‹ Mathilde, ou, La jalousieChapitre 28 sur 46 · MATI1IL · texte numérisé non relu

MATI1IL

AlAD. DARBEIIT, se levant virnneni. Lucien ! et ninn niaii , nh! niuii>i('iir , ils élaioiit en.^oniblc, l.iiLicn ! cVst de lui qiie je viens vcms pailcr

ALFiSKO. (>oniiu(nt, de ce jeune lionimc. que .. pciil-rue...

MAD. DARIJERT. M. de Savenay, écoutez-moi., l.ong-temps, vous m'axez parlé de voire amitié, je l'ai crue, je veux la croire encore pure et .-iiuèrc, j'avais besoin d'un appui, je n'ai vu que vous, et quand je viens me confier à 1 honneur, à la loyauté d'un aini... vous ne vcnnlrez pas que je sorte dici avec la pensée que vous n'etifz pas digne de m'eiiliiidre

ALFr.ED, à pari. i)yu\ trouble! [Haut.) Je vou< écoute, madame...

MAD. DAUBERT. Luiien a été insulté hier il ma soirée... M. de Maudair, Aotre ami, lui a fait un (rime de sa nuissancc; cette querelle a jeté l'épouvante dans le cœur de sa mère.

Ai.FP.F.D Sa mère? il ne la connaît pas. M\D D\RBERT. Mais, lîiui, monsieur, je la connais.

ALFRED Vous?

MAD DARJÎERT, ■'•e reprcnanl. Oui, je la connais, une amie de ma famille, de la vôtre, peut-être. . oli ! bien uialhiurruse; si v'-us "^avK zs.in anxiété, son déscsjioir, vous en auriez pitié comme moi.. .

ALFRKD. Qui donr, uiailame, qui donc?

M\D. DVRHERT. Ah! ne me demandez

pas .NOiiaci rcl, il ferait tiop de malheureux;

le coupable n'est pins, il y a long-temps;

^ n^a été rejoint dans la tonibe pur ccu-t

qui ont trompé un honnête homme par ht r sibnce; leursilence qu'elle u maudit .. au ourd'hui elle exp c le crime des autres. par ce -ecret qui doit mourir avec elle, et avec moi: jug;ezsi elle y tient... si elle me supplie de le ^"^arder. .. eu m'envoyaiit ;'i vous, à vous que nous estimons toutes 1rs deux... l'idée S'ulc que mon mari puisse connaître le motif qui m'amène chez vous... <|ue votre femme puisse l'apprendre, la tueri.it!

ALI RED. Giand Dieu!

MAD. DARBERT. Oh! silence... n'est-ce pas?..

Air : Fii's d'un soldat.

A votre cœur ioy.ii et jiéné eux Ldisqu'une mère aux lai.-ncs condamnée, 0*e livrer S'S craintes < l ses vœux Et dai:B vos mains iiit-ttrr; -a destinée, Auii prudent, et discret prott ctenr, A!:! taisez-\ous! c'es le si en t d'une autre Cachez-li- bien au fond île votre cœurl Ce>t unr femme enfin ! el sun tioniieur Se met »ous la gaide du vùtrel..

ALFRED. Ail ! madame , parlez^ que pui.>!-ie fane pour son lil-.?

MAD. DVUilEKT. il est seul... Seul au monde, monsieur, il ne sa<t pa.s que sa mère ve lie sur lui., il doit l'ignorer à jamais .. le ciel vient de lui enlever l'auii à qui sa jeunesse fut confiée...

ALFRED. \ï. I urville!

MAD DARBERT Dè> lurs, il n'y a plus personne qui puisse se placerenire sa mère et lui pour assurer sou cxi-lence... pour veiller sur ses )our.«-.

ALFRED. Mais VOUS, madame...

MAD. DARBERT. Vloi! \.S'f /forçant tic souri) n.) Oli ! elle ne le veut pas... elle craint mon mari... M. Darbert... que saisje? une folie. . mais, c'est moi qui vous parlerai d'elle... de >on fils... qui vous en parleiai souvent, si vous acceptez. Oh!., oui., dites?. .vous ne refusez pas le service que je vous demande... pour ces deux infortunés.

ALFRED, lui tendant la main. En doutez-vous, madame?., oui, je serai son ami. . ma maison sera la sienne, je vous réponds de lui ' mais cet iutt-rêt qu il vous in.-pire. ..monsieur Darbert l'éprouve aussi, ma'iame. . car il v ouUiil ce matin l'eL-iguer de l'aris ..

^L\D DARBERT. Lucien!., l'éloigncr de sa mire qui ne le venait plus! oh! non... non, monsieur., ne les séparez pas...

ALFRED. La querelle d'hier donnait des craintes. ..

MAD. DARBERT. C'est ce qui m'ép .. {Se repr'^nait.) Ce qui nous épouvante toutes l'S d. ux... mais raflaire s'est arrangée chez moi... on me l'a dit, et pourtant je tremble cniore. .. aussi, Lueien doit recevoir tn ce moment un billet de.. [Si-- reprenant.) Ln bille de sa mère... c'est le premier'., elle ie prie ù genoux, de vivre pour elle! qui 1 aime tant... mais qu'a-t-elle ie droit d exiger

ALFRED. nasHircz-vous .. .M de Mauclair I st mon ami... je le verrai...

MAD. DARBERT. Oh oui.. n'cst-ce pas?

car s il- allaient se retrouver ensemble... une nou\ elle provocation...

.VLFRED, ccoutaitt. Non... soyez sans crainte...

MAD. DARBERT. Oh! VOUS a ez compris les larmes, les prièn s que je vous ai apportées... et la reconnaissance...

ALFRED, prêlunl l'oreille xen le fond.

Ecoutrz. ..

DARBERT, en dehors. Merci... c'est inutile...

du

BIAD. DARBERT. Mon mari! je suis per-

LE MAGASIN THÉÂTRAL

ALFRED. Sortez madame...

MAD. DARBEPiT. Oh! qu'un sccrct inviolable...

ALFRED. Madame... {La porte du fond s'ouvre.) il n'est plus temps!

Madame Darbert se jette dans l'embrasure de la feuêlre , et lait tomber le rideau.

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