SCÈNE VU
ALFRED, DiRBERT.
DARBERT. Ah ! j'ai su me contenir trop long-temps... celte femme a épuisé mon courage et ma pitié... mais à vous, je ne TOUS (lois rien.
ALFRED. Que dites-vous, Darbert?
DARBERT. Rien . que le mépiis et l'insulte.
ALFRED, l'interrompant vilement. Monsieur ! monsieur. . . tout autre que vous paierait de sa vie...
DARBERT. C'est la vôtre que je veux.
[Mouvemfnt d'Alfred. Darbert reprend plus
/'a5.) Pas de bruit, pas de scandale... il faut
que l'un de nous deux meure , voyez-vous?
Alathi'.de.
Il emportera le secret de l'autre... venez, venez ù l'instant.
ALFRED. Mais c'est du délire... Darberl, écoutez-moi, je aous en supplie!
DARBERT. Je sais tout.
ALFRED. Non, vous ne savez rien... j'ai pu être léger, étourdi .. mais coupable, jamais!., et votre femme...
DARBERT. Silence! ne prononcez pas etnom-là.
ALFRED. Mais je vous jure...
D.\RBERT, d'une voix étouffée par la fureur. Mensonge!., elle n'était paslà... ch» / vous, ce matin, niez-le donc.
ALFRED Monsieur! {^ part.) Oh\ {{w dire ! que faire !
DARBERT, de même. Ce n'est pas sa Aoix que j'ai entendue, ce n'est pas elle qui s'est échappée après mon départ; elle, que ce Théobald a rencontrée fuyant en criminelle devant moi... de\ant son juge. .
niez-le donc ?
ALFRED. Eh qu'importe ! si ce n'est pas...
DARBERT. Ce n'est pas elle que voire femme a nommée... mais niez-le donc?
ALFRED. Ah! n'en croyez pas !es transports furieux d'une insensée!.. (À lui-même.) Mathilde! Mathildc!
DARBERT. Et voulez-vous, maintenant, que je traîne votre complice, ici, devant vous... que je la force à avouer, la rougeur au front, sa honte et votre infamie?..
ALFRED. C'en est trop !. . vous repoussez ma parole avec mépris... vous me prodiguez l'outrage... et c'est moi qui, à mon tour, aurais le droit de vous demander raison.
DARBERT. A la bonne heure!
ALFRED Ah! je m'égare!.. Non, non, vous saurez... (À part.) Un secret confié à mon honneur. .. le livrer!., jamais!
DARBERT. Mais viens donc!.- si après t'a voir dit : Traître!., inftîme!..
ALFRED. Monsieur!..
DARBERT, se mettant face à face avec lui. Tu ne veux pas que j'aie le droit de te dire : Lâche !
ALFRED. Arrêtez; un pareil mot veut du sans:!