‹ Mathilde, ou, Les anglais en Italie (volume 3)Chapitre 91 sur 101 · CHAPITRE IX. l^I · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX. l^I

si les craintes qu'elle ressentait pour celui qui l'occupait uniquement n'en avaient pas été fort augmentées ; elle aurait regardé sans effroi l'épaisse écume qui venait continuellement la couvrir tout entière, si cette écume ne lui avait pas dérobé la vue de 10céan sans bornes, qui contenait toutes ses espérances. Enfin, elle ne put en douter: ce n'était pas une forme fugitive telle que les vagues agitées en prennent quelquefois 5 ce n'était pas une création imaginaire inventée par son esprit troublé. Elle aperçut une voile légère qui semblait percer l'obscurité qui l'entourait. Quelques ins~ tans après , elle la vit plus distinctement encore se balancer , s'agiter au gré des veuts , et le mât qui la soute-

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nàit se rompit et vint frapper avec force la tête de ceux dont tons les efforts réunis avaient échoué contre la violence de la tempête. Tout cela ne dura qu'un instant, et le dernier gémissement de la misère humaine vint frapper l'oreille de Mathilde, eu se mêlant à l'horrible mugissement des vagues en furie.

Ceux dont la carrière se termina ainsi tout à coup, ne furent pas plus étrangers à ce qui se passa autour d'eux, après qu'ils eurent laissé échapper ce dernier cri d'agonie, que la femme in fortunée, qui venait d'être témoin de leur naufrage , presque sans vie, trempée de pluie, les bras étendus vers la mer, et couchée sans connaissance sur le rivage , c'est dans

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