‹ Mathilde, ou, Les anglais en Italie (volume 3)Chapitre 71 sur 101 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

contre l'injustice qui le poursuit ; et il est très-probable que tôt ou tard il prendra quelque résolution fatale et désespérée. Devons-nous donc perdre un moment pour le sauver d'une ruine inévitable , et lui rendre dans la société cette heureuse position à laquelle il a de si justes droits , qui lui permettra de se livrer en paix à son amour pour la liberté , d'exercer ses nobles facultés , et de trouver enfin la juste récompense de sa tendresse dévouée. »

Ému par de tels argumens , que fortifiait encore son extrême envie de ne négliger aucun moyen pour presser le divorce , Orrusby avoua qu'il devait à tout hasard tâcher de se procurer les preuves qui étaient

nécessaires pour confirmer la naissance de Santelmo. Comme il leur paraissait évident à tous deux que Mathilde n'était pas alors en état de l'accompagner dans un voyage si long et si fatigant, il devenait inévitable qu'ils se séparassent pendant quelque temps. Cependant elle avait une grande répuguance à rester seule à Naples dont le fracas continuel et l'extrême agitation étaient si peu en harmonie avec la situation de son âme. Nice leur parut une retraite tranquille où elle pourrait convenablement attendre le retour d'Ormsby; et une occasion de s'y rendre par mer s'étant présentée en ce moment, ils en profitèrent avec joie 5 Matbilde abandonna la superbe Naples, non

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