CHAPITRE IV
Quand notre Héroïne se trouva seule, elle s'efforça en vain de continuer à fixer ses yeux sur le théâtre, et à borner exclusivement son attention à la musique; elle ne pouvait s'empêcher de jeter de temps en temps un regard sur la lo^e opposée où Ormsbv avait sans doute été reçu avec beaucoup de cordialité par la mère et par les filles ; elle s'apercevait bien qu'il tâchait de leur être agréable ; il était impossible aussi qu'elle n'entendît pas quelques mots de la conversation qui avait Heu à sa droite et à sa gauche. Rien pourtant ne lui indiquait qu'il fût question d'elle d'une manière particulière; car la veuve n'était occupée qu'à rire et à s'amuser avec quelques jeunes ita-
liens qui semblaient être de sa société intime. Mais pendant les intervalles où ils parlaient à voix basse , eîlepouvait entendre distinctement la voix aigre et perçante de mistriss Laceby, qui paraissait pénétrée d'indignation, et prononçait son nom avec l'accent du mépris, en répétant sans cesse ce qu'elle pensait d'elle. « L'im- *> pudente créature ! oser se montrer 35 ainsi en public ! Il faut qu'elle « n'ait aucune honte! » Le colonel Canteen essayait en vain de protester contre cet arrêt.
Mistriss Laceby, était une de ces personnes qui ne s'occupent qu'à juger leur prochain. La découverte d'un défaut ou d'un vice dans une autre lui paraissait l'équivalent de