‹ Mathilde, ou, La jalousieChapitre 16 sur 46 · TOUS · texte numérisé non relu

TOUS

THÉOB.ALD. Eh bien! la dispute aTèc M. de Mauclair... Ah, vous ne savez pas? Ce grand fashionnablo lui avait enlevé sa danseuse... 11 y a une demi -heure; je croyais avoir arrange l'affaire... Ahl bien

* Mathilde, Alfred, Mad. Darbert.

UATBILDE.

oui... Il paraît qu'il a la tête chaude, le petit Lucien ; il a demandé une explication à ce grand fat à besicles... qui a un pied de plus que lui... et une main!..

M AD. DARBEFiT. Achevez, que s'est-il passé?., achevez donc !..

ALFRED. Mon Dieu!., quelle émotion !.

MATUILDE, vivement à Alfred. Et vous?

THÉOBALD. Je suis arrivé comme la querelle s'échauiTait... M. de Mauclair a dit un mot qui a blessé l'autre... une allusion à sa parenté avec Antony et le beau Dunois...

IIAD. D.KRBEKT , vivement. Après?..

THÉOBALD. L'autre lui a répondu insolemment, et comme j'avais l'honneur de vous dire, il allait recevoir le plus effroyable soufflet... lorsque heureusement pour lui, je suis arrivé juste à temps pour lui épargner cet affront,

ALFRED. Vous avez empêché...

THÉOBALD. Rien du tout, au contraire, et si M. de Mauclair a la vue faible, ilpeut se flatter en revanche, d'avoir la main solide, j'en suis devenu cramoisi.

ALFRED. D'indignation?

THÉOBALD. Non, de surprise!

ALFRED. Bah ! vous avez reçu ?

THÉOBALD. En plein...

ALFRED, r/an/. Ah! ah! c'est drôle...

THÉOBALD. iS'est-ce pas? c'est ce que tout le monde a dit.

Air du Verre.

La soirée est chaude : En entrant, Sur le parquet j'ai pris mesure, Et par un quiproquo charmant Voilà qu'il pleut sur ma figure I De ma chute encore affecté.

Pour moi, quelle fête est la vôtre!

J'ai cru que j'avais d'un côté Reçu le contre coup de l'autre.

J'ai voulu me fâcher, mais le moyen, il y avait erreur, Lucien l'a si bien senti...

ALFRED. Le soufflet •

THÉOBALD. Eh! non, l'erreur... que je l'ai laissé se charger de l'affaire qui doit être arrangée maintenant.

MAD. DARBERT. Vous croyez ?

THÉOBALD. Parbleu, ils se battront!

MAD. DARBERT. 0 ciel!

THÉOBALD. Il n'y a pas moyen de s'arranger autrement... d'abord, moi, je ne le veux pas... il faut que ma joue soit lavée... Il remonte la scène.

MAD. D.ARBERT. Que dites-vous? Lutien...

ALFRED* s'approchani dt madame Dar»

bert, dmi^voix. Vous vous intéressez bien à ce jeune homme, madame!

MATHILDE. de même à Alfred. Cela VOUS inquiète, monsieur?

THÉOBALD. Ah! M. Darbcrt les a séparés!..

Les invités entrent par toutes les portes. CBOELB.

Air nouveau de Doche.

MàD. DARBERT.

Grands Dieux '. une pareille offense !

Quel trouble vient de me saisir...

S'il voulait en tirer vengeance.

Je tremble, je me sens mourir !

MATQILDE.

£h, que m'importe leur offense, Poui- moi seule je dois souffrir.

S'il me trahît, son inconstance Je le sens me fera mourir.

ALFRED

Elle tremblait pour lui, je pense.

Le danger qu'il pouvait courir.

Alarmait son cœur, et d'avance Pour Lucien L faisait frémir.

THÉOBALD

Pourluij'ai re^u cette offense, C'est donc à lui de l'en punir.

Mais s'il renonce à la vengeance J'irai me battre avec plaisir.

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