‹ Mathilde (volume 3)Chapitre 71 sur 107 · LE DEFI · texte numérisé non relu

LE DEFI

A l'aspect de Gontran, mon premier mouvement fut de courir à lui et de m''écrier :

— Sauvez-moi ! . . . sauvez-moi ! . . ,

Mes traits bouleversés frappèrent Gontran; il s'écria en regardant M. Lugarto :

— Mathilde, qu''avez-vous? Au nom du ciel, qu'avez-vous? M. Lugarto se prit à rire aux éclats , et dit à M. de Lancry :

— Ah çà ! mon cher , savez-vous que votre femme est incroyable ? Elle est capable de prendre au sérieux une mauvaise plaisanterie.

— Vous êtes un infâme , — m''écriai-je , — je n'ai aucun ménagement à garder. . . En dévoilant votre conduite à mon mari , je n'expose pas ses jours ; vous n''oseriez pas vous battre avec lui , et il ne daignerait pas se battre avec vous.

— Vous entendez, mon cher, comme elle me traite, — dit M. Lugarto à M. de Lancry ; — avouez que j'ai un bon caractère.

— Trêve de plaisanteries , monsieur ! — s'écria Gontran ; — je vois à l'agitation , à la pâleur de madame de Lancry , qu'^elle est péniblement émue. Quelle que soit mon amitié pour vous , je ne souffrirai jamais que vous oubliiez un moment le respect que vous devez à ma femme, monsieur.

— Vous le prenez comme cela, mon cher? c'est différent, — dit M. Lugarto; — n'en parlons plus, oublions cette folie , et songeons à autre chose... Que faites-vous ce soir?

— Vous Pentendez ! — mécriai-je , — cet homme vous dit d''oublier ce qu'il appelle une folie ! Il va vous demander votre main et vous trahir encore. Non... non... mon noble, mon généreux Gontran , quoi que votre âme confiante et bonne doive souffrir de cette découverte,

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