‹ Mathilde, ou, Les anglais en Italie (volume 3)Chapitre 37 sur 101 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

la pratique de la venu pour ellemême. Fière de la régularité et de la sévérité de sa propre conduite , elle blâmait la faiblesse des autres, se croyait le droit , en négligeant tout ce qui est aimable et attrayant, de rendre la vertu odieuse et son intérieur insupportable. Critiquant avec une persévérance infatigable, ceux que la passion avait entraînés à abandonner leurs devoirsdomestiques, elle croyait qu'il lui était permis de donner sans cesse à son mari sujet de désirer , mais en vain , qu'elle suivît leur exemple, et le laissât en paix.

D'après tout ce que Mathilde avait vu et entendu ce soir-là, elle ne sentit que trop profondément la différence qui existait entre la situation

d'Ormsby et Ja sienne. 11 est vrai qu'ils étaient en ce moment parfaitement unis, et elle n'avait jamais eu aucune raison de clouter de son affection. Au contraire, son dévouement pour elle semblait s'être ac-.

cru à mesure que leur liaison était devenue plu9 ancienne. Mais s'il arrivait un jour que quelque chose vînt à détruire cette intimité, combien les conséquences de leur séparation seraient différentes pour l'un et pour l'autre ! D'après la manière dont il venait d'être reçu par les Olinski, elle se persuadait que nonseulement Ormsby reprendrait sa place dans la société, mais que sa retraite passagère le ferait peut-être rechercher encore davantage qu'au*

Page 1