chapitre vnr. l
vons-nous si l'intervalle qui s'est écoulé depuis qu'on nous a écrit, n'a pas changé les sentimens qui sont exprimés dans la lettre ; si l'affection qu'on y témoigne n'est pas refroidie 5 si une maladie u'est pas survenue , même pendant que nous trouvons tant de charmes à recevoir l'assurauce qu'on nous |airne plus que jamais , et qu'on jouit de la santé la plus parfaite ?»
» C'est vrai , dit lord Ormshy , et bien que les lettrespuissent ce porter un soupir depuis l'Indus jusqu'au Pôle(*).
« Lettre d'Heioïse à Abeilard.»
Cependant, qu'est-ce qu'un tel soupir , si on le compare à ces soupirs
(*) « Waft a sigh from Indus to the Polc. a j
l64 MATHILDE.
produits par les sens, qui viennent loucher aussitôt Je cœur, et charmer l'oreille par leur touchante et douce harmonie.
Etsi, lorsqu'on écrit, continua Mathiide , les expressions les plus tendres perdent une grande partie de leur effet , combien les reproches de ceux qu'on aime ne paraissent -ils pas plus pénibles quand ils sont reçus ainsi, qu'aucun regard affectueux ne vient en adoucir l'amertume, et que ni les prières ni la soumission ne peuvent effacer cet arrêt irrévocable!
Le mécontentement de nos amis est doublement difficile à supporter sur le papier.
« Oh ! vous avez bien raison, dit Ormsby , en écartant sa main de la