CHAPITRE VI. Ïï
moyens de persuasion; assurément on ne peut que louer l'usage qui veut que les protestans se réunissent pour se livrer à des pratiques de dévotion et à des prières , et que tous leurs exercices religieux soient fondés sur des raisonnemens sans réplique \ que, bien que les prêtres se revêtissent de leurs plus beaux babils, l'église soit dépouillée de toute espèce d*ornemen t extérieur, de peur que l'œil ne vienne à distraire l'esprit des méditations auxquelles il doit se livrer. Mais peut-être n'est-ce pas une chose moins frappante et moins persuasive, que de contempler la magnifique basilique de Saint-Pierre, toujours ouverte aux plus pauvres et aux plus misérables, et de voir ceux-ci, oubliant les haii*
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Ions qui les couvrent ,, perdre le souvenir de leurs peines et de leurs soucis ) parce qu'ils sentent que là même, au milieu d'un des plus sublimes ouvrages qui soient sortis de la main des hommes, les paroles qu'ils prononcent sont semblables à celles que profèrent les puissans et les grands de la terre, et qu'ils ont, comme eux, la liberté d'offrir à Dieu leurs vœux et leurs hommages. 11 est certain que les superbes mouumens des arts ont une influence inévitable sur les sens des dévots, et que l'imagination contribue aussi , pour sa part , à exciter les senti ru ens religieux. Ainsi , quoique cette impression ne soit peutêtre pas produite par une source assez pure , cet inconvénient peut être