‹ Mathilde, ou, La jalousieChapitre 38 sur 46 · SCENE vr · texte numérisé non relu

SCENE vr

Les Mêmes, aLFRED, LUCIEN.

ALFRED. Viuiez donc , que je vous rende à \os aaiis.

MAD. DARBERT , à part , avec joie.

Sauvé!..

LE MAGASIN THÉÂTRAL

TnÉOBALD.* Ce cher M. Lucien! [A Alfred. / N ous «'ti z là ?

ALFRED. (]crt;iinement. prêt à me battre ï'il Teùt fallu.

LUCIEN' Ah! monsieur!..

DARnElVT, resar'lant sa femme qui ne peut cailtcr sr-n cmution. le comprend?, oUirs!..

TflÉOBALD. Cela nous rcjfardail tous les deux! il p;irait que ce fat de Mauclair... a reçu son aÛaire... bravo! ça lui aj prendra à modérer ses gestes... heureusement, il n'y a personne de tué.

ALFRED, avec intention. Ni de blessé...

îlouvctuent Je joie de mailame Darbert; elle s'est assise.

THÉOBALD. Pas possible ?..

LUCIEN Ce n'e.-t pas ma faute.

ALFRED. L'affaire a été arrangée... et honorablement puisque j'étais Ij.

DARBERT, aiec ironie, i.n effet, c'est une garantie...

TilÉOBALD. Arrangée? arrangée? Ah!

mais, un instant... ça ne m'arrange pas du tout, moi.

LUClEX. Jai dû céder... hier, ce matin encore je ne l'eusse pas fait; la vie m'était à charge... la mort n'avait lien d'affreux pour moi... au contraire, je lappeLiis de tous mes vœux., mais depuis une h- ure , mon sort est rhangé... l'espcranic est rentrée dans ce cœur flétri... je ne suis [dus seul au monde... je suis aimé., i'ai une mère !

DARDERT, à part. Est-ce qu'ils ne sortiront pas!..

LUCltX. Lne mère, qui m'a ordonné de vivre |)our réclamer des iours qu'elle veut embellir... une mère , que je verrai bientôt peut-être... oh! je l'avoue, de ce moment mon courage a faibli .. ma main a tremblé .. j'ai craint la mort... Ah! pardon, mes amis, pardon... ma mère!., j'embrasserai ma nière !

THÉOBALD. C'est bil et bon! mais permettez, il y a un soufflet de donné et même de reçu...

ALFRED. Qu'importe, puisque ce n'est pas lui ?

THÉOBALD IMais c'est moi que ça touche... Ah! ah! on fait des exeusps à mon- .«leur qu'on a insulté an moral... c'est bien , il s'en contenlc... c'est Irè^-bien.. mais vous crovez (ji:e ça va me sullirc, à moi, qui ai reçu la (hose .. au jihysicpie.. tout le monde l'a vu et entendii !.. j*ui cédé mon tour à njnn?ieur parce qu'il y tenait .. mais dès (ju'il y renonce , je le reprends... je le reprends.. .

• Lucien, Thêobald, Alfred, Darbert. ina dame Darbert.

ALFRED. Fh! non...

THÉOBVLD. Lh! si... eh! si... allons donc! l'affiire a en du retentissement... il faut que mon soufflet soit lavé... il le sera , et tout de su:te.

LUCIE.V. Arrêtez! si les excuses de ^L de Mauclair ne vous suffisent pas .. c'est moi.

SIAD. DARBERT, se levant, à pari, atec effroi. \\\\ encore...

ALFRED, lih! messieurs, c'est de la folie...

DARBERT, passant entre Alfifd et TltèohntJ. Oui , de la folie sans douti-, monsieur a rais n ! vous battre, vous battre! jeunes Ions q'ie vous êtes... parce qu'il a plu à mi fat, de jeter en l'air quelques paroles insolentes qui n'ont tlcshonoré que lui; pour des mots, que sais-je?,. H vous faut un combat... sans excuses, sans merci!., il vous faut du sang! [""h ! que demandcriez- Tous de pius si ce fat était un infâme... si sa faute était un crime ! que demanderiez-vous de plus .. si cet homme s'était dit votre ami. . vous avait serré la main coumie un frère, et n'avait prolité de votre ( onfiau! e que pour vous arraeher cent fois plus que votre fortune .. que votre vie! le cœur qui était à vous. ..et rhonneur ' ent<'ndez-\ ous, jeunes gen». l'hoaneur? C'est alors qu'il faut un combat sans merci ! c'cït ab«rs qu'il faiit du sang!., c'est alors (juc celui qui recule est un Llche... {Serrant te bras d J'f'-eil.) N'est-ce pas monsieur?

ALFBED. 31onsieur Darbert...

MAD. DARBERT, se rajprocliant. Grap4, Dieu! -- "^ ^

LUCIEN Qu'est-ce donc?

THÉOBALD II a dit...

DAKBERT. Mais pardon... je m'emporte sans motif, j'oublie que tout ceci n'e<t qu'un projet insensé., qui doit rester sans résultat... puisque des... excuses ..

THÉOBALD. Je n'en veux pas... je les refuse.

DARBERT A la bonne heure ! quant à vous. Monsieur i ueien. attendez-moi dans moncabinet... par là... et vous, madame.. .

LCCIEX.

Aîr : A'e raillez pas la garde citoyenne.

Eli I mail», de moi, qu'ist-ce donc qu'il réi:lamc, Pour le servir que pui-.-ju en ce luumi nt.

MAD. DAllBFRT.

.\lil ii)a1g;ré ninî, ))■ Iremblr au Fond de l'âme; Mai^ il est l'i , je re-^iJin- à piési-ut. Tnc-'bALn.

C'en est fait... contre un matamore, Jp vais me battre de nouveau

M.VTUILDE.

Dussc-jc reccvciii encore

Une iialU.-... dans mon chapeau.

Darberl montre à sa femme la porte de sa chambre, e'.le y rentre lentement. Lucien va t ers le cabinet , 'Dico'/nld I ers le fond,

ENSEMBLE

DARBERT.

Rentiei cliez vous, rentrez cnGn , madame , Qn'est-il besoin de sortir à présent , A Lucien.

Attendez-moi, car ici je réclame

De vous, monsieur, un service important.

ALFRED

Ah! quel regard il jette sur sa femme Par quel moyen le calmer à présent Je rois, hélas) au courroux qui l'enflamme Que tout pour elle est perdu maintenant.

MAD. DARBERT.

Que lui veut-il? qu'est-ce donc qu'il réclame Oserait-il soupçonner cet enfant?

S'il faut qu'ici la colère l'enflamme, Que sur moi seule elle tombe maintenant.

irctEN.

C'est un service aujourd'hui qu'il réclame De Sun appui , si doux , si bienveillant De l'intérêt que me porte sa femme Oui, montrons-nous au moins reconnaissant.

THÉOBALD

Mai-s d'où vient donc le courroux qui l'enflamme , Pourquoi prend-il cet air si menaçant ^ — Penserait-il que j'en veux à sa femme D'autres projets m'occupent à présent.

'riiéobald sort par te fond, Lucien par la gauche, madame Darberl rentre chez slle. Darberl attend que toutes Us portes soient frmees.

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