CHAPITRE VII
mais comment aurais- je la confiance de croire qu'il aura conservé, à son retour, la même vivacité de sentiment? Je ne crains pas qu'il m'abandonne , j'en ai pour garant son honneur, et la bonté de son cœur. Cependant, n'ai- je pas un juste sujet de redouter cette absence? La réflexion ne pourra-l-elle pas contribuer à dissiper les illusions de l'amour , et ne meverra-t-il pas alors telle que je suis ! une pauvre créature coupable et déchue! C'est en vain que sa tendresse bienveillante s'efforcerait de me cacher cette funeste conséquence de notre séparation 5 le plus léger refroidissement dans sa tendresse me frapperait avec la rapidité de l'éclair , et je mourrais si je pouvais y croire.
l40 MATHILDE.
Si mes craintes sont bien fondées, le seul espoir qui me reste est que le coup affreux, qui m'en donnerait la certitude, me sera du moins épargné. »