CHAPITRE VIII
de leurs domestiques leur apporta en traversant la baye , et qui leur était envoyé par leur banquier à Naples.
J'en transcrirai deux seulement : la première était de lady Ormsby.
« Si j'ai tardé si long-temps à vous écrire, c'est qu'en vérité je ne savais de quelle manière commencer. Mon cœur est trop plein pour qu'il me soit possible de vous parler de choses indifférentes 5 et comment pourrai-je vous entretenir de ce qui seul occupe mes pensées? Si votre conduite m'a fait voir combien peu d'influence je conservais sur vous, ce ne sera point en vous faisant des reproches que je pourrai espérer qu'elle me soit rendue \ si votre propre cœur ne yous dit pas combien
l5o MATHILDE.
vous m'avez fait souffrir; je ne trouverais aucune consolation à vous avouer combien je rougis , et combien je souffre pour vous. J'ai peutêtre été vaine et légère, j'ai aimé le monde parce qu'il vous louait tous les deux. Si je pouvais maintenant, en y renonçant entièrement, éviter d'entendre ses sarcasmes et ses railleries : assurément ce ne serait pas pour moi un sacrifice. Mais des devoirs impérieux envers une fille qui a tant de droits à ma tendresse , m'empêchent de prendre ce parti, et me défendent aussi de continuer à avoir aucun rapport avec vous, tant que vous vivrez comme vous vivez en ce moment. Mon seul but, en vous écrivant, est de vous assurer que , lorsque mes