‹ Mathilde, ou, Les anglais en Italie (volume 2)Chapitre 39 sur 90 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Xa soirée était si belle, qu'en soi> tant du dîner de lordEatington, lord Ormsby éprouva la plus rare de toutes les tentations qu'on puisse avoir en Angleterre , celle d'errer pendant quelque temps dans les rues ; il y restait, plongé dans ses réflexions , lorsque sa promenade solitaire fut ralentie un instant, par im brillant équipage qui, après avoir passera-

CHAλiTRE III. ^7

pideinent devant plusieurs portes, s'arrêta, tout d'un coup avec fracas, devant celle d'une superbe maison , au moment où il y arrivait lui-même.

Le trottoir fut immédiatement occupé par les deux domestiques qui procédèrent, avec beaucoup de bruit et d'importance 5 à la cérémonie d'ouvrir la portière. Il s'arrêta involontairement , pendant que tout cela se passait ; et tandis qu'il était caché par cette obscurité, que l'économie du gaz procure à cinq maisons sur six, il crut reconnaître, à la lueur de la lumière qui sortait de la porte ouverte, la figure d'une femme dont les traits lui étaient trop bien connus. C'était, en effet, lady MathildeDornton, qui retournait chez elle^ après

78 MATHILUE.

avoir déposé sir James à Boodle. Il crut s'apercevoir , qu'avant de s'exposer à la clarté des lanternes , elle avait porté vivement sa main à son visage pour essuyer une larme prête à couler de ses yeux. Il cherchait à se persuader que c'était une erreur , qiiaud il l'en lendit répondre a un domestique, qui lui demandait ses ordres pour la voiture, d une voix qui paraissait évidemment altérée par une pénible émotion , et qui retentit Jusqu'au fond de son cœur : ce Je n'en aiplushcsoinccsoir.w Elle n'est donc j>as heureuse ! fut le soupçon qui vint s'emparer de son esprit ; et quoiqu'il eut donné le monde entier pour que le bonheur de Mathilde fût certain , on ne peut se dissimuler que celle

Page 1