‹ Mathilde, ou, Les anglais en ItalieChapitre 61 sur 88 · CHAPITRE VI. II · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. II

compense par le plus grand nombre de ceux sur lesquels elle exercera son pouvoir.

Mais?ii est temps de cesser une digression inutile, et de suivre notre héroïne dans sa course solitaire. Tandis que, plongée dans ses réflexions, elle errait le lon^ des bas-côtés de cette église encore déserte, son attention fut attirée par la figure d'un moine qui, dans l'attitude d'une extrême dévotion, était à genoux devant un autel, sur lequel était représentée l'adoration des Ma^es. Elle savaità peine elle-même pourquoi elle le remarquait : il n'y avait rien de particulier dans l'habit de son ordre.

Ses traits durs et prononcés , sa physionomie frappante indiquaient seu-

lit) MÀTHILDE.

lement peut-être le pays dans lequel il était né, car elle ne cloutait pas qu'il ne fut Italien. Cependant il y avait sur son visage une expression de souffrance , mêlée de quelque repentir, qui semblait exciter plus particulièrement, dans le coeur de Mathilde, l'intérêt que sa vue lui avait d'abord inspiré. Mais elle étaitloin d'être préparée à l'effet extraordinaire qu'elle fit sur lui , lorsqu'en passant pi es des marches de l'autel sur lesquelles il était à genoux, les yeux du moine rencontrèrent, pour la première fois, les siens. Le changement que cette vue produisit dans toute sa personne fut si subit, si effrayant, qu'elle ne put l'att ribuer quJà un accès de folie ; et, se détournant à la hâte, elle s'en--

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