SCÈNE XL
ALFRED, M. DARBERT, iMAD.
DARBERT, cac/ic^.
DARBERT. Je ne vous dérange pa.'i ?
ALFRED. Woi !.. [Regnlaul auioiir de lui ci ne la xoyanl plus.) Ah! je respire. .
DARBERT. Vous êtes étonné de nie voir!
mais je reviens de la banque, et je n'ai pas voulu passer si pr«;s de vous, sans vous donner un avis eharitable... Eh! mais, vous avez l'air triste . , préoccupé...
ALFRED. Du tout.. . du tout, je vous assure...
DARBERT. Vous m'avez rendu un service, et je veux vous en rendre un autre; d'ailleurs , entre maris, il faut se protéger un peu, par esprit de corps ..
ALFRED. Que voulez-vous dire?
DARBERT. Oh ! c'est une rencontre que j'ai faite ce matin qui m'a donné ces idéesci... mon cher ami, il y a dans notre société un fat .. M. Théobald, dont il faut se défier, entendez-vous, il est ridicule pour nous... mais il paraît que ces dames sont d'un autre avis... je l'ai rencontré.
ALFRED. Avec ma femme...
DARBERT. Je n'ai pas dit cela.
ALFRED. Oh! je le sais...
DARBERT. Ah! c'c.5t différent... dam!., ça m'avait l'ait peur pour vous, un confrère ! et comme votre femme est un peu jalouse, je voulais vous engager à ne pas trop l'irriter, parce qu'une colère de femme, voyez-vous, c'est terrible... mais puisque c'est vous qui l'avez confiée au bras de JM. ïhéobaid...
ALFRED. Et sans crainte, je vous assure...
DARBERT. A l'heure où elle devrait se reposer des fatigues du bal... comme ma femme; mais n'en parlons plus... pendant que je suis chez vous... vous êtes li])rc n'est-ce pas?
ALFRED. Parfaitement...
DARBERT. \'ou3 allez me donner la lettre que vous m'avez promise pour votre beau-frère du Havre...
ALFRED. A l'instant... si vous Toulez passer daas mon cabinet... là.,.
DARBERT. Volontiers... (// fait quelques pas et retient.) Elle me servira, je l'espère, quoique ce petit lAicien me fasse une peur en ce moment-ci...
ALFRED. Comment?
DARBERT. Que voulez-vous? ces diables de jeunes gens... ils vous échappent si vite... il est vrai que je ne l'aurais pas retenu malgré lui. .. je sais ce que c'est qu'une aflaire d'honneur.. . une première affaire...
ALFRED. lM. Lucien...
DARBERT, allant vers le cabinet. Il se bat, aujourd'hui...
MAD. DARBERT, poussant an cri derrière le rideau. Ah !
ALFRED, effrayé. Ciel!
DARBERT, regardant. Hein ? qu'entendsje ! (Voyant remuer le rideau.) Là... {^Regardant Alfred.) Vous n'étiez pas seul...
ALFRED. Vous croyez... c'est possible.
DARBERT, allant à la fenêtre. C'est quelqu'un qui se trouve mal, monsieur.
ALFRED, se jetant-aa devant de lai. Non, non!
DARBERT, à 7ni-voix. Alfred! ah 1 c'e.st mal... une femmeici... et la vôtre, jalouse, monsieur, jalouse! vous ne savez donc pas, ce que c'est que ce tourment-là!..
ALFRED. Monsieur, monsieur... je vous jure sur l'honneur... .
DARBERT, baissant lavoix. Renvoyez-la, je vous en prie...
ALFRED , le poussant vers son cabinet. Oui , oui, je vous rejoins.
DARBERT, élevant la voix. Jt vous>^' tends...
Il entre à gauche, Alfred ferme la porte.
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