CHAPITRE VII. l4l
En disant ces mots, il sortit de l'appartement , et Mathilde ne le revit plus jusqu'au moment où la voiture fut à sa porte.
Quand elle se reirouva seule, le courage qui l'avait soutenue, pendant l'épreuve à laquelle elle venait d'être soumise ^ l'abandonna aussitôt qu'elle ne sentit plus la nécessite absolue de le conserver. Elle donna un libre cours au désespoir que lui causait l'affreuse perspective des maux inévitables qui lui étaient réservés. Elle s'était justifiée du reproche de fausseté habituelle, dont sir James luimême n'aurait pu l'accuser s'il avait connu son caractère. Cependant elle ne pouvait se dissimuler que ce n'était pas sans sujet qu'il la soupçonnait
l'4& MATHILDE.
de nourrir un attachement criminel ; attachement qui ne lui laissait que le regret amer de se séparer d'Omis by, et lui faisait oublier toutes les autres circonstances qui devaient rendre ce départ odieux et humiliant pour elle.
Je désire m'appesantir le moins possible sur les détails de cette partie de mon récit, et je raconterai les événemens qui suivent en peu de mots.
A cinq heures le lendemain matin , sir James, s'obstinantà exécuter la résolution qu'il avait formée si précipitamment , emmena de force sa malheureuse femme hors de Rome, sans s'inquiéter de l'effet qu'une fuite si soudaine et si inexplicable pourrait produire en confirmant des rapports