CHAPITRE IV
discours et (l*employer une rare confusion d'expressions : il entassait avec emphase une foule de raisons sans réplique , auxquelles personne ne pouvait rien comprendre, jusqu'à ce qu'il fût enfin parvenu à la conclusion d'une phrase qui paraissait interminable. Malhilde, dans cette occasion, resta en suspens encore plus long-temps qu'à l'ordinaire, caries mois de sir James étaient contmuel* lement arrêtés , sur le bord de ses lèvres , par les différens morceauxqu'il introduisait dans sa bouche.
«J'ai pensé, dit- il , que nous ne devions pas quitter Londres avant une quinzaine de jours, et qu'on fait toujours bien d'être poli pour ses voisins de campagne. C'est le devoir des
g6 MATHILDE.
i^rands propriétaires , et j*ai mauvaise opinion de la politique d'un homme, surtout à présent que nous avons, par notre fermeté, renversé les radicaux. — Ce café a aussi peu de goût que celui de Hunt. — L'opposition est tout-à-fait méprisable.
— Un peu de beurre, s'il vous plaît.
— Enfin , je crois que nous pouvons bien prier lord Ormsby à dîner. »
A cette conclusion , Mathilde s'écria involontairement ; «Oh non pas du tout 1 cela n'est pas nécessaire. >3 Sir James la regarda pendant un moment, évidemment surpris de la vivacité de son objection. «Il est trèssingulier, dit- il , qu'aussitôt que je désire quelque chose , ce soit une raison pour que vous vous y opposiez.