esquissé le portrait.

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