‹ Mathilde, ou, La jalousieChapitre 26 sur 46 · MATHILDE, THÉOBALD, ALFRED · texte numérisé non relu

MATHILDE, THÉOBALD, ALFRED

ALFRED , sajis les voir. Enfin , ils sont partis... elle doit m'attendre!.. {Apercevant Théobald.) Ah! monsieur Théobald... par quel heureux ha«ard...

THÉOBALD.* Ln hasard, en effet... je venais, j'étais... je passais... je... (A pari.) Je dois avoir une figure prodigieusement ridicule...

MATHILDE. M. Théobald est surpris...

cela devaitêtrc... il te croyait sorti...

ALFRED. Moi! comment?..

THÉOBALD. Permettez...

MATHILDE. Oui, sorti... pour un rendez-vous... où tu dois être impatiemment attendu... n'est-ce pas? monsieur?..

THÉOBALD. Madame... {A pari.) Ohl

ALFRED. Plait-il? . ^^

THÉOBALD. Je n'ai pas dit. [A part ) Je suis dans un guêpier.

MATHILDE. Oh! monsieur l'a su d'une singulière façon. Je devais le savoir au^si , tu n'as point de secrets pour moi... et j'en douterais encore... si monsieur n'eût entendu de la bouche même de la personne qui doit s'impatienter...

ALFRED. Cela ne se peut pas. (Avec un regard sévère. ) M onsieur !

THÉOBALD, très embarassc. C'est-à-dire, pardon... je vous demande trois mille, pardons... je disais à madame: En supposant que votre mari... car, ce n'était qu'une supposition... je vous prie de remarquer que ce n'était qu'une chétive supposition...

ALFRED. Si en effet le hasard, ou quclqu'autre circonstance... que je ne peux pas

comprendre avait instruit nion>^icur

d'une affaire qui me réclamerait en ce moment , il doit savoir aussi , qu'une indiscrétion de sa part mériterait un autre uom«>'

* Alfred, Théobald, Matbilde.

HATniLD3«

TnÉOBALD. Comment donc!., monclicr monsieur de Savciiay, vous pouvez être sûr que jamais, au grand jamais, je ne dirai...

MATHILDE. Cc que VOUS savez...

TIIÉOCALD. I\Ioi... je sais... il me semble que je n'ai pas souillé un mot...

ALFRED, bas. C'est bien...

MATHILDE, appuyant. Oui... C'est trèsbien...

TIIÉOBALD, les regardant allernativemeni , et scjfoirant de rire. Eh ! cli ! eh ! oh! [dparl.) Est-ce que ça va durer long-temps connue ca!..

MATHILDE. Quant à moi je n'insiste pas... je ne siis rien .. je ne veux rien savoir...

ALFRED, d part. Enfin !

THÉOBALD, à part. Je respire... C'est la première fois depuis vinp^t minutes.

MATHILDE, regardant Théobald. 31ai3 il faut que je sorte.

ALFRED. Vous!..

THÉOBALD, dparl. Oh! mon Dieu! nous y revoila !..

MATHILDE. Oui... unc visite... chez madame Darbert.

ALFRED. Madame Darbert.

MATHILDE. Ne voas dérangez donc pas mon ami... Si vous ne pouvez pas m'accompagner. ..

ALFRED, s'asseyant. Oh! moi... merci...

je ne sors pas ce matin.... [A part.) Estce qu'elle saurait...

MATHILDE. En ce cas... M. Théobald...

— 'lui m'oiTrait tout ù l'heure avec tant de complaisance...

THÉOBALD Moi, Madame...

Air : Vaudeville de t'Apolbicalre,

Ehl biea j'accrpte votre bras I ALFRED, bas.

Restez...

Monsieur , je vous en prie , THÉOBALD.

Quoi ! je ne l'échapperai pas !..

Venez !

ALFRED, bas.

Restez !

THÉOBALD , à part.

Quelle agonie !

HATHILDB.

Yotre bras,

ALFRED; bas.

Je TOUS le défends ,

THI-OBALD.

Grand Dieu ! l'épreuve e.tt des plu» fortes , Je dois avoir l'air, je le sens, D'un homme pris entre deux porte»!..

Mou Dieu! Madame... je suis désolé...

mais je ne puis pas avoir l'honneur...

M\T1MLDE. Vous me refusez ..

THÉOBALD. Pas du tout .. (ic reprenant.) C'est-à-dire une affaire importante... la querelle de cette nuit... il faut absolument que je sache où cela en est, car enfin... si le petit Lucien fléchissait, il faudrait bien que moi-même...

ALFRED. C'cst-ça..,

MATHILDE. Eh! Monsietir... pour me conduire à deux pas... chez mad. Darbert.

THÉOBALD. Mais si elle n'est pas chez elle.

ALFRED. Chut!..

MATHILDE, d part. Ce n'est pas là...

THÉOBALD, à part. Qu'est-ce que j'ai dit!..

MATHILDE, observant Alfred. N'importe, vous me conduirez chez sa soeur...

ALFRED. Oui... chcz sa sœur.

MATHILDE, d part. Ce n'est pas là.. .

THÉOBALD. Chez sa sœur .3..

MATHILDE. Non, non, dans la maison où elle est...

THÉOBALD, allant vers le fond. Pardon !. je cours chez Lucien... rue d'Anjou...

MATHILDE , qui s'est rapprochée d'Alfred, quelle obser}:e.\ïA\ bien!., c'est votre chemin...

THÉOBALD. La ruc de Choiseul...

ALFRED, se levant. Ciel?..

MATHILDE. rue de Choiseul... {à part. ) c'est là...

THÉOBALD, à part. J'ai dit une bêtise... {haul.) C'est- i-dire, .Madame... je voudrais... je ne dis pas... c'est que... {à part.) Ah! ma foi! il n'est pas permis de placer un homme dans une situation aussi personnellement désagréable.

MATHILDE, souriant d'un air de contentement. De grâce Messieurs!.. Vous, mon ami, restez... M. Théobald peut vous tenir compagnie...

THÉOBALD. Madame... (dpart.) Ils s'amusent tous les deux à me promener sur un buisson d'épines.

MATHILDE. Le domestique me suivra...

je vais moi-même... cette pauvre Marguerite ! j'aurai du plaisir à lui porter des secours en votre nom, Monsieur...

THÉOBALD. Marguerite, qu'est-ce que c'est encore?

MATHILDE; avec ironie. Une pauire fein«

LE MA.GASIN THÉATEV^.

me, que .M. de Savenay va visiter quelquci'ois, dans sa niaii.'-anlp, par charité.

ALFRED, à pari, l lie a deAiiié...

MATHILDE. arec une révérence. iMessienrs, ne vous dérangez pas... {A part.) Ah ! je la verrai avant lui!

Elle Sort par la droite.

TBÉOBALD. Cloué ici, avec le mari ..

c'est extrêmement divertissant...

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