‹ MathildeChapitre 30 sur 207 · CHAPITRE XXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVII

Une bonne œuvre.

Les réilexinns que je (is après celte triste conversation avec mon mari ne furent pas stériles; je pensai que peut-être le manque d'iuie occupation attachante, sérieuse, me rendait si susceptible, si impressionnable. Je renonçai pour jamais, et avec des larmes auières, je l'avoue, à cette conviction, que mon amoin- pouvait être la seule, la constante occupation de ma vie.

Bientôt j'allai plus loin; par suite de mon habitude de m'accuser pour excuser Contran, je me lis un reproche d'avoir ju>qn'alors concentré mon existence dans celte affection ; je me dis (jue Dieu me punissait peut-être ainsi de ma personnalité. Dès que cette pensée me fut venue, je me crus sauvée ; le passé m'apparut sous un jour tout nouveau, je compris que l'exagération de mes sentimenls romanesques avait dû mécontenter Contran. Je compris qu'une femme avait sur la terre une autre mission .i remplir que celle d'aimer, ou plutôt que, tout en brûlant pour un être unique et adoré, l'amour inunense dont notre cœin- est consumé devait jeter de généreux rellcts sur tons ceux qui souffrent... de même que noire religion pour l'Etre unique et infini qui a créé les mondes doit se nianirc^lcr par notre boulé et par notre pilié pour tous... I.c jour où celle |iriis('o m'avait éclairée comme une révélation divine, j'attendis le retour de iMUitran avec impatience.

Sans doute ma physionomie trahissait ma joie, mes cspéiances, car, en me voyant, il me dit : — Mon Dieu ! vous avez l'air bien joyeux...

OO l'aiii -Itnprimciie Sclmeider, rue flTrfurlIi, I.

Ursule.

— Mon ami, j'ai fait aujourd'hui une précieuse déeouveric. — Comment cela ? — J'ai découvert que vous aviez raison de me gronder, que j'avais tort d'être exagérée, romanesque, comme vous me reprochiez de l'être ; en un mot, que mon amour pour vous était mal employé ; j'ai découvert enliii qu'il ne devait pas me suffire de vous dire : Contran, je suis digne de vous, mais qu'il fallait vous le prouver antrenieiit que par des protestalioiis de chaque jour. — Que voulez-vous dire, .Malhilde? — Oui... mes plaintes eonlinuclles devaient vous impatienlcr, je ne me plaindrai plus ; aussi, désormais, vous ne nie trouverez plus triste et morose à votre retour ; je serai toujours, comme aujourd'hui, heureuse,

souriante. — Tant mieux, mille fois tant mieux : pour quelle raison changeriez- vous ainsi ? — 'oh ! j'ai de grands projets. — De grands projets qui vous rendront heureuse et souriante? voyons vite, qu'est-ce que'c'est? — Vous savez bien le petit château (c'était une assez grande maison qui dé|)cndait du château do Maran, et qui louehail aux Communs; du temps de mon grandpère, on logeait dans celte succursale les hôtes qui survenaient, lorsqu'il n'y avait plus de place pour eux au clu'iteau)? vous savez bien le petit château?

dis-je à Contran. — Oui, ensuite. — Il nous est complètement inulile. — C'omment, inutile! c'est là où est mon chenil, ma sellerie et le logement de mes gens d'équipage!... — Lorsque vous saurez à quoi je destine le petit ch,àleaii,dis-jeen souriant, je suis srtie que vous convieiidiez comme moi que voire chenil, votie sellerie et vos gens |ieuvcnt parlaitciiients'établirauxCommiiiis, dont une partie est inoccupée.

M. de Lancry me regarda avec étonnement et me dit: — Comment, vous pensez à déloger mes gens du petit cliâicau!... Ah çà ! c'est une plaisanterie. — Mais non, je vous assure... — Allons, allons, ne parlons plus de cela, ma chère amie ; il est impossible de mettre mon chenil ailleurs qu'au petit château, le jardin qui en dépend est enclos et excellent pour l'ébat des jeunes chiens et des lices pleines. L'ancien chenil est d'ailleurs très-humide, et n'a qu'une petite cour obscure : vous voyez donc bien qu'il ne faut pas songer à ce changement. — Savez-vous, mon ami, que je suis presque contente de ce que vous tenez à ce petit chàleau pour vos amusements? votre part sera encore plus méritoire que la mienne dans la bonne œuvre que je niédile; car vous aurez fait un léger sacrilice, et moi je n'aiiiai eu que du plaisir.

Mon mari me parut fort surpris. — Une bonne œuvre... nn sacrifice... Ah çà ! ma chère amie, ne me parlez pas en énigmes: qu'est-ce que tout cela signifie? — Cela signifie quej'ai une excellenle idée dont vous :dlez tout à l'heure me remercier; je veu'x fonder, au petit château, une école pour les jeunes filles ; au rei-de-chaussée, au premier étage, je

MA'l'HILDE.

renii disposer quelques lils pour les pauvres femmes malades. Trois on qnalrc bonnes suMii-5MiHii oui pour ce pclitélablissemeni, qui sera sons ma haule surveillance, el (pii nous vaudra les béiiédiclions de lous les niallieurenx dn pays; je ferai nioi-nu'ine la leçon aux cnfanls, ils auroiil une uioilié dn jardin pour jouer, laiilie moitié sera tonsacréc aux pauvres lénnnes touvalcscenles. Kli bien ! mainlenanl, direz-vous encore que vos chiens seroiil lr(qi mal aux Coninuuis?

M. de Lancry paiiii d'un éclat de rire qui me déconcerta, et s'écria en s'inleironipaiil pour lire de nouveau : — .le tiouve, m vérité, celle idée fort originale ; il n'y a que vous, ma clierc amie, pour en avoir de pareilles... — Connnent I...— Ah (;à ! séricuscnioiil, vous vous ima^'inc/. que je vais ni'empàler ici d'un tas de mendianls cl d'enfants'.' pour avoir la Irte roiupue des criailleriez^ des marniols el la vue choquée par un ramassis de vieilles li'nuncs inlirmes ! — Mais, mon ami, le pelil cliàicau est éloigné d'ici, el l'on ne peut ni voir ni entendre... — Allons, allons, vous êtes un cnlanl pai... une pelile folle, me dit mon mari avec \ui sang-froid moipiem (pu me navra. Ne parlons plus de cet enfantillage. Comment I pour le plaisir de jouer à la maîtresse d'école et à la dame de charilé, pnuvez-vous penser sérieusement à déranger mes gens el mes ( hietis, ipii sont là parfaitement élablis? — Mais, mon ami... — Voyons, chère petilc capiicieuse, commenl des projets si étranges peuvent-ils vous venir dans la lèlc'.' Dites-moi cela bien hanchcmeiit.— Comment, Gonlrau .' dis-je eu sentant les larmes me venir aux yeux, car j'élais loin de m'atlendre à cet accueil et à ces sarcasmes; je vais vous dire coiinnent cela m'est vomi à l'esprit. .l'ai reconnu que vous aviez raison, ipie je devais faire autre choiC ipie de vous parler sans cesse de ma tendresse ; j'ai senli qu'il élail |)res(pie ini|iie de ne songer qu'à mon amour pour vous, el que, sans vous aimer moins, je devais faire toul le bien que je pourrais faire, .l'ai songé que ce sérail encore un moyen de vous témoigner mou allection, car c'esl le désir de vous paraître encore plus digue de vous qui m'a inspiré celle résolution... Voilà comnient cette idée m'est venue à l'esprit, Gonlian.

— Sans doute le but est fort louable, ma cliere amie, cl je comprends que vous ayez ici besoin de distractions. Mais je vous avoue qu'il en est que je préférerais à celle que vous médilez, quoique je doive relircr une partie du prolit des bonnes œuvres auxquelles vous m'associez si généreusciuent. Enire nous, je suis fort le serviteur do vos inlenlions philanthropiques, mais je choisirai plus tard une autre vole de faire mou salut. — Mais, mon ami... — Voyons, je vous en prie, Malhilde, ne parlons plus de cela. Si vous éliez d'un autre caractère, je croirais que vous plais.intez. ~ Je parle sérieiiscmcni, Contran, el c'est sérieusement qi:e je vous supplie de m'accorder ce que je vous demande. — Ah çà ! sérieusemenl, ftlalhilde, est-ce que vous prétendez vous moquer de moi'.'— Contran, quel langage! quel accueil! et pourquoi? Parce que je vous prie de vous associer à une (Ciivre bonne el utile ! W. de I anciy haussa les épaules avec impatience, cl nie dil sèchement : — J'ai fiil tout ce que j'ai pu pour ne voir qu'une iilaisanlerie dans celle iniagijialioii ; mais, puisque vous me force/, enliii de vous parler neltcinenl, je vous dirai une dernière fois que ce que vous me demandez est impossible. Vous m'entendez, complélemcnt et absolument impossible. .I'es|ièie que c'est a^s z clair, cl que vous m'éviterez de revenir sur un pared sujet.

Tour la première fois de ma vie, je nie révoltai contre la volonté de M. de Lancry; je lui dis très-fermement ; —Je rcgrelte beaucoup de n'élre pas d'accord avec vous à ce sujet, mon ami, mais ce projet est praticable, je tiens beaucoup à ce (ju'il snil cxéculé, et il le sera. .Mon mari me regarda d'un air peut-êlre eiico:e plus surpris que courroucé, et me dit en souriant avec ironie : — Ah çà ! suis-je ici le inailre, ( u ue le suis-je pas'? — Vous êtes le maitre, mon ami : je ne cenirarie pas vos goûts ; de glace, laissez-moi la même liberté. — l'esté ! comme vous y al'ez! (!omuiciit, que je vous laisse la liberté de gaspiller hiiil ou dix niille francs par an, el même davanlage, pour une finlaisie qui vous passe par la lèlc, car vous ne savez pas dans qiii lies dépenses vous jetterait celle belle manie de charilé ipii vous prend si subitement... .Mais, tenez, je suis ton de vous répondre, seulemenl. — Si la question d'argent vous préoccupe, mon ami, ne vous en embarrassez p.as ; j'économiserai sur ce que vous me donnez par mois, et... — Mais je n'cnlends pas cela du tout, ma chère amie ; je veux que vous soyez mise avec l'élégance que comporU'iil noire forinne el notre position. Voyons fraiicheineut : croyez-vous ipie pour vous laisser enseigner l'A, B, C, D, à des marmots, ou pour vous donner l'agrément de fournir des drogues à des vieilles fenunes, je soiifl'rirai tpie vous soyez mise avec une mesquinerie ridicule.' Allons donc... ma (hère Malhilde... je veux qu'on dise que madame de Lancry est une des fciniiies les plus élégantes de Paris; vous êtes un de mes luxes les plus eharmanis...

il y avait tant d'égoisme, laiil de sécheresse dans les objections que me lit mon mari, il y avait si peu de iiitié pour le pieux et noble sentinienl auquel j'dbéi-sais, que j'en bis indignée. Pour l.i p'.emière fois aussi, je songi'ai ipi'après loii't j'étais chez moi, dans la maison de mon père, el que sans iu;usliee je pouvais vouLîir dépenser en bonnes œuvres une pallie bien minime de <clle fortune que mon mari dissipait en prodigalités. Je répondis donc à M. de Lancry après un assez long silence : — Vous m'excuserez de ne pouvoir pas partager voire opinion au sujet de celle école, et de...Gonlraii frappa du pied avec colère, ne ijiè laissa pas continuer, cl s'écria : — Commenl , encore! comment!

après tout ce que je vous ai dit I Ah çà ! vous avez donc décidément jure de me mettre hors de moi? vous ne m'avez donc pas entendu'? je vous dis que je ne le veux pas, que je ne le veux pas! Combien de fois faudra-t-il vous le ié| éu-r?

Je ne pus me contenir davantage, el je m'écriai : — Eh bien ! moi... je le veux. — Vous le voulez! voilà du nouveau. Dieu me pardonne, vous dites vous le voulez, je crois. —Oui, lar je me lasse à la lin de soufbir et de me résigner toujours. Ce langage est nouveau. Il vous étonne, je le conçois. Coniiaii ; mais cette fois je ne céderai pas; ce que je demande est juste et raisonnable, el je l'obtiendrai! — Ah! ahl... vous! vous l'obliendrcz? el comment cela, s'il vous plall? Voyons, par quel moyen? A qui vous adicsserez-vous pour me forcer à faire ce que je ne veux pas faire ? Voyons, répondez... Avant d'en venir à ces extrémités, à ces menaces, vous vous éles sans doute assurée des moyens d'arriver à vos lins; encore une lois, répondez donc ! J'élais atterrée... je ne trouvais pas un mol à dire à mon mari. Non seulement une luilc contre lui m'épouvanlait, mais elle me paraissait impossilile. Mon instinct me disait que la loi, que les usages donnaient raison à M. de Lancry conire moi. Avant (pie de renoncer à cet espoir, je voulus tenter un dernier effort, en m'adressant au cœur, à la générosité de Gontran. — Sans doute, je ne puis pas vous forcer à hue ce que je désire, mon ami, mais je puis vous le demander comme une grâce. IS iiilerpréiez pas mal les paroles que je vais vous dire, mais votre refus me force à vous parler ainsi; el j'ajoutai, je l'avoue, en tremblant et rougissant de honte : — Celte maison appailenait à mon père, d...

— Si c'esl une manière indirecte de me laire sentir que vous m'avez apporté une grande partie de la forliine dont nous jouissons, répondit M. de Lancry avec le plus grand sang-h oid, le reprocbi" est délicat el de bon goùl assurémeni ; mais il in'afl'ecle peu. Depuis longtemps je rattciidais, cela devait arriver un jour ou un autie; c'est le refrain habiiiiel des femmes, lor-(|u'un mari prudent el ferme s'oppose à leurs fantaisies. Eli bien I madame, que (elle maison ail ou non appartenu à votre père ; que la fortune dont nous jouissons soit venue de votre coté et non pas du mien , il n'importe ; une fois pour toutes, rappelez-vous bien que nous sommes mariés, de telle sorte que vous m'avez donné des pouvoirs tels, qu'à moi seul, vous entendez, à moi seul, appartiennent l'cm|iloi et la gestion de ces biens; moi seul j'autorise ou non les dépenses que vous voulez faire ; je vous demande mille pardons d entrer dans ces détails de ménage, mais j'espère que ce sera bien entendu une fois pour toutes; cela vous évitera, à vous, le désagrément de demander désormais des choses impossibles, et à moi le désagrément de vous les refuser. Eu vérité, si l'on n'y niellait pas ordre, vous feriez un joli emploi de vos biens. Il y a six mois, c'éiaii une maison que vous vouliez acheter à Chantilly, sotis le prétexle que nous y avions passé quchiues jours heureux.

— Ah ! Contran, in'écriai-je, ne pouvant conleuir plus longtemps mes i;iriiies, tenez, c'est affreux; vous êtes devenu impitoyable 1 Au moins autrefuis, à vos duretés succédaient parfois des retours de tendresse et de boulé , au moins vous aviez pitié du mal que vous me faisiez... Mais maiiiienaul, rien, rien, pas un seul mol de consolation. Hélas! je le comprenrls, aiitrelois vous éliez malheureux, l'avenir vous inquiétait ; vous aussi vous saviez alors ce que c'était que le chagrin, cela vous rendait meilleur. — Des reproches, toujours des reproches! dit Goniran en levant les yeux au ciel. Sa voix me parut moins menaçante, j'espérais l'avoir louché. — Coniran, m'écriai-je, peut-être mes reproches sont amers. Piuirtaiil soyez juste; à part ces jours de bonheur rapides, dites... dites... n'ai-je pas clé la plus malheureuse des feinmes? Songez à mon enfance, à ma jeunesse si triste el si pénible. Tenez, je ne vous demande qu'une chose : oubli; z ce que je vous suis, consid •rezinoi seulement comme une étrangère, el dites, là, dites... si je ne fais pas pilié.

El je tombai assise dans un fauteuil, eu cachant ma tête dans mes mains, ne pouvant plus trouver une parole. — All-.ns, voyons, calmez-vous, me dit M. de Lancry en s'approchant cl en s'asseyant à côté de nud. Vous êtes une petite folle, vous avez un caractère si exalté, que vous vous exagérez tout en noir. Parce que pariniérêt pour vous je rehisedc sanctionner vos projets bizarres... allons... géin'reux si vous voulez... mais inexécutables... vous vous emportez... vous nielU z les choses au pis. Mon Dieu, si vous saviez par suite de (pielles pensées j'en suis venue à désirer fonder cette bonne œuvre, dis-je à Contran, vous comprendriez mon insistance à ce sujet. — Je comprends lout, ma chère amie. Mais voyons, parlons raison. Vous allez dépenser beaucoup d argent pour établir votre école cl votre hospice. C'est une noble cl pieuse dislraclion que vous voulez vous donm r, rien de mieux ; mais est-il sage, est-il même humain d'accoutumer de pauvres gens à jouir de bienfaits qui peuvent être ires-éphémères? — Je vous assure, mon ami, que je I e me lasserais jailiais di' faire le bien. — Il y a mille cireonslanccs pourtant où cela pourrait vous devenir impossible. Ainsi, par exemple, pour ne vous en citer qu'une, il n'y aurait rien d'éloiinanl à ce que je vendisse celte terre un jour ou un autre.

— Vendre celle terre.... mon Dieu! El pour(iuoi cela? — Elle vnnl plus d'un million, cl ne me lapporle pas vingt mille livres de renie net d impiils el de ri'paralioiis; l'habilatioii es! incommode, les terres soiU divisées; somme loiile, c'esl un séjour tre-manssade; eh bien ! en vendant Maran un milliiui el en plaçant l'argeut sur l'Elat ou sur la banque de France, cela nous ferait cinquante mille livres de rente, au lieu de vingt à peine que rapporte celle terre. — Vendre Maran! mais vous n'y

pensez pas... ce domaine est dans notre famille depuis si longtemps, ma mère l'a habité, je... — Tous ces avantages chimériques ne valent pas lesaciilicedc trente mille livres de rente, convenez-en. — Bluisqu'avousnous besoin de tant d'argent? ne pnuvons-nous pas vivre avec ce que nous possédons déjà? — Enfant... dit Contran avec une conq>assion railleuse, vous n'entendez rien aux affaires; on n'a jamais trop de revenus; vous ne savez ce que coûte une maison, et d'ailleurs je veux que cet hiver à Paris nous recevions beaucoup etavec maguilicence; je tiens à prouver que la révoluiion de juillet ne nous a pas abattus comme ou le croit.

— Mais sérieusement, mon ami, vous ne songez pas à vendre Maran? Je vous supplie en grâce, ne failes pas cela; je suis déjà attachée à cet endroit... — C'est pour cela qu'il vaudra mieux nous eu défaire avant que vous y soyez attachée davantage. — Mais, mon ami, je ne voudrais pas... — Allons-nous encore recommencer nos querelles? écoulez donc la raison. Combien de fois faut-il vous dire que la loi me doime absolument, vous entendez, absolument, la gestion de vos biens; que je puis vendre, acheter, placer comme bon me semble ; si je crois utile à nos intérêts de vendre cette terre, je la vendrai... et je suis tellement près d'avoir cette conviction-là, que je ne puis consentir à vous laisser fonder icijdes établissements de bienfaisance qui pourraient avoir à peine six mois d'avenir. Ceci est bien entendu. Je vous quitte ; je vais voir comment mes chiens d'arrêt ont mangé, car j'ai fait une chasse rude aujourd'hui. Et M. de Lancry me laissa seule.

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