‹ Mathilde, ou, Les anglais en Italie (volume 3)Chapitre 74 sur 101 · CHAPITRE VII. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII. l

de nos regrets , tandis qu'au contraire l'uniformité de tous les objets inanimés qui sont autour de nous ne sert qu'à fortifier et à nous faire chérir le souvenir de ce que nous avons perdu, de ce qui seul leur prêtait des charmes à nos yeux.

Il y avait encore , dans la situation de Mathilde , des circonstances particulières qui augmentaient chaque jour le trouble et la douleur que lui causait l'absence d'Ormsby. En vain elle essayait de se distraire en contemplant cette belle nature dont elle avait toujours goûté si vivement les charmes, et qui, dans ce lieu en déployait de si variés , même dans les limites étroites de ses promenades solitaires; toujours l'idée qu'Ormsby

î3S MATHILDE.

n'était plus là absorbait son auie tout entière. Cette pensée faisait échouer tous ses efforts pour conserver son courage. « Il m'a quittée , et je suis seule , se disait- elle à elle-même : combien ma situation est différente de celle d'une épouse vertueuse, qui regrette sans doute avec la pi a s vive tendresse l'absence moineau»

née de son mari , mais peut du moins se consoler en pensant qu'elle remplit tous ses devoirs domestiques, et prévoit avec délice un retour qui ne peut être douteux ; mais moi , quels droits pourrais-je avoir à me flatter d'un tel avenir? Il est vrai qu'en me quittant, il m'a pressée contre son cœur, et m'a donné les plus tendres assurances de la durée de son affection;

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