‹ MathildeChapitre 184 sur 207 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Rodolphe et Sarali.

Nous conduirons le lecteur chez la comtesse Mac-Grégor, qu'une crise salutaire venait d'arracher au délire et aux souffrances qui pendant plusieurs jours avaient donné pour sa vie les craintes les plus sérieu.ses.

Le jour commençait à baisser... Sarah, assise dans un grand fauteuil et soutenue par sin frère Thomas Seyion, se regardait avec uni' profonde attenlion dans un miroir que lui iiréseiilait une de ses fennnes agenouillée devant elle.

Cetie scène se passait dans le salon où la Chouette avait commis sa tentative d'assassinal.

La conilesse éi.iit d'une pâleur de marhi e, que faisait ressortir encore le noir foncé de ses yeu\, de ses sourcils et de ses cheveux ; un grand peignoir de mousseline blanche l'envelopiiait enliérenicnt.

— Donnez-moi le bandeau de corail, dit-elle à une de ses femmes, d'une \oix faible, mais impérieuse et brève.

— lietty vous l'atlaeliera, reprit Thomas Seyton, vous allez vous fatiguer... Il est déjà d'une si grande iinprudenee de...

— Le bandeau ! le b.indeau ! répéta impaliennnenl Sarah, qui prit ce bijou et le posa à son gré siu' son front. .Maintenant, attachez-le... et laissez-moi, dit-elle il ses femmes.

Au moment où celles-ci se retiraient, elle .ajouta :

— On fera entrer M. Ferrand, le notaire, dans le petit salon bleu... puis, reprit-( Ile avec une expression d'orgueil mal di'^siuuilé, dès que S. A. H. le giand-duc de Gerolstein arrivera, on l'introduira ici.

— Enlin ! dit Sarah en se rejetant au fond de son fauteuil, dès qu'elle (M seule avec son frère, enlin je touche à cette couronne... le rêve de ma vie... La prédiction va donc s'accomplir !

— Sarah, calmez votre exaltation, lui dit sévèrement son frère. Hier encore on désespérait de votre vie ; une dernière déception vous porterait un coup mortel.

— Vous avez raison, Tom, la chute serait affreuse, car mes espérances n'ont jamais été plus près de se réaliser. J'en suis certaine, ce qui m'a empêchée de succomber à mes souffrances a été ma pensée constante de priiliier de la toute-puissante révélation que m'a faite cette femme au moment de m'assassiner.

— De même pendant votre délire... vous reveniez sans cesse à cette idée.

— Parce que cette idée seule soutenait ma vie chancelante. Quel espoir !.. princesse souveraine... presque reine !... ajouta-t-elle avec enivrement.

— Encore une fois, Sarah, pas de rêves insensés ; le réveil serait terrible.

— Des rêves insensés ?.. Comment ! lorsque Rodolphe saura que cette jeune fille aujourd'hui prisonnière à Saint-Lazare (1), et autrefois confiée au notaire qui l'a fait passer pour morte, est notre enfant, vous croyez que...

Seyton interrompit sa sœur ;

;i) Le lecteur n'a pas oublié que la Cliouelle, un moment avant de fiapper Sarali, croyait et lui avait dit que la Goualeuse élail encore à Sainl-I.azaie. ignorant que le jour même Jacques Ferrand l'avait fait conduire à 1 ile du Ravageur par madame Séraphin.

— Je crois, reprit-il avec amertume, que les princes mettent les raisons d'Etat, les convenances poliiiciues avant les devoirs naturels.

— Comptez-vous si peu sur mon adresse ?

— Le prince n'est plus I adolebceiit candide et passiomié que vous avez autrefois séduit ; ce temps est bien loin de lui... et de vous, ma sœur.

Sarah haussa légèrement les épaules et dit :

— Savez-vous pourquoi j'ai voulu orner mes cheveux de ce bandeau de corail, pourquoi j'ai mis cette robe blanche? C'est que la première lois que Rodolphe m'a vue, à la cour de (îerolstein, j'étais vêtue de blanc, et je portais ce même bandeau de corail dans mes cheveux.

— Comment! dit Thomas Seyton en regardant sa sœur avec surprise, vous voulez évoquer ces souvenirs ? vous n'en redoutez pas au contraire l'influence?

— Je connais Rodolphe mieux que vous. Sans doute mes traits, aujourd'hui changés par l'âge et par la souffrance, ne sont plus ceux de la jeune (ille de seize ans (pi'il a éperdument aimée, qu'il a seule aimée, car j'étais son premier amour... Et cet amour, unique dans la vie de l'homme, laisse toujours dans son cœur des traces inelTaçables. Au^si, croyez-moi, mon frère, la vue de cette parure réveillera chez Rodolphe non seulement les souvenirs de son amour, mais encore ceux de sa jeunesse... Et pour les honmies ces derniers souvenirs sont toujours doux et précieux.

— Mais à ces doux souvenirs s'en joignent de terribles: et le sinistre dénoûment de votre amour? et l'odieuse conduite du père du prince envers vous? et votre silence obstiné lorsque Rodolphe, après vcjtre mariage avec le comte IHac-Grégor, vous redemandait votre fille aloi-s tout enfant, votre fille dont une froide lettre de vous lui a appris la mort il y a dix ans? Oubliez-vous donc que depuis ce temps le |iriuce n'a eu pour vous (pie mépris et haine ?

— La piiié a remplacé la haine. Depuis qu'il m'a sue mourante, chaque jour il a envoyé le baron de Graùn s'informer de mes nouvelles.

— l'ar humanité.

— Tout à l'heure il m'a fait lépondre qu'il allait venir ici. Celle concession est immense, mon frère.

— Il vous croit expirante ; il suppose qu'il s'agit d'un dernier adieu, et il vient. Vous avez eu tort de ne pas lui écrire la révélation que vous allez lui faire.

— Je sais pouniuoi j'agis ainsi. Cette révélation le comblera de surprise, de joie, et je serai là pour profiter de son premier élan d'atleiidiissement. Aujourd'hui, ou jamais, il me dira : Un mariage doit légitimer la naissance de notre enfant. S'il le dit, sa parole est sacrée, et l'espoir de toute ma vie est enfin réalisé.

— S'il vous fait celte promesse, oui.

— Et pmir qu'il la tasse, rien n'est à négliger dans cette cii constance décisive. Je connais Rodolphe, il me hait, quoique je ne devine [las le motif de sa haine, car jamais je n'ai manqué devant lui au rôle que je m'étais imposé.

— Peut-être, car il n'est pas homme à haïr sans raison.

— Il n'importe; une fois certain d'atoir retrouvé sa fille, il surmontera son avei'sion pour moi, et ne reculera devant aucun sacrifice pour assurer à son enfant le sort le plus enviable, pour la rendre aussi magnifiquement heureuse qu'elle aura été jusqu'alors infortunée.

— Qu'il assure le sort le plus brillant à voire fille, soit ; mais entre cette réparation et la résolution de vous épouser afin de légitimer la naissance de cette enfant, il y a un abîme.

— Son amour de père comblera cet abîme.

— Mais cette infortunée a sans doute vécu jusqu'ici dans un état préiaire ou misérable? ,

— Rodolphe voudra d'autant plus l'élever qu'elle aura été plus abaissée.

— Songez-y donc, la faire asseoir an rang des familles souveraines de l'Europe ! la reconnaître pour sa fille aux yeux de ces princes, de ces rois dont il est le parent ou l'allié !

— Ne connaissez-vous pas son caractère étrange, impétueux et ré soin, S(m ^exagération chevaleresque à propos de lent ce qu'il regarde comme juste et commandé par le devoir?

— Mais cette malheureuse enfant a peut-être été si viciée par la mi sère où elle doit avoir vécu, que le prince, au Heu d'éprouver de l'atirait pour elle...

— Que dites-vous? s'écria Sarah en interrompant son frère. N'estclle pas aussi belle jeune fille qu'elle était ravissante enfant? Roiloljdic, sans la connaître, ne s'était-il pas assez intéressé à elle pour vouloir se charger de son avenir? ne l'avait-il pas envoyée à sa ferme de Bouqueval dont nous l'avons fait enlever...

— Oui grâce à votre persistance à vouloir rompre tous les liens d'affection du prince, dans l'espoir insensé de le ramener un jour à vous.

— Et cependant, sans cet espoir insensé, je n'aurais pas découvert, au prix de ma vie, le secret de l'exisience de ma lille. N'est-ce pas enfin par cette lemine qui l'avait arrachée de la ferme que j'ai connu I indigne fourberie du notaire Jacques FerraTid ?

— Il est fâcheux qu'on m'ait refusé ce matin l'entrée de Saint-Lazare, où se trouve, vous a-t-oii dit, eetle malheureuse enfant; malgré ma vive insistance, on n'a voulu répondre à aucun des renseigiienienls que je demandais, parce que je n'avais pas de lettre d'inlroduclioil au-

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près dii directeur de la prison. J'ai écrit an profi't en votre nom, mais je n'aniai s.ins donle sa réponse qne demain, et le prince va être ici tout à riioiiic. lùicoie une luis, je regrette que vous ne puissiez lui présenter vous ménie voire lillc ; il eût mieux valu attendre sa sortie de prison avant de mander le grand-duc ici.

— .Vltendie ! et sais-je seidenient si la crise salutaire où je me trouve durera jusqu'à demain ? IVut-être suis-je passagèrement soutenue par la seule énergie de mon amhilion.

— Mais quellis preuves doniicrez-vons au prince ? Vous croira-t-il ?

— II me croira lorsqu'il aura lu le commincement de la révélaiion qne j'écrivais sous la dictée de cette lenime quand elle m'a Irappée, révélaiion dont heureusement je n'ai oublié aucune circonstance ; il me iroira lorsqu'il aura lu votre correspondance avec madame Séraphin et Jacques Ferrand jusqu'à la mort supposée de l'enrant ; il me croira lorsqu'il aura entendu les aveux du notaire, qui, épouvanté de mes menaces, sera ici tout à l'heure ; il me croira lorsqu'il verra le portrait de ma lille à l'âge de six ans, poitrait qui, m'a dit cette femme, est encore à celte heure d'une ressemblance frappante. Tant de preuves suffiront pour montrer au prince que je dis vrai, et pour décider chez lui ce premier mouvement qui peut faire de moi presque une reine... Ah ! ne filt-cc qu'un jour, une heure, au moins je mourrais contente!

A ce moment on entendit le bruit d'une voiture qui entrait dans la cour.

— C'esl lui... c'est Rodolphe!... s'écria Sarah à Thomas Seyton. Celui-ci s'approcha précipitamment d'un rideau, le souleva et répondit :

— Oui, c'est le prince; il descend de voiture.

— Laissez-moi seule, voici le moment décisif, dit Sarah avec un sangfroid inaltérable, car une ambition monstrueuse, un égoismc impitoya-

"ble avait toujours été et était encore l'unique mobile de cette iemme. Dans l'espèce de résurrection miraculeuse de sa (ille, elle ne voyait que le moyen de parvenir enfin au but constant de sa vie.

Après avoir un moment hésité à quilter l'appartement, Thomas Seyton, se rapprochant tout à coup de sa sœur, lui dit :

— C'est moi qui apprendrai au prince comment votre fille, qu'on avait crue morte, a été sauvée. Cet entretien serait trop dangereux pour vous... une émotion violente vous tuerait, et après une séparation si longue... la vue du prince... les souvenirs de ce temps...

— Volie main, mon frère, dit Sarab.

Puis, appuyant sur son cœur impassible la main de Thomas Seyton,

elle .ajouta avec un sourire sinistre et glacial :

— Suis-je émue?

— Non... rien... rien... pas un batlement précipité, dit Seyton avec Sllipeur, je sais quel empire vous avez sur vous-minie. Mais dans un tel moment, mais quand il s agit pour vousou d'une couromie ou delà mort... car, encore mie fois, songez-y, la perte de cette dernière espérance vous serai! mortelle. En vérité, voire calmr me confond 1

- Pourquoi cet étonnement, mon frère? Jusqu'ici, ne le savez-vous pas? rien... non, rien n'a jamais l'ait battre ce cœur de marbre: il ne palpitera que le jour où je sentirai poser sur mon front la couronne souferaine. J'entends Rodolphe... laissez-moi...

— Mais...

— laissez-moi, s'écria Sarah d'un ton si impérieux, si résolu, que ion frère quitta l'appartement quelques moments avant qu'on y cilt iniroduit le prince.

Lorsque Rodolphe entra dans le salon, son regard exprimait la pitié. Mais, voyant Sarab assise dans son fauteuil et presque parée, il recula le surprise, sa physionomie devint aussitôt sombre cl méfiante.

La comtesse, devinant sa pensée, lui dit d'une voix douce et faible :

— Vous croyiez me trouver expirante, vous veniez pour recevoir mes lernicrs adieux ?

— J'ai toujours regardé comme sacrés les derniers vœux des mou- •anls: mais il s'agit d'une tromperie sacrilège...

— Rassurez-vous, dit Sarab en interrompant Rodolphe, rassiirez- .ous, je ne vous ai pas tiompé, il me resle, je crois, peu d'heures à livre. P.irdonnez-moi nue dernière coquetterie. J'ai voulu vous éparçncr le sinistre entourage qui accompagne ordinairement l'agonie; j'ai iimlu mourir vêtue comme je l'étais la première lois où je vous vis. lélas ! après dix années de sép;iration, vous voih'i donc enfin ? Merci ! )h ! merci ! Mais, .à votre tour, rendez grâces à Dieu de vous avoir insliré la pensée d'écouter ma dernière prière. Si vous m'aviez refusé...

cmport;iis avec moi un secret qui va faire la joie .. le bonlieur de votre ie. Joie mêlée de quelque tristesse... bonheur mêlé de quehpies larncs... comme loute félicité humaine ; mais cette félicité, vous l'acbèteiez encore au prix de la moitié des jours igui vous restent à vivre I

— Que voulez-vous dire? lui diMiiamla le prince avec surprise.

— Oui, Rodolphe, si vous n'étiez pas venu... ce secret m'aurait suide dans la tombe... c'eût été ma seule vengeance... et encore... non, ion, je n'anr:''> pas eu ce terrible courage. (Juoique vous m'ayez bien Dit souffrir, j'aurais partage avec vous ce suprême bonlieur dont, plus icurcux que moi, vous jouirez longtemps, bien longtemiis, je l'espère.

— I^'ais encore, madame, de ipioi s'agit-il?

— lorsque vous le saurez, vous ne pourrez comprendre la lenteur |uc je mets à vous en iuslruire, r-.w vous regarderez celle révéhilion ioinme un miracle du ciel. Mais, chose étiange, moi qui d'un mol peux

vous causer le plus grand bonheur que vous ayez peut-éire jamais ressenti... j'éprouve, quoique mainlenaiit les minutes d{! ni:i vie soicul conq)tées, j'éprouve une salisl'.ictiou indéfinissable :i prolonge r voire attenle... et puis je connais voire cœur... et, m.dgré la feiuielé de; volic c:ir;iclère, je craindrais de vous ;iiHionecr sans préparation une découverte aussi incroyable. Les émotions d'une joie foudroyante ont an^A leurs dangers.

— Voire pâleur augmente, vous contenez à peine une violenlc agilalion, dit Riidolphe; toul ceci est, je le crois, giave et solennel.

— Grave et solennel, repiit Sarab d'une voix émue; car, malgré son in)passibilité habituelle, en songeant à l'immense poiléede l:i rév(>laiion qu'elle allait faire à Rodolphe, elle se sentait plus troublée qu'elle n'avait cru l'être; aussi, ne pouvant se contraindre plus longtemps, elle s'écria :

— Rodolphe... notre fille existe...

— Notre fille!...

— Elle vit! vousdis-je...

Ces mots, l'accent de vérité avec lequel ils furent prononcés, remuèrent le prince jusqu'au fond des entrailles.

— Noire enfant? répétat-il en se rapprochant précipitamment du fauteuil de Sarah, notre enfant ! ma lille !

— Elle n'est pas morte, j'en ai des preuves irrécusables... je sais où elle est., demain vous la reverrez.

— Ma fille ! ma fille ! répéta Rodolphe avec stupeur, il se pourrait ! elle vivrait !

Puis tout à coup, réfléchissant à l'invraisemblance de cet événement, et craignant d'êlre dupe d'une nouvelle fourberie de Sarah, il s'écria :

— Non... non... c'est un rêve! c'est in possible ! vous me trompez, c'est une ruse, un mensonge indigne !

— Rodolphe! écoulez-moi.

— Non, je connais votre ambition, je sais de quoi vous êtes capable, je devine le but de cette tromperie!

— Eh bien ! vous dites vrai, je suis capable de tout. Oui, j'avais voulu vous abuser ; oui, quelques jours avant d'êlre frappée d'un coup mortel, j'avais voulu trouver une jeune fille... que je vou^ ;iur.iis présentée à la place de notre enfant... que vous regrettiez amèrcmenl.

— Assez... oh ! assez, madame.

— Après cet aveu, vous me croirez peut-être, ou plutôt vous serez bien forcé de vous rendre à l'évidence.

— A l'évidence...

— Oui, Rodolphe, je le répète, j'avais voulu vous tromper, snbstiinor une jeune fille obscuie à celle que nous pleurions; mais Dieu a voulu, lui, qu'au moment on je faisais ce marché sacrilège... je fusse frappée à mort.

— Vous... à ce moment !

— Dieu a voulu encore qu'on me proposât... pour jouer ce rôle... de mensonge... savi z-voin qui .' notre fille...

— Etes-vous donc en délire... au nom du ciel ?

— Je ne suis pas en délire, Rodolphe. Dans celte cassette, avec des papiers et un portrait qui vous prouveront la vérité de ce que je vous dis, vous trouverez un papier taché de mon sang.

— De voire sang ?

— La femme qui m'a appris que notre fille vivait encore me dictait celle révélaiion, lorsque j'ai été frappée d'un coup de poignard.

— Et qui était-elle? comment savait-elle?...

— C'est à elle qu'on avait livré notre fille... tout enfant... après l'avoir fait passer pour morte.

— Mais cette femme... son nom?... peut-on la croire? où l'avez-voiis connue ?

— Je vous dis, Rodolphe, qne tout ceci est falal, providentiel. Il y a quelques mois, vous aviez tiré une jeune (ille de la misère pour l'envoyer à la campagne, n'est-ce pas?

— Ou', à nou(iueval.

— La jalousie, la baine m'égaraient. j'ai fait enlever celte jeune fille par la femme... dont je vous parle...

— El on a conduit la malheureuse enfant à Saint-Lazare.

— Où elle et encore.

— Elle n'y est plus. Ah! vous ne savez pas, madame, le mal afl'ienx que vous avez fail... en arrachant cette infortunée d(! la relraile où je l'avais placée... mais...

— Cette jeune (ille n'est plus a S.iinl-Lazare, s'écria Sarah avec épouvante, et vous parlez d'un malheur affreux!

— Un monstre de cupidité avait inlérêl à sa perte. Ils l'ont noyée, midame. Mais répondez... vous dites que...

— Ma fille! s'écria Sarah, en interrompant Rodolphe et se levant droite, immubile comme une slalue de marbre.

— Que dit-elle? mon Dieu ! s'écria Rodolphe.

— Ma fille! répéta Sarah, dont le visage devint li\ide et eflr.iyant de désespoir: ils ont tué ma lille!

— La Gonaleuse, votre fille !!!... répéta Rodolphe en se reculant avec horreur.

— La Gonaleuse... oui... c'est le nom que m'a dit celte femme surnommée la Chonelle. Morte... morte ! lepiit Sarah , toujours immobile, toujours le regard lixe ; ils l'ont tuée.

— Sarah ! reprit Rodolphe aussi pâle, aussi effrayant que la comtesse.

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