CHAPITRE VIII. l
demanderai seulement au lecteur de consentir à suspendre son jugement jusqu'à la fin de mon récit.
Pendant tout le temps de leur passage, les cœurs de nos fugitifs étaient aussi légers que la barque qui les portait , et leur bonheur leur paraissait sans bornes comme la vaste étendue d'eau qu'ils avaient autour d'eux. Étant arrivés au but de leur voyage, ils quittèrent le vaisseau qui les avait conduits, et oùilséprouvaieutencore quelque gèneetquelque contrainte pour se livrer en liberté au plaisir de faire les promenades les plus variées dans les environs solitaires de Sorrento. Ils avaient pris une maison pour passer l'été dans cette baye , située dans le pays le plus
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ravissant qu'il y ait au monde. Là, tandis que les semaines s'écoulaient comme des jours, et les mois comme des semaines, ils se persuadaient que leur amour serait éternel comme le ciel sans nuage qui couvrait leurs têtes , et aussi charmant que la terre fertile qu'ils foulaient sous leurs pieds. Cependant, la révolution périodique des saisons n'est pas plus certaine qu'il n'était inévitable de voir finir bientôt pour eux ce songe enchanteur.
La première chose qui vint les réveiller, en leur rappelant des souvenirs ou en leur inspirant des craintes qui troublèrent les momens délicieux qu'ils passaient ensemble, fut la réception d'un paquet de lettres qu'un